Dernières actualités
Repenser la politique économique du Cameroun : pour une stratégie endogène de transformation structurelle

Le principal défi du Cameroun réside dans sa capacité à produire son propre diagnostic, à définir ses priorités et à concevoir une stratégie de transformation adaptée à ses réa-lités structurelles. L’expérience des dernières décennies montre en effet que l’adoption de politiques largement inspirées de modèles externes n’a pas toujours permis de traiter durablement les causes profondes du sous-développement de notre pays. Les programmes appliqués ont souvent privilégié la satis-faction de conditionnalités, au détriment de transformations structurelles susceptibles de renforcer durablement l’économie réelle et d’améliorer les conditions de vie des populations. Si les pseudo-mesures semblaient accrocher des pro-fanes, elles ne répondaient pas suffisamment aux problèmes de l’économie camerounaise sur le long-terme.
Cette situation met en évidence une faiblesse fondamentale : l’insuffisante appropriation intellectuelle et analytique des politiques économiques.Une stratégie de développement ne peut être efficacement transposée d’un contexte à un autre sans une compréhension fine des structures productives, des institutions, des comportements des agents économiques et des contraintes spécifiques du pays. Des pays comme la Tanzanie ont réussi àprouver leur appropriation grâce à de fortes capacités institutionnelles à concevoir leurs propres programmes de développement.
L’enjeu consiste donc à substituer à la logique des« recettes clés en main » une démarche fondée sur un diagnostic rigoureux des déséquilibres, de leurs causes et des mécanismes économiques qui les entretiennent. Le rôle de l’expertise économique est,dans cette perspective, de clarifier les arbitrages et les conséquences des différentes options, afin d’éclairer la décision publique sans se substituer à elle.
UNE ÉCONOMIE MARQUÉE PAR DESCONTRAINTES STRUCTURELLES
La transformation économique suppose une meil-leure prise en compte des relations entre l’État, le secteur privé et les différentes structures de pou-voir. La faiblesse du secteur productif et sa capacité limitée à accumuler du capital de manière auto-nome peuvent créer une dépendance excessive à l’égard de la sphère publique. Cette proximité entre intérêts économiques et pouvoir politique est susceptible d’affaiblir la concurrence, de favoriser l’allocation inefficiente des ressources et de réduire les incitations à l’innovation et à l’investissement productif.
Dans ces conditions, la politique économique nepeut se limiter à une approche strictement macroéconomique. Elle doit intégrer les dimensions institutionnelles, comportementales et stratégiques qui déterminent les décisions des agents. La formation des économistes et des cadres publics devrait ainsi évoluer vers une meilleure compréhension des interactions entre économie, sociologie, psychologie et comportements stratégiques. L’objectif est de développer une expertise capable non seulement de maîtriser les outils théoriques, mais surtout de sélectionner les modèles et instruments les plus adaptés aux problèmes concrets du pays.
Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais
PASSER DU TRAITEMENT DES SYMPTÔMESÀ LA TRANSFORMATION DES CAUSES
Une politique de développement efficace devrait prioritairement s’attaquer aux déterminants structurels du sous-développement plutôt qu’à ses seules manifestations. La crise de l’endettement, la pauvreté ou la faible insertion dans les échanges internationaux constituent davantage des conséquences que des causes fondamentales.
Parmi les nombreux facteurs susceptibles d’expliquer les faibles performances économiques du Cameroun, six contraintes structurelles majeures peuvent être retenues : i) une allocation inefficiente des ressources humaines, matérielles et financières, liée notamment à des insuffisances dans la conception et l’exécution des politiques publiques, à la faible capacité d’absorption des crédits d’investissement et à une hiérarchisation insuffisante des priorités de développement ; ii) la faible diversification de l’appareil productif, associée à une productivité limitée et à une faible capacité d’innovation ; iii) un chômage structurel, alimenté notamment par l’inadéquation entre les compétences disponibles et les besoins du système productif ; iv) l’insuffisance du financement de l’économie, en particulier de l’investissement productif, dans un contexte de faible mobilisation de l’épargne nationale ; v) un déficit persistant en infrastructures économiques, face à des besoins croissants en équipements publics ; et vi) un environnement international contraignant, marqué par la volatilité des cours des produits exportés et les restrictions d’accès aux marchés des pays développés.
