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Serge Branco dresse un constat sans concession
André Frank Zambo Anguissa a décidé de mettre un terme à sa carrière internationale. Une décision que Serge Branco, ancien Lion Indomptable, comprend, tout en livrant une analyse particulièrement critique du parcours du milieu de terrain en sélection.
Lundi dernier, André Frank Zambo Anguissa a annoncé sa retraite internationale, mettant ainsi fin à une aventure de près d’une décennie avec les Lions Indomptables. Pour Serge Branco, cette décision s’explique avant tout par les difficultés physiques rencontrées ces dernières années.
« Zambo Anguissa a compris tout simplement que son physique ne répond plus. Il est tout le temps blessé », estime l’ancien international camerounais. Selon lui, la baisse du nombre de matchs disputés chaque saison a également pesé dans la décision du joueur. « S’il jouait 35 à 40 matchs il y a quelques années, aujourd’hui il se contente de 15-20 matchs par saison, donc il a compris que ça ne tient plus », poursuit-il.
Serge Branco va plus loin et évoque la question de l’âge des joueurs africains, estimant que les blessures à répétition peuvent révéler une usure physique prématurée. « Nos joueurs africains qui, avant 30 ans, sont constamment blessés, sachez qu’ils ont coupé 5 à 10 ans sur leur âge », affirme-t-il.
Si l’ancien Lion Indomptable reconnaît les qualités humaines et professionnelles de Zambo Anguissa, son bilan sportif avec la sélection camerounaise est, à ses yeux, beaucoup plus mitigé. « Zambo Anguissa a toujours été un joueur discipliné et sans problème, même s’il n’a pas souvent été à la hauteur des attentes », lâche-t-il.
Branco estime notamment ne pas avoir été convaincu par les prestations du milieu de terrain sous le maillot des Lions Indomptables. « Ça fait 10 ans qu’il était en équipe nationale et moi je n’ai jamais vu un grand match de Zambo Anguissa en équipe nationale », déclare-t-il, malgré le passage du joueur dans plusieurs clubs de premier plan en Europe.
L’ancien international camerounais rapproche ainsi son parcours de celui d’autres cadres de la sélection ayant connu de belles carrières en club sans parvenir à laisser la même empreinte avec les Lions. Il cite notamment Alexandre Song et Jean II Makoun. « Ils ont fait de grands clubs, ont été de grands professionnels, mais en équipe nationale n’ont jamais été à la hauteur des attentes des supporters des Lions Indomptables », souligne-t-il.
Malgré ces critiques, Serge Branco tient à saluer la manière dont Zambo Anguissa a choisi de tourner la page. Il loue notamment son comportement durant les périodes de tensions qui ont marqué la sélection camerounaise ces dernières années.
« Je vais te tirer un coup de chapeau parce que tu as eu l’honnêteté et l’humilité de raccrocher », affirme-t-il. Et d’ajouter : « Quand les gens se sont rebellés et ont fait des communiqués contre la FECAFOOT, tu as toujours été neutre, calme, posé et exemplaire. »
Un hommage teinté de lucidité, donc, pour un joueur dont la carrière européenne reste reconnue, mais dont l’aventure avec les Lions Indomptables laisse, selon Serge Branco, un goût d’inachevé. « Félicitations et bonne retraite », conclut l’ancien international.
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Banques camerounaises : les nouvelles cautions reculent de 26,5 % à 444 milliards de FCFA au premier semestre 2026

(Investir au Cameroun) – Les banques camerounaises ont enregistré 444,16 milliards de FCFA de nouvelles cautions au premier semestre 2026, contre 604,35 milliards à la même période de 2025, soit une baisse de 26,5 % en un an. Cette contraction masque un rebond entre avril et juin, période qui concentre près de 70 % des cautions accordées depuis janvier. Ces chiffres résultent des calculs effectués à partir des rapports de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), dont le plus récent, consacré au deuxième trimestre 2026, a été publié le 22 octobre.
Selon le tableau a.6 du rapport de la BEAC, les nouveaux engagements par signature, constitués de cautions bancaires, ont atteint 310,75 milliards de FCFA au deuxième trimestre 2026, contre 133,41 milliards au trimestre précédent. Leur progression de 177,34 milliards de FCFA correspond à une hausse de 133 % en trois mois.
Ce rebond ne suffit toutefois pas à retrouver le niveau de l’année précédente. Au deuxième trimestre 2025, les banques avaient enregistré 326,39 milliards de FCFA de cautions, soit 4,8 % de plus qu’entre avril et juin 2026. La contraction semestrielle provient principalement du premier trimestre, au cours duquel les nouvelles cautions ont chuté de 52 %, passant de 277,96 milliards de FCFA en 2025 à 133,41 milliards en 2026.
Cette évolution intervient dans un contexte de recul général des nouveaux concours bancaires. Au premier semestre 2026, les banques camerounaises ont enregistré 3 140,25 milliards de FCFA de nouveaux engagements, cautions comprises, contre 3 684,72 milliards un an auparavant, soit une baisse de 14,8 %. Les cautions représentent ainsi 14,1 % des concours accordés sur les six premiers mois de l’année, contre 16,4 % à la même période de 2025.
