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4 journalistes racontent leur « enfer » en cellule

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4 journalistes racontent leur « enfer » en cellule
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Ils ont retrouvé la liberté, mais racontent être sortis profondément marqués de leur passage dans les cellules de la police à Yaoundé. François Essomba, Igor Amos Guinweth Bibey, Pierre Mouchili et Solange Djikam, interpellés dans le cadre de l’affaire des lunettes du ministre de l’Économie, Alamine Ousmane Mey, livrent désormais leur version des événements et décrivent des conditions de détention particulièrement difficiles.

L’affaire prend naissance lors des activités du Groupe de la Banque islamique de développement organisées du 14 au 16 septembre 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé. Le MINEPAT confirme que l’ouverture du 14 septembre, présidée par le Premier ministre Joseph Dion Ngute, a notamment donné lieu à la signature d’un financement de 41,92 millions d’euros, soit environ 27,4 milliards FCFA.

Des journalistes sont présents pour assurer la couverture. Le mercredi 16 septembre, François Essomba, correspondant de Chine-Afrique, Igor Amos Guinweth Bibey d’Infocom Plus et Pierre Mouchili expliquent avoir été interpellés dans la salle malgré la présentation de leurs cartes professionnelles. Ils sont d’abord conduits au commissariat du 10ᵉ arrondissement à Bastos, puis transférés au Commissariat central n°1 de Yaoundé.

Selon les journalistes, le motif qui leur est finalement indiqué concerne une suspicion de vol des lunettes du ministre Alamine Ousmane Mey, qu’ils décrivent comme des lunettes en or. « J’ai beau dire que je ne connais rien de cette affaire, ils nous ont incarcérés, sans audition », raconte François Essomba. Il affirme qu’un policier lui aurait répondu que « la cellule est pleine d’innocents » et que leur situation n’avait rien d’exceptionnel.

Les journalistes décrivent une cellule surpeuplée, des toilettes bouchées, l’absence d’eau, des odeurs difficiles à supporter ainsi que la présence de cafards, de souris et de puces. Des conditions qu’ils disent avoir partagées avec des personnes détenues pour des affaires de droit commun.

À 64 ans et après deux décennies de journalisme, Igor Amos Guinweth Bibey parle d’un « cauchemar ». « Pendant six jours on n’a pas connu les toilettes. C’est l’enfer », témoigne-t-il. Il dit n’avoir jamais imaginé vivre une telle expérience après vingt années d’exercice professionnel sans incident majeur.

Pierre Mouchili, 60 ans, raconte également les conséquences financières de sa détention. « J’avais 60 000 FCFA quand on m’a arrêté. Je sors avec 2 000 FCFA », affirme-t-il. Il évoque des paiements réclamés pour téléphoner ou recharger un téléphone, un rendez-vous professionnel manqué et la rentrée scolaire de ses enfants compromise. « Je regrette d’avoir choisi ce métier. Le journaliste n’est pas respecté dans notre pays », lâche-t-il.

Le témoignage de Solange Djikam est encore plus éprouvant. Elle affirme avoir été interpellée dès le lundi 14 septembre. Elle assure qu’aucun objet compromettant n’a été retrouvé sur elle et raconte être sortie de détention affaiblie, malade et sans son téléphone. « L’horreur, l’horreur. On se fait dessus… Les odeurs insupportables », raconte-t-elle.

Les quatre journalistes ont finalement été remis en liberté le 21 septembre, sans charge retenue contre eux.

Pour François Essomba, Igor Amos Guinweth Bibey, Pierre Mouchili et Solange Djikam, la liberté retrouvée ne referme donc pas l’affaire. Ils demandent désormais que soient expliquées les circonstances dans lesquelles des professionnels venus couvrir un événement officiel ont pu se retrouver plusieurs jours en cellule sur la base de soupçons qu’ils ont toujours contestés.

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Michel Kaham mise sur le « douzième homme » de Garoua

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À quelques jours de l’entrée en lice du Cameroun dans les éliminatoires de la CAN 2027, le choix de Garoua pour recevoir les Comores suscite déjà de nombreuses réactions. Invité de l’émission FOU FOOT sur CRTV Sports, Michel Kaham estime que le public du Nord pourrait jouer un rôle déterminant dans cette rencontre.

