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5 ans après l’alliance, la bataille pour la FIFA oppose désormais Crépin Nyamsi à Samuel Eto’o

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5 ans après l’alliance, la bataille pour la FIFA oppose désormais Crépin Nyamsi à Samuel Eto’o
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Dans un communiqué publié le 25 août 2026, le candidat camerounais à la présidence de la FIFA dit prendre acte de la sortie de Samuel Eto’o sur CNN, dans laquelle le président de la Fédération Camerounaise de Football (FECAFOOT) a clairement choisi de soutenir le président sortant de la FIFA. Une position qui prend une résonance particulière lorsqu’on se souvient de l’histoire récente entre les deux hommes.

Le 27 mai 2026, le Dr Jean Crépin Soter Nyamsi adressait déjà une correspondance au président de la Fédération Camerounaise de Football, Samuel Eto’o, pour solliciter officiellement le parrainage de la FECAFOOT à sa candidature à la présidence de la FIFA, dont l’élection est prévue en mars 2027 à Rabat. Dans cette lettre, le candidat présentait son projet « FIFA Révolution », articulé autour de trois axes : transparence, développement et intégrité. Il mettait notamment en avant le retour à une CAN biennale, une augmentation des investissements dans les infrastructures sportives des pays en développement et un renforcement de l’assistance technique et financière aux fédérations nationales.

Le document avait été reçu à la FECAFOOT le 28 mai 2026. Dans son communiqué du 25 août, le Dr Jean Crépin Soter Nyamsi précise également avoir saisi la Présidence de la République, le ministère des Sports et la FECAFOOT pour solliciter le soutien officiel du Cameroun. Mais, trois mois plus tard, aucune réponse officielle à cette demande n’est évoquée dans son communiqué. Entre-temps, le président de la FECAFOOT a choisi une autre voie : celle du soutien à Gianni Infantino.

Samuel Eto’o choisit Gianni Infantino

Interrogé par CNN, Samuel Eto’o n’a laissé que peu de place au doute. Le président de la FECAFOOT a défendu Gianni Infantino, alors que celui-ci traverse l’une des périodes les plus délicates de sa présidence de la FIFA. Plusieurs grandes confédérations et fédérations ont contesté sa gouvernance après la controverse autour du projet FIFA Forward Enterprise. Samuel Eto’o, lui, estime que Gianni Infantino n’a « rien fait de mal » et considère que la contestation actuelle est largement liée à l’approche de l’élection présidentielle de la FIFA.

Samuel Eto’o est même allé plus loin. Il a défendu le bilan de Gianni Infantino, estimant que celui-ci avait donné davantage d’opportunités aux nations moins puissantes et contribué au développement du football africain. Il s’est également déclaré favorable à une réouverture du débat sur le projet FIFA Forward Enterprise, estimant qu’il pourrait être particulièrement bénéfique au continent africain.

Sur le plan diplomatique, le message est donc limpide : Samuel Eto’o ne soutient pas le candidat camerounais Jean Crépin Soter Nyamsi. Il soutient Gianni Infantino.

Le paradoxe de 2021

C’est ici que l’affaire devient beaucoup plus intéressante. En décembre 2021, les deux hommes se trouvaient pourtant du même côté de la barricade. Jean Crépin Soter Nyamsi était lui-même candidat à la présidence de la FECAFOOT. Il avait finalement retiré sa candidature et rallié Samuel Eto’o à quelques jours du scrutin. Le 11 décembre 2021, Samuel Eto’o remportait l’élection avec 43 voix contre 31 à Seidou Mbombo Njoya, tandis que les candidats ralliés à sa candidature ne recueillaient aucune voix.

Jean Crépin Soter Nyamsi n’a jamais présenté ce retrait comme une simple manœuvre électorale. Il expliquait avoir « joué l’union dans le sacrifice » de sa candidature et avoir donné ses délégués au candidat qu’il estimait le mieux placé. Il revendiquait même d’avoir contribué à la victoire de Samuel Eto’o.

