Actualités locales
Agriculture : les 200 000 hectares sécurisés par l’État pour doper la production ne font pas courir les investisseurs

(Investir au Cameroun) – Sur les 200 000 hectares sécurisés par l’État du Cameroun pour accueillir de grandes exploitations agricoles dans les régions du Centre et de l’Adamaoua, la mise en valeur opérationnelle n’a commencé que sur un premier périmètre de 3 000 hectares. Cette superficie représente 1,5 % de l’assiette foncière mobilisée pour accroître la production locale de riz, de maïs, de blé et d’autres cultures vivrières dans le cadre du Plan intégré d’import-substitution agropastoral et halieutique (Piisah).
Cette première réalisation est révélée par le Document de programmation économique et budgétaire à moyen terme 2027-2029, présenté le 3 juillet 2026 par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, devant la Commission des finances et du budget de l’Assemblée nationale.
« Sur un bloc initial de 200 000 hectares de terres sécurisées par l’État, les premiers noyaux d’exploitations agro-industrielles privées ont engagé la mise en valeur opérationnelle d’un premier périmètre de 3 000 hectares, amorçant un saut qualitatif de productivité agricole », indique le document.
La formulation du gouvernement appelle toutefois une nuance : le DPEB ne dit pas que les 3 000 hectares sont déjà entièrement cultivés. Il indique que leur mise en valeur a commencé. Le document ne révèle par ailleurs ni l’identité et le nombre des opérateurs engagés, ni le montant de leurs investissements, les cultures retenues ou le calendrier d’exploitation des 197 000 hectares restants.
L’écart observé ne suffit donc pas à conclure à un rejet du projet par les investisseurs. Il montre néanmoins que la sécurisation juridique des terres, présentée comme l’une des principales réponses aux difficultés d’investissement agricole, ne s’est pas encore traduite par un déploiement agro-industriel à l’échelle attendue.
Le foncier sécurisé, l’investissement reste à déclencher
Les 200 000 hectares concernés s’étendent sur le corridor Yoko-Lena-Tibati, entre les régions du Centre et de l’Adamaoua. Ils constituent la première moitié d’un objectif gouvernemental de 400 000 hectares destinés à la réalisation de grands projets agropastoraux.
Cette politique vise à réduire la dépendance du Cameroun aux importations alimentaires, qui pèsent sur sa balance commerciale et ses disponibilités en devises. Elle doit également permettre de répondre à la demande croissante des ménages, des industries agroalimentaires, des élevages et des exploitations aquacoles.
Pour le gouvernement, la constitution de réserves foncières doit notamment faciliter le passage d’une agriculture dominée par les exploitations familiales à des unités de production de plus grande taille. Le ministre de l’Agriculture, Gabriel Mbairobe, en exposait la logique dès mai 2023.
« 90 % de notre production proviennent des exploitations familiales. Mais aujourd’hui, avec la demande croissante des populations, suite à la démographie galopante, suite à la demande des agro-industries et suite à la demande de l’élevage, de l’aquaculture, de l’élevage porcin et de l’aviculture, il faut passer à une autre dimension », expliquait-il sur les antennes de la radio publique.
Selon le ministre,« cette dimension nous impose de promouvoir l’émergence des moyennes et grandes exploitations agricoles avec un rendement élevé et une productivité avérée ». D’où la décision de lever l’un des verrous régulièrement dénoncés par les promoteurs : l’accès à de grandes superficies juridiquement sécurisées.
Les premiers résultats montrent cependant que la disponibilité du foncier est une condition nécessaire, mais pas suffisante pour déclencher rapidement des investissements agricoles de grande ampleur.
Des causes encore insuffisamment documentées
Le ministère des Finances n’explique pas pourquoi la mise en valeur ne porte, à ce stade, que sur 3 000 hectares. Le DPEB ne permet donc pas de déterminer si ce démarrage limité résulte d’un nombre insuffisant d’investisseurs, de la durée des procédures d’attribution, des difficultés de financement ou simplement du calendrier technique du projet.
Plusieurs contraintes peuvent néanmoins ralentir le développement de grandes exploitations : la prudence des banques vis-à-vis des cultures vivrières, le coût des équipements et des intrants, la disponibilité de l’eau et de l’énergie, l’état des voies d’accès ou encore les délais administratifs. Mais aucune donnée publiée dans le DPEB ne permet de mesurer le poids respectif de ces facteurs dans le projet Plaine centrale.
Les questions foncières elles-mêmes ne sont pas totalement réglées par la seule constitution de réserves. Lors d’une mission conduite du 22 au 24 juillet 2024 sur le corridor Batchenga-Ntui-Yoko-Tibati-Ngaoundéré, les populations avaient formulé plusieurs réserves sur la conduite du projet.
À Meiganga, des représentants communautaires avaient notamment dénoncé leur faible association aux procédures de constitution des réserves foncières. Ils demandaient« la reconsidération de ces titres fonciers en tenant compte des droits des villageois, préalable à toute implémentation du projet Plaine centrale ». À Tibati, les populations avaient réclamé une réduction des superficies destinées aux agro-industries, une révision des indemnisations et une meilleure prise en compte des communautés susceptibles d’être déplacées. À Yoko, les préoccupations portaient notamment sur la protection de la forêt communale et l’immatriculation des terres.
Un précédent dans la Vallée du Ntem
Ces préoccupations rappellent les difficultés déjà rencontrées par d’autres projets agro-industriels au Cameroun. Le 5 mai 2021, le Premier ministre Joseph Dion Ngute avait annulé un texte pris en 2016 et portant constitution de réserves foncières sur plus de 66 000 hectares dans le département de la Vallée du Ntem, dans la région du Sud.
Cette décision était intervenue après la contestation, par les populations, d’un bail portant sur 26 000 hectares attribué à Neo Industry. L’entreprise projetait d’y développer des cacaoyères destinées à approvisionner son usine de transformation de Kekem, dans la région de l’Ouest.
Le projet Plaine centrale constitue ainsi un test plus large que la seule sécurisation des terres. Son succès dépendra de la capacité de l’État à transformer les réserves foncières en périmètres effectivement aménagés, accessibles, finançables et socialement acceptés.
Le démarrage de la mise en valeur sur 3 000 hectares marque une première étape. Mais, rapporté aux 200 000 hectares déjà sécurisés, il montre surtout que la levée du verrou foncier n’a pas encore provoqué le changement d’échelle recherché dans la production agricole camerounaise.
Brice R. Mbodiam
Lire aussi:
19-12-2024 – Riz, maïs, blé… : déjà 200 000 hectares sécurisés pour de potentiels investisseurs, afin de doper la production locale
05-04-2022-Agriculture : le Cameroun envisage de constituer une réserve foncière de 400 000 ha au bord de l’axe Ntui-Yoko-Tibati
14-05-2021 – Agro-industrie : Samuel Nguiffo tire les leçons des échecs de Neo Industry et Pac dans la Vallée du Ntem
Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici
Actualités locales
Mamadou Mota en colère après la démolition nocturne du marché historique

