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Me Hippolyte B.T. Meli lui rend hommage tout en dénonçant « l’héritage » du Conseil constitutionnel

Au lendemain du décès de Clément Atangana, président du Conseil constitutionnel, Me Hippolyte B.T. Meli lui a rendu un hommage empreint à la fois de confraternité et de critiques sur l’exercice de ses fonctions à la tête de l’institution constitutionnelle.
Dans un texte publié après l’annonce de la disparition du magistrat, l’avocat commence par un hommage sobre : « Rip Monsieur le Président ! On ne peut plus rien. Même les différends portés devant les Tribunaux s’éteignent. »
Me Hippolyte B.T. Meli fait notamment référence à une procédure pénale dans laquelle Clément Atangana était mis en cause et qui, selon lui, était encore pendante devant la Cour d’appel du Centre à Yaoundé avant le décès du magistrat.
L’avocat précise que cette procédure ne relevait pas, selon lui, d’une démarche personnelle ou d’une quelconque animosité envers le défunt. Il affirme qu’elle concernait « l’intérêt général » et des citoyens qui s’estimaient victimes d’excès ou de dysfonctionnements institutionnels.
Malgré ses critiques, Me Hippolyte B.T. Meli dit se sentir tenu par ses obligations professionnelles et déontologiques à rendre hommage à celui qui fut également son confrère.
Lire l’hommage de Me Hippolyte B.T. Meli :
Rip Monsieur le Président !
On ne peut plus rien.
Même les différends portés devant les Tribunaux s’éteignent.
La procédure pénale qui était encore pendante devant la Cour d’appel du Centre siégeant à Yaoundé s’évapore à votre égard.
Je ne peux m’empêcher de le signaler, car ce n’était pas dans mon intérêt personnel, ni dans une haine quelconque contre vous personnellement.
La procédure intéressait le public et visait l’intérêt général, pour le compte des citoyens s’estimant victimes d’excès et du dysfonctionnement des institutions de la République.
On ne peut plus rien faire.
Les obligations professionnelles et déontologiques que m’imposent le serment que nous avons partagé ensemble me contraignent au respect et au dernier hommage.
Respect dû aux magistrats, respect au devoir de confraternité quelque eût été vos opinions.
Hommage à un confrère qui m’a interrogé en 1996 comme Magistrat représentant de la Cour Suprême du Cameroun, membre du jury de l’examen d’entrée à la profession d’avocat.
Il est devenu avocat inscrit avant de se faire omettre du Tableau de l’ordre pour occuper les fonctions de Président du Conseil Constitutionnel.
Ayant occupé pour une opinion politique qui se sent victime, je m’en voudrais de ne point évoqué l’héritage traditionnel que votre passage laisse au Conseil Constitutionnel, vu sous l’angle des droits des citoyens.
Ils, ( mes clients ) se sont sentis amenuisés, diminués dans leurs droits fondamentaux par la jurisprudence devenue constante du Conseil Constitutionnel: irrecevables et tantôt incompétence
Aucune chance de faire aboutir un recours en régulation du bon fonctionnement des institutions n’a été offerte.
Aucune chance de faire triompher les droits de l’homme devant cette institution détentrice de l’un des pouvoirs dérivés du pouvoir constituant, en charge de régulation du bon fonctionnement des institutions n’a été offerte..
Au-delà des enjeux de la procédure pénale désormais éteinte à votre endroit, pour laquelle un mandat était confié, le Conseil Constitutionnel a choisi de se muer en Avocat-Conseil du pouvoir exécutif, donc il est devenu une partie des litiges contre les victimes des excès. Une conception contraire aux lois relatives à son statut juridique qui a été décriée.
Comment la volonté du représentant suprême du pouvoir exécutif peut-elle prédominer à la volonté du constituant en République ?
La réponse du Conseil Constitutionnel était oui, c’est possible !
L’une des dernières procédures pour laquelle nous occupions est intervenue lorsque vous étiez affaibli par la maladie. Le Conseil Constitutionnel était présidé par son doyen d’âge. Mais rien de ce qui était connu n’avait changé !
Il était demandé au Conseil Constitutionnel d’user de son pouvoir de régulation pour demander au Président de la République de convoquer le corps électoral en vue des élections municipales au plus tard le 09 août 2026, compte tenu du dysfonctionnement causé par la prorogation illégale du mandat des Conseillers Municipaux.
Pour l’une des rares fois, un avis a été donné au SENAT et à l’Assemblée Nationale, sur initiative du Conseil Constitutionnel.
Mais ces pouvoirs dérivés sont restés muets comme le pouvoir exécutif suprême lui même avisé, qui n’a ni répondu, ni constituer conseil pour ce faire.