« Garoua a le douzième homme. Je pense que ça va apporter tout son poids, comme d’habitude, et on ne doute pas que cela va certainement aider les Lions à remporter ce match face aux Comores, jeudi », a déclaré l’ancien international camerounais.

Pour Michel Kaham, l’ambiance du stade de Garoua et le soutien populaire pourraient ainsi constituer un véritable atout pour les Lions indomptables. Face aux Comores, le Cameroun pourra compter sur un public réputé pour sa ferveur, alors que cette première sortie dans les éliminatoires de la CAN 2027 revêt déjà une importance particulière.

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10 ans de guerre, des milliers de morts et toujours aucune issue

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10 ans de guerre, des milliers de morts et toujours aucune issue
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Dix ans après que des avocats, des enseignants et des élèves sont descendus dans la rue dans les régions anglophones du Cameroun pour protester contre ce qu’ils décrivaient comme une érosion du système de Common Law et du système éducatif anglophone, le conflit qui a suivi continue de faire des victimes et de provoquer le déplacement de populations.

Les manifestations ont débuté en octobre 2016, lorsque des avocats ont contesté la nomination de magistrats francophones et l’application de certains aspects du système juridique francophone dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Des enseignants se sont ensuite joints au mouvement, exprimant leurs inquiétudes quant au système éducatif dans ces deux régions. La répression gouvernementale qui a suivi a contribué à l’escalade de la crise.

Dès 2017, la crise s’est transformée en un conflit armé opposant les forces gouvernementales à des groupes séparatistes réclamant l’indépendance des deux régions anglophones.

Dix ans plus tard, la violence reste une réalité quotidienne dans certaines zones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Il n’existe pas de bilan humain faisant l’unanimité. Toutefois, des estimations récentes évaluent à plus de 6 500 le nombre de personnes tuées depuis le début du conflit. L’International Crisis Group et d’autres sources ont également fait état de centaines de milliers de personnes déplacées en raison du conflit.

La violence s’est poursuivie en 2026

Le 8 septembre, des hommes armés ont attaqué l’École normale d’instituteurs (ENI) de Wum, dans la région du Nord-Ouest, tuant le commissaire principal de police Mbah Tobie Damase et enlevant cinq enseignants, selon le gouverneur de la région, Adolphe Lele Lafrique. L’attaque a eu lieu alors que les autorités évaluaient le déroulement de la rentrée scolaire 2026-2027.

Cet incident est survenu dans un contexte de préoccupations renouvelées concernant l’insécurité scolaire et les blocages imposés par les groupes séparatistes au début de l’année scolaire.

Un rapport du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) portant sur le mois d’août indiquait que la situation sécuritaire dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest restait instable, citant des attaques, des enlèvements, des opérations de type « ville morte » (blocages forcés) et des actes visant le personnel religieux.

Le conflit a eu un impact majeur sur l’éducation

Human Rights Watch a documenté des attaques perpétrées par des groupes séparatistes armés contre des écoles, des enseignants et des élèves, incluant des meurtres, des enlèvements, des menaces et la destruction d’infrastructures scolaires. L’organisation de défense des droits humains a indiqué avoir recensé plus de 70 attaques contre des écoles depuis 2017.

Les civils ont également été victimes d’exactions commises par les deux camps du conflit.

Human Rights Watch a documenté des allégations d’homicides illégaux, de détentions arbitraires et d’autres abus imputables aux forces gouvernementales, tandis que les combattants séparatistes ont été accusés de meurtres, d’enlèvements, d’extorsions, d’attaques contre des civils et d’imposition de boycotts visant les écoles et les commerces.

L’impact humanitaire dépasse la simple perte de vies humaines

Des milliers de familles ont été contraintes de quitter leur foyer, tandis que le fonctionnement des écoles, des établissements de santé, des exploitations agricoles, des entreprises et des réseaux de transport a été perturbé. De nombreux habitants ont rejoint d’autres régions du Cameroun, alors que d’autres ont trouvé refuge au Nigeria voisin.

