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PROGRAMMATION BUDGÉTAIRE 2027-2029 : L’État camerounais veut réduire le nombre de projets pour mieux les financer

Face à un portefeuille de près de 500 projets déjà engagés et à 8 500 milliards de FCFA de restes à programmer dans un contexte où les besoins de financement dépassent largement les ressources disponibles, le gouvernement Camerounais entend, desormais, privilégier les investissements les plus urgents, achever les chantiers en cours et limiter le recours à l’endettement.
Avec près de 500 projets déjà engagés et environ 8 500 milliards de FCFA de restes à programmer, le Cameroun ne dispose plus de marges suffisantes pour tout financer. Pour le triennat 2027-2029, le gouvernement veut désormais mieux sélectionner les investissements, contenir le recours à l’endettement et concentrer les ressources sur les projets jugés prioritaires.
À Yaoundé, le mot « choix » revient avec insistance. Mardi 1er septembre, à l’occasion du lancement des Conférences élargies de programmation budgétaire et de la performance associée (CEPB-PA), le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), Alamine Ousmane Mey, a clairement posé les limites de l’exercice de programmation budgétaire pour la période 2027-2029. « Programmer, c’est choisir. Choisir, c’est prioriser », a-t-il déclaré devant les responsables de l’administration et les représentants de la société civile.
Cette nécessité de prioriser s’explique d’abord par l’ampleur des besoins. Pour la période 2027-2029, les besoins de décaissements sur ressources extérieures atteignent 3 803 milliards de FCFA, alors que le plafond prévisionnel s’établit à 2 891 milliards. Soit un déficit de financement de 913 milliards de FCFA.
Le déséquilibre est déjà perceptible dès 2027. Les besoins de décaissements sont évalués à 1 254 milliards de FCFA, contre un plafond de 925 milliards, soit un écart de 328 milliards. Ils atteindraient ensuite 1 362 milliards en 2028 et 1 188 milliards en 2029.
Dans ce contexte, le gouvernement ne peut pas simplement combler les écarts par de nouveaux emprunts. Les plafonds d’engagement et de décaissement fixés par les lois de finances encadrent désormais davantage le recours aux financements extérieurs. Une mobilisation excessive de ressources pourrait, selon l’exécutif, fragiliser les équilibres macroéconomiques.
Le Minepat assume ainsi un changement de méthode. « Prioriser, c’est accepter de différer ce qui peut l’être, afin de garantir la réalisation de ce qui est essentiel », explique Alamine Ousmane Mey.
Un portefeuille déjà lourd
Le principal défi réside également dans le stock de projets déjà engagés. Près de 500 projets pluriannuels sont actuellement en cours d’exécution. Les engagements restant à programmer représentent environ 8 500 milliards de FCFA, dont plus de 2 100 milliards sur ressources internes.
« S’agissant des financements extérieurs, les besoins de décaissement demeurent également très importants, tandis qu’une proportion significative des projets connaît encore des difficultés de performance », a rappelé le ministre.
Pour 2027, les besoins liés aux projets déjà engagés dépassent ainsi les ressources que l’État prévoit de mobiliser. La programmation des nouveaux investissements doit donc tenir compte de cette contrainte, au risque, sinon, de disperser davantage les ressources disponibles.
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UNE ENVELOPPE DÉJÀ SOUS TENSION
La pression ne vient pas uniquement des projets en cours. Pour 2027, les administrations ont formulé des demandes additionnelles d’investissement d’un montant de 1 403,4 milliards de FCFA. Cette enveloppe doit s’ajouter aux engagements existants, qui absorbent déjà une large part des capacités de financement public.
Le même déséquilibre apparaît dans le portefeuille des projets financés avec l’appui des partenaires extérieurs. Les travaux de programmation conduits du 13 au 17 avril au ministère de l’Économie ont porté sur 152 projets, pour un coût global de 9 900 milliards de FCFA.
Les financements extérieurs couvrent 8 706 milliards de FCFA, soit près de 88 % du coût global, contre 1 194 milliards de ressources propres de l’État.
Dans le détail, le portefeuille comprend 59 projets principalement financés par des dons, 83 par des emprunts et 10 combinant dons et emprunts. À l’inverse, 25 projets sont sortis du portefeuille des financements extérieurs en décembre 2025 ou pourraient l’être avant la fin de 2026.
Parallèlement, 22 nouveaux projets sont en préparation en vue d’une éventuelle inscription dans le Budget d’investissement public (BIP) de 2027.
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Achever avant de multiplier
Derrière l’exercice de programmation se joue donc une question plus large : celle de la capacité de l’État à transformer ses engagements financiers en réalisations concrètes.