La démolition du marché de Mora cette nuit suscite la colère de Mamadou Mota, élite de la localité et ancien vice-président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun. Il demande au préfet de prendre ses responsabilités en main.
Il ne reste plus que des décombres de ce qui était jusqu’à mardi soir des boutiques et comptoirs du marché de Mora. Des installations de l’espace marchand ont disparu de la place cette nuit. D’après des témoins, la mairie de la commune de Mora a procédé aux environs de 3 h du matin à leur démolition. Un acte qui complète le processus de déguerpissement de la place occupée par le marché historique de la permanence. Ce que Mamadou Mota digère mal.
D’après l’élite de la localité, comme il se présente lui-même, « c’est un acte d’une lâcheté absolue ». Les populations sont déjà fragilisées par l’insécurité galopante dans le Mayo-Sava. Le maire vient encore « anéantir leurs maigres moyens de subsistance ». Il qualifie cette démolition de « trahison intolérable » et déclare que « les coupables de ce désastre économique et social doivent payer ». Dans sa sortie, il interpelle le préfet, autorité de tutelle de la commune, en lui demandant de prendre ses responsabilités.
Sur la place du marché, le processus de déguerpissement a été entrepris il y a des mois par la mairie qui a initié et met en œuvre le projet de construction du marché moderne de Sankré. Première phase du projet achevée, le maire a lancé le transfert des activités commerciales de l’ancien marché vers le marché moderne. Mais les populations et commerçants ont manifesté leur résistance.
En mars dernier, le maire Chetima Hamidou, parti pour détruire des boutiques au marché historique, a été encerclé par des populations qui ont opposé une vive résistance à la démolition, prétextant que le nouveau marché ne contient pas assez de boutiques pour recaser tout le monde.
Plus tard, la réalité a commencé à changer. Sur environ 87 commerçants et artisans recensés sur la place de l’ancien marché, plus de la moitié avaient rejoint le nouveau marché. Le maire a lancé la deuxième phase du projet avec dans le viseur la construction de 180 boutiques, trois hangars, une boucherie, deux blocs sanitaires et une mosquée.
Le 28 septembre, le premier magistrat municipal signait encore des arrêtés portant transfert de certaines activités du marché historique vers le marché moderne.
Ce mercredi matin, la démolition du marché historique est une réalité. Ce même mercredi, la permanence du parti RDPC de Mora a été ravagée par des flammes. Certains lient cet incendie à la démolition du marché, pointant un doigt accusateur sur certains habitants qui auraient agi en représailles contre les autorités municipales.
CLIQUEZ ICI POUR LIRE L’ARTICLE ORIGINAL SUR camerounactuel.com
Actualités locales
Mondial U15 : les Lionceaux tombent face au Maroc et quittent la compétition
Le parcours des Lions U15 à la Coupe du monde s’arrête en seizièmes de finale. Opposés au Maroc, les jeunes joueurs se sont inclinés sur […]
Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici
Actualités locales
quatre civils tués dans une attaque séparatiste à Koshin, trois assaillants neutralisés

