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Sonatrel : sept transformateurs pour renforcer le réseau national

La Société nationale de transport de l’électricité (SONATREL) a réceptionné, le 14 août 2026 à Douala, sept transformateurs de puissance destinés à renforcer plusieurs infrastructures stratégiques du réseau public de transport. De Logbaba à Kribi, en passant par Bekoko et Prometal, cette opération marque une nouvelle étape dans la modernisation du système électrique camerounais.
La modernisation du réseau public de transport de l’électricité franchit une nouvelle étape. Le 14 août 2026, la SONATREL a réceptionné à Douala sept transformateurs de puissance destinés à renforcer plusieurs postes électriques stratégiques du réseau national.
L’opération ne se limite pas à l’acquisition de nouveaux équipements. Elle traduit une volonté de renforcer progressivement les capacités de transformation, de restaurer certaines marges de puissance et de disposer d’une infrastructure mieux préparée à l’évolution de la demande électrique.
DES ÉQUIPEMENTS RÉPARTIS SELON DES PRIORITÉS OPÉRATIONNELLES
Sur les sept transformateurs réceptionnés, trois, d’une capacité de 60 MVA chacun, seront affectés au poste de Logbaba. Avec une capacité installée actuellement évaluée à 385 MVA, cette infrastructure constitue l’un des points importants du Réseau interconnecté Sud. L’arrivée de ces nouveaux équipements doit permettre d’accroître ses capacités de transformation et de renforcer sa contribution à l’alimentation du réseau.
À Kribi, un transformateur de 50 MVA viendra renforcer le poste électrique de la ville. Dans cette zone appelée à poursuivre son développement industriel et économique, le renforcement des infrastructures électriques constitue un enjeu important pour accompagner l’évolution de la demande.
Le poste de Bekoko bénéficiera également d’un transformateur de 50 MVA. L’équipement doit contribuer à restaurer une partie des capacités de transformation du poste, dont les capacités disponibles ont été affectées à la suite d’un incident majeur.
Un autre transformateur, d’une capacité de 75 MVA, est destiné à Prometal. Il doit accompagner les besoins électriques liés aux activités de cette entreprise industrielle, illustrant le rôle du réseau de transport dans l’accompagnement du développement du tissu industriel.
Le septième équipement, d’une capacité de 50 MVA, sera conservé en réserve. Ce choix permet à la SONATREL de disposer d’un équipement mobilisable en cas de défaillance d’un transformateur ou lorsqu’un besoin urgent de remplacement se présente.
UNE LOGIQUE DE RÉSILIENCE
La répartition de ces équipements traduit ainsi une approche qui combine renforcement des infrastructures existantes, accompagnement des besoins industriels et constitution d’une capacité de réserve. Les transformateurs de puissance jouent un rôle essentiel dans le système électrique. Ils permettent notamment d’adapter les niveaux de tension nécessaires au transport de l’électricité dans les différentes parties du réseau. Leur disponibilité et leur capacité conditionnent donc, en partie, la possibilité pour le gestionnaire du réseau de répondre à l’évolution des besoins de transport.
Pour la SONATREL, l’enjeu consiste désormais à poursuivre cette modernisation sur l’ensemble du réseau public de transport. L’objectif est de disposer progressivement d’infrastructures plus robustes, plus fiables et capables d’accompagner l’industrialisation, l’urbanisation et la croissance de la demande énergétique.
Cette opération doit toutefois être replacée dans le périmètre d’intervention de l’entreprise. La SONATREL assure le transport de l’électricité et non sa distribution aux ménages. Les effets attendus pour les populations sont donc indirects : un réseau de transport renforcé crée de meilleures conditions pour acheminer l’électricité vers les différents points du territoire et soutenir, en amont, l’activité des réseaux de distribution.
PRÉPARER LE RÉSEAU DE DEMAIN
Avec ces sept transformateurs, la SONATREL entend ainsi renforcer plusieurs maillons du système électrique camerounais. Au-delà des capacités supplémentaires apportées à Logbaba, Kribi, Bekoko et Prometal, la présence d’un équipement conservé en réserve introduit une dimension supplémentaire : celle de la résilience et de la capacité de réaction face aux incidents.
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Cette opération s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation du réseau public de transport. Elle doit permettre au système électrique de disposer de davantage de marges pour accompagner les nouveaux besoins des ménages, des entreprises, des industries et des services publics.
Sept transformateurs, plusieurs points stratégiques et une réserve opérationnelle : derrière cette opération se dessine surtout un enjeu de long terme, celui de préparer l’infrastructure électrique dont le Cameroun aura besoin pour soutenir durablement son développement.