Le gouvernement veut désormais éviter que l’accumulation des projets ne conduise à une dispersion des ressources et à une multiplication des chantiers inachevés. L’objectif est de concentrer les financements sur les opérations susceptibles de produire rapidement des résultats et de répondre aux priorités nationales.
Alamine Ousmane Mey appelle ainsi les administrations à « mieux programmer, mieux arbitrer, mieux sélectionner, mieux exécuter » et surtout à obtenir « des résultats équivalents aux ressources investies ».
Le triennat 2027-2029 apparaît dès lors comme un exercice d’arbitrage. Il doit permettre de mieux aligner les engagements de l’État sur ses capacités réelles de financement, alors que l’espace budgétaire demeure fortement contraint.
INTERVIEW
CHRISTIAN ARNAULT EMINI
Directeur général de l’Économie et de la Programmation des investissements publics au Minepat
« Il faut de la soutenabilité et un objectif de performance dans la programmation budgétaire 2027-2029 »
Défis Actuels : Les Conférences élargies de programmation budgétaire et de la performance associée reviennent cette année dans un contexte marqué par de fortes contraintes budgétaires. Quelle est la particularité de l’exercice 2027-2029 ?
Christian Arnault Emini : Les Conférences élargies de programmation budgétaire et de la performance associée sont des temps forts dans le calendrier de préparation du budget. Cette année, elles portent justement sur le triennat 2027-2029.
Les conférences de cette année ont quelque chose de particulier. Désormais, nous n’allons plus simplement examiner les objectifs et les indicateurs. Dans la chaîne de résultats, nous voulons insister davantage sur les extrants, c’est-à-dire sur ce que chaque franc investi doit permettre de produire. Quel sera le produit ? Quel sera le service apporté en plus ? Voilà la nouveauté que nous apportons particulièrement en 2026 pour le triennat 2027-2029.
Nous avons également insisté davantage sur le fait qu’avant même de programmer de nouveaux investissements ou de nouvelles dépenses, il faut tenir compte du fait que l’espace budgétaire est actuellement très contraint.
Il faut donc d’abord achever ce que nous pouvons achever. Parce qu’un projet achevé est un projet qui va effectivement donner satisfaction aux populations, comme le chef de l’État le souhaite. À l’inverse, un projet qui n’est pas achevé entraîne des surcoûts et une déperdition de ressources qui sont rares.
C’est véritablement le message que nous avons demandé aux différentes administrations.
Défis Actuels : Comment cette exigence de réalisme va-t-elle se traduire dans les prochains cadres de dépenses ?
Christian Arnault Emini : Nous en avons pour deux semaines, durant lesquelles plus d’une cinquantaine d’administrations et d’institutions vont passer. À la fin, nous devons pouvoir disposer de cadres de dépenses à moyen terme qui soient effectivement crédibles, soutenables et exécutables.
Parce qu’en réalité, une bonne exécution du budget commence par une bonne programmation.
Les différents membres du gouvernement, notamment les coprésidents, le ministre des Finances et le ministre de l’Économie, ont insisté là-dessus. Il faut de la sincérité dans la programmation, il faut de la soutenabilité dans la programmation et il faut un objectif de performance.
Ce que nous recherchons, ce n’est donc pas tant d’avoir un budget que d’avoir un budget qui sera effectivement exécuté, c’est-à-dire en vue de résultats.
Défis Actuels : Que faut-il entendre par « résultats » dans cette nouvelle approche ?
Christian Arnault Emini : Les résultats, ce ne sont pas simplement des chiffres. C’est le bien-être que le budget va effectivement procurer aux populations. C’est aussi la participation que ce budget va apporter au processus d’accélération de la marche vers l’émergence.
Le triennat 2027-2029 est d’ailleurs particulièrement important puisqu’il doit notamment nous mener à la fin de la SND30, la Stratégie nationale de développement à l’horizon 2030.
Par Fabrice BELOKO
Défis Actuels du 04/09/2026
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Fusillade près de Lyon : un homme tué par balle à Décines

Un homme a été tué par balle vendredi soir à Décines-Charpieu, près de Lyon. Un autre a été grièvement blessé lors de cette fusillade, dont les circonstances restent encore floues.
Fusillade près de Lyon : les tirs ont éclaté en début de soirée
La soirée avait à peine commencé lorsque plusieurs coups de feu ont retenti dans le quartier de Sully, à Décines-Charpieu. Il était environ 19h30, vendredi 28 août, lorsque les secours et les forces de l’ordre ont été appelés dans cette commune de l’est lyonnais.