La crise a également divisé les communautés et accru la pression sur les enseignants, le personnel de santé, les chefs religieux, les autorités traditionnelles et les organisations humanitaires opérant dans les zones touchées.

Le gouvernement a pris des mesures pour répondre à certaines des revendications exprimées lors des manifestations. En septembre et octobre 2019, il a organisé le Grand Dialogue national, axé en grande partie sur la situation dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. L’une des décisions issues de ce dialogue a été d’accorder un statut spécial à ces deux régions dans le cadre du processus de décentralisation du Cameroun. Ce statut spécial reconnaît, entre autres, les spécificités linguistiques et culturelles de ces régions et leur confère des compétences accrues, notamment en ce qui concerne le système éducatif anglophone et les autorités traditionnelles.

Ces mesures n’ont toutefois pas mis fin au conflit armé

Les combats, les meurtres et les enlèvements se sont poursuivis, les civils se retrouvant souvent pris en étau entre les séparatistes armés et les forces gouvernementales.

Ce qui a débuté en 2016 par des manifestations liées à des revendications juridiques et éducatives a ainsi évolué en un conflit bien plus vaste et enraciné. Depuis lors, les groupes séparatistes poursuivent des objectifs politiques et militaires divergents, tandis que le gouvernement maintient sa position en faveur de l’unité du pays.

Dix ans plus tard, le conflit reste sans issue

Pour les familles ayant perdu des proches, les communautés déplacées et les enfants dont la scolarité a été interrompue à maintes reprises, cet anniversaire est moins l’occasion de marquer une date que celle de réfléchir à une crise qui dure depuis une décennie entière.

Le défi majeur demeure inchangé : trouver une solution politique capable de répondre aux griefs au cœur de la crise tout en mettant fin aux violences qui continuent de coûter la vie à des civils.

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General Bank of Cameroon : les dépôts clientèle baissent de 111 milliards FCFA en août, la dette bancaire augmente de 113 milliards

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General Bank of Cameroon : les dépôts clientèle baissent de 111 milliards FCFA en août, la dette bancaire augmente de 113 milliards
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(Investir au Cameroun) – General Bank of Cameroon (GBC) a enregistré une baisse de 111,21 milliards de FCFA de ses ressources clientèle en août 2026. Celles-ci sont passées de 1 045,52 milliards à fin juillet à 934,31 milliards de FCFA un mois plus tard, soit un recul de 10,6 %, selon les calculs effectués à partir des situations mensuelles publiables de la banque.

Dans le même temps, les dettes envers les banques et établissements financiers ont augmenté de 112,83 milliards de FCFA, passant de 83,18 milliards à 196,01 milliards. Elles ont ainsi progressé de 135,6 % en un mois. Leur hausse équivaut, arithmétiquement, à 101,5 % de la baisse des ressources clientèle.

Cette quasi-correspondance ne permet toutefois pas d’établir que GBC s’est endettée auprès d’autres établissements pour compenser des retraits de clients. Les situations mensuelles présentent des soldes à la période de référence, sans préciser les opérations à l’origine des variations ni leurs contreparties.

La structure du passif s’en trouve néanmoins sensiblement modifiée. Les ressources clientèle ne représentent plus que 63,2 % du bilan à fin août, contre 74,7 % un mois auparavant. À l’inverse, la part des dettes envers les banques et établissements financiers passe de 5,9 % à 13,3 %.

Les comptes d’épargne reculent de 36 %

La baisse de la collecte provient essentiellement des comptes d’épargne et des dépôts à vue. Les premiers ont diminué de 60,96 milliards de FCFA, à 107,61 milliards, soit une contraction de 36,2 %. Ce poste représente à lui seul près de 55 % du recul net enregistré en août.

Les dépôts à vue ont diminué de 51,70 milliards de FCFA, soit 6,2 %, pour s’établir à 777,77 milliards. Ils restent la principale composante des ressources clientèle, avec 83,2 % du total.

Les autres postes évoluent peu. Les comptes à terme progressent de 1,35 milliard de FCFA, à 38,87 milliards, et les bons de caisse d’environ 98 millions, à 10,06 milliards. Ces hausses ne compensent qu’une faible partie du recul des dépôts à vue et de l’épargne.

