Actualités locales
prisonnier d’un récit, pas d’une preuve » Vincent Sosthène Fouda

«Tout finit en Sorbonne ! Tout se décompose en thèses », déplorait Paul Valéry. On pourrait ajouter, à la lumière de l’audience des 22 et 23 juin 2026, que tout finit aussi devant un tribunal — et que tout s’y recompose, non plus en thèses, mais en preuves, en contre‑preuves, en silences qui pèsent, en certitudes qui se fissurent», écrit l’universitaire et homme politique dans un texte parvenu à notre rédaction.
Lire ici la suite de son texte :
Car il est des audiences qui ne se contentent pas de faire avancer un dossier : elles déplacent le paysage.
Celle rapportée par le journaliste Philippe Boney appartient à cette catégorie rare où la mécanique judiciaire, soudain, laisse entrevoir ses engrenages. Non parce qu’elle révèle un élément inédit — l’affaire en regorge déjà — mais parce qu’elle confirme, avec la froideur clinique du droit, ce que l’analyse méthodique permettait d’entrevoir depuis des mois : Jean‑Pierre Amougou Belinga n’est peut‑être pas le coupable commode que l’on a voulu fabriquer, mais l’otage d’un récit façonné sous pression médiatique et politique.
Dans un pays où l’émotion précède souvent la procédure, où la rumeur supplante parfois la preuve, cette audience a eu l’effet d’un rappel à l’ordre : le droit existe encore, et il parle — calmement, méthodiquement, implacablement.
Dans un pays où l’émotion précède souvent la procédure, où la rumeur supplante parfois la preuve, cette audience a eu l’effet d’un rappel à l’ordre : le droit existe encore, et il parle — calmement, méthodiquement, implacablement.
Quand l’expertise technique dément la narration médiatique
Il y a des phrases qui claquent comme des portes qu’on referme sur des certitudes trop vite construites. Celle de l’expert Bell Bidjoka appartient à cette catégorie : « Tous les messages supprimés de M. Amougou Belinga ont été récupérés. Par Google, par iCloud, et même dans l’exploitation à 100 % des téléphones du colonel Danwé. Aucun de ces messages ne présente un lien avec le meurtre de Martinez Zogo. »
Cette phrase, d’une simplicité presque désarmante, renvoie à un principe cardinal du droit pénal contemporain : la preuve numérique ne ment pas.
Les meilleurs experts internationaux — Cellebrite, Magnet Forensics, NIST, Eoghan Casey — le répètent comme un mantra : un téléphone effacé n’est jamais réellement effacé, les serveurs cloud conservent des traces persistantes, les métadonnées racontent toujours l’histoire réelle. Après 11 ans d’écoutes téléphoniques, après extraction complète, après récupération cloud, aucun élément incriminant n’apparaît.
En droit, cela impose une conclusion que nul ne devrait redouter : L’absence de preuve n’est pas un vide : c’est une preuve d’absence. La question centrale : où sont les écoutes téléphoniques ?
C’est la question que tout juriste, tout enquêteur, tout citoyen de bonne foi devrait poser.
Comment un homme placé sous écoute depuis 2015 peut-il être poursuivi pour un crime aussi grave sans que les écoutes de la période critique ne soient versées au dossier ?
En droit, cela s’appelle :
➡️ une preuve à décharge non produite.
En communication judiciaire, cela s’appelle :
➡️ un silence qui accuse ceux qui se taisent.
Dans tous les systèmes judiciaires modernes, les écoutes sont la reine des preuves en matière de complot ou d’association de malfaiteurs.
Si elles ne sont pas produites, deux hypothèses existent : Elles n’existent pas — ce qui contredirait 11 ans de surveillance. Elles existent mais ne disent rien — ce qui disculpe.
Dans les deux cas, la charge de la preuve s’effondre.
Et avec elle, le récit qu’on avait patiemment construit.
Le mécanisme du “coupable facile” : une construction socio‑anthropologique
L’affaire Amougou Belinga n’est pas seulement judiciaire.
Elle est anthropologique, médiatique, symbolique.
René Girard l’a démontré dans La Violence et le Sacré : la communauté apaise ses tensions en désignant un bouc émissaire. J’ai convoqué René Girard au début et je voudrais que ce soit aussi la convocation de fin. Pierre Bourdieu a prolongé cette intuition : le pouvoir symbolique crée des évidences sociales qui ne reposent que sur leur répétition. Michel Foucault, enfin, nous rappelle que : l’appareil judiciaire produit sa propre vérité, qui n’est pas toujours la vérité factuelle.
Dans cette affaire, Jean‑Pierre Amougou Belinga est devenu : le visage commode, la cible facile, l’homme que l’on peut enfermer sans risque politique, celui dont la chute rassure les puissants et satisfait les foules. Il est plus otage que prisonnier.
Une procédure qui interroge l’État de droit
Les éléments désormais publics révèlent : une expertise téléphonique qui disculpe, des écoutes non produites, des interprétations médiatiques transformées en certitudes judiciaires, une pression de l’opinion qui a précédé la construction du dossier. Dans tout État de droit, cela devrait conduire à : une réévaluation de la détention provisoire, une réorientation de l’instruction, une interrogation sur les responsabilités réelles.
Car la justice n’est pas un théâtre. Elle n’est pas un exutoire. Elle n’est pas un instrument de communication politique. Elle est — ou devrait être — ce que Montesquieu appelait « la bouche de la loi », non l’écho des passions.
Conclusion : la vérité avance, même lentement
Le compte rendu de Philippe Boney ne fait pas que rapporter une audience. Il confirme, corrobore, renforce ce que certains observateurs affirment depuis des mois : Jean‑Pierre Amougou Belinga n’est pas le meurtrier de Martinez Zogo. Il est le prisonnier d’un récit. Il est l’otage d’un système. Il est la victime collatérale d’une vérité que certains redoutent. Hannah Arendt écrivait : « La vérité a une force propre : elle finit toujours par déranger ceux qui la dissimulent. »
Dans l’affaire Martinez Zogo, cette force commence enfin à fissurer le mur de la communication judiciaire. Et lorsque le droit reprend la parole, les récits fabriqués, eux, commencent à se défaire. « Tout finit en Sorbonne ! Tout se décompose en thèses », déplorait Paul Valéry.
NB :Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement la position éditoriale d’Actu Cameroun.
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André Luther Meka met en garde Same Nkolle contre son engagement aux côtés de Tiriane Noah

