Actualités locales
2,4 tonnes de cyanure interceptées sur les berges de la Bénoué

2,2 tonnes de whisky en sachets et 2,4 tonnes de cyanure ont été saisies par la Douane camerounaise mercredi 30 septembre 2026 à Garoua et à Djalingo.
Des éléments de de la zone III de l’opération Halcomi IV ont opéré deux saisies de produits dangereux dans la région du Nord, faisant un volume de près de cinq tonnes. La plus importante saisie a eu lieu sur les berges de la Bénoué à Garoua. Les éléments coordonnés par le commandant Gonmoga Kaoga ont intercepté un débarquement en provenance du Nigeria.
À l’intérieur : 37 sacs et 12 fûts, soit 2 450 kg de cyanure. Un produit chimique toxique, très prisé par les orpailleurs clandestins. Une telle quantité déversée dans la nature aurait suffi à décimer la faune aquatique de la Bénoué et à contaminer l’eau potable de toute une ville.
La deuxième prise est survenue au poste de contrôle de Djalingo. Il s’agit de 22 ballots, soit 2 200 kg de whisky en sachets. Un produit dont la commercialisation est interdite au Cameroun. Ces alcools à bas prix, sans traçabilité, inondent les marchés et exposent les consommateurs à des intoxications.
Ce sont au total, 4 650 kg de produits retirés de la circulation. Avec une telle réalisation en une seule journée, la Douane envoie un signal fort à la fin de sa campagne de sensibilisation nationale sur les boissons et produits sensibles : la phase de répression a commencé.
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les enseignants sommés de payer jusqu’à 20 000 FCFA pour financer leur propre Journée mondiale

C’est une célébration qui vire à la polémique. À Wum, dans la Menchum, région du Nord-Ouest, enseignants et chefs d’établissements dénoncent une circulaire préfectorale qui leur impose de financer la Journée mondiale des enseignants du 5 octobre.
La circulaire du 29 septembre, signée du préfet Abdoullahi Aliou, fait suite à une réunion préparatoire tenue le 25 septembre à la mairie de Wum. Elle fixe une grille de contributions obligatoires. Ladite grille répartit les montants de contribution en fonction du niveau de responsabilité des personnels éducatifs.
Les délégués départementaux doivent contribuer à hauteur de 20 000 FCFA, les proviseurs 10 000, les inspecteurs d’éducation de base 15 000, les directeurs du premier cycle 7 500, les délégués d’arrondissement 5 000, les directeurs d’écoles publiques 3 000, les enseignants du public 2 500 et les enseignants du privé 2 000 FCFA. Toutes les sommes doivent être remises au deuxième adjoint au préfet. Aucune mention du caractère volontaire, aucun budget détaillé, juste la précision, pour le « succès de l’événement ».
La mesure qui suscite l’indignation auprès des enseignants interroge quant à la finalité de la collecte au moment où le domaine éducatif traverse une période de turbulence depuis des années. Cette contribution imposée résonne comme une provocation pour un corps enseignant qui, depuis 2022, multiplie les cris d’alarme.
On se souvient du mouvement « On a Trop Supporté » (OTS) lancé en février 2022 par les enseignants du secondaire. En 2023, le mouvement OTA « On a Trop Attendu » du primaire a pris le relais, avec presque les mêmes doléances. Leurs revendications restent d’actualité : des mois, voire des années sans salaire pour les nouvelles recrues, bloquées par le système de gestion des personnels de l’Etat ; des avancements et reclassements gelés ; des primes d’enseignement dérisoires ; des rappels d’arriérés de salaires jamais payés ; un statut particulier de l’enseignant jamais adopté ; des états généraux de l’éducation jamais organisés.
Dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, à ces difficultés nationales s’ajoute la crise anglophone : écoles incendiées, enseignants enlevés ou tués, déplacement forcé. Dans ce contexte, demander à un enseignant de débourser 2 500 FCFA pour financer les discours ou pour fêter à la place de réfléchir sur l’amélioration de ses conditions de travail et de vie est mal perçu par plus d’un.
À Wum, les enseignants ont le sentiment de financer eux-mêmes l’hommage que la Nation est censée leur rendre. Un symbole, disent-ils, d’un système qui leur demande toujours plus tout en leur donnant toujours moins.
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