À leur arrivée, les secours ont découvert deux hommes touchés par balle. Le premier, atteint à la tête, n’a pas pu être sauvé. Son décès a été constaté sur place.
Le second homme a été blessé au niveau du flanc ou de l’abdomen, selon les premières informations communiquées. Il a été transporté à l’hôpital dans un état grave. Son pronostic vital n’était toutefois pas engagé selon les informations disponibles dans les heures qui ont suivi les tirs.
La scène s’est déroulée rue Sully, à proximité du Groupama Stadium. Un endroit qui n’est malheureusement pas inconnu des policiers.
Deux suspects auraient pris la fuite en trottinette
Les premiers éléments de l’enquête font état d’au moins deux tireurs. Après les tirs, ceux-ci auraient quitté les lieux à trottinette, compliquant leur identification et leur interpellation.
Une dizaine de douilles ont été retrouvées au sol. Leur présence donne une idée de la violence de la scène, mais elle ne permet pas, à elle seule, de déterminer les raisons de l’attaque.
Les enquêteurs de la police judiciaire ont été chargés des investigations. Ils doivent notamment déterminer si les deux victimes étaient directement visées ou si l’une d’elles a été touchée alors qu’elle se trouvait simplement sur les lieux.
C’est justement là que la prudence s’impose. Le mobile n’a pas été officiellement établi dans l’immédiat.
Une source sécuritaire citée par l’AFP appelait d’ailleurs à la « prudence » concernant les motifs de la fusillade.
Des CRS envoyés dans le quartier après la fusillade
Face à la gravité des faits, le préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Étienne Guyot, a rapidement demandé l’arrivée de renforts.
Des CRS ont ainsi été dépêchés à Décines-Charpieu afin de sécuriser le secteur. Leur présence doit aussi permettre d’éviter de nouvelles tensions alors que les auteurs présumés sont toujours recherchés.
Pour les habitants, le déploiement policier intervient dans un contexte déjà particulièrement tendu. Le quartier de Sully a connu plusieurs épisodes de violence au cours des derniers mois.
Un quartier déjà marqué par plusieurs faits violents
La fusillade intervient notamment quelques mois après un incendie volontaire qui avait fait trois morts dans le même secteur.
Le 11 mai, un immeuble de la rue Sully avait été ravagé par les flammes. Trois personnes avaient perdu la vie : un homme de 28 ans, sa tante de 61 ans et un autre homme de 28 ans qui avait sauté par une fenêtre pour tenter d’échapper à l’incendie.
Trois jeunes âgés de 16, 17 et 18 ans avaient ensuite été interpellés et mis en examen dans cette affaire. La justice avait alors considéré comme sérieuse l’hypothèse d’un règlement de comptes lié au trafic de stupéfiants.
Plusieurs départs de feu avaient également été signalés dans cette même rue depuis la fin avril, ainsi que des tirs d’armes à feu.
Pour autant, aucun élément communiqué dans le cadre de la nouvelle enquête ne permet encore d’affirmer que la fusillade du 28 août est liée à ces précédents.
Le mobile reste encore à déterminer
C’est l’une des principales questions auxquelles les enquêteurs doivent désormais répondre. Pourquoi les tirs ont-ils été déclenchés ? Qui était réellement visé ?
À ce stade, aucune piste n’a été officiellement privilégiée. Les investigations doivent permettre de retracer le déroulement exact des faits et d’identifier les personnes ayant ouvert le feu.
La police judiciaire dispose notamment des douilles retrouvées sur place et des éventuelles images de vidéosurveillance du secteur pour tenter de reconstituer la fuite des suspects. Les recherches se poursuivent dans le même temps pour retrouver les auteurs présumés.
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Deuil-la-Barre : une femme tuée au couteau, son frère en garde à vue

Que s’est-il passé jeudi midi dans cette maison familiale de Deuil-la-Barre, dans le Val-d’Oise ? Une femme de 31 ans est morte après plusieurs coups de couteau. Son frère aîné, âgé de 33 ans, a été interpellé et placé en garde à vue.
Une femme tuée au couteau dans une maison familiale
Le drame s’est produit jeudi 3 septembre, peu avant midi, dans une rue résidentielle de Deuil-la-Barre. La victime vivait avec son frère chez leurs parents, dans une maison de la rue Marie-de-Sévigné.
D’après les premiers éléments communiqués par le parquet de Pontoise, le frère aurait porté plusieurs coups de couteau à sa sœur. Malgré les secours, la jeune femme de 31 ans n’a pas survécu à ses blessures.