L’efficacité de l’administration publique constitue une condition déterminante de la transformation économique. Les insuffisances dans la conception, la mise en œuvre et le suivi des politiques et programmes publics limitent l’efficience de la dépense publique et réduisent l’impact des investissements sur la croissance et le développement social. La stratégie économique devrait intégrer plus explicitement la réduction des inégalités et la promotion d’une croissance riche en emplois. On pourrait envisager la création d’un organe permanent de lutte contre la pauvreté au Cameroun.
Au-delà de la lutte contre la pauvreté, l’enjeu consiste à mettre en place des mécanismes efficaces de redistribution des richesses créées. Le renforcement des capacités d’élaboration, d’exécution et de suivi des politiques économiques est, à cet égard, essentiel pour assurer une allocation plus efficiente des ressources, soutenir la création d’emplois et orienter la croissance vers une amélioration du bien-être des populations. Il faut redonner du pouvoir d’achat aux camerounais et lutter contre le chômage.
Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais
Parallèlement, l’accélération de la croissance dé-pend moins de la seule accumulation des facteursde production que de la capacité à améliorer la productivité, notamment par l’adoption technologique,l’innovation et le développement de l’entrepreneuriat privé.
PRODUCTIVITÉ, DIVERSIFICATION ETFINANCEMENT DU DÉVELOPPEMENT
La transformation structurelle implique une diversification productive orientée à la fois vers la satis-faction des besoins internes et vers la montée engamme des activités économiques. Les choix sectoriels doivent intégrer la capacité des filières àcréer des emplois, à stimuler l’innovation et à générer des effets d’entraînement sur le reste de l’économie. Dans cette perspective, la disponibilité des ressources naturelles ne constitue pas, à elle seule, un avantage compétitif : elle doit être accompagnée de capacités techniques, technologiques et organisationnelles permettant leur transformation en produits à plus forte valeur ajoutée.L’agriculture, l’industrie et les PME apparaissent ainsi comme des espaces prioritaires d’intervention.
L’amélioration de la productivité agricole, l’articulation des liens entre PME et grandes entreprises, la mobilisation optimale des ressources naturelles, le développement d’instruments d’investissement adaptés et le renforcement de l’accès au finance- ment constituent des conditions essentielles pour stimuler la production et l’investissement. De même, le développement du système bancaire et financier doit permettre d’élargir l’offre de financement à moyen et long termes et de créer des mécanismes plus adaptés aux besoins des PME.
UN ÉTAT STRATÈGE AU SERVICE DE LA TRANSFORMATION
La réussite d’une telle stratégie nécessite un État capable de définir une orientation claire, de coordonner les acteurs et de créer un environnement favorable à l’investissement et à l’innovation. Pour mémoire, le défi de la compétitivité de l’économie et de la prospérité des entreprises ne peut être re- levé que par un Etat stratège. Son rôle consiste à corriger les défaillances de marché, réduire l’incertitude, fournir les infrastructures nécessaires et mettre en place des incitations cohérentes. L’amélioration de l’efficacité de l’administration publique et de la qualité des politiques économiques est, dans ce cadre, déterminante. Tous les pays qui ont réussi à réduire leur déficit public ont bouleversé l’organisation même du fonctionnement de leur administration.
Une politique crédible repose sur des objectifs précis, un diagnostic solide, des capacités de prévision suffisantes et un capital humain capable de concevoir et d’exécuter des interventions adaptées. L’en- jeu est donc autant institutionnel et technique que financier : la disponibilité des ressources ne produit des résultats que si elle s’accompagne d’une capacité effective à les orienter vers les usages les plus productifs.
Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais
DE LA PLANIFICATION À L’ÉVALUATION DES POLITIQUES PUBLIQUES
La planification du développement doit être envisagée comme un processus continu associant l’État, les collectivités territoriales, le secteur privé, les universitaires et les autres acteurs concernés. Toute- fois, une stratégie, aussi pertinente soit-elle, ne garantit aucun résultat en l’absence d’une mise en œuvre disciplinée et d’un dispositif robuste de suivi et d’évaluation. La capacité à mesurer les progrès, à identifier les écarts et à corriger les politiques constitue une composante essentielle de la gouvernance économique.
C’est pourquoi nous proposons, la mise en place d’un Conseil d’Analyse, de Formulation et d’Evaluation (CAFE) des politiques publiques (où siégeraient les universitaires, économistes professionnels et d’autres experts techniques résidents ou de la diaspora), pour éviter au Cameroun d’être l’éternel dindon de la farce. Cette proposition traduit la nécessité de renforcer la capacité nationale d’expertise et d’apprentissage collectif. Une telle structure pourrait contribuer à améliorer l’allocation des ressources, la cohérence des politiques et la capacité d’adaptation de l’économie aux évolutions de son environnement. En définitive, la transformation économique du Cameroun suppose un changement de paradigme : passer d’une logique d’adaptation à des modèles prédéfinis à une logique de conception endogène des politiques publiques. Ce changement exige un diagnostic rigoureux, une expertise économique in- dépendante, un État stratège, un secteur privé capable d’investir et d’innover, ainsi qu’un système institutionnel fondé sur la planification, l’évaluation et l’apprentissage. La véritable question est donc de déterminer comment construire, à partir des réalités nationales, une capacité durable à concevoir, mettre en œuvre et ajuster une stratégie de transformation structurelle.
Par Emmanuel YANGAM, ECONOMISTE, STATISTICIEN
Défis Actuels du 19/08/2026
Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici
Dernières actualités
Justice: André Blaise Essama est libre

« Non coupable ». Le tribunal militaire de Douala l’a déclaré pour André Blaise Essama et son compagnon Nzepang Scotty Winner. Les deux activistes étaient poursuivis pour rébellion, appel à l’insurrection,… Après près de dix mois de détention à la prison centrale de Douala-New Bell, le tribunal n’a pas trouvé de preuves solides pour démontrer la culpabilité de ces deux hommes, ainsi que l’avait déjà démontré avec forces arguments la défense lors de l’audience du 10 août dernier. Le commissaire du gouvernement ayant eu de la peine à soutenir les faits reprochés à ces deux activistes.
Logiquement, l’activiste ennemi des monuments rappelant la »colonisation » attendait ce jour avec impatience. Arrêtés le 7 novembre 2025, au lendemain de la prestation de serment de Paul Biya réélu, l’homme qui a toujours affiché sa proximité avec le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) était accusé d’inciter à la rébellion. Dans un contexte où Maurice Kamto et le MRC en guerre contre le ministère de l’administration territoriale, s’étaient rabattus sur le Manidem pour concourir à la présidence. En vain. Et alors qu’Issa Tchiroma continuait de réclamer sa victoire à cette élection, nombre de cadres et proches du MRC partageaient son »combat ». Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, André Blaise Essama s’était montré critique envers le régime dont le champion avait été réélu dzns des conditions troubles. C’est ce qui lui a valu une énième arrestation/incarcération. Mais c’est fini ce 19 août 2026. André Blaise Essama est libre. Et certainement pour reprendre le combat contre les vestiges coloniaux.
Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici
Dernières actualités
La bauxite de Minim-Martap en zone de turbulence

Alors que le Cameroun espérait voir enfin démarrer l’exploitation de la bauxite de Minim-Martap, A2MP Investments veut prendre le contrôle total de Canyon Resources, invoquant la rentabilité incertaine du projet. Une volte-face qui relance les interrogations sur l’avenir du gisement et les intérêts du Cameroun.
