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Les habitants de Bamenda pris entre deux feux : l'intersection de l'extorsion, des enlèvements et des incendies de taxis

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Les habitants de Bamenda pris entre deux feux : l'intersection de l'extorsion, des enlèvements et des incendies de taxis
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Bamenda, une ville déjà en proie à un conflit et à une instabilité permanents, est aujourd’hui confrontée à une augmentation alarmante des incidents qui suggèrent que les groupes séparatistes et les forces gouvernementales pourraient exploiter les habitants à des fins financières. Des rapports récents en provenance de la ville révèlent un sentiment croissant de frustration et de peur au sein de la population, les propriétaires de commerces et les chauffeurs de taxi étant pris pour cible de toutes parts.

Un cas récent a suscité l’indignation des habitants locaux. Il s’agit du propriétaire d’un magasin qui a été kidnappé pour avoir prétendument omis de payer une « taxe Amba », un paiement exigé par les combattants séparatistes. Selon un habitant qui a parlé à Mimi Mefo Info (MMI) sous couvert d’anonymat, le propriétaire du magasin a été enlevé un vendredi soir mais a réussi à payer la taxe le jour même, recevant un reçu pour son paiement.

Mais le lendemain matin, un autre groupe est entré dans le même magasin, exigeant une preuve de paiement. Lorsque le commerçant a présenté son reçu, le groupe l’a confisqué. Plus tard dans l’après-midi, la Gendarmerie mobile d’intervention (GMI) est arrivée avec le même reçu et a arrêté le commerçant. « Il a été emmené à Up Station, où il a été menacé de payer une somme d’un million de francs CFA. Ce n’est que grâce à l’intervention de certains avocats que le montant a été réduit », a raconté le résident. L’incident a soulevé des questions troublantes chez les habitants sur une possible collusion entre la police et les combattants séparatistes. « Ces policiers travaillent-ils avec les Amba boys pour faire souffrir les commerçants de Bamenda, ou jouent-ils le jeu au nom d’Amba pour gagner de l’argent pour leurs seigneurs et pour eux-mêmes ? », s’est demandé le résident.

Le climat de peur et d’extorsion ne concerne pas uniquement les commerçants, mais aussi les chauffeurs de taxi de la ville, qui doivent eux aussi faire face à des difficultés. Une tendance inquiétante a été observée : les taxis sont incendiés, et les raisons qui expliquent ce phénomène restent obscures. Si Buea, une autre ville impliquée dans le conflit, n’a pas connu de problèmes similaires, les chauffeurs de taxi de Bamenda sont de plus en plus contraints de retirer leur couleur jaune et de conduire comme des véhicules privés pour éviter d’être pris pour cible.

Cette situation a donné lieu à un réseau complexe d’exploitation, les séparatistes comme les forces gouvernementales semblant profiter du chaos. Les chauffeurs qui changent de couleur de véhicule sont fréquemment extorqués aux points de contrôle par les militaires. « Les militaires sont devenus des contrôleurs routiers légaux, collectant quotidiennement des frais de contrôle aux points de contrôle. Un chauffeur en ville doit désormais s’acquitter d’au moins 7 000 francs CFA par jour », a déploré un autre habitant. Les incendies de taxis n’ont fait qu’exacerber cette situation, ce qui a donné lieu à des spéculations selon lesquelles les auteurs pourraient être soit des hommes en uniforme profitant du chaos, soit des combattants séparatistes cherchant à paralyser le secteur des taxis.

La situation est encore compliquée par les mesures prises par le maire de la ville de Bamenda, qui a ordonné la mise en circulation de 18 nouvelles voitures dans la ville, en faisant payer aux habitants 100 francs CFA par course. Cette mesure a été critiquée comme une tentative de porter atteinte à l’activité de taxi existante, qui paie déjà des frais de stationnement élevés chaque année. « Plus de 1 500 taxis paient des frais de stationnement chaque année, mais le maire fait venir de nouvelles voitures au lieu de s’attaquer au mauvais état des routes et à d’autres problèmes urgents », a ajouté l’habitant.