Les cautions aux grandes entreprises chutent de 36,5 %, celles des PME augmentent de 25,6 %
La ventilation des engagements par catégorie de bénéficiaires révèle des évolutions opposées.
Les grandes entreprises ont obtenu 320,55 milliards de FCFA de nouvelles cautions au premier semestre 2026, contre 505,18 milliards un an plus tôt. La baisse atteint 36,5 %, soit 184,64 milliards de FCFA de garanties en moins.
À l’inverse, les cautions accordées aux petites et moyennes entreprises (PME) ont progressé de 25,6 %, passant de 97,28 milliards à 122,21 milliards de FCFA. Leur poids dans le total des engagements par signature est ainsi passé de 16,1 % à 27,5 % en un an.
Cette progression s’est particulièrement manifestée au deuxième trimestre. Entre avril et juin 2026, les banques ont enregistré 80,50 milliards de FCFA de cautions destinées aux PME, contre 48,24 milliards un an auparavant, soit une augmentation de 66,9 %.
Les grandes entreprises restent néanmoins les premières bénéficiaires de ces garanties, avec 72,2 % du montant total enregistré au premier semestre 2026.
Cette nouvelle répartition ne permet pas, à elle seule, de conclure à une amélioration générale de l’accès des PME au financement bancaire. Les données de la BEAC renseignent les montants des engagements accordés, mais ne précisent ni le nombre d’entreprises bénéficiaires ni la nature des opérations garanties.
Les cautions expliquent plus du tiers du rebond des concours bancaires au deuxième trimestre
La forte progression des engagements par signature modifie également la lecture de la reprise du crédit entre les deux premiers trimestres de 2026.
Selon la BEAC, les nouveaux concours des banques camerounaises sont passés de 1 328,62 milliards de FCFA au premier trimestre à 1 811,63 milliards au deuxième, soit une augmentation de 36,4 %. Sur les 483,01 milliards de FCFA supplémentaires enregistrés pendant cette période, 177,34 milliards proviennent des cautions bancaires. Ces opérations représentent ainsi 36,7 % de la hausse totale.
Hors engagements par signature, les crédits regroupés par la BEAC dans la catégorie « crédits amortissables et découverts » ont progressé de 1 195,21 milliards à 1 500,88 milliards de FCFA, soit une augmentation de 25,6 %.
Cette distinction est importante pour apprécier les montants réellement mis à la disposition de l’économie. Une caution bancaire est une garantie par laquelle une banque s’engage à payer une somme si son client ne respecte pas certaines obligations envers un tiers. Elle peut notamment servir à garantir l’exécution d’un marché ou une transaction commerciale. Contrairement à un prêt classique, sa mise en place n’entraîne pas nécessairement un décaissement immédiat de fonds.
Les 310,75 milliards de FCFA de cautions enregistrés au deuxième trimestre ne correspondent donc pas à autant de liquidités effectivement injectées dans l’économie.
La progression de ces opérations influence également la lecture du coût moyen du crédit. Au deuxième trimestre 2026, le taux effectif global (TEG) des nouveaux concours bancaires ressort à 8,13 %, contre 8,97 % au premier trimestre, soit une diminution de 0,84 point.
Mais cette moyenne intègre les engagements par signature, dont le TEG s’établit à seulement 1,26 %, nettement en dessous des 9,55 % enregistrés pour les crédits amortissables et découverts.
Or, la part des cautions dans les nouveaux concours bancaires est passée de 10 % au premier trimestre à 17,2 % au deuxième. Cette modification de la composition des engagements contribue mécaniquement à la baisse du taux moyen global.
Sur la même période, le TEG moyen des crédits amortissables et découverts n’a diminué que de 0,27 point, passant de 9,82 % à 9,55 %. Le recul du taux global de 0,84 point ne traduit donc pas une diminution équivalente du coût de ces financements.
Les rapports de la BEAC ne précisent pas quelle part des 444,16 milliards de FCFA de cautions enregistrées au premier semestre couvre des marchés publics, des contrats privés ou des opérations commerciales. Ils ne permettent pas non plus de déterminer le montant des garanties effectivement appelées, c’est-à-dire celles ayant conduit les banques à payer à la place de leurs clients.
Baudouin Enama
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Paris sportifs au Cameroun : flou sur les opérateurs agréés, mystère sur les recettes fiscales collectées

(Investir au Cameroun) – Le Cameroun dispose d’un dispositif fiscal encadrant les paris sportifs, mais les données publiques recensées dans une étude publiée en octobre 2026 ne permettent pas de déterminer combien cette activité rapporte effectivement aux finances publiques. Dans sonBaromètre des paris sportifs en Afrique francophone, AfriBallon indique n’avoir retrouvé ni chiffre d’affaires consolidé du secteur, ni montant officiel vérifiable des recettes fiscales collectées auprès des opérateurs. Le nombre exact d’entreprises disposant d’une autorisation valide reste également difficile à établir.
