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Cameroun : Oriole Resources négocie le permis d’exploitation du gisement d’or de Bibemi, estimé à 14 tonnes

(Investir au Cameroun) – Le Britannique Oriole Resources négocie avec l’État camerounais le permis d’exploitation du gisement d’or de Bibemi, estimé à 14 tonnes. Sa première mine, chiffrée à environ 52 millions d’euros, ne produirait qu’un peu plus de 2 tonnes en sept ans. Le dossier a dépassé l’échéance visée.
La société minière britannique Oriole Resources est en phase de négociation avec l’État camerounais pour obtenir un permis d’exploitation sur son gisement d’or de Bibemi, dans la région du Nord. Son directeur général, Martin Rosser, l’a confirmé le 12 octobre 2026 à l’issue d’une audience avec le directeur général des douanes, Fongod Edwin Nuvaga. « Nous avons souligné les excellents progrès réalisés, en particulier à Bibemi, où nous sommes désormais en phase de négociation pour un permis d’exploitation », a-t-il déclaré. Une source autorisée confirme que le dossier est examiné par le cadre de négociation des conventions minières, sans donner d’autres détails en raison “d’accords de confidentialité”.
Selon Oriole, Bibemi totalise 460 000 onces d’or, soit un peu plus de 14 tonnes. Ce total comprend 100 000 onces de ressources dites indiquées, les mieux connues, et 360 000 onces de ressources présumées, dont l’existence reste à confirmer par de nouveaux travaux. Aucune de ces quantités n’a encore le statut de réserve, c’est-à-dire d’or dont l’extraction a été démontrée rentable. Oriole détient le projet à parts égales avec le groupe ghanéen BCM International. BCM a acquis sa moitié en novembre 2025, au terme d’un accord prévoyant notamment le financement de 4 millions de dollars de travaux d’exploration.
Une première mine à 52 millions d’euros
L’écart entre les 14 tonnes annoncées et ce que l’entreprise prévoit réellement d’extraire est important. L’évaluation économique préliminaire publiée par Oriole fin 2025, jointe à sa demande de permis, ne retient que 89 000 onces du gisement, soit moins de 20 % du total. Sur ce périmètre, l’entreprise envisage une mine à ciel ouvert exploitée pendant sept ans, qui produirait 72 000 onces, soit environ 2,2 tonnes d’or selon les calculs d’Investir au Cameroun
L’investissement initial est estimé à environ 52 millions d’euros (60,4 millions de dollars). Oriole table sur un remboursement en quatre ans, avec un cours de l’or de 3 200 dollars l’once. La valeur actuelle nette du projet, c’est-à-dire ce qu’il rapporterait une fois tous les coûts et le temps pris en compte, ressort à environ 11 millions d’euros après impôts. C’est peu au regard de la mise de départ. Le même document montre que cette valeur serait près de trois fois plus élevée, autour de 30 millions d’euros, avec l’or à 4 000 dollars. La rentabilité de Bibemi dépend donc fortement du cours de l’or et de la maîtrise des coûts. Ces chiffres restent préliminaires : l’étude est réalisée à un niveau de précision de plus ou moins 30 %. Pour la suite, Oriole présente cette première mine comme un point de départ. L’exploitation du reste du gisement dépendra de nouveaux forages et de nouvelles études.
Un calendrier qui glisse
Le dossier a franchi l’étape environnementale fin 2025, quand le ministère de l’Environnement a approuvé l’étude d’impact. Oriole, qui avait déposé sa demande initiale en 2024 et l’avait actualisée en décembre 2025, visait alors le permis avant la fin du premier semestre 2026. L’entreprise indiquait que sa délivrance suivrait des négociations sur les régimes fiscal et douanier de la future mine. L’échéance de juin est dépassée et aucune nouvelle date n’a été annoncée. Rien de public n’indique toutefois que ce retard tienne à un désaccord.
Avec une rentabilité aussi sensible, les termes de la convention pèseront. La fiscalité, les exonérations douanières sur les équipements et une éventuelle participation de l’État peuvent modifier sensiblement l’équation économique. Ces négociations se déroulent dans un cadre récent, créé par le Code minier de décembre 2023 et organisé par un arrêté du Premier ministre de juin 2025. Placé auprès de la Société nationale des mines (Sonamines), il doit notamment vérifier la viabilité des projets et défendre les intérêts de l’État.
Mbe et Wapouzé en embuscade
Le gisement le plus important d’Oriole au Cameroun n’est pas Bibemi mais Mbe, dans l’Adamaoua, lui aussi détenu à parts égales avec BCM. Une estimation publiée en juillet 2026 par le cabinet Forge International l’évalue à environ 51,6 tonnes d’or, mais uniquement en ressources présumées. « Nous progressons vers une étude de faisabilité, qui sera suivie d’une demande de permis d’exploitation », indique Martin Rosser.
Le groupe mise aussi sur Wapouzé, dans le Nord, dont il détient 85 %. Une première estimation publiée le 7 octobre y évalue la ressource à 32,2 millions de tonnes de marbre, une roche calcaire destinée aux cimentiers. Oriole cible le marché camerounais, qui, selon lui dépend largement du clinker importé, ainsi que le Tchad. L’entreprise prévoit de déposer une demande de permis d’exploitation d’ici la fin de l’année.
Plusieurs points restent ouverts : les termes de la convention de Bibemi, le financement de l’investissement initial par Oriole et BCM, et la date de la décision. La signature de cette convention sera le premier test. Elle dira si Oriole peut passer, au Cameroun, du statut d’explorateur à celui de producteur, et à quelles conditions.
BRM
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le FDC apporte des éclaircissements sur la lettre-circulaire signée par Paul Biya