QUI EST CANYON RESOURCES ?
Canyon Resources Limited est une société d’exploration et de mise en valeur des ressources en bauxite basée en Australie. La société s’attache à accélérer le développement du projet de bauxite à haute teneur de Minim-Martap, situé dans le Centre du Cameroun, par l’intermédiaire de sa filiale à 100 %, Camalco Cameroon SA (Camalco).
Le projet de bauxite de Minim-Martap, détenu à 90 % par la société et 10 % par l’État du Cameroun, constitue une opportunité de développement d’un projet de minerai prêt à l’exportation (DSO). Le projet est situé dans le Centre du Cameroun, à proximité de la ligne ferroviaire principale reliant la région au port atlantique de Douala. Il vise à produire jusqu’à 6,4 millions de tonnes de bauxite par an.
Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais
Le projet de bauxite de Minim-Martap comprend les permis d’exploration de Makan, de Ngaoundal et de Minim-Martap. Les permis de Minim-Martap et de Makan sont adjacents et se situent à environ 25 km du permis de Ngaoundal. Ces permis couvrent une superficie d’environ 981 kilomètres carrés (km²).
QUI SONT A2MP ET GAGAN GUPTA ?
A2MP (Africa Minerals and Metals Processing Platform) est une plateforme panafricaine fondée par Gagan Gupta et soutenue notamment par le FEDA (Fonds de développement des exportations en Afrique). Elle est dédiée à la transformation locale des minerais et métaux sur le continent (or, bauxite, manganèse, fer). Elle détient une participation majoritaire dans Canyon Resources, porteur du projet de bauxite de Minim-Martap au Cameroun.
Gagan Gupta est un homme d’affaires originaire de l’Inde. Il commence son aventure en Afrique au Gabon en 2008 comme directeur pays d’Olam Gabon. Il comprend très vite que les régimes africains font plus confiance aux Libanais et aux Indiens quand il est question de trouver des prête-noms. C’est comme ça qu’il se bat corps et âme pour séduire Ali Bongo et devient ainsi son garçon de course. Il gagne tous les grands marchés stratégiques au Gabon : gestion de l’aéroport, zone spéciale économique, hôtels, restaurants, construction, mines d’or et de manganèse et une raffinerie d’or. En moins de cinq ans, il devient l’homme d’affaires le plus influent du Gabon.
Ali Bongo l’introduit chez certains de ses pairs de l’Afrique francophone (RDC, Cameroun, Togo, Bénin, etc.) avec son projet Arise IIP (Arise Integrated Industrial Platforms), qu’il présente comme un développeur et exploitant panafricain de parcs industriels et de zones économiques spéciales.
L’OFFRE DE RACHAT LÉONINE D’A2MP
A2MP Investments, qui détient 55,56 % de Canyon Resources, veut prendre le contrôle total de la compagnie australienne, la retirer de la cote et revoir l’échelle du projet de bauxite de Minim-Martap. Dans son offre déposée le 29 juillet 2026, l’actionnaire majoritaire soutient que les hypothèses de prix, de fret et de production retenues par Canyon pourraient ne plus permettre une exploitation rentable du gisement camerounais.
Au départ, en 2008, les permis sur la bauxite de Minim-Martap et de Ngaoundal sont détenus par la société Hydromines Inc., qui, par la suite, va changer de dénomination pour devenir Cameroon Alumina Limited (CAL). En avril 2011, le Premier ministre signe l’arrêté portant création du Comité chargé des négociations en vue de la conclusion d’une convention minière entre la société CAL et l’État du Cameroun.
Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais
Malheureusement pour la CAL, l’État camerounais juge les négociations non concluantes et, en 2018, attribue les mêmes permis à Camalco SA, une filiale de Canyon Resources, pour une durée de trois ans non renouvelables et avec des objectifs bien précis : confirmer les réserves et boucler les études de faisabilité.