« Un homme âgé de 33 ans a été interpellé après avoir porté plusieurs coups de couteau à sa sœur âgée de 31 ans. Elle est décédée à la suite de ses blessures. Les faits ont été commis au domicile de leurs parents chez lesquels ils vivaient », précise le parquet de Pontoise.
La scène s’est déroulée dans un secteur composé principalement de pavillons. Un environnement calme en apparence, loin de l’agitation habituelle des grands centres urbains.
Le frère placé en garde à vue
Après les faits, le suspect n’a pas opposé de résistance lors de son interpellation. Les forces de l’ordre l’ont arrêté sur place avant de le placer en garde à vue dans le cadre de l’enquête ouverte pour homicide volontaire.
L’homme de 33 ans était déjà connu pour des problèmes d’addiction et des troubles psychiatriques, selon les informations publiées par Le Parisien. Ces éléments devront toutefois être examinés avec précaution par les enquêteurs et les magistrats.
À ce stade, le mobile précis du passage à l’acte n’a pas été établi publiquement. Une dispute familiale ? Un épisode lié à l’état psychique du suspect ? Les investigations devront permettre de comprendre ce qui s’est réellement passé dans la maison.
Une enquête pour homicide volontaire
Les enquêteurs cherchent désormais à reconstituer les dernières minutes avant le drame. Les circonstances exactes des coups portés à la victime restent à déterminer.
Le parquet de Pontoise a confié les investigations aux services de police compétents. Le placement en garde à vue doit notamment permettre d’entendre le suspect et de confronter ses déclarations aux premières constatations réalisées sur place.
Une expertise psychiatrique pourrait également apporter des éléments sur son état au moment des faits, compte tenu des troubles déjà signalés.
La justice devra ensuite déterminer les suites à donner à cette garde à vue. Une mise en examen pourrait intervenir si les charges réunies contre le suspect le justifient.
Un drame qui bouleverse cette famille
Le fait que les deux adultes vivaient sous le même toit que leurs parents donne au drame une dimension particulièrement brutale. La maison familiale, lieu censé protéger, est devenue le théâtre d’une scène mortelle.
Pour l’heure, les autorités communiquent peu sur les éventuels antécédents de violences entre le frère et la sœur. Rien ne permet donc d’affirmer qu’un conflit ancien aurait précédé les faits.
Les investigations devront aussi établir si des proches étaient présents au moment de l’agression et dans quelles circonstances les secours ont été alertés. Le suspect reste présumé innocent jusqu’à une éventuelle décision de justice.
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ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR PRIVÉ : Le Cameroun durcit les règles et suspend les nouvelles homologations

Réunie le 27 août 2026 à Yaoundé, la 32e session de la Commission nationale de l’enseignement supérieur privé (CNESP) a arrêté une série de mesures destinées à mieux encadrer les institutions privées d’enseignement supérieur. Suspension des nouvelles demandes d’homologation, délai de trois mois pour l’ouverture effective des formations, harmonisation des cycles universitaires et contrôle renforcé des établissements figurent parmi les principales résolutions adoptées.
Le Cameroun resserre le dispositif de régulation de son enseignement supérieur privé. La Commission nationale de l’enseignement supérieur privé (CNESP) a décidé de surseoir à toute nouvelle demande d’homologation, dans l’attente de l’adoption des textes d’application nécessaires à l’encadrement du secteur. La décision figure parmi les principales résolutions de la 32e session de cette instance, tenue le 27 août 2026 au ministère de l’Enseignement supérieur, à Yaoundé.
Présidés par le Professeur Bikoi Félix Nicodème, les travaux ont réuni le représentant du Premier ministre, Chef du gouvernement, les membres statutaires de la Commission, les collaborateurs du ministre d’État, les invités spéciaux ainsi que les membres du Secrétariat technique.
Les échanges ont notamment porté sur le suivi des résolutions de la 31e session, tenue le 26 août 2025, les cas de dysfonctionnement dans les institutions privées d’enseignement supérieur (IPES), l’examen des dossiers de demande et les questions relatives à la tutelle académique.
COUP D’ARRÊT AUX NOUVELLES HOMOLOGATIONS
La mesure la plus significative concerne les demandes d’homologation. La CNESP a décidé de suspendre toute nouvelle procédure d’homologation, en attendant la mise en place du cadre réglementaire approprié.
Dans le même temps, un comité ad hoc devra être constitué. Il réunira notamment l’Inspection générale des services (IGS), l’Inspection générale des affaires administratives (IGA), la Direction des enseignements et du développement de l’enseignement supérieur (DDES), la Direction des affaires juridiques (DAJ), les recteurs des universités d’État ainsi que les promoteurs des IPES.