Par la voix de son président Denis Émilien Atangana, le FDC indique que la lettre-circulaire relative à la préparation du budget de l’État pour l’exercice 2027 signée par le chef de l’État Paul Biya confirme les élections législatives et municipales entre le 31 janvier et le 7 février 2026.
Le Front des démocrates camerounais (FDC), par la voix de son président Denis Emilien Atangana, fait un éclairage sur la lettre-circulaire relative à la préparation du budget de l’État pour l’exercice 2027 signée par Paul Biya le 12 octobre 2026. D’entrée de jeu, il note qu’aucune allusion n’a été faite dans cette lettre-circulaire à l’organisation des élections prévues en 2027.
« Le fait que le président de la République n’ait pas évoqué l’organisation des élections législatives et municipales de février 2027 dans cette lettre-circulaire confirme de fait la tenue desdites élections en début d’année 2027. * Pourquoi ? Parce que si le corps électoral est convoqué le 28 octobre ou le 8 novembre 2026, la date du scrutin se tiendra alors respectivement le 31 janvier ou le 7 février 2027. Techniquement, ce ne peut être le budget 2027 qui finance ces élections. C’est le budget 2026 qui supportera l’intégralité des dépenses liées à leur organisation, car au moment du scrutin, le budget 2027 ne sera même pas encore engagé. La majeure partie des opérations préélectorales auront déjà été exécutées dans les 90 jours qui suivent la convocation du corps électoral », a-t-il écrit.
Pour Denis Émilien Atangana, les Camerounais n’ont donc pas à s’inquiéter. Il croit qu’ils doivent continuer à se préparer pour les élections législatives et municipales.
« Il n’y a donc aucune inquiétude à avoir. Bien au contraire, cette non-mention est la preuve technique que les élections sont maintenues pour le début d’année 2027. Il faut donc rester concentrés, poursuivre le travail de proximité et finaliser dès maintenant la constitution de nos listes inclusives », a-t-il écrit.
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Microfinance : avec un bilan de 120 milliards FCFA, la MUPECI lance sa finance islamique dans quatre agences

(Investir au Cameroun) – La Mutuelle pour la promotion de l’épargne et du crédit d’investissement (MUPECI) a officiellement lancé, le 8 octobre 2026 à Garoua, sa nouvelle activité de finance islamique baptisée AL-FALAH. Déployée simultanément dans quatre agences à Garoua, Yaoundé et Douala, cette offre vient compléter les services conventionnels de l’établissement de microfinance, qui annonce un total de bilan de 120 milliards de FCFA et 13 milliards de FCFA de capital et réserves au 30 septembre 2026.
Ces chiffres ont été dévoilés par son directeur général, Zéphyrin Blaise Tchoupou, à l’occasion de l’inauguration d’un nouveau complexe à Foulbéré, dans la capitale régionale du Nord. Selon le dirigeant, la MUPECI compte désormais plus de 100 000 membres et emploie plus de 500 collaborateurs. Affiliée au réseau CamCCUL, elle entend s’appuyer sur son implantation pour développer cette nouvelle activité.
Le démarrage d’AL-FALAH repose sur quatre points de service : Garoua-Foulbéré, Yaoundé-Mokolo, Douala-Bessengué et Douala-Nkolbong. Dans ces implantations, la MUPECI propose désormais deux modes de financement, conventionnel et islamique. Ce dernier s’adresse notamment aux commerçants, agriculteurs, éleveurs et petites entreprises souhaitant accéder à des produits financiers sans intérêts.
Selon les précisions communiquées par la MUPECI, l’autorisation de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC) pour l’ouverture de cette fenêtre a été délivrée le 15 juillet 2026. Le lancement intervient plus d’un an après l’annonce par l’établissement, en août 2025, de son intention de proposer des services de finance islamique.
Des ressources et des comptes à gérer séparément
La finance islamique repose sur des mécanismes de financement différents du crédit classique à intérêts. Dans une opération demourabaha, par exemple, l’établissement achète un bien avant de le revendre à son client avec une marge convenue. L’ijararepose sur la location d’un actif, tandis que lamoucharakapermet à plusieurs partenaires de financer conjointement un projet et d’en partager les résultats selon les modalités contractuelles.
Dans la CEMAC, cette activité est encadrée depuis 2023 par le règlement n° 04/22/CEMAC/UMAC/COBAC et ses textes d’application. Les établissements exerçant à la fois des activités conventionnelles et islamiques doivent disposer d’une autorisation spécifique. La réglementation prévoit notamment une affectation distincte des ressources, une comptabilité séparée et un dispositif de contrôle de conformité.
Ces dispositions imposent à la MUPECI d’organiser AL-FALAH comme une activité financière identifiable, même lorsque les deux offres sont commercialisées dans un même immeuble. Le directeur général a annoncé l’obtention des autorisations nécessaires auprès de la COBAC, notamment pour les membres de son comité de conformité, son coordonnateur national et sa responsable de conformité.
Reste à connaître les moyens financiers affectés à cette nouvelle activité. Zéphyrin Blaise Tchoupou affirme :« Nous avons mobilisé des centaines de millions pour le lancement. » L’établissement ne donne toutefois pas de montant précis pour cet investissement, ni pour la dotation en capital de la fenêtre islamique.
La MUPECI n’a pas davantage communiqué d’objectifs chiffrés de collecte de dépôts ou d’octroi de financements propres à AL-FALAH. Son bilan global de 120 milliards de FCFA donne une indication de la taille de l’institution, mais pas de celle de sa nouvelle activité. L’évolution des dépôts, des financements accordés et des revenus de cette fenêtre permettra d’en mesurer le développement effectif.
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