Une attaque armée attribuée aux combattants séparatistes a causé la mort de quatre civils le mardi 27 octobre dans cette localité de la région du Nord-Ouest. La riposte de l’armée a permis de neutraliser trois assaillants.
L’attaque survenue mardi matin à Koshin, un village situé dans l’arrondissement de Fungom, département de la Menchum, région du Nord-Ouest, a coûté la vie à sept personnes. Des hommes armés ont fait une incursion dans le village, surprenant des habitants dans leur sommeil autour de 2 h du matin. Quatre civils ont été tués dans cette attaque à laquelle les forces de défense du Cameroun n’ont pas tardé à riposter.
Les éléments du 53ᵉ bataillon d’infanterie motorisée, informés de la situation, vont tendre une embuscade aux assaillants qui repliaient après avoir commis leur forfait. Les militaires ont ainsi neutralisé trois assaillants. Plusieurs de leurs compagnons ont été blessés avant de prendre la fuite. La réponse de l’armée régulière a permis aussi de saisir d’importantes quantités de matériels militaires : quatre fusils AK-47, deux fusils M21, un fusil de traite, 506 cartouches de calibre AK-47, 165 cartouches de calibre M21, sept chargeurs et des téléphones portables.
Cette attaque, qui est un signe de la poursuite du conflit ayant déjà duré plus de 10 ans, rallonge la liste des victimes civiles estimées à des milliers. La crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest résiste encore aux efforts de pacification entrepris depuis 2019.
Le Grand dialogue national et ses résolutions, le dialogue communautaire qui vient d’être lancé ainsi que des appels multiples à déposer des armes n’ont pas encore pu mettre fin aux hostilités. Des hommes et des femmes continuent d’être tués, des séparatistes continuent aussi de commettre des actes comme les enlèvements, l’imposition des villes mortes.
CLIQUEZ ICI POUR LIRE L’ARTICLE ORIGINAL SUR camerounactuel.com

Société2 years agoPrésidentielle 2025 au Cameroun: voici les 10 candidats qui ont déjà déclaré leurs candidatures

Dernières actualités2 years agoCameroun : Liste complète des 250 ethnies qui font la fierté de la nation

Politique2 years agoPrésidentielle 2025 : voici les 10 candidats qui ont déjà déclaré leurs candidatures

Politique2 years agoÉlections présidentielles 2025 au Cameroun : Quels candidats ont les meilleures chances de succès ?

Sports2 years agoA. Song ⁚ >

Actualités locales8 months agoThéodore Datouo élu président de l’Assemblée nationale du Cameroun !

Sports2 years agoCameroun ⁚ les clubs déjà sous pression
- Société2 years ago
Obtenez votre CNI en 48 heures : voici les 13 centres d’enrôlement au Cameroun