La suite est encore plus significative. En 2022, Jean Crépin Soter Nyamsi se présentait comme « allié stratégique et loyal » de Samuel Eto’o et affirmait qu’il le soutiendrait jusqu’à la fin de son mandat. Il expliquait également qu’il aurait pu exploiter les difficultés de la nouvelle équipe dirigeante pour revenir dans la course, mais qu’il avait choisi de rester aux côtés du président de la FECAFOOT. En 2023 encore, il revendiquait sa fidélité à Samuel Eto’o et rappelait qu’il avait retiré sa candidature « pour soutenir » celui qui allait devenir président de la FECAFOOT.

C’est précisément ce contraste qui donne aujourd’hui à l’affaire une dimension presque personnelle, au-delà du simple affrontement électoral. Le Dr Jean Crépin Soter Nyamsi a fait de la loyauté envers Samuel Eto’o une partie importante de son positionnement public depuis 2021. Il l’a défendu contre ses adversaires, a justifié sa gestion et a régulièrement pris sa défense lorsque le président de la FECAFOOT était sous pression.

En retour, lorsqu’il se retrouve lui-même candidat à un poste international, il ne bénéficie manifestement pas, à ce stade, du soutien public de celui qu’il avait contribué à installer à la tête de la FECAFOOT. Bien plus encore : Samuel Eto’o vient de prendre publiquement position pour son principal adversaire dans cette bataille, Gianni Infantino.

Faut-il pour autant parler de trahison ? Ce serait aller trop vite. En politique comme dans le football, les alliances ne sont jamais nécessairement permanentes. Samuel Eto’o peut considérer que son devoir de président de la FECAFOOT est de défendre ce qu’il estime être les intérêts du football camerounais et africain, indépendamment de sa relation personnelle avec Jean Crépin Soter Nyamsi. Son soutien à Gianni Infantino peut également être motivé par son appréciation du bilan du dirigeant italo-suisse, comme il l’a lui-même expliqué à CNN.

Mais il reste une question politique difficile à éviter : qu’est-ce qu’une alliance vaut lorsqu’elle n’est pas réciproque au moment où l’un des deux alliés a besoin du soutien de l’autre ?

Le choix de Samuel Eto’o est d’autant plus lourd qu’il intervient alors que le football mondial traverse une période de forte contestation autour de Gianni Infantino. Le président de la FIFA est actuellement confronté à des critiques venues de plusieurs acteurs majeurs du football mondial. Dans ce contexte, prendre publiquement sa défense n’est pas une position neutre. C’est un choix politique assumé.

Pour Samuel Eto’o, ce choix peut être stratégiquement cohérent : l’Afrique dispose de 54 associations membres de la FIFA et constitue un bloc électoral majeur dans toute élection à la présidence de l’instance mondiale. Défendre Gianni Infantino revient donc aussi à défendre une certaine continuité dans les relations entre la FIFA et le football africain. Le président de la FECAFOOT estime d’ailleurs que les bénéfices obtenus par le continent sous l’ère Infantino justifient ce soutien.

Pour Jean Crépin Soter Nyamsi, la lecture est différente. Son communiqué ne rompt pas frontalement avec Samuel Eto’o. Il prend « acte » de sa position, déplore l’absence de réaction officielle à sa candidature et affirme poursuivre ses démarches auprès des autres fédérations nationales africaines et internationales pour obtenir les cinq parrainages nécessaires à la validation de sa candidature.

C’est peut-être là que se joue le véritable enjeu. Après avoir sacrifié sa propre ambition à celle de Samuel Eto’o en 2021, Jean Crépin Soter Nyamsi veut désormais savoir jusqu’où peut aller cette ancienne alliance. Et Samuel Eto’o, en choisissant Gianni Infantino, vient de donner une réponse qui risque de laisser une trace durable dans leur histoire politique et sportive commune.

En 2021, Jean Crépin Soter Nyamsi avait renoncé à une bataille pour permettre à Samuel Eto’o de gagner la sienne. En 2026, les deux hommes se retrouvent de part et d’autre d’une bataille beaucoup plus grande : la conquête de la FIFA. Cette fois, il n’est plus question de savoir qui soutiendra Samuel Eto’o. La question est de savoir si Samuel Eto’o acceptera de soutenir celui qui, cinq ans plus tôt, avait choisi de s’effacer pour lui.

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« voilà où mène le manque de discernement »

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« voilà où mène le manque de discernement »
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L’ex-secrétaire général du FSNC Jeanne Nsoga approuve la suspension du parti politique d’Issa Tchiroma.