La publication ne ventile pas ces ressources par catégorie de déposants, secteur d’activité ou devise. Il est donc impossible de déterminer si la baisse provient de particuliers, d’entreprises, d’administrations publiques ou de quelques déposants importants, ni d’isoler d’éventuels reclassements comptables.

Les financements à la clientèle progressent de 1 %

Alors que la collecte diminue, les financements à la clientèle identifiables dans le bilan progressent légèrement. Ils atteignent 749,66 milliards de FCFA à fin août, contre environ 741,91 milliards un mois plus tôt, soit une hausse de 7,75 milliards ou 1 %.

Cet encours comprend 486,53 milliards de FCFA de crédits à moyen terme, 141,44 milliards de crédits à court terme, 95,70 milliards de comptes débiteurs de la clientèle et 25,98 milliards de crédit-bail. Les créances rattachées en sont exclues, faute de pouvoir être isolées avec certitude sur la reproduction du document.

La progression est surtout portée par les crédits à court terme, en hausse de 9,73 milliards de FCFA, soit 7,4 %. Les crédits à moyen terme gagnent 3,93 milliards et le crédit-bail 504 millions, tandis que les comptes débiteurs de la clientèle reculent de 6,42 milliards.

Rapportés arithmétiquement aux ressources clientèle, ces financements représentent 80,2 % à fin août, contre 71 % à fin juillet. La hausse de 9,3 points provient principalement de la contraction de la collecte. Ce calcul ne constitue pas un ratio prudentiel de liquidité et ne permet pas, à lui seul, de conclure à une tension de trésorerie.

Le bilan augmente de près de 80 milliards de FCFA

Malgré la baisse des ressources clientèle, le total du bilan de GBC augmente de 79,63 milliards de FCFA en août, soit 5,7 %, pour atteindre 1 478,38 milliards.

À l’actif, l’essentiel de cette progression vient des opérations interbancaires et de trésorerie à vue. Leur encours passe de 167,54 milliards de FCFA à fin juillet à 240,25 milliards à fin août, soit une hausse de 72,71 milliards ou 43,4 %.

Les titres de placement et opérations assimilées progressent de 2,51 milliards, à 400,25 milliards. Avec les opérations interbancaires et de trésorerie à vue, ces actifs totalisent 640,5 milliards de FCFA, soit 43,3 % du bilan.

Le recul de la collecte s’inscrit par ailleurs dans une tendance plus longue. Par rapport au rapport annuel 2024 de Société Générale Cameroun, les ressources clientèle ont diminué de 323,88 milliards de FCFA entre fin 2024 et août 2026, soit 25,7 %. Sur la même période, les financements identifiables ont reculé de 49,16 milliards, ou 6,2 %, et le total du bilan de 109,61 milliards, soit 6,9 %. La collecte s’est donc contractée beaucoup plus rapidement que les financements.

La situation mensuelle d’août porte encore le nom et l’identité visuelle de Société Générale Cameroun, alors que l’établissement exerce sous la dénomination General Bank of Cameroon depuis la finalisation, en mai 2026, du rachat par l’État des actions détenues par le groupe français, selon le ministère des Finances.

Le document ne publie ni créances en souffrance, ni provisions, ni coût du risque, ni ratios réglementaires de solvabilité et de liquidité. Les données disponibles permettent donc de constater une modification importante de la structure de financement de GBC en août, sans en établir les causes ni les conséquences prudentielles.

Baudouin Enama

Lire aussi :

01-09-2026 – General Bank of Cameroon : près de 742 milliards de FCFA de financements à la clientèle à fin juillet 2026

01-09-2026 – General Bank, Afriland et BGFI s’engagent à structurer et mobiliser un prêt de 200 milliards de FCFA pour la Socadel

27-08-2026 – General Bank of Cameroon : un rapport de la BAD alerte sur l’empreinte bancaire croissante de l’État

16-07-2026 – Sous contrôle de l’État, General Bank of Cameroon installe sa nouvelle équipe dirigeante

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