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CAFI confie 14 milliards FCFA à IDH pour faciliter l’accès au financement des PME et coopératives agricoles camerounaises

(Investir au Cameroun) – IDH, organisation spécialisée dans le développement des chaînes de valeur agricoles, a annoncé le 15 septembre 2026 la mise en place au Cameroun de son « Investment & Payment for Environmental Services Hub ». Ce dispositif est destiné à préparer des entreprises agricoles au financement et à attirer des capitaux privés vers des chaînes de valeur sans déforestation. Le projet bénéficie d’un financement de 24,57 millions de dollars de la Central African Forest Initiative (CAFI), soit près de 14 milliards de FCFA. D’ici 2030, IDH vise parallèlement la mobilisation de 29 millions de dollars supplémentaires, environ 16,5 milliards de FCFA, auprès de financeurs privés, climatiques et liés aux paiements pour services environnementaux.
Le mécanisme cible notamment les PME, grandes coopératives et entreprises agricoles qui éprouvent des difficultés à accéder aux financements. Le dispositif ne constitue pas une garantie destinée à rembourser les banques en cas de défaut d’un emprunteur. Il intervient en amont : assistance technique, préparation des entreprises à l’investissement, apport de capital catalytique remboursable et mise en relation avec des banques, institutions de microfinance, investisseurs et acheteurs.
L’enjeu consiste à réduire certains des risques qui maintiennent une partie des entreprises agricoles entre la microfinance et le crédit bancaire classique. IDH doit notamment travailler sur leurs modèles économiques, leur préparation financière et leurs projets d’investissement avant de les présenter à des financeurs. Les banques et investisseurs conserveront toutefois leur propre appréciation du risque et leur décision de financer ou non chaque entreprise.
Près de 14 milliards de FCFA soumis à un décaissement par étapes
CAFI avait approuvé le projet le 21 janvier 2026 pour un montant exact de 24,573 millions de dollars. Sur cette enveloppe, 24,149 millions de dollars doivent être administrés par IDH, tandis que 425 000 dollars resteront gérés directement par CAFI pour effectuer des paiements ex post aux bénéficiaires des services environnementaux.
Le financement est organisé en trois tranches. La première, de 4,481 millions de dollars, soit environ 2,5 milliards de FCFA, est liée à la signature du document de projet. La deuxième attaint 12,190 millions de dollars, environ 6,9 milliards de FCFA, et doit intervenir au premier trimestre de la deuxième année de mise en œuvre, sous réserve du respect de plusieurs conditions.
IDH devra notamment avoir rendu opérationnels les mécanismes d’assistance technique et de capital d’amorçage, fait valider par un organisme indépendant une méthodologie de vérification des résultats et adapté le système de suivi des paiements pour services environnementaux de CAFI.
Le projet devra également avoir commencé à intéresser le secteur privé. Au moins une entreprise de cacao devra avoir signé un contrat de soutien financier au programme de paiements pour services environnementaux et une autre une lettre d’intention. Au moins quatre investisseurs devront avoir rejoint le réseau d’affaires et d’investissement du Hub et dix entreprises potentielles avoir été évaluées pour accéder au mécanisme de capital d’amorçage.
Jusqu’à 4,5 milliards de FCFA liés aux résultats
La troisième tranche peut atteindre 7,904 millions de dollars, soit environ 4,5 milliards de FCFA. Elle est prévue au deuxième trimestre de la quatrième année de mise en œuvre et dépendra des résultats obtenus pendant les trois premières années.
Avant ce décaissement, les engagements financiers matérialisés par des contrats ou des lettres d’intention avec des entreprises privées devront atteindre au moins 6,701 millions de dollars, soit environ 3,8 milliards de FCFA. Ce seuil correspond au montant demandé à CAFI pour financer le volet consacré aux paiements pour services environnementaux.
Le reste dépendra directement des performances vérifiées. La décision de CAFI prévoit que le montant de la troisième tranche soit calculé notamment à partir du nombre d’unités de résultats validées — par exemple les hectares d’agriculture sans déforestation, d’agroforesterie, de reboisement, de régénération ou de conservation forestière — et du montant attribué à chaque unité. Si la vérification indépendante conclut à une performance « faible », aucun versement de cette troisième tranche à IDH ne sera effectué.