Par Jean Luc FASSI
Défis Actuels du 19/08/2026
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Rachat de la Sosucam : Le quitus du gouvernement comme préalable

L’accord conclu le 14 août 2026 avec un consortium 100% camerounais doit encore attendre afin de satisfaire à d’autres préalables.
Le groupe français Somdia a annoncé il y a quelques mois son intention de se retirer de la Société sucrière du Cameroun (Sosucam). Le 13 août 2026, Somdia, filiale du groupe Castel s’est engagée avec un consortium d’industriels camerounais en vue de la cession de participation majoritaire dans la Sosucam (plus de 80%).
Le consortium entend moderniser l’outil agricole et industriel de la Sosucam, améliorer les performances opérationnelles de l’entreprise, valoriser les co-produits et surtout développer des compétences locales et renforcer la production sucrière nationale. Sauf que l’entrée en vigueur de ce contrat devra attendre.
D’après le communiqué publié le 14 août 2026 par Somdia, les potentiels actionnaires disposent de compétences complémentaires en termes de capacité de financement, connaissance de l’environnement des affaires camerounais et l’expérience opérationnelle nécessaire à la conduite d’un projet industriel de cette catégorie.
Conduit par Joseph Pagop Noupoué, avocat d’affaires, entrepreneur et administrateur de société, le consortium est constitué de Henriette Noutchougoing, agro-industrielle avec le groupe NJS, William Nkontchou, investisseur et financier international ; Igor Djoukwé, ingénieur et l’un des plus grands spécialistes mondiaux des équipements de sucrerie ; Marcel Tchagongom, expert-comptable et administrateur de sociétés.
En effet, plusieurs préalables sont encore nécessaires. La finalisation de l’opération dépend désormais du quitus du gouvernement qui cherche à voir clair. Le Premier ministre chef du gouvernement Joseph Dion Ngute a mis en place un comité pour revoir tous les aspects liés à la transaction. Il est également important de s’assurer qu’en attendant la conclusion définitive de l’accord, la production est garantie.
Durant la période de transition, les différentes parties vont travailler à protéger les droits des différentes parties. Les deux parties confirment que la continuité des activités et le maintien d’un dialogue social de qualité demeurent la priorité de l’ensemble des parties.
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Justice: André Blaise Essama est libre

« Non coupable ». Le tribunal militaire de Douala l’a déclaré pour André Blaise Essama et son compagnon Nzepang Scotty Winner. Les deux activistes étaient poursuivis pour rébellion, appel à l’insurrection,… Après près de dix mois de détention à la prison centrale de Douala-New Bell, le tribunal n’a pas trouvé de preuves solides pour démontrer la culpabilité de ces deux hommes, ainsi que l’avait déjà démontré avec forces arguments la défense lors de l’audience du 10 août dernier. Le commissaire du gouvernement ayant eu de la peine à soutenir les faits reprochés à ces deux activistes.
Logiquement, l’activiste ennemi des monuments rappelant la »colonisation » attendait ce jour avec impatience. Arrêtés le 7 novembre 2025, au lendemain de la prestation de serment de Paul Biya réélu, l’homme qui a toujours affiché sa proximité avec le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) était accusé d’inciter à la rébellion. Dans un contexte où Maurice Kamto et le MRC en guerre contre le ministère de l’administration territoriale, s’étaient rabattus sur le Manidem pour concourir à la présidence. En vain. Et alors qu’Issa Tchiroma continuait de réclamer sa victoire à cette élection, nombre de cadres et proches du MRC partageaient son »combat ». Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, André Blaise Essama s’était montré critique envers le régime dont le champion avait été réélu dzns des conditions troubles. C’est ce qui lui a valu une énième arrestation/incarcération. Mais c’est fini ce 19 août 2026. André Blaise Essama est libre. Et certainement pour reprendre le combat contre les vestiges coloniaux.
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Repenser la politique économique du Cameroun : pour une stratégie endogène de transformation structurelle

Le principal défi du Cameroun réside dans sa capacité à produire son propre diagnostic, à définir ses priorités et à concevoir une stratégie de transformation adaptée à ses réa-lités structurelles. L’expérience des dernières décennies montre en effet que l’adoption de politiques largement inspirées de modèles externes n’a pas toujours permis de traiter durablement les causes profondes du sous-développement de notre pays. Les programmes appliqués ont souvent privilégié la satis-faction de conditionnalités, au détriment de transformations structurelles susceptibles de renforcer durablement l’économie réelle et d’améliorer les conditions de vie des populations. Si les pseudo-mesures semblaient accrocher des pro-fanes, elles ne répondaient pas suffisamment aux problèmes de l’économie camerounaise sur le long-terme.