AfriBallon est un site d’information consacré au football et aux paris sportifs, qui publie également des comparateurs d’offres de bookmakers. Édité par LLAO LLAO LTD, une société établie à Maurice, il indique percevoir des commissions d’affiliation de certains opérateurs. Son baromètre compare les dispositifs de régulation et les données économiques disponibles au Cameroun, en Côte d’Ivoire et au Sénégal. Il s’agit d’une étude documentaire, fondée sur des sources consultées le 9 octobre 2026, et non d’une enquête de terrain.
Au Cameroun, les entreprises exploitant des jeux de divertissement, d’argent et de hasard sous les régimes de la concession ou de l’autorisation sont soumises à une redevance annuelle de 2 % de leur chiffre d’affaires hors taxes. Depuis la réforme de la fiscalité locale de décembre 2024, son recouvrement relève de la Direction générale des impôts (DGI).
La loi de finances 2026 a clarifié cette compétence en confiant exclusivement aux services fiscaux de l’État le recouvrement de la redevance. L’article C 132 du Code général des impôts prévoit désormais une déclaration et un paiement trimestriels, dans les quinze jours suivant la fin de chaque trimestre, sur la base du chiffre d’affaires réalisé. Une partie du produit de cette redevance est affectée aux Régions, par l’intermédiaire du Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunale (FEICOM).
Des droits d’autorisation pouvant atteindre 300 millions de FCFA
La fiscalité du secteur comprend également des droits d’entrée et de renouvellement des titres d’exploitation. La loi de finances 2025 a fixé ces droits à 300 millions de FCFA pour les jeux en ligne. Le tarif est différent pour les paris relevant des concessions de types A et B, dont les droits sont respectivement fixés à 10 millions et 5 millions de FCFA.
Les transactions financières associées aux jeux sont également taxées. Depuis 2025, les transferts et retraits d’argent réalisés via les plateformes électroniques de jeux de hasard et de divertissement sont soumis à une taxe de 1 %, contre 0,2 % pour les opérations relevant du taux de droit commun. Un droit spécifique de 4 FCFA par transaction s’ajoute au prélèvement proportionnel. Son champ d’application dépasse toutefois les seuls jeux d’argent.
Ces dispositions identifient plusieurs sources de recettes publiques, sans permettre d’en mesurer le rendement. Les documents recensés par AfriBallon ne précisent ni les montants effectivement recouvrés auprès des opérateurs de paris sportifs, ni le nombre d’entreprises ayant acquitté les droits d’autorisation. La redevance annuelle de 2 % couvre en outre plusieurs catégories de jeux. Même si son produit global était publié, une ventilation serait nécessaire pour isoler la contribution des paris sportifs.
L’absence de données consolidées dans les documents examinés ne signifie pas que l’administration fiscale ne possède pas ces informations. Elle empêche cependant de mesurer, à partir de ces seules sources publiques, le poids économique de l’activité et sa contribution effective aux recettes publiques.
Aucun registre public des opérateurs retrouvé au Cameroun
La comparaison avec la Côte d’Ivoire et le Sénégal fait apparaître une autre différence : la disponibilité des informations sur les entreprises autorisées à exercer.
En Côte d’Ivoire, l’Autorité de régulation des jeux de hasard (ARJH) recensait 17 opérateurs privés agréés sur une liste consultée par AfriBallon le 9 octobre 2026. Au Sénégal, la Loterie nationale sénégalaise (LONASE) a rendu publique, le 30 juin 2026, une liste de 17 plateformes de jeux en ligne autorisées. Ces décomptes ne couvrent toutefois pas exactement le même périmètre : le premier concerne des opérateurs privés, le second des plateformes.
Au Cameroun, les autorisations d’exploitation sont délivrées par le ministère de l’Administration territoriale (MINAT). Pourtant, AfriBallon indique n’avoir retrouvé aucun registre public équivalent sur le site de cette administration. Les chiffres relayés dans la presse sur le nombre de bookmakers actifs ne permettent pas de déterminer combien disposent effectivement d’une autorisation en cours de validité.
L’existence d’autorisations individuelles est néanmoins documentée par certains opérateurs. Dans ses conditions générales actualisées le 14 octobre 2026, Betclic Cameroun déclare avoir obtenu, le 28 avril 2026, l’autorisation ministérielle n°000059/A/MINAT/SG/DAP/SDLP/SJ/ pour proposer des jeux en ligne sur le territoire camerounais.
Cette référence publiée par l’entreprise ne constitue toutefois pas une confirmation administrative indépendante et ne permet pas de reconstituer la liste complète des opérateurs agréés. Pour établir les recettes fiscales effectivement générées par les paris sportifs, deux informations restent notamment nécessaires : le nombre d’autorisations en cours de validité, détenu par le MINAT, et la ventilation des prélèvements effectivement recouvrés, relevant des administrations fiscales et financières compétentes.
Baudouin Enama
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