Dernières actualités
Cameroun : le MINESEC introduit l’intelligence artificielle dans les salles de classe

Le ministère des Enseignements secondaires (MINESEC) franchit une nouvelle étape dans la modernisation du système éducatif camerounais. Réunis le 17 août 2026 au Distance Learning Centre, responsables pédagogiques, inspecteurs et enseignants ont exploré les perspectives offertes par les simulations pédagogiques assistées par l’intelligence artificielle, une innovation appelée à transformer les méthodes d’apprentissage dans les établissements secondaires du pays.
Présidée par le ministre des Enseignements secondaires, le Pr Nalova Lyonga, cette rencontre stratégique a permis de mettre en lumière les avancées réalisées par ce département ministériel dans le développement d’outils numériques capables de rendre l’enseignement plus interactif, plus concret et davantage adapté aux exigences de l’école du XXIe siècle.
UNE RÉPONSE AUX DÉFIS DE L’ENSEIGNEMENT PRATIQUE
Dans de nombreuses disciplines, certaines notions demeurent difficiles à assimiler lorsqu’elles sont abordées uniquement de manière théorique. Les contraintes liées au manque d’équipements, aux coûts élevés des laboratoires ou encore aux exigences de sécurité limitent souvent les possibilités de démonstrations pratiques en milieu scolaire. C’est dans cette optique que le MINESEC a engagé la production de simulations numériques permettant aux élèves d’observer et d’expérimenter virtuellement des phénomènes parfois complexes.
En ouverture des travaux, l’Inspecteur général des Enseignements, Adjaba Biwoli Jean Pierre, a rappelé l’importance de ces ressources multimédias dans l’amélioration des pratiques pédagogiques et dans le renforcement de la qualité des apprentissages. Grâce à ces dispositifs interactifs, les apprenants peuvent désormais visualiser des expériences scientifiques, manipuler des équipements virtuels ou encore comprendre des mécanismes difficiles à reproduire dans un cadre scolaire classique.
Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais
UNE PRODUCTION LOCALE AUX RÉSULTATS REMARQUABLES
L’un des moments marquants de la rencontre a été la présentation effectuée par l’Inspecteur pédagogique national d’Informatique, Muluh Godson. Celui-ci a souligné la capacité de l’intelligence artificielle à accélérer considérablement la conception des contenus pédagogiques. Selon les données présentées, alors que certaines institutions académiques internationales mobilisent des investissements importants pour développer un nombre limité de simulations éducatives, le MINESEC est parvenu à produire plus de 250 simulations bilingues en quelques semaines seulement.
Ces ressources ont la particularité d’être accessibles gratuitement et utilisables sans connexion internet, un atout majeur dans un contexte où l’accès au numérique demeure inégal selon les régions. Cette approche permet non seulement de réduire les coûts de production, mais aussi d’offrir aux enseignants des outils adaptés aux réalités locales et aux programmes nationaux.
DES DÉMONSTRATIONS CONCRÈTES POUR CONVAINCRE
Pour illustrer le potentiel de cette innovation, plusieurs enseignants issus de disciplines variées ont procédé à des démonstrations en direct. Les présentations ont couvert aussi bien la chimie que les sciences de la vie et de la terre, les lettres et arts ou encore les techniques industrielles. Les participants ont ainsi découvert des simulations de réactions chimiques, des laboratoires virtuels permettant de réaliser des manipulations délicates, ainsi que des environnements numériques reproduisant des situations pédagogiques complexes.
Certaines applications permettent par exemple d’observer des phénomènes biologiques ou d’effectuer des analyses qui nécessiteraient habituellement des infrastructures spécialisées et des conditions de sécurité particulières. Afin de faciliter leur exploitation en classe, chaque simulation est accompagnée d’un guide pédagogique détaillant les objectifs, les procédures et les résultats attendus.
Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais
L’ÉLÈVE AU CENTRE DE LA TRANSFORMATION NUMÉRIQUE
En clôturant les travaux, le Pr Nalova Lyonga a salué les efforts des équipes techniques et pédagogiques ayant contribué à la mise en œuvre de ce projet. Tout en encourageant la poursuite des innovations, elle a insisté sur la nécessité d’une utilisation méthodique et réfléchie de l’intelligence artificielle dans le domaine éducatif.
La ministre a notamment mis l’accent sur l’importance de la formulation rigoureuse des requêtes destinées aux outils d’IA, afin de garantir la qualité des contenus produits. Elle a également rappelé que la technologie doit demeurer un instrument au service de l’apprentissage et non une finalité en soi.
Pour le MINESEC, cette démarche s’inscrit dans une vision plus large de transformation numérique de l’école camerounaise. En combinant expertise pédagogique et innovations technologiques, le ministère entend créer un environnement d’apprentissage plus dynamique, capable de stimuler la curiosité, l’autonomie et la créativité des élèves, tout en renforçant l’efficacité de l’enseignement.
À travers cette initiative, le Cameroun affirme ainsi son ambition de faire de l’intelligence artificielle un levier de modernisation éducative, au service de la réussite scolaire et de la formation des compétences de demain.
Par Yvana TELEZING
Défis Actuels du 24/08/2026
Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici
Dernières actualités
Le Cameroun réalise des progrès significatifs, selon Washington

Le Cameroun améliore son score en matière de transparence budgétaire. Dans son 2026 Fiscal Transparency Report, le département d’État américain classe le pays parmi ceux ayant enregistré des avancées remarquables en matière de transparence budgétaire au cours de la période allant du 1er janvier au 31 décembre 2025. « Au cours de la période examinée, le gouvernement Camerounais a réalisé des progrès significatifs en publiant en ligne, dans un délai raisonnable, sa proposition de budget de l’exécutif ainsi que son rapport de fin d’exercice », note le rapport américain. Une appréciation qui ne signifie pas que Yaoundé satisfait encore à l’ensemble des standards américains, mais qui traduit une évolution favorable dans plusieurs domaines liés à l’information et à la gouvernance budgétaires.
Le rapport, élaboré par le Bureau of Economic, Energy and Business Affairs du département d’État, examine notamment la manière dont les gouvernements rendent accessibles leurs documents budgétaires, assurent le suivi de l’exécution des dépenses publiques, publient les informations relatives à la dette et organisent le contrôle des finances publiques.
Sur ces différents indicateurs, le Cameroun a franchi plusieurs étapes. Le document précise que le gouvernement « a également publié en ligne, dans un délai raisonnable, son budget adopté et a assuré un suivi du budget tout au long de l’exercice fiscal ». Cette disponibilité des documents constitue un élément central de l’évaluation américaine. Le rapport considère par ailleurs que « le budget donnait une image globalement substantielle en incluant les principales sources de recettes et de dépenses ». Il nuance toutefois cette appréciation en relevant que les recettes et dépenses effectivement réalisées « ne correspondaient pas de manière raisonnable à celles inscrites dans le budget adopté ».
Des avancées sur la dette et les marchés publics
Autre point positif : la publication des informations relatives aux obligations liées à la dette. Selon le rapport américain, « le gouvernement a rendu publiques les informations relatives aux obligations liées à la dette et les a mises à jour chaque trimestre, y compris pour les entreprises publiques ». Une pratique qui participe à une meilleure visibilité sur les engagements financiers de l’État et des entités relevant du secteur public.
Le Cameroun est également crédité d’une bonne pratique concernant la ventilation des dépenses destinées au fonctionnement des services de l’exécutif — le document notant que « le gouvernement a ventilé les dépenses destinées au fonctionnement des services de l’exécutif ». Les informations contenues dans le budget sont, de manière générale, « jugées globalement fiables ».