Les habitants de Bamenda sont très frustrés, car ils se sentent pris au piège d’un cercle vicieux d’extorsion sans aucun recours. « Le niveau d’extorsion de fonds par les fonctionnaires de l’État est alarmant », conclut l’habitant. « S’ils délivraient au moins des reçus du Trésor, ce serait mieux, car une partie de l’argent pourrait être réinvestie dans les services publics. »

Alors que la situation à Bamenda continue de se détériorer, la frontière entre amis et ennemis devient de plus en plus floue. Pour les habitants de Bamenda, la lutte pour la survie est devenue une bataille quotidienne contre les menaces séparatistes et l’exploitation gouvernementale, ce qui les amène à se demander qui, le cas échéant, est de leur côté.

Mimi Mefo Info

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Budget 2027: Optimisation et Priorités

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Budget 2027: Optimisation et Priorités
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Le ministre des Finances ouvre les travaux de préparation du budget 2027 dans un contexte marqué par de fortes contraintes budgétaires.

Le budget 2027 va se préparer dans un contexte économique et financier difficile. En effet, l’analyse de l’exécution du budget au titre du premier trimestre 2026 montre une faible mobilisation des recettes budgétaires… | Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais |

UNE ÉCONOMIE RÉSILIENTE

Les émissions des titres publics n’ont permis de collecter que 98 milliards sur un objectif de 160 milliards. Les dépenses budgétaires quant à elles, restent sous de très fortes contraintes, avec d’importants montants de dette extérieure… | Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais |


Par LOUIS PAUL MOTAZE, ministre des Finances

Source : Défis Actuels N°1131 du 07/08/2026

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Route Yaoundé-Douala : réfections et reconstruction

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Route Yaoundé-Douala : réfections et reconstruction
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Le gouvernement vient d’attribuer un marché de 4,97 milliards de FCFA TTC à China First Highway Engineering Company Cameroun pour réaliser, pendant trois mois, des travaux d’entretien confortatif sur les 236 km reliant Yaoundé au pont sur la Dibamba.

Le voyageur qui emprunte régulièrement la Route nationale nº3 entre Yaoundé et Douala peut espérer, dans les prochaines semaines, des conditions de circulation moins éprouvantes. Le ministère des Travaux publics (MINTP) vient de lancer une nouvelle intervention sur cet axe qui concentre une grande partie des échanges économiques du pays. Par une décision du 20 juillet 2026, le marché a été attribué à China First Highway Engineering Company Cameroun (CFHEC). L’entreprise dispose de trois mois pour intervenir sur les 236 km reliant Yaoundé, au niveau du Poste central, au pont sur la Dibamba. Le marché, financé par le Budget d’investissements publics (BIP) des exercices 2026 et 2027, s’élève à 4,97 milliards de FCFA TTC.

| Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais |

Le document du marché précise que ce marché porte sur l’exécution des travaux d’entretien confortatif de la Route nationale nº3, section Yaoundé (Poste central)-Douala (pont sur la Dibamba) (236 km), dans les régions du Centre et du Littoral, phase de la reconstruction de ce tronc de la RN3.” Cette formulation retient particulièrement l’attention. Depuis plusieurs années, les usagers attendent le lancement de la reconstruction complète de cette route, construite entre 1982 et 1986, dont l’état s’est fortement dégradé sous l’effet de l’augmentation du trafic, en particulier celui des poids lourds desservant le port de Douala.

| Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais |


Par Paul TJEG

Source : Défis Actuels N°1131 du 07/08/2026

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Chute des exportations camerounaises au T1 2026

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Chute des exportations camerounaises au T1 2026
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Selon le Comité national économique et financier (CNEF), les exportations camerounaises au premier trimestre 2026 ont diminué de 187,1 milliards de FCFA au premier trimestre 2026, tombant à 606,9 milliards, contre 794 milliards un an auparavant. Cette contraction de 23,6 % est principalement concentrée sur trois produits stratégiques : le cacao, le pétrole brut et le gaz naturel liquéfié.