IDH doit encore attirer 16,5 milliards de FCFA
À ces ressources publiques doit s’ajouter un objectif de 29 millions de dollars, environ 16,5 milliards de FCFA, de financements commerciaux privés, climatiques et liés aux paiements pour services environnementaux d’ici 2030. Ce montant constitue un objectif de mobilisation et non des ressources déjà acquises.
Le programme prévoit également l’application de pratiques agricoles vérifiées comme sans déforestation et résilientes au changement climatique sur 9 950 hectares d’ici 2030. Des opérations de boisement, reboisement, régénération naturelle assistée ou protection des forêts doivent couvrir 7 000 hectares supplémentaires.
Le volet consacré aux paiements pour services environnementaux doit commencer dans le Grand Mbam. Agriculteurs et communautés pourront être rémunérés en fonction de résultats environnementaux vérifiés, notamment en matière d’agroforesterie, de reboisement ou de protection des forêts. CAFI et IDH prévoient que les enseignements de cette expérimentation puissent ensuite servir à une éventuelle extension du mécanisme à d’autres zones du Cameroun et du bassin du Congo.
Baudouin Enama
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« la Chine ne veut pas qu’on parle d’elle ainsi »

Le journaliste et commentateur de matchs de football Martin Camus Mimb affirme qu’avec la sortie de Kylian Mbappé sur Mao, il n’est pas question de savoir s’il a raison ou pas. La Chine ne veut tout simplement qu’on parle d’elle de cette façon.
Tout est parti d’une vidéo dans laquelle l’attaquant français d’origine camerounaise Kylian Mbappé réagissait à des montages humoristiques, le représentant en dictateur avec une référence à Mao Zedong. La séquence a rapidement provoqué une vague d’indignation en Chine, où plusieurs marques ont mis fin à leurs collaborations avec le capitaine des Bleus. Réagissant à cette polémique, le journaliste Martin Camus Mimb indique qu’il s’agit tout simplement de se plier à une grande puissance économique.
« Quand tu es fort et riche, même quand tu as tort, tout le monde s’excuse et se met à genoux. La question n’est pas d’aimer Kylian ou pas. De le défendre ou pas. De savoir si Mao était dictateur ou pas. Ce n’est pas un concours d’émotions et de gesticulations. La question est claire :LA CHINE NE VEUT PAS QU’ON PARLE D’ELLE AINSI. Elle n’a demandé à personne de l’aider à détester Mbappé ou d’être en colère contre lui. Elle a décidé que chez elle, ça ne passe pas. Elle montre sa puissance et sa capacité de nuisance si on lui manque le respect. Il n’est donc pas question de savoir si vous avez raison de vous agiter quand on parle en mal de vos hommes d’État. Il est question de savoir si vous avez la puissance et l’autorité de la Chine, pour obliger : le Real à s’excuser, Kylian à s’excuser, la fédération espagnole à s’excuser, et bientôt Macron et l’Élysée ? Cela s’appelle le rapport de force. Et même si vous convoquez la théorie du complot, elle ne prospère que là où il y’a la puissance. Le développement, ce n’est pas l’industrie et les routes bien habillées. C’est la capacité à imposer aux autres, comment ils doivent vous regarder. La Puissance… Gros c’est la Puissance ! », a-t-il déclaré.
Le journaliste sportif Romain Molina, pour sa part, affirme que « les acteurs du monde sportif montrent qu’ils iront toujours dans le sens voulu par un pays si celui-ci a des intérêts économiques. Chine, Rwanda, nations du Golfe, États-Unis et même Russie à l’époque : l’industrie sportive pousse votre narratif et ne pose pas de questions (tant que vous payez…). »
Il est à noter que Kylian Mbappé a présenté ses excuses à la Chine à travers Interconnected Ventures, sa holding présidée par sa maman. Cependant, cette sortie n’a pas suffi pour apaiser les tensions.
