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« recevoir le trophée des mains de la FECAFOOT n’est pas un affront au Chef de l’État »

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« recevoir le trophée des mains de la FECAFOOT n’est pas un affront au Chef de l’État »
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Le journaliste Elvis Ze demande de ne pas transformer la victoire des Lionnes indomptables en une crise institutionnelle.

C’est devenu le nouveau sujet qui oppose les partisans de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) et ceux du ministre des Sports et de l’Éducation Narcisse Mouelle Kombi. Pour mieux comprendre, il faut rappeler que la Fecafoot a sollicité du côté du ministère des Sports une audience pour la présentation du trophée de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), gagné par les Lionnes indomptables au Maroc. Notre confrère Elvis Ze du journal La primeur de l’info a fait une sortie sur le sujet. Pour lui, le ministre Narcisse Mouelle Kombi doit éviter de transformer la victoire des Lionnes en une crise institutionnelle.

Retrouvez ci-dessous sa sortie.

LE PROTOCOLE OU LE DÉSORDRE : MONSIEUR LE MINISTRE, RECEVEZ D’ABORD LE TROPHÉE.

« La correspondance nᵒ 2026-080/MINSEP/CAB du 19 août 2026 adressée au président de la FECAFOOT pose un problème de fond. » Non pas de personne, mais d’institutions. Dans ce courrier, il est demandé que le trophée de la CAN féminine Maroc 2026 soit présenté « d’abord » à Monsieur le Président de la République. Au nom du respect des « traditions républicaines » et de la « haute hiérarchie ». Cette lecture est une inversion de l’ordre républicain. Et elle est dangereuse pour l’État.

UN PRINCIPE SIMPLE : LA TUTELLE REÇOIT D’ABORD

Au Cameroun, toute fédération sportive nationale est placée sous la tutelle technique du ministère des Sports et de l’Éducation physique. C’est un principe administratif élémentaire. Quand une équipe nationale gagne, la logique est donc claire et elle n’a jamais varié : La FECAFOOT reçoit le trophée à l’aéroport. La FECAFOOT présente ensuite le trophée au ministre des Sports. Le ministre des Sports sollicite une audience auprès du Premier ministre, qui représente le président de la République, pour la remise solennelle. Cet ordre FECAFOOT → MINSEP → PM/PR a été respecté pour la CAN 2000, la CAN 2002 et pour toutes les grandes victoires du sport camerounais. Pourquoi ? Parce que le ministre est le représentant de l’État dans le secteur du sport. Refuser de recevoir le trophée en premier, c’est refuser d’assumer sa propre fonction de tutelle.

L’ERREUR DE LA CORRESPONDANCE : SAUTER UN ÉCHELON DE LA RÉPUBLIQUE

En demandant que la présentation se fasse « d’abord » au chef de l’État, la correspondance commet deux fautes.
Première faute : elle vide le ministère de sa substance. Si la FECAFOOT doit contourner le ministre pour aller au président, alors à quoi sert la tutelle ? Un ministère qui ne reçoit pas ne dirige pas. Deuxième faute : elle empiète sur les prérogatives du Protocole d’État et du Cabinet civil de la Présidence. Seule la Présidence de la République fixe « l’ordonnancement calendaire et protocolaire » du Chef de l’État. Ce n’est pas le rôle d’un département ministériel de le faire. Demander que le Président reçoive « d’abord » revient donc à se substituer à la Présidence. Dans les faits, c’est se placer au-dessus de l’institution qu’on prétend honorer.

LA BONNE PROCÉDURE POUR LES LIONNES 2026

Pour éviter toute confusion et honorer dignement nos championnes, voici la seule démarche conforme :

1. Réception du trophée et des Lionnes à Yaoundé par la FECAFOOT.
2. Présentation officielle du trophée au ministre des Sports par le président de la FECAFOOT et sa délégation.
3. Saisine du Premier ministre par le ministre des Sports pour une audience de présentation au président de la République.
C’est ainsi qu’on respecte la FECAFOOT qui a préparé la victoire. C’est ainsi qu’on respecte le ministère de tutelle. Et c’est surtout ainsi qu’on respecte le président de la République en suivant le canal institutionnel.

CONCLUSION

Monsieur le Ministre, recevoir le trophée des mains de la FECAFOOT n’est pas un affront au Chef de l’État. C’est le contraire. C’est donner au trophée sa consécration institutionnelle avant qu’il n’arrive à la haute hiérarchie. Vouloir sauter le ministre, c’est créer un précédent grave. Demain, chaque fédération voudra aller directement à la Présidence. Et l’État deviendra ingouvernable. Le protocole n’est pas un caprice. Le protocole, c’est l’ordre. Et dans un État, l’ordre commence par chacun qui reste à sa place. Le peuple camerounais attend de célébrer ses Lionnes. Ne transformons pas une victoire en crise institutionnelle.

CLIQUEZ ICI POUR LIRE L’ARTICLE ORIGINAL SUR camerounactuel.com

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