Courant 2021, Canyon Resources a entamé des discussions en vue de signer une convention minière et d’obtenir le permis d’exploitation minière pour lancer la construction et l’exploitation de la mine. En juin 2022, Camalco publie officiellement l’étude de faisabilité du projet.
Rappel des termes clés de la convention minière avec Canyon Resources que j’avais jugée très défavorable pour le Cameroun, pour un gisement que nous avons hérité des colons et que Canyon Resources n’a pas découvert :
- 10 % des parts gratuites de l’État ;
- la taxe ad valorem au taux de 3 % de la valeur marchande ;
- le partage de production au taux de 5 % du produit marchand ;
- le Fonds de développement du secteur minier au taux de 1 % du chiffre d’affaires hors taxe ;
- le Compte spécial de développement des capacités au taux de 1 % du chiffre d’affaires hors taxe ;
- les droits de concession domaniale fixés à 100 000 FCFA/km²/an ;
- la taxe à l’exportation au taux de 2 % ;
- l’ouverture du capital de la société de projet à hauteur de 10 % aux nationaux ;
- un pas de porte ou bonus de signature d’un milliard de FCFA que Camalco devra verser à l’État camerounais.
Le Cameroun, terre des aventuriers et des spéculateurs
Si les cinq projets miniers tant annoncés par le chef de l’État sortent des terres difficilement, il ne faut pas chercher les raisons loin, car la mauvaise gestion (clientélisme, corruption, gré à gré) de notre secteur minier est la raison principale. Nous devons nous attendre à quoi si, dès le départ, nous avons opté de faire du secteur minier une affaire d’un cercle très proche du pouvoir ?
Ce cercle est constitué des familles et hautes personnalités très proches du régime de Yaoundé. En lieu et place de faire des appels d’offres sur nos projets miniers phares afin de faire un meilleur casting, de choisir des compagnies avec des capacités techniques et financières avérées, nous avons choisi l’option du copinage et du réseautage. Nous avons choisi l’opacité dans le choix des opérateurs.
Au finish, après plus de 15 ans, le Cameroun rêve toujours d’avoir sa première mine moderne, qui n’arrivera pas de sitôt. Nous avons la preuve en ce moment : le projet de bauxite de Minim-Martap, avec tout ce qu’il y a eu comme tapage autour, va finir par accoucher d’une souris.
L’offre de rachat des actifs restants de Canyon Resources par A2MP est une preuve que le secteur minier camerounais est une terre d’aventuriers et de spéculateurs. Ces gens viennent au Cameroun se faire de l’argent sur des titres miniers de notre pays, de notre patrie, sans pour autant que l’État camerounais ou, du moins, les riverains de la localité où se trouve le gisement voient leur quotidien s’améliorer.
Pendant ce temps, les Indiens, les étrangers et certains Camerounais roulent en Ferrari grâce à des spéculations qu’ils opèrent sur notre patrimoine minier.
Le MINMIDT devra désormais avoir un droit de regard sur toutes les transactions effectuées sur des titres miniers attribués au Cameroun qui font l’objet de vente, d’acquisition ou de toute autre forme de transaction sur des places boursières ou dans des salons huppés à l’étranger.
Lorsqu’une transaction est douteuse, comme c’est le cas en ce moment avec A2MP, où ils sont littéralement en train de dévaluer le projet tout en nous projetant dans un avenir incertain quant à sa mise en exploitation effective, le Cameroun est dans son droit d’exercer son droit de préemption.
Nous avons la Sonamines, qui est le bras séculier de l’État dans le secteur minier, habilitée à jouer ce rôle de rachat de Canyon Resources pour le compte du Cameroun. Nous n’allons pas laisser Gagan Gupta faire du Cameroun un autre Gabon où il a amassé des richesses à vil prix. Il peut aller développer le secteur minier de son pays natal. Nous avons besoin d’investisseurs sérieux et non véreux.
