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Financements : l’OIM veut mobiliser la Zakat et les dons musulmans pour soutenir des projets au Cameroun

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Financements : l’OIM veut mobiliser la Zakat et les dons musulmans pour soutenir des projets au Cameroun
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(Investir au Cameroun) – L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) veut explorer au Cameroun la mobilisation de la Zakat et de la Sadaqah comme nouvelles sources de financement du développement. Son chef de mission, Abdel Rahmane Diop, a présenté cette piste le 29 septembre 2026 à Yaoundé, lors d’une consultation du secteur bancaire et financier consacrée à la future Stratégie nationale de mobilisation de la diaspora camerounaise.

« L’OIM fait partie des rares organisations internationales disposant d’une fatwa officielle autorisant la collecte et la gestion de la Zakat et de la Sadaqah, dans le respect des principes de conformité religieuse, de transparence et de redevabilité », a déclaré Abdel Rahmane Diop au siège de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC).

Mais aucun mécanisme spécifique de collecte n’est encore annoncé au Cameroun. L’OIM n’a communiqué ni montant cible, ni calendrier, ni partenaire financier chargé de recevoir ces ressources dans le pays. À ce stade, la Zakat et la Sadaqah font partie des instruments que l’organisation propose d’examiner avec les pouvoirs publics, les banques et les autres acteurs financiers.

L’OIM dispose cependant déjà d’un dispositif international permettant de recevoir ce type de financement. Le 25 février 2025 à Riyad, en Arabie saoudite, l’organisation a lancé son Fonds de philanthropie islamique et signé un accord avec l’Académie internationale du Fiqh islamique. Ce partenariat couvre notamment la Zakat, la Sadaqah et d’autres instruments conformes à la charia. L’Organisation de la coopération islamique avait également apporté son soutien au dispositif.

Pour Abdel Rahmane Diop, cette capacité pourrait être utilisée en Afrique centrale. « Cette reconnaissance religieuse ouvre de nouvelles perspectives pour mobiliser des ressources au profit des populations vulnérables, des solutions durables et du développement économique », a-t-il déclaré.

La Zakat constitue une aumône obligatoire pour les musulmans répondant aux conditions prévues par le droit islamique, tandis que la Sadaqah relève du don volontaire. En les intégrant à ses mécanismes de financement, l’OIM cherche notamment à capter une partie des ressources de la philanthropie musulmane pour financer des programmes liés aux migrations, aux populations vulnérables et au développement.

Un instrument à intégrer à la stratégie diaspora

Au Cameroun, cette piste est avancée dans le cadre plus large de l’élaboration de la Stratégie nationale de mobilisation de la diaspora camerounaise. Le processus est conduit par le ministère des Relations extérieures (MINREX), avec l’appui technique de l’OIM.

L’objectif est de doter le pays d’un cadre permettant de mieux mobiliser les compétences, les réseaux, l’épargne et les investissements des Camerounais établis à l’étranger.

Les consultations prévues dans ce cadre concernent trois catégories d’acteurs. La première réunit les administrations, les institutions publiques, les parlementaires et les agences techniques. La deuxième regroupe notamment la société civile, les médias, les universités, les ordres professionnels, les autorités traditionnelles ainsi que les organisations de jeunes et de femmes.

Le troisième volet, organisé le 29 septembre à la BEAC, cible les acteurs bancaires et financiers. Parmi eux figurent notamment la banque centrale, Afreximbank, les banques commerciales, les établissements de microfinance et les investisseurs.

Pour l’OIM, ces acteurs doivent aider à faire évoluer la relation financière avec la diaspora, encore largement centrée sur les transferts d’argent aux familles, vers des mécanismes d’épargne et d’investissement.

L’organisation résume cette ambition par plusieurs changements : passer des transferts à l’investissement, d’une mobilisation ponctuelle à un engagement économique structuré et de l’intuition à une connaissance davantage fondée sur les données.

Les flux de la diaspora encore mal documentés

Cette dernière question constitue l’un des principaux points soulevés par Abdel Rahmane Diop. Selon lui, l’Afrique centrale manque encore d’informations suffisamment détaillées sur les comportements financiers de ses diasporas : montants transférés, circuits utilisés, coûts supportés, produits financiers recherchés et conditions susceptibles de favoriser davantage d’investissements dans les pays d’origine.

Cette faiblesse statistique limite notamment la capacité des pouvoirs publics et des institutions financières à concevoir des produits correspondant aux besoins de ces populations.

L’OIM souhaite donc examiner avec la BEAC, le secteur financier et les États de la sous-région la possibilité de réaliser une étude à l’échelle de la CEMAC. Celle-ci porterait sur les transferts de fonds, l’inclusion financière, la mobilité du travail et les investissements des diasporas.

L’objectif serait de disposer d’une base régionale permettant de mesurer plus précisément les flux financiers et d’identifier les obstacles à leur transformation en épargne ou en investissement.

Cette réflexion rejoint également certains axes du Plan stratégique 2026-2030 de la BEAC, notamment l’inclusion financière, la modernisation des systèmes de paiement et la digitalisation des services financiers.

« La diaspora n’est donc plus uniquement un sujet migratoire. C’est un sujet économique », a résumé Abdel Rahmane Diop.

L’OIM veut notamment associer à cette réflexion les banques, les établissements de microfinance, les assureurs, les fonds d’investissement, les fondations, les philanthropes et les communautés d’affaires. La Zakat et la Sadaqah constituent désormais l’une des pistes proposées. Leur mobilisation effective au Cameroun dépendra toutefois de la définition d’un mécanisme local de collecte, de gestion et d’affectation des ressources.