Dans le secteur extractif, le rapport relève que « le gouvernement a précisé dans la loi ou la réglementation, et a semblé respecter dans la pratique, les critères et procédures d’attribution des contrats et licences d’extraction des ressources naturelles ». Des informations de base sur les attributions de contrats dans ce secteur sont également rendues publiques.
Même constat pour la commande publique. Le rapport indique que « le gouvernement a rendu publiques des informations de base sur les attributions de contrats d’extraction de ressources naturelles et sur les marchés publics ». Ces éléments constituent, aux yeux du département d’État, des indicateurs importants de transparence dans la gestion des ressources publiques et naturelles.
Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais
Les entreprises publiques restent un point sensible
Les progrès constatés ne font cependant pas disparaître plusieurs insuffisances. L’une des principales concerne les entreprises publiques : le rapport souligne que le gouvernement « n’a pas divulgué les dotations accordées aux entreprises publiques ni les revenus qu’elles génèrent, et peu d’entreprises publiques ont produit des états financiers ».
Cette observation intervient alors que le Cameroun a engagé ces dernières années un mouvement visant à renforcer la gouvernance financière des entreprises et établissements publics.
Une évolution est toutefois intervenue après la période de référence du rapport. La campagne menée par le ministère des Finances, notamment à travers la Division des participations et des contributions, a contribué à accélérer la publication des comptes des entreprises publiques. Entre la fin du mois de juin et le mois de juillet 2026, une grande partie de ces entreprises a ainsi rendu publics ses états financiers au titre de l’exercice 2025.
Cette dynamique pourrait contribuer à répondre progressivement à l’une des préoccupations formulées par Washington : permettre aux citoyens, aux partenaires techniques et financiers ainsi qu’aux institutions de contrôle de mieux apprécier les ressources mobilisées par les entreprises publiques, les concours qu’elles reçoivent de l’État et les résultats qu’elles génèrent.
Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais
Le département d’État formule ainsi plusieurs recommandations. Parmi les mesures que le Cameroun pourrait prendre figure celle de « détailler dans les documents budgétaires les dotations accordées aux entreprises publiques ainsi que les revenus qu’elles génèrent ». Il devrait également « supprimer les comptes hors budget ou les soumettre à un audit et à un contrôle adéquats ».
Washington recommande en outre au gouvernement de « produire et publier des prévisions budgétaires révisées, ou adopter un budget supplémentaire, lorsque l’exécution du budget s’écarte de manière significative des projections ». Une telle pratique permettrait de mieux rapprocher les autorisations budgétaires de la réalité de l’exécution.
Le contrôle externe encore à renforcer
L’autre faiblesse majeure relevée par le rapport concerne l’institution supérieure de contrôle des finances publiques. Le document est clair sur ce point : « l’institution supérieure de contrôle ne répondait pas aux normes internationales d’indépendance ».
L’appréciation américaine comporte néanmoins une nuance importante : « elle a néanmoins audité l’intégralité du budget annuel exécuté et ses rapports comportaient des constatations substantielles ». Washington recommande donc de « veiller à ce que l’institution supérieure de contrôle réponde aux normes internationales d’indépendance et ait accès à l’intégralité du budget annuel exécuté ».
Au final, le 2026 Fiscal Transparency Report dresse un bilan contrasté mais plutôt favorable pour le Cameroun. Le pays n’est pas encore présenté comme ayant atteint les standards les plus élevés de transparence budgétaire. Il est toutefois reconnu pour les progrès accomplis dans la publication des documents budgétaires, le suivi de l’exécution, la communication sur la dette, les marchés publics et les ressources naturelles.
L’enjeu est désormais de consolider ces acquis. La publication systématique des comptes des entreprises publiques, une meilleure traçabilité des flux qui les concernent, la suppression ou le contrôle effectif des comptes hors budget et le renforcement de l’indépendance de l’institution supérieure de contrôle constituent les principaux chantiers identifiés. Pour le Cameroun, le classement dans la catégorie des pays ayant réalisé des progrès significatifs constitue donc moins une fin qu’une invitation à poursuivre la réforme de la gouvernance financière publique.