Le Cameroun devrait insister désormais auprès des opérateurs pour obtenir au préalable son aval sur toute transaction effectuée sur les titres miniers obtenus sur son sol. Ceux-ci doivent accepter de reverser un certain pourcentage (au moins 10 %) du montant de la transaction au Cameroun.
C’est ce qui se passe ailleurs et cela devrait permettre à notre pays de mettre un terme à cette pratique où des individus viennent s’enrichir sur nos ressources minières gratuitement, avec la complicité des fils et filles de la nation.
Par Dr Bareja YOUMSSI, expert en mines et pétrole
Défis Actuels du 19/08/2026
Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici
Dernières actualités
Le gouvernement annonce des contrôles et des sanctions contre les stationnements dangereux

Après l’accident meurtrier survenu, le 14 août 2026, sur l’axe Ndikiniméki-Bafia, qui a fait 16 morts et 42 blessés, le ministère des Transports durcit le ton. Le gouvernement entend désormais renforcer les contrôles et sanctionner les comportements qui mettent en danger les usagers.
Un véhicule immobilisé au mauvais endroit peut devenir une arme sur la route. Le drame survenu, le vendredi 14 août, au lieu-dit Nomalé, sur l’axe Ndikiniméki-Bafia, vient une nouvelle fois rappeler les dangers liés aux comportements à risque sur les routes camerounaises. Selon le bilan communiqué par le ministère des Transports, l’accident a fait 16 morts et 42 blessés.
Le bus impliqué dans l’accident aurait percuté un ensemble de véhicules articulés appartenant à un certain Tata Emmanuel. D’après les premières constatations communiquées par le ministère, le bus ne disposait pas du dispositif de sécurité et de surveillance homologué et son conducteur aurait été en excès de vitesse. Le camion, quant à lui, était mal stationné sur la chaussée et en charge débordante.
Ce nouveau drame intervient alors que le ministère des Transports alerte sur la multiplication des accidents liés aux stationnements dangereux ou abusifs des véhicules de transport des marchandises. Depuis le 1er juin 2026, 35 accidents de la circulation liés à ce phénomène ont été recensés. Les opérations de reconnaissance de la Brigade mobile de prévention routière ont également permis d’identifier 61 véhicules présentant des risques potentiels sur les axes Yaoundé-Douala, Yaoundé-Bafoussam et Yaoundé-Bertoua.
DES CONSÉQUENCES QUI S’INSCRIVENT DANS LA DURÉE
Le problème de la sécurité routière ne date pas seulement de l’accident de Ndikiniméki. Depuis 2025, les pouvoirs publics multiplient les actions pour tenter de réduire les risques sur les axes routiers. L’annuaire statistique des transports du Cameroun souligne notamment une évolution globalement à la hausse de l’accidentalité routière en milieu intra-urbain entre 2020 et 2024. Le nombre d’accidents corporels y est passé d’environ 1650 en 2020 à près de 2900 en 2024, tandis que le nombre de blessés est passé d’environ 3100 à plus de 4500.
En 2025, le ministère des Transports dit avoir poursuivi les actions de prévention et préparé le plan d’action national de sécurité routière 2025-2030, avec pour objectif de réduire le nombre d’accidents et de décès sur les routes.
Les conséquences sont d’abord humaines. Derrière les statistiques, se trouvent des familles endeuillées, des blessés parfois lourdement atteints et des conducteurs dont la vie peut basculer en quelques secondes. À cela s’ajoutent des dégâts matériels, les pertes économiques et les perturbations de la circulation provoquées par les accidents. L’année 2025 avait d’ailleurs déjà été marquée par plusieurs accidents mortels. En décembre, deux accidents survenus les 11 et 12 décembre avaient fait à eux seuls 18 morts et 16 blessés, selon un bilan communiqué par le ministère des Transports.