Ludovic Amara

Lire aussi :

07-07-2026-Diaspora : le pari de la CDEC pour convertir 652 milliards FCFA de transferts en épargne productive

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Cemac : sans réduction du déficit budgétaire des États à 1,5% du PIB en 2027, le FMI ne signera aucun nouveau programme

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Cemac : sans réduction du déficit budgétaire des États à 1,5% du PIB en 2027, le FMI ne signera aucun nouveau programme
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(Investir au Cameroun) – La conclusion de nouveaux programmes économiques et financiers entre le Fonds monétaire international (FMI) et les pays de la Cemac pourrait se jouer dans les budgets 2027 des six États membres. Selon une source autorisée interrogée le 28 septembre 2026 à Yaoundé, en marge de la troisième session ordinaire du Comité de politique monétaire (CPM) de la BEAC, chacun des pays devrait maintenir son solde budgétaire de référence dans la limite de 1,5 % du PIB.

La contrainte serait collective.« Si en 2027 un seul pays présente un budget avec un déficit au-dessus de 1,5 %, aucun nouveau programme économique et financier ne sera conclu dans la sous-région par le FMI », insiste cette source.

Cette condition précise n’apparaît pas, à ce stade, dans les documents publics du FMI consultés. Ceux-ci confirment toutefois que la discipline budgétaire des États et le respect des assurances régionales conditionnent la poursuite ou l’approbation de soutiens financiers du Fonds dans la Cemac.

Une précision technique s’impose également : le plafond communautaire de 1,5 % porte sur le solde budgétaire de référence de la Cemac, qui ne se confond pas automatiquement avec le déficit budgétaire global. Cet indicateur tient notamment compte du traitement des recettes pétrolières. Cette différence peut conduire, pour un même pays, à afficher un déficit global supérieur à 1,5 % tout en respectant le critère communautaire.

Les assurances régionales, premier verrou

Avant même les discussions sur les budgets 2027, les États doivent faire valider par le FMI la revue des assurances régionales de la Cemac. Suspendu depuis décembre 2025, ce processus constitue un préalable à la reprise de plusieurs discussions avec le Fonds.

Ces assurances regroupent les engagements pris au niveau régional pour préserver les réserves de change, la stabilité monétaire et financière et la solidité du secteur bancaire. Elles complètent les engagements budgétaires et structurels négociés séparément par chaque État avec le FMI.

La question concerne particulièrement le Cameroun, le Congo et le Gabon, qui ne disposent plus actuellement de programmes actifs avec le Fonds. Le Congo a achevé en mars 2025 son programme au titre de la Facilité élargie de crédit. Au Cameroun, les dernières revues des accords FEC et MEDC ont été approuvées en juillet 2025. L’accord triennal du Gabon, approuvé en juillet 2021, est arrivé à échéance en 2024.

Le déficit régional s’est creusé en 2025

La nouvelle contrainte intervient alors que les finances publiques de la Cemac se sont dégradées. La Banque mondiale estime que le déficit budgétaire moyen de la sous-région est passé de 1,6 % du PIB en 2024 à 3,3 % en 2025.

« La situation budgétaire de la CEMAC s’est détériorée en 2025, sous l’effet de la baisse des recettes pétrolières et des pressions persistantes sur les dépenses. Le déficit budgétaire moyen de la région est passé de 1,6 pour cent du PIB en 2024 à un niveau estimé à 3,3 pour cent du PIB en 2025 », indique la Banque mondiale dans son Baromètre économique de la Cemac publié en août 2026.

La BEAC affiche une estimation encore plus élevée selon son propre périmètre statistique. La banque centrale chiffre le déficit public de la sous-région à 4,5 % du PIB en 2025 et prévoit un repli à 3,3 % en 2026. Les chiffres de la BEAC et de la Banque mondiale ne sont cependant pas directement interchangeables, les périmètres et méthodes de calcul pouvant différer.

Passer d’un déficit régional de cet ordre au respect du critère communautaire en 2027 imposerait des ajustements budgétaires variables selon les pays.

« C’est possible. Il suffit que les gouvernants soient réalistes. Il ne sert à rien de faire des budgets nécessitant d’importants financements alors que ces financements se raréfient. Il suffit d’aligner les dépenses sur les recettes qu’on est sûr de mobiliser », estime la source interrogée à Yaoundé.

Des situations très différentes selon les États

Les marges d’ajustement diffèrent fortement dans les six pays.

Au Cameroun, les différentes institutions évaluent le déficit budgétaire 2026 selon des périmètres distincts. Le FMI retient notamment un déficit global de 1,7 % du PIB, tout en considérant que le pays reste dans les limites du critère budgétaire de référence de la Cemac.

Le Gabon part d’une situation plus dégradée. Les projections disponibles pour 2026 font apparaître un déficit nettement supérieur au seuil régional, avec des estimations qui divergent selon les institutions.

En République centrafricaine, le gouvernement prévoit un déficit de 1,2 % du PIB, contre des estimations plus élevées chez certains bailleurs de fonds. Au Tchad, les autorités projettent environ 2 % du PIB en 2026. Pour la Guinée équatoriale, les prévisions disponibles situent également le déficit au-dessus du seuil de 1,5 %.

Le Congo se distingue : après un excédent en 2025, il devrait encore afficher un solde budgétaire positif en 2026. Il apparaît ainsi, parmi les six pays, comme celui dont la situation budgétaire est actuellement la plus proche de la trajectoire exigée au niveau régional.

Brice R. Mbodiam

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