Ils sont trois produits d’exportation stratégiques : le cacao, le pétrole brut et le gaz naturel liquéfié. Ils concentrent à eux seuls environ 91 % de la contraction des exportations enregistrée au premier trimestre 2026 par le Cameroun. Ce qui illustre la forte exposition des recettes extérieures du Cameroun aux performances de quelques matières premières. En effet, selon le Comité national économique et financier (CNEF), les recettes d’exportation du Cameroun ont diminué de 187,1 milliards de FCFA au premier trimestre 2026, tombant à 606,9 milliards, contre 794 milliards un an auparavant. Cette contraction de 23,6 % est principalement concentrée sur trois produits stratégiques : le cacao, le pétrole brut et le gaz naturel liquéfié.

Le cacao perd 120,6 milliards de FCFA

La filière cacao, devenue en 2025 le premier pourvoyeur de capitaux du pays, encaisse le choc le plus violent. Selon les données du CNEF, le cacao et ses produits dérivés ont généré 199,3 milliards de FCFA de recettes au premier trimestre 2026, contre 319,9 milliards de FCFA un an plus tôt. La filière a ainsi perdu 120,6 milliards de FCFA, soit près des deux tiers de la baisse totale des exportations camerounaises. Les recettes tirées du cacao et de ses dérivés ont donc reculé de 37,7 % en glissement annuel. Cette évolution, explique-t-on, coincide avec un retournement brutal du marché mondial. Selon la Banque mondiale, le cours de référence du cacao est passé de 8,08 dollars, le kilogramme en mars 2025 à 3,24 dollars en mars 2026, soit une baisse de près de 60 %. Ces prix internationaux ne reflètent pas nécessairement la réalité offerte actuellement les exportateurs camerounais, mais la corrélation demeure évidente. En l’absence des volumes précis expédiés sur la période, la ventilation entre prix et effet-quantité ne peut être établie avec certitude.

Chute de 14,4 % des recettes d’exploitation du pétrole brut

Le pétrole brut présente une configuration inverse. Alors que son prix de référence a fortement progressé, les recettes d’exportation camerounaises ont par contre diminué de 14,4 %, à 152,4 milliards de FCFA. Celles du gaz naturel liquéfié ont reculé de 28,4 %, à 59,9 milliards. La Banque mondiale établit le prix du Brent à 103,7 dollars le baril en mars dernier, contre 72,6 dollars un an plus tôt, soit une hausse de 42,8 %. Sur la même période, le prix de référence du gaz naturel a progressé de 35,8 %, à 17,91 dollars par million de BTU. Les exportateurs camerounais malgré cette remontée des cours suggère un effet négatif des volumes, mais les données disponibles ne permettent pas encore de le mesurer.

La baisse touche également le bois et les ouvrages, dont les recettes ont diminué de 11,5 %, ainsi que le caoutchouc brut, en recul de 16,7 %, et le café, en baisse de 17,6 %. Les recettes tirées de l’aluminium et de ses dérivés chutent de plus de 53 %, malgré une hausse de 26,9 % du cours international de l’aluminium entre mars 2025 et mars 2026. Le choc du premier trimestre prolonge une tendance sur déjà baissière. L’Institut national de la statistique (INS) avait déjà relevé un repli de 5,2 % des exportations en 2025, à 3 084 milliards de FCFA. La cote part alors 38,5 % des recettes extérieures, devant le pétrole brut (19,7 %) et le gaz naturel liquéfié (11,4 %). Une concentration qui, au regard des chiffres du CNEF, reste le principal facteur de vulnérabilité du commerce extérieur camerounais. Néanmoins, quelques filières ont résisté à cette dégradation, constate le CNEF. Les exportations de coton par exemple ont progressé de 57,5 %, à 21,1 milliards de FCFA, contre 13,4 milliards un an auparavant. Les recettes des bananes et plantains aussi ont augmenté de 27,9 %, tandis que celles des savons de ménage ont gagné 16,8 %.

| Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais |


Par Blaise NNANG

Source : Défis Actuels N°1131 du 07/08/2026

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