Cette situation met en évidence une faiblesse fondamentale : l’insuffisante appropriation intellectuelle et analytique des politiques économiques.Une stratégie de développement ne peut être efficacement transposée d’un contexte à un autre sans une compréhension fine des structures productives, des institutions, des comportements des agents économiques et des contraintes spécifiques du pays. Des pays comme la Tanzanie ont réussi àprouver leur appropriation grâce à de fortes capacités institutionnelles à concevoir leurs propres programmes de développement.
L’enjeu consiste donc à substituer à la logique des« recettes clés en main » une démarche fondée sur un diagnostic rigoureux des déséquilibres, de leurs causes et des mécanismes économiques qui les entretiennent. Le rôle de l’expertise économique est,dans cette perspective, de clarifier les arbitrages et les conséquences des différentes options, afin d’éclairer la décision publique sans se substituer à elle.
UNE ÉCONOMIE MARQUÉE PAR DESCONTRAINTES STRUCTURELLES
La transformation économique suppose une meil-leure prise en compte des relations entre l’État, le secteur privé et les différentes structures de pou-voir. La faiblesse du secteur productif et sa capacité limitée à accumuler du capital de manière auto-nome peuvent créer une dépendance excessive à l’égard de la sphère publique. Cette proximité entre intérêts économiques et pouvoir politique est susceptible d’affaiblir la concurrence, de favoriser l’allocation inefficiente des ressources et de réduire les incitations à l’innovation et à l’investissement productif.
Dans ces conditions, la politique économique nepeut se limiter à une approche strictement macroéconomique. Elle doit intégrer les dimensions institutionnelles, comportementales et stratégiques qui déterminent les décisions des agents. La formation des économistes et des cadres publics devrait ainsi évoluer vers une meilleure compréhension des interactions entre économie, sociologie, psychologie et comportements stratégiques. L’objectif est de développer une expertise capable non seulement de maîtriser les outils théoriques, mais surtout de sélectionner les modèles et instruments les plus adaptés aux problèmes concrets du pays.
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PASSER DU TRAITEMENT DES SYMPTÔMESÀ LA TRANSFORMATION DES CAUSES
Une politique de développement efficace devrait prioritairement s’attaquer aux déterminants structurels du sous-développement plutôt qu’à ses seules manifestations. La crise de l’endettement, la pauvreté ou la faible insertion dans les échanges internationaux constituent davantage des conséquences que des causes fondamentales.
Parmi les nombreux facteurs susceptibles d’expliquer les faibles performances économiques du Cameroun, six contraintes structurelles majeures peuvent être retenues : i) une allocation inefficiente des ressources humaines, matérielles et financières, liée notamment à des insuffisances dans la conception et l’exécution des politiques publiques, à la faible capacité d’absorption des crédits d’investissement et à une hiérarchisation insuffisante des priorités de développement ; ii) la faible diversification de l’appareil productif, associée à une productivité limitée et à une faible capacité d’innovation ; iii) un chômage structurel, alimenté notamment par l’inadéquation entre les compétences disponibles et les besoins du système productif ; iv) l’insuffisance du financement de l’économie, en particulier de l’investissement productif, dans un contexte de faible mobilisation de l’épargne nationale ; v) un déficit persistant en infrastructures économiques, face à des besoins croissants en équipements publics ; et vi) un environnement international contraignant, marqué par la volatilité des cours des produits exportés et les restrictions d’accès aux marchés des pays développés.
L’efficacité de l’administration publique constitue une condition déterminante de la transformation économique. Les insuffisances dans la conception, la mise en œuvre et le suivi des politiques et programmes publics limitent l’efficience de la dépense publique et réduisent l’impact des investissements sur la croissance et le développement social. La stratégie économique devrait intégrer plus explicitement la réduction des inégalités et la promotion d’une croissance riche en emplois. On pourrait envisager la création d’un organe permanent de lutte contre la pauvreté au Cameroun.
Au-delà de la lutte contre la pauvreté, l’enjeu consiste à mettre en place des mécanismes efficaces de redistribution des richesses créées. Le renforcement des capacités d’élaboration, d’exécution et de suivi des politiques économiques est, à cet égard, essentiel pour assurer une allocation plus efficiente des ressources, soutenir la création d’emplois et orienter la croissance vers une amélioration du bien-être des populations. Il faut redonner du pouvoir d’achat aux camerounais et lutter contre le chômage.