Le rapporteur de l’instance, lui-même poursuivi dans la procédure pénale pendante devant la Cour d’appel du Centre, s’en est chargé, plus comme avocat du pouvoir exécutif, et au lieu de faire tirer les conséquences de l’acquiescement aux griefs formulés contre ce pouvoir exécutif, comme Conseiller Rapporteur, il a entraîné le Conseil Constitutionnel dans la théorie avalée et adoptée de l’incompétence contre la loi et dans celle d’irrecevabilité en même temps.
Ce n’était pas clair, ni empreint de cohérence juridique.
Le pouvoir du peuple souverain quant à choisir librement ses dirigeants par voie d’élections libres et les sanctionner en temps opportun, venait ainsi d’être définitivement usurpé par le pouvoir exécutif suprême avec la contribution du Conseil Constitutionnel.
Que peuvent ressentir les victimes d’un tel système composant une partie du pouvoir constituant ?
Dit-on, la souveraineté appartient au peuple et non au Président de la République représentant le pouvoir exécutif suprême qui vous a nommé pour être indépendant et impartial, sans permission d’exercer des activités incompatibles.
L’enjeu se trouvait là !
Comment peut-on occuper cette fonction d’arbitrage et être le conseil juridique en même temps ?
Voilà un héritage laissé qui constitue un tel trouble institutionnel pendant, à résorber.
Aucun pouvoir n’est au-dessus du pouvoir constituant si notre pays porte la carapace de République et le Conseil Constitutionnel se devra de le dire sans peur, ni faiblesse.
Par dessus tout,
Cher Président,
Vous avez choisi Créon,
J’ai choisi Antigone.
Rip!
Je reste votre confrère du côté des citoyens contre la société qui les écrase.
Rip encore !
Me Hippolyte BT MELI.
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The Okwelians place la 2e édition de son Summit sous le signe de la « prospérité partagée »

(Investir au Cameroun) – The Okwelians tiendra du 17 au 19 mars 2027 à Yaoundé la deuxième édition de son sommet économique international, avec l’ambition affichée de faire émerger des projets à partir des recommandations formulées lors de la première édition. Le TOKS2027 sera organisé autour du thème «Cameroun 2035 : co-construire le paradigme de la prospérité partagée».
Présentées le 24 septembre 2026 à Yaoundé, les orientations de cette deuxième édition prolongent les travaux du sommet de mars 2025 et du Livre Vert publié quelques mois plus tard. Ce document rassemble 37 recommandations stratégiques et opérationnelles consacrées notamment à l’industrialisation, à l’investissement privé, à l’emploi des jeunes et à la transformation économique.
« Le défi pour nous aujourd’hui, c’est véritablement celui de passer d’un paradigme de la résilience à celui de la prospérité partagée », explique Jacques Jonathan Nyemb, président de The Okwelians. Selon lui, cette évolution suppose de revoir les relations entre l’État, le secteur privé et la société civile et de bâtir une feuille de route autour de projets susceptibles de créer de la valeur localement et des emplois.
La première édition du Summit, organisée en mars 2025 à Yaoundé, avait réuni, selon The Okwelians, plus de 300 participants issus de plus de 20 nationalités. Les travaux avaient notamment débouché sur le Livre Vert, présenté en août 2025. La préparation du rendez-vous de 2027 doit désormais servir à examiner l’avancement de ces recommandations, sélectionner les priorités et susciter des initiatives avant la tenue du sommet.
Des chaînes de valeur à expérimenter
Parmi les pistes avancées figurent des projets pilotes de structuration de chaînes de valeur, notamment dans l’agroécologie. The Okwelians défend plus largement un modèle d’industrialisation donnant davantage de place aux territoires, aux PME, aux coopératives et aux savoirs locaux.
Jacques Jonathan Nyemb avait déjà expliqué à Investir au Cameroun que cette approche devait permettre de développer des productions locales à plus forte valeur ajoutée, citant notamment le manioc, le bois ou encore certaines filières susceptibles d’alimenter les industries agroalimentaire, pharmaceutique et cosmétique.
À ce stade, les informations rendues publiques sur TOKS2027 ne précisent toutefois ni le financement, ni le calendrier, ni les territoires concernés par les projets expérimentaux envisagés. La séquence préparatoire qui doit se poursuivre jusqu’en mars 2027 permettra donc aussi de mesurer la capacité du think do tank et de ses partenaires à faire passer les recommandations du Livre Vert au stade de projets identifiés.
Le rendez-vous intervient par ailleurs à un moment particulier du calendrier économique camerounais. Selon le MINEPAT, l’année 2027 marque la fin de la deuxième phase de la Vision 2035, ouverte en 2020 et associée à l’objectif de faire accéder le Cameroun au statut de pays à revenu intermédiaire. La troisième phase, prévue de 2028 à 2035, doit conduire le pays vers le statut de nouveau pays industrialisé et de pays émergent.
Pour The Okwelians, le Summit de mars 2027 devra ainsi permettre de rapprocher les recommandations formulées depuis 2025 de programmes et projets susceptibles de produire des résultats mesurables, notamment en matière de création de valeur locale et d’emploi des jeunes.
Ludovic Amara
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