Sur sa page Facebook, Jeanne Nsoga, l’ancienne secrétaire générale du Front pour le salut national du Cameroun (FSNC), donne son avis sur la suspension de ex-parti politique. Elle pense que ladite suspension signée par Atanga Nji, le ministre de l’Administration territoriale (Minat), est normale. Elle affirme que le parti politique d’Issa Tchiroma fait autre chose que la politique.

« Ce document devrait être affiché dans toutes les écoles de formation politique au Cameroun. La politique ne consiste pas à sacrifier la jeunesse sur l’autel de ses ambitions puériles. Ce n’est pas ça, faire de la politique. Faire de la politique, c’est construire un chemin pour la jeunesse. Pas l’envoyer au feu pour brûler à sa place. Des Camerounais l’ont fait en 1990. Les choix étaient assumés, aucun n’a quitté le navire, parce qu’aucun n’avait sacrifié un autre. Voilà où mène le manque de discernement : quand on appelle à l’insurrection depuis un salon climatisé, ce sont les enfants des autres qui se retrouvent devant le Tribunal militaire de Yaoundé. Quand on confond le courage avec la provocation, ce sont les jeunes qui paient, avec leur avenir, leur casier judiciaire, leur liberté. L’arrêté du MINAT suspendant le FSNC pour 3 mois ce 27 octobre 2026 n’est pas qu’une sanction administrative. C’est le constat d’un échec moral. On ne joue pas avec la colère d’un peuple. On ne surfe pas sur la frustration des jeunes comme on surfe sur une vague. Parce que quand la vague retombe, ce sont eux qui se noient. La vraie grandeur en politique, c’est de savoir retenir son camp quand il veut tout casser. Pas de l’exciter pour exister. Au-delà des partis, il y a une leçon », a-t-elle écrit.

À titre de rappel, le FSNC parti politique d’Issa Tchiroma a été suspendu hier 27 octobre 2026 par le ministre de l’Administration territoriale. La suspension s’étend sur une période de trois mois. Il est reproché au parti, l’appel à l’insurrection, l’atteinte à l’intégrité territoriale, à l’unité nationale et à la souveraineté nationale, l’incitation à la violence ayant occasionné des destructions de biens publics et privés, des troubles graves à l’ordre public et la résidence de l’un des dirigeants statutaires à l’étranger.

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Lionnes indomptables : le staff technique à la rencontre des joueuses du FC Ebolowa

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Le FC Ebolowa a reçu la visite de deux membres du staff technique des Lionnes indomptables. Le coordonnateur de la sélection nationale féminine, Dimitri Lipoff, […]

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pourquoi la perte de ses sponsors chinois ne signifie pas la fin de sa valeur commerciale

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pourquoi la perte de ses sponsors chinois ne signifie pas la fin de sa valeur commerciale
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Dans une tribune, Jean-Pierre Bekolo estime que la rupture de contrats publicitaires avec des entreprises chinoises ne remet pas en cause la valeur intrinsèque de l’attaquant français Kylian Mbappé. Il interroge plus largement les rapports entre talent, capital et dépendance commerciale.

La perte de plusieurs contrats publicitaires attribués à Kylian Mbappé auprès d’entreprises chinoises ne signifie pas nécessairement un effondrement de sa valeur commerciale, estime Jean-Pierre Bekolo dans une tribune consacrée aux relations entre le talent sportif et les intérêts économiques.

L’auteur s’interroge sur la manière dont sont présentées les conséquences financières de la rupture de ces partenariats. Selon les chiffres avancés dans son texte, les contrats concernés avec Dongpeng, Mengniu et Milkground représenteraient entre trois et six millions de dollars de revenus annuels pour le capitaine de l’équipe de France.

Ces montants restent toutefois à considérer comme des estimations citées par l’auteur, et non comme des données financières indépendamment confirmées.

Pour Jean-Pierre Bekolo, le débat ne devrait pas se limiter aux sommes que le joueur pourrait perdre. Il invite également à examiner ce que les entreprises recherchent lorsqu’elles signent des contrats avec des sportifs de renommée internationale : leur notoriété, leurs performances et leur capacité à influencer les consommateurs.