Par Jean Luc FASSI
Défis Actuels du 25/08/2026
Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici
Dernières actualités
Carburant : la pénurie au Tchad se répercute sur Kousseri au Cameroun

N’Djamena et les localités d’Abéché, Moundou, Moussoro et bien d’autres villes sont frappées depuis plus d’une semaine par la rareté des produits à la pompe. Une situation qui se répercute à Kousseri, cité frontalière côté Cameroun.
Les consommateurs tchadiens font actuellement face à une pénurie de carburant dans les stations-service. Dans la capitale N’Djamena et dans les autres villes touchées par la crise des hydrocarbures, plusieurs points d’approvisionnement ont cessé leurs activités, tandis que certaines stations encore ouvertes ont revu les prix à la hausse. Le litre d’essence, habituellement commercialisé à 700 FCFA, coûte désormais 1 500 FCFA. Le gazole, vendu au prix officiel de 800 FCFA le litre, vaut actuellement 1 500 FCFA, voire plus. La pénurie des produits à la pompe a ainsi provoqué une forte inflation, entraînant un doublement des prix.
Selon les sources officielles tchadiennes, la production de pétrole raffiné a chuté de 13,3 % au premier trimestre 2026. La baisse des performances des activités industrielles et énergétiques a favorisé l’extension du marché noir dans plusieurs régions du pays.
Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais
Dans son rapport mensuel, l’Autorité de régulation du secteur pétrolier indique que le Cameroun a approvisionné le Tchad à hauteur de plus de 60 % des approvisionnements de N’Djamena au mois de juillet 2026. Le Tchad a ainsi importé du Cameroun 13 millions de litres d’essence et de gazole, précise l’Autorité de régulation du secteur pétrolier.
La pénurie et l’inflation persistent, alors que des grossistes stockeraient les produits afin d’imposer leurs conditions sur le marché. Le Tchad produit en moyenne 120 000 barils par jour et ambitionne de porter cette production à 250 000 barils par jour grâce à son programme Tchad Vision 2030.
KOUSSERI FACE À L’IMPASSE ÉCONOMIQUE
Les échanges commerciaux entre le Tchad et le Cameroun, opérés notamment au niveau de Kousseri, ville frontalière située dans l’Extrême-Nord, ont des répercussions directes dans la région. Les consommateurs tchadiens convergent vers le Cameroun pour s’approvisionner dans les stations-service. Face à cette demande de plus en plus importante, l’on assiste à une baisse considérable de l’offre.
Parallèlement, la distribution et la commercialisation de carburant frelaté se développent dans un environnement où les autorités peinent à contrôler les mouvements des populations. Cette situation favorise également le retour des contrebandiers venus du Nigeria, qui multiplient les réseaux d’approvisionnement illicites en carburant.
Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais
La propagation de ces produits constitue une entrave pour l’économie nationale, l’environnement et la santé des populations. Selon la chaîne publique nationale, la CRTV, dans sa diffusion du 1er juillet 2026, 65 000 litres de carburant frelaté ont été saisis au cours des six premiers mois de l’année 2026, grâce à une opération menée par les forces de sécurité dans plusieurs localités de l’Extrême-Nord.
Ces 65 000 litres, dont le contrôle échappe aux différentes taxes, auraient causé à l’État une perte estimée à 54 millions de FCFA. Le manque d’infrastructures et les difficultés d’accès aux services sont présentés comme des facteurs favorisant la prolifération des trafics illicites dans cette partie du pays.
À Kousseri, la crise tchadienne se traduit donc par une pression supplémentaire sur l’approvisionnement local en carburant. Entre l’afflux des consommateurs tchadiens, la réduction de l’offre et la progression du commerce illicite, la situation met une nouvelle fois en évidence la forte interdépendance économique des deux côtés de la frontière.