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Parallèlement, l’accélération de la croissance dé-pend moins de la seule accumulation des facteursde production que de la capacité à améliorer la productivité, notamment par l’adoption technologique,l’innovation et le développement de l’entrepreneuriat privé.
PRODUCTIVITÉ, DIVERSIFICATION ETFINANCEMENT DU DÉVELOPPEMENT
La transformation structurelle implique une diversification productive orientée à la fois vers la satis-faction des besoins internes et vers la montée engamme des activités économiques. Les choix sectoriels doivent intégrer la capacité des filières àcréer des emplois, à stimuler l’innovation et à générer des effets d’entraînement sur le reste de l’économie. Dans cette perspective, la disponibilité des ressources naturelles ne constitue pas, à elle seule, un avantage compétitif : elle doit être accompagnée de capacités techniques, technologiques et organisationnelles permettant leur transformation en produits à plus forte valeur ajoutée.L’agriculture, l’industrie et les PME apparaissent ainsi comme des espaces prioritaires d’intervention.
L’amélioration de la productivité agricole, l’articulation des liens entre PME et grandes entreprises, la mobilisation optimale des ressources naturelles, le développement d’instruments d’investissement adaptés et le renforcement de l’accès au finance- ment constituent des conditions essentielles pour stimuler la production et l’investissement. De même, le développement du système bancaire et financier doit permettre d’élargir l’offre de financement à moyen et long termes et de créer des mécanismes plus adaptés aux besoins des PME.
UN ÉTAT STRATÈGE AU SERVICE DE LA TRANSFORMATION
La réussite d’une telle stratégie nécessite un État capable de définir une orientation claire, de coordonner les acteurs et de créer un environnement favorable à l’investissement et à l’innovation. Pour mémoire, le défi de la compétitivité de l’économie et de la prospérité des entreprises ne peut être re- levé que par un Etat stratège. Son rôle consiste à corriger les défaillances de marché, réduire l’incertitude, fournir les infrastructures nécessaires et mettre en place des incitations cohérentes. L’amélioration de l’efficacité de l’administration publique et de la qualité des politiques économiques est, dans ce cadre, déterminante. Tous les pays qui ont réussi à réduire leur déficit public ont bouleversé l’organisation même du fonctionnement de leur administration.
Une politique crédible repose sur des objectifs précis, un diagnostic solide, des capacités de prévision suffisantes et un capital humain capable de concevoir et d’exécuter des interventions adaptées. L’en- jeu est donc autant institutionnel et technique que financier : la disponibilité des ressources ne produit des résultats que si elle s’accompagne d’une capacité effective à les orienter vers les usages les plus productifs.
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DE LA PLANIFICATION À L’ÉVALUATION DES POLITIQUES PUBLIQUES
La planification du développement doit être envisagée comme un processus continu associant l’État, les collectivités territoriales, le secteur privé, les universitaires et les autres acteurs concernés. Toute- fois, une stratégie, aussi pertinente soit-elle, ne garantit aucun résultat en l’absence d’une mise en œuvre disciplinée et d’un dispositif robuste de suivi et d’évaluation. La capacité à mesurer les progrès, à identifier les écarts et à corriger les politiques constitue une composante essentielle de la gouvernance économique.
C’est pourquoi nous proposons, la mise en place d’un Conseil d’Analyse, de Formulation et d’Evaluation (CAFE) des politiques publiques (où siégeraient les universitaires, économistes professionnels et d’autres experts techniques résidents ou de la diaspora), pour éviter au Cameroun d’être l’éternel dindon de la farce. Cette proposition traduit la nécessité de renforcer la capacité nationale d’expertise et d’apprentissage collectif. Une telle structure pourrait contribuer à améliorer l’allocation des ressources, la cohérence des politiques et la capacité d’adaptation de l’économie aux évolutions de son environnement. En définitive, la transformation économique du Cameroun suppose un changement de paradigme : passer d’une logique d’adaptation à des modèles prédéfinis à une logique de conception endogène des politiques publiques. Ce changement exige un diagnostic rigoureux, une expertise économique in- dépendante, un État stratège, un secteur privé capable d’investir et d’innover, ainsi qu’un système institutionnel fondé sur la planification, l’évaluation et l’apprentissage. La véritable question est donc de déterminer comment construire, à partir des réalités nationales, une capacité durable à concevoir, mettre en œuvre et ajuster une stratégie de transformation structurelle.
Par Emmanuel YANGAM, ECONOMISTE, STATISTICIEN
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