Lire la tribune de Jean-Pierre Bekolo :

MBAPPÉ : CE N’EST PAS L’ARGENT QUI A CRÉÉ LE TALENT, C’EST LE TALENT QUI A ATTIRÉ L’ARGENT

Il y a quelque chose de profondément pervers dans la manière dont on raconte aujourd’hui les pertes financières de Kylian Mbappé à la suite de la rupture de ses contrats publicitaires avec des entreprises chinoises.

On nous explique qu’il risque de perdre plusieurs millions de dollars. On calcule ce que représentent ces contrats dans ses revenus annuels.

On mesure sa dépendance au marché chinois. On s’inquiète de son avenir commercial.

Mais personne ne semble poser la question la plus élémentaire : pourquoi toutes ces entreprises sont-elles venues vers lui ?

Parce qu’il joue bien au football !

Ce n’est pourtant pas compliqué.

Nike ne lui a pas appris à courir. Dior ne lui a pas appris à dribbler. Les entreprises chinoises ne lui ont pas donné son talent. Elles sont venues chercher chez lui quelque chose qu’elles ne possédaient pas et qu’elles étaient prêtes à payer très cher : sa capacité à attirer les regards, à susciter l’admiration, à faire rêver des millions de personnes.

Ce n’est pas Mbappé qui avait besoin de ces marques pour devenir Mbappé. Ce sont ces marques qui avaient besoin de Mbappé pour vendre davantage.

Et pourtant, regardez comment fonctionne le système.

Il commence par reconnaître votre talent. Puis il investit dans ce talent. Puis il organise sa commercialisation. Et finalement, il vous fait croire que c’est lui qui vous a fabriqué.

Le sponsor devient votre bienfaiteur. Le financeur devient votre créateur. Celui qui vous achète finit par se comporter comme celui qui vous a donné la vie.

Et vous voilà obligé de le remercier de vous avoir permis d’exister !

Qu’a réellement perdu Mbappé ?

Prenons les chiffres avancés.

Ses contrats avec les entreprises chinoises Dongpeng, Mengniu et Milkground représenteraient entre 3 et 6 millions de dollars de revenus annuels. Ses revenus publicitaires globaux seraient de l’ordre de 25 à 35 millions de dollars par an, auxquels s’ajoutent ses revenus de footballeur.

Admettons même qu’il perde définitivement ces 6 millions de dollars.

Que lui reste-t-il ?

Son salaire. Ses autres contrats publicitaires. Sa notoriété internationale. Ses millions de supporters. Et surtout, ce que personne ne peut lui retirer par une décision commerciale : son talent de footballeur.

Il n’a pas perdu sa vitesse parce qu’une entreprise chinoise a retiré son visage d’une publicité. Il n’a pas perdu sa technique parce qu’un fabricant de boissons énergisantes ne veut plus travailler avec lui. Il n’a pas perdu sa capacité à marquer des buts parce qu’un fabricant de produits laitiers a décidé de rompre son contrat.

Il a perdu des acheteurs de son image.

Ce n’est pas la même chose que perdre ce qui donne de la valeur à cette image.

Et que va-t-il retrouver ?

C’est ici que les calculs financiers deviennent particulièrement absurdes.

On comptabilise les contrats perdus comme si l’histoire économique de Mbappé venait de s’arrêter.

Mais pourquoi s’arrêterait-elle ?

Si son talent a attiré hier des entreprises chinoises, pourquoi ne pourrait-il pas attirer demain des entreprises indiennes, africaines, européennes, américaines ou d’autres entreprises chinoises ?

Le marché mondial ne se limite pas à trois marques.

Ces entreprises sont venues parce qu’elles espéraient gagner de l’argent grâce à lui. D’autres peuvent parfaitement faire le même calcul.

Il retrouvera peut-être l’équivalent de ces 3 à 6 millions de dollars. Peut-être davantage. Peut-être moins. Rien ne garantit qu’il les récupérera immédiatement, ni même intégralement.

Mais ce qui est certain, c’est que la source de sa valeur commerciale n’a pas disparu avec ses contrats.

Il peut perdre un sponsor sans perdre sa capacité à en attirer un autre.

Et c’est cette distinction que le système préfère entretenir dans la confusion.

Mais qu’ont perdu les entreprises chinoises ?