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Nachtigal : la facture projetée de NHPC frôle 200 milliards de FCFA en 2027, le « take or pay » encore à clarifier

(Investir au Cameroun) – La facturation de Nachtigal Hydro Power Company (NHPC) au titre du mécanisme de « take or pay » est projetée à 196,16 milliards de FCFA en 2027. Ce montant figure dans le rapport général des Conférences élargies de programmation budgétaire et de la performance associée (CEPB-PA), tenues du 1er au 14 septembre 2026 pour préparer le budget de l’État sur la période 2027-2029. Les examinateurs demandent au ministère de l’Eau et de l’Énergie (MINEE) de préciser les obligations financières découlant du contrat d’achat d’électricité conclu avec NHPC.
Le ministère a déjà fourni un état détaillé de la situation des factures de NHPC. Les examinateurs jugent néanmoins cette documentation insuffisante. Ils réclament notamment les dispositions conventionnelles du « take or pay », les montants annuels à acquitter, leur inscription dans le Cadre de dépenses à moyen terme (CDMT) et le circuit institutionnel de transmission et de validation des factures.
La projection de 196,16 milliards de FCFA ne correspond pas nécessairement à une dépense que l’État devra intégralement décaisser en 2027. Le rapport ne permet pas de distinguer la facturation adressée au distributeur des charges qui pourraient effectivement revenir au Trésor public dans le cadre des engagements contractuels et des garanties accordées au projet.
Rapportée à douze mois, cette projection représente une moyenne théorique de 16,35 milliards de FCFA par mois. À titre de comparaison,Investir au Camerounfaisait état, en mars 2025, d’une facture mensuelle de 10 milliards de FCFA liée à la disponibilité de la totalité des 420 MW de Nachtigal. L’écart entre les deux montants reste à expliquer. En l’absence de précisions sur leur composition respective et les clauses tarifaires applicables, il ne permet pas de conclure à une augmentation du coût contractuel de l’électricité.
La nouvelle ligne vers Douala attendue en novembre
Le MINEE compte sur l’achèvement de la ligne de transport Nachtigal-Douala, annoncé pour novembre 2026, pour améliorer l’évacuation et l’absorption de l’électricité produite par la centrale. Selon le rapport, cette amélioration devrait réduire, à compter de 2027, les charges supportées par l’État au titre du « take or pay ».
Le document ne chiffre toutefois pas l’économie attendue et ne précise pas si celle-ci a déjà été intégrée à la projection de 196,16 milliards de FCFA.
L’échéance de novembre reste également à confirmer. Lors d’une inspection effectuée le 7 octobre 2026, le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, a de nouveau demandé l’achèvement des ouvrages du deuxième corridor de transport durant ce mois, après plusieurs reports. Ces retards limitent notamment la capacité du réseau à satisfaire une demande industrielle supplémentaire estimée à 150 MW dans le Littoral.
La question financière a déjà été soulevée par le Fonds monétaire international (FMI). Dans son rapport de consultation au titre de l’article IV, publié en avril 2026, l’institution avertit que les clauses de « take or pay » du contrat d’achat d’électricité de Nachtigal risquent d’accentuer les pressions budgétaires tant que les contraintes de transport empêchent la pleine utilisation des capacités de production disponibles.
Ces tensions ont conduit le gouvernement à rechercher des financements pour sécuriser les paiements à NHPC. Le 26 juin 2026,Investir au Camerounrévélait que 35 milliards de FCFA avaient déjà été mobilisés sur les 56 milliards nécessaires à la reconstitution d’une garantie financière liée au projet. Cette opération de sécurisation des paiements est distincte du montant annuel des factures.
Le ministère des Finances avait lui-même exprimé des réserves sur le montage financier de Nachtigal.« Nous estimons actuellement que la structuration financière de ce projet n’a pas permis à l’État d’être totalement à l’aise », avait déclaré un responsable du ministère lors du Colloque financier international organisé à Yaoundé le 23 avril 2026, selon des propos rapportés parInvestir au Cameroun.
Amina Malloum
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