Cette structure aura pour mission d’encadrer les établissements déjà homologués et de formuler des propositions concrètes au ministre d’État, ministre de l’Enseignement supérieur, Jacques Fame Ndongo. L’objectif affiché est ainsi de clarifier la situation des établissements existants avant toute nouvelle extension du dispositif d’homologation.
TROIS MOIS POUR RENDRE LES FORMATIONS OPÉRATIONNELLES
La CNESP a également fixé un délai aux institutions privées d’enseignement supérieur ayant conclu une convention avec une université d’État. Désormais, les IPES disposent de trois mois après la signature de la convention avec l’université de tutelle et sa validation par le ministre d’État pour introduire une demande d’autorisation d’ouverture des formations concernées.
Passé ce délai, la convention sera considérée comme caduque. Cette disposition vise notamment à éviter que des conventions de tutelle restent sans suite pendant de longues périodes alors que les formations concernées ne sont pas effectivement engagées dans le processus d’autorisation.
La Commission a par ailleurs décidé de réactiver le cadre de concertation ANIPES-CONCU, créé le 21 septembre 2024, pour traiter les questions liées à la tutelle académique.
UN ÉTAT DES LIEUX GLOBAL DES ÉTABLISSEMENTS PRIVÉS
Sur le terrain de l’évaluation et de l’éthique, la 32e CNESP a demandé l’élaboration d’un tableau synoptique de la situation réelle et globale des institutions privées d’enseignement supérieur. Ce document devra être soumis à l’examen de la prochaine session de la Commission.
Il devra notamment permettre d’identifier les établissements dont le fonctionnement est conforme à la réglementation en vigueur. Une fois évalué par la CNESP et approuvé par le ministre d’État, ce tableau sera transmis aux différentes universités de tutelle.
Celles-ci devront à leur tour disposer d’une information claire sur la situation des établissements placés sous leur supervision, afin d’améliorer l’information des usagers. Cette mesure pourrait contribuer à une meilleure lisibilité de l’offre privée d’enseignement supérieur, dans un environnement où la multiplication des établissements et des formations rend nécessaire une information plus transparente sur leur statut réglementaire.
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LES SANCTIONS SOUS ADMINISTRATION SÉQUESTRE REQUALIFIÉES
La Commission a également décidé, dans le cadre de la mise en œuvre des résolutions de la 31e CNESP, de requalifier les sanctions de « mise sous administration séquestre » en « mise sous régie intéressée ». Cette évolution intervient dans le cadre du dispositif de suivi des établissements présentant des dysfonctionnements et traduit la volonté de la tutelle de préciser les modalités de prise en charge des institutions concernées.
La Commission a également demandé la saisine du ministre d’État par l’IGS, l’IGA et la DDES afin de travailler à l’harmonisation des cycles de formation au sein des universités d’État.
LE RAPPEL DES CONDITIONS D’ACCÈS À LA LICENCE PROFESSIONNELLE
Autre point important : la CNESP demande aux universités d’État de respecter strictement les prescriptions du communiqué radio-presse n° 2600397/MINESUP/SG/DDES/ESUP du 21 août 2026. Celui-ci précise que l’admission en licence professionnelle est conditionnée par l’obtention du BTS, du HND, du DEUG, du DUT ou d’un titre jugé équivalent.
Le rappel de cette exigence intervient alors que les autorités cherchent à harmoniser les conditions d’accès et les parcours de formation dans l’enseignement supérieur. Pour la CNESP, l’application uniforme de ces dispositions doit contribuer à davantage de cohérence dans les parcours académiques.
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VERS UN ASSAINISSEMENT DU SECTEUR
À travers les résolutions de cette 32e session, la Commission nationale de l’enseignement supérieur privé affiche une volonté de resserrer le contrôle institutionnel et académique du secteur privé. L’enjeu est à la fois réglementaire et académique : il s’agit de mieux distinguer les établissements conformes aux normes de ceux qui présentent des dysfonctionnements, de clarifier les responsabilités des universités de tutelle et d’éviter l’ouverture de nouvelles formations sans que les conditions réglementaires soient réunies.
La prochaine CNESP devra notamment examiner le tableau global de la situation des IPES et les propositions issues du comité ad hoc chargé d’encadrer les établissements déjà homologués.
Ces mesures interviennent dans un contexte de croissance continue de l’offre privée d’enseignement supérieur au Cameroun. Pour les pouvoirs publics, le défi est désormais de concilier l’élargissement de l’accès à l’enseignement supérieur avec le maintien des exigences de qualité, de conformité réglementaire et de lisibilité des diplômes délivrés.
Par Jean Luc FASSI
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