Par William Tchuisseu
Défis Actuels du 24/08/2026
Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici
Dernières actualités
LESSIVE, VAISSELLE, BALAYAGE, NETTOYAGE… Ces petits métiers qui font survivre à Yaoundé

Dans plusieurs quartiers de Yaoundé, des hommes et des femmes vont de maison en maison pour proposer leurs services : lessive, vaisselle, balayage, nettoyage ou entretien de la cour. Des petits métiers précaires, exercés au jour le jour, qui permettent à certains de subvenir tant bien que mal aux besoins de leurs familles. Derrière quelques milliers de francs gagnés dans la journée se cachent souvent des histoires de chômage, de charges familiales et de débrouillardise.
À Messassi, dans le troisième arrondissement de Yaoundé, frapper à une porte peut parfois être synonyme d’espoir. Pour Adja Maïmouna, chaque maison représente une possibilité de repartir avec quelques milliers de francs. Depuis deux ans et demi, cette mère de trois enfants parcourt son quartier à la recherche de ménages qui accepteraient ses services. « Il faut vraiment que je fasse quelque chose », explique-t-elle en substance. Une nécessité plus qu’un choix.
FRAPPER AUX PORTES POUR TROUVER DU TRAVAIL
Adja Maïmouna ne possède pas de local, ne dispose d’aucun contrat et ne sait pas à l’avance combien elle gagnera dans la journée. Son activité consiste à se rendre chez les voisins et à proposer ses services. Lessive, vaisselle, balayage, nettoyage du sol : elle accepte les tâches qui lui sont confiées. Lorsqu’un ménage accepte, elle travaille, puis repart à la recherche d’un autre client.
Dans une bonne journée, elle peut intervenir dans trois maisons. Une prestation peut durer environ une heure lorsque le travail est limité, mais jusqu’à trois heures lorsque les tâches sont plus importantes. Ses tarifs varient selon la quantité de travail. Pour la lessive notamment, ils peuvent aller de 500 à 1 500 FCFA. À la fin d’une journée favorable, elle peut gagner entre 5 000 et 6 500 FCFA. Des sommes modestes, mais essentielles pour cette mère qui tente de faire face aux dépenses du foyer.
Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais
DES REVENUS QUI SERVENT À TENIR JUSQU’AU LENDEMAIN
Pour Adja Maïmouna, chaque journée travaillée compte. Une recette de 5 000 FCFA permet de contribuer à l’alimentation de la famille et aux besoins de ses enfants. Avec son mari, qui travaille lui aussi sur des chantiers, le couple tente de joindre les deux bouts, alors que la famille vit dans un chantier qu’elle garde.
Mais les journées ne se ressemblent pas. Il arrive qu’Adja Maïmouna rentre sans avoir trouvé de client. Une journée sans travail signifie alors une rentrée d’argent en moins et davantage de difficultés pour le ménage. La négociation des tarifs fait également partie du quotidien. Certains clients discutent les prix, jusqu’à proposer des sommes qu’elle juge insuffisantes. Pourtant, elle accepte souvent. « Elle n’a pas le choix », résume son témoignage.
ENTRE BESOIN DE MAIN-D’ŒUVRE ET BESOIN DE REVENUS
Si certains proposent leurs services pour survivre, les ménages qui les accueillent ont eux aussi leurs raisons. Ngono Marie, mère de deux enfants et active professionnellement, fait appel à ces travailleurs depuis environ quatre mois. Son emploi lui laisse peu de temps pour s’occuper de toutes les tâches domestiques. Elle préfère donc confier la lessive et le ménage à une personne disponible.
Pour Noumbissi Joël, la situation est différente. Veuve et âgée, elle vit seule, tandis que ses enfants résident hors du pays. Depuis deux ans, elle fait recours à ces services pour l’aider dans les tâches quotidiennes qu’elle ne peut plus toujours effectuer seule. Lessive, vaisselle, ménage et balayage de la cour : elle débourse environ 5 000 FCFA pour la prestation. Ainsi, derrière cette activité se trouvent deux nécessités qui se rencontrent : celle des ménages qui recherchent du temps ou de l’aide et celle de personnes qui cherchent quelques revenus pour vivre.
Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais
UN TRAVAIL SANS GARANTIE
Pour les personnes qui exercent cette activité, la principale difficulté reste l’irrégularité des revenus. Il n’y a ni salaire fixe, ni contrat, ni garantie de travailler chaque jour. Adja Maïmouna ne considère d’ailleurs pas son activité comme un véritable emploi. Pour elle, il s’agit surtout d’un moyen de sortir du chômage et de gagner quelque chose lorsque l’occasion se présente.
Le regard des autres pèse également. Elle raconte avoir été plusieurs fois rejetée après avoir frappé à une porte pour proposer ses services. Dans certaines maisons, elle dit aussi avoir été confrontée au manque de considération ou à des rémunérations qu’elle estime insuffisantes. À l’inverse, certaines rencontres sont plus humaines. Des clients peuvent lui donner davantage que le montant demandé ou même lui offrir à manger. Des gestes qui, au-delà de l’argent, lui donnent le sentiment que son effort est reconnu.
LE RESPECT, UNE AUTRE FORME DE RÉMUNÉRATION
Pour Adja Maïmouna, ce qu’elle réclame surtout aux clients, c’est du respect. Elle sait que son activité est modeste et qu’elle ne correspond pas à ce qu’elle aurait rêvé de faire. N’ayant pas été scolarisée, elle explique qu’elle aurait aimé étudier le droit et défendre les personnes confrontées à la justice. Aujourd’hui, son ambition est ailleurs : permettre à ses enfants d’aller à l’école et de réussir là où elle n’a pas pu poursuivre ses études. Elle rêve de les voir devenir de grands professionnels, notamment des avocats.
Du côté des ménages, les attentes sont également précises. Ngono Marie estime que les personnes engagées doivent être propres, sérieuses, discrètes et respectueuses des biens de la maison. La confiance, elle, se construit progressivement.
ENTRE EMPLOI ET DÉBROUILLARDISE
Le statut de cette activité divise même les clients. Pour Noumbissi Joël, le fait de travailler dans plusieurs maisons et d’en tirer des revenus suffit à considérer cette activité comme un emploi. Pour Ngono Marie, il s’agit plutôt d’une activité permettant à des personnes de sortir du chômage.
À Messassi, comme dans d’autres quartiers de Yaoundé, les coups frappés aux portes ne sont donc pas seulement des demandes de services. Ils sont parfois ceux des personnes qui cherchent une chance de travailler, même pour quelques milliers de francs. Pour Adja Maïmouna, chaque maison ouverte est une journée qui peut être sauvée. Et derrière cette course quotidienne, un souhait demeure : que ses enfants puissent un jour avoir les possibilités qu’elle-même n’a pas eues.
Par Yvana TELEZING
Défis Actuels du 24/08/2026
Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Société2 years agoPrésidentielle 2025 au Cameroun: voici les 10 candidats qui ont déjà déclaré leurs candidatures

Dernières actualités2 years agoCameroun : Liste complète des 250 ethnies qui font la fierté de la nation

Politique2 years agoPrésidentielle 2025 : voici les 10 candidats qui ont déjà déclaré leurs candidatures

Politique2 years agoÉlections présidentielles 2025 au Cameroun : Quels candidats ont les meilleures chances de succès ?

Actualités locales5 months agoThéodore Datouo élu président de l’Assemblée nationale du Cameroun !
- Société1 year ago
Obtenez votre CNI en 48 heures : voici les 13 centres d’enrôlement au Cameroun

Faits divers2 years agoFrais de retrait Orange Money Cameroun : Tout ce que vous devez savoir

Société2 years agoVoici l’origine des noms de 20 quartiers de Yaoundé