Voilà la question que l’on devrait également poser.

Elles ont perdu l’accès publicitaire à l’un des footballeurs les plus connus au monde.

Elles ont perdu la possibilité d’associer leurs produits à son image, à ses performances, à sa popularité, à son histoire.

Elles ont renoncé à un ambassadeur qu’elles avaient elles-mêmes jugé suffisamment précieux pour lui proposer des contrats de plusieurs millions.

Bien entendu, elles peuvent aussi trouver d’autres ambassadeurs. Mbappé n’est pas le seul footballeur talentueux de la planète.

Mais pourquoi faudrait-il considérer automatiquement la rupture comme une défaite pour celui qui vend son image et jamais comme une perte pour celui qui l’achetait ?

La relation commerciale fonctionne dans les deux sens.

Si une entreprise paye plusieurs millions pour utiliser votre visage, c’est qu’elle estime pouvoir gagner davantage grâce à ce visage.

C’est elle qui a identifié chez vous une valeur qu’elle voulait transformer en ventes.

Le mensonge du système : nous vous avons faits

Cette histoire dépasse évidemment Mbappé.

C’est exactement ce qui arrive aux artistes, aux cinéastes, aux écrivains, aux musiciens, aux chercheurs et à tant de jeunes talents, particulièrement en Afrique.

Une plateforme vous distribue et finit par vous faire croire qu’elle vous a créé.

Un producteur finance votre film et finit par se prendre pour l’auteur de votre cinéma.

Un éditeur publie votre livre et vous explique que sans lui vous ne seriez personne.

Une institution vous accorde une subvention et attend de vous une reconnaissance éternelle, parfois même une soumission.

Mais pourquoi sont-ils venus vers vous au départ ?

Parce que vous aviez quelque chose qu’ils n’avaient pas.

Une idée. Une imagination. Une invention. Une intelligence. Une capacité de création. Un talent.

Ils ont apporté des moyens financiers, techniques ou commerciaux. Ces moyens peuvent être importants, parfois indispensables à la réalisation d’un projet. Mais ils ne doivent pas être confondus avec la source de la création.

Le capital a une extraordinaire capacité à inverser les rapports de dépendance.

Il vient chercher une valeur produite ailleurs, puis il organise les conditions dans lesquelles celui qui a produit cette valeur finit par se croire redevable à celui qui l’exploite.

C’est ainsi que le talent devient reconnaissant envers l’argent, alors que l’argent était venu chercher le talent.

Lâchez Mbappé !

Alors, aux entreprises chinoises qui ne veulent plus de Mbappé, on pourrait simplement dire : lâchez-le !

Gardez votre argent.

Vous avez parfaitement le droit de choisir vos ambassadeurs et de défendre vos intérêts commerciaux.

Mais ne nous racontez pas que vous avez détruit la valeur de Mbappé en retirant vos contrats.

Vous avez simplement décidé de ne plus l’acheter.

Lui continuera à jouer au football. Il continuera à marquer des buts, s’il en est capable. Il continuera à attirer des spectateurs, des admirateurs et des entreprises intéressées par son image.

Et si ses performances demeurent à la hauteur de sa réputation, les propositions commerciales continueront vraisemblablement d’arriver.

Ce qui a attiré l’argent hier peut attirer l’argent demain.

La véritable liberté de Mbappé ne réside donc pas dans les millions qu’il possède déjà. Elle réside dans le fait que sa valeur première n’a pas été produite par ceux qui le rémunèrent aujourd’hui.

Il est devenu riche parce qu’il avait un talent que le marché voulait acheter.

Il ne doit pas son talent au fait d’être devenu riche.

Et cette vérité devrait être enseignée à tous les jeunes Africains qui rêvent de football, de cinéma, de musique, de littérature, de science ou d’entrepreneuriat.

Ne confondez jamais ceux qui financent votre talent avec ceux qui l’ont créé.

Ne confondez jamais la perte d’un client avec la perte de votre valeur.

Ne confondez jamais la fin d’un contrat avec la fin de votre avenir.

L’argent peut vous quitter. Votre talent, lui, peut continuer à produire de la valeur.

Et tant qu’il le fera, l’argent pourra revenir.

Jean-Pierre Bekolo

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