LE STATIONNEMENT DANGEREUX DANS LE VISEUR
Face à la persistance des comportements à risques, le ministère des Transports dit avoir intégré le stationnement dangereux parmi les infractions ciblées par ses campagnes de sécurité routière. En juin 2026, une campagne spéciale consacrée aux vacances et à la rentrée scolaire a été lancée sur l’ensemble du territoire. Elle cible notamment l’excès de vitesse, le mauvais état technique des véhicules, la surcharge, l’alcool au volant, les dépassements dangereux et le stationnement dangereux. Le ministère annonçait également un recours accru aux systèmes intelligents de détection des infractions et l’application des sanctions prévues par la réglementation.
Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais
Quelques semaines plus tard, les chiffres communiqués par ce département ministériel donnent une nouvelle dimension au phénomène : 35 accidents liés aux stationnements dangereux depuis le 1er juin 2026 et 61 véhicules identifiés comme présentant des risques potentiels. Le constat est donc préoccupant à l’approche de la période de retour des vacances et de la rentrée scolaire, période durant laquelle, le tarif routier devrait connaître une hausse.
NGALLÈ BIBÉHÉ ANNONCE UNE RIPOSTE
Face à cette situation, le ministre des Transports, Jean Ernest Masséna Ngallé Bibéhé, annonce le renforcement de la répression. Du 17 août au 30 septembre 2026, les opérations d’enlèvement des obstacles seront intensifiées. Tout véhicule stationné irrégulièrement ou dangereusement sur la chaussée ou ses abords devra être systématiquement dégagé. Des sanctions administratives seront également prises contre le propriétaire et /ou le conducteur du véhicule. Le ministère rappelle par ailleurs qu’en cas de panne ou d’immobilisation, le conducteur doit prendre des mesures de signalisation nécessaires et permettre l’enlèvement rapide du véhicule de la voie publique.
Cette décision traduit la volonté du gouvernement de ne plus limiter la lutte contre l’insécurité routière à la sensibilisation. Désormais, prévention, contrôle et sanction doivent aller de pair.
APRÈS NDIKINIMÉKI, DES SANCTIONS TOMBENT
L’accident de Nomalé a également entraîné des mesures conservatoires. Les licences d’exploitation de Mangwa Boy Company Ltd ont été suspendues, les véhicules concernés immobilisés et un audit de conformité technico-administrative instruit. Du côté de Tata Emmanuel, le Ministre annonce le retrait de la licence de transport, l’immobilisation des véhicules, la suspension des permis de conduire d’une durée d’un an, ainsi qu’une amende de 5 millions de FCFA pour exercice illégal de la profession de transporteur routier. Ces mesures sont prises sans préjudice d’éventuelles poursuites judiciaires pénales.
Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais
Le message du ministère est désormais sans ambiguïté : les véhicules qui constituent un danger pour les autres usagers ne doivent plus être tolérés sur les axes routiers. Alors que les routes camerounaises s’apprêtent à connaître une nouvelle période de forte circulation, le défi reste immense. Pour le ministère des Transports, il s’agit désormais de transformer les multiples alertes en actions concrètes, afin que les stationnements dangereux ne continuent plus à transformer les routes en pièges mortels.
Par Yvanna TELEZING
Défis Actuels du 19/08/2026
Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Société2 years agoPrésidentielle 2025 au Cameroun: voici les 10 candidats qui ont déjà déclaré leurs candidatures

Dernières actualités2 years agoCameroun : Liste complète des 250 ethnies qui font la fierté de la nation

Politique2 years agoPrésidentielle 2025 : voici les 10 candidats qui ont déjà déclaré leurs candidatures

Politique2 years agoÉlections présidentielles 2025 au Cameroun : Quels candidats ont les meilleures chances de succès ?

Actualités locales5 months agoThéodore Datouo élu président de l’Assemblée nationale du Cameroun !
- Société1 year ago
Obtenez votre CNI en 48 heures : voici les 13 centres d’enrôlement au Cameroun

Faits divers2 years agoFrais de retrait Orange Money Cameroun : Tout ce que vous devez savoir

Société2 years agoVoici l’origine des noms de 20 quartiers de Yaoundé