Le du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), Luther André Meka, a publiquement interpellé le professeur Same Nkolle sur son choix de figurer sur la liste de Tiriane Balbine Nadège Noah, candidate à la présidence du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC).
Dans une lettre ouverte adressée à son ancien enseignant, M. Meka dit avoir appris sur les réseaux sociaux que le professeur Same Nkolle figure comme candidat au poste de vice-président sur la liste conduite par Mme Noah, dans le cadre de la convention élective prévue le 17 octobre à Yaoundé.
Trois listes ont été enregistrées pour cette convention, conduites respectivement par Tiriane Balbine Nadège Noah, Pierre Emmanuel Binyam et Brice Ronnic Djolako. Le professeur Same Nkolle figure effectivement sur la liste de Mme Noah au poste de quatrième vice-président, selon les informations publiées après la clôture des candidatures.
Cette candidature surprend Luther Meka, qui estime que son ancien enseignant, présenté comme un universitaire ayant dirigé le département de psychologie de la faculté des Lettres et sciences humaines de l’Université de Douala, devrait mesurer les implications de son engagement politique.
Lire la lettre ouverte d’André Luther Meka à Same Nkolle :
« Lettre ouverte à mon enseignant Pr Same Nkolle,
Cher professeur,
J’ai appris par le biais des réseaux sociaux que vous postulez dans la liste de Tiriane Noah comme vice-président. J’ai été surpris de cet engagement dans un parti très querellé et tumultueux. Je suis surpris, vous qui avez administré le département de psychologie de la faculté des Lettres et sciences humaines de l’université de Douala, de ne pas mettre votre science au service de la raison. Oui, de la raison. Vous savez pertinemment ce qui est arrivé à toute la crème Sawa qui s’est mise au service de Kamto. Je vous en donne quelques confidences.
Paul Eric Kingue m’avait confié qu’il avait soutenu Kamto, la contrepartie politique était qu’il devait en retour avoir le soutien du MRC dans tout le Moungo aux municipales et législatives. Un marché politique que Kamto avait accepté en prison. Après leur sortie de prison, Kamto avait aussitôt changé de parole. Il a pris ce retournement de veste comme une trahison. La suite est tragique. Il est décédé après avoir déclaré qu’il écrira un livre pour le grand déballage.
Anicet Ekanè avait naïvement cru qu’il était l’alternative. Il lui a proposé d’être candidat du Manidem, en espérant que Kamto avait pris toutes les mesures pour sécuriser sa candidature. Toutes les mesures veulent dire informer la tutelle, ficeler un dossier complet, et faire du lobbying dans le Manidem. Pour la petite histoire, son dossier était mal monté. L’aventure a tourné au vinaigre. Mbombog Hebga a interrompu la course par une deuxième candidature du Manidem.
Dès lors, Kamto inconséquent n’avait plus jamais pris Anicet Ekanè au téléphone, il ne lui a jamais rendu visite au Sed, mieux encore, il n’est jamais venu au deuil. Le scénario de Penda Ekoka se passe de tout commentaire. Coordinateur de Survie Cameroun, il découvre un trou de 300 millions (les indiscrétions parlent d’un milliard). Il s’insurge et appelle à un audit des cabinets. L’audit est bloqué et Kamto répond à ce détournement par l’argument d’un Buzz informatique. Ridiculisé et lâché, il meurt suite à une surenchère verbale de ses affidés sur les réseaux sociaux. Comme à l’accoutumée, il n’a pas mis les pieds au deuil.
Ces morceaux choisis devraient renseigner sur l’homme et le milieu. Pour m’avoir enseigné la psychologie sociale, vous devez tirer les leçons de tels mélodrames. Car j’ai le sentiment que si vous n’y prenez pas garde, vous passerez par le même chemin. Je prends toute la mesure de mon alerte en vous demandant de quitter cette nasse, ce moulin à écraser, pour votre survie politique.
Vous êtes un homme bien, sans histoire. Vous méritez la paix et la quiétude. Cher maître, c’est avec gravité et insistance que je vous demande de quitter ce parti. J’insiste et je persiste. C’est un parti qui ne ménage jamais les équilibres sociologiques. Michelle Ndocki en sait des vertes et des pas mûres… Elle qui a tout donné et est sortie de cette organisation brumeuse par la petite porte. Je crains que votre sortie soit pareille.
Luther André MEKA.
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Le Cameroun envisage le nucléaire civil : l’ambition de Madeleine Tchuente qui inquiète
Le Cameroun a entamé une étude de faisabilité sur le nucléaire civil sous l’impulsion de Madeleine Tchuinté, ministre de la Recherche scientifique et de l’Innovation, […]
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Jacques Fame Ndongo annonce plus de 12 milliards FCFA de paiements

Le ministre d’État, ministre de l’Enseignement supérieur Jacques Fame Ndongo vient de rendre publics des engagements financiers réalisés ce vendredi pour désamorcer la crise dans les universités d’État.
Dans un communiqué officiel signé ce jour, le ministre d’État annonce la mobilisation effective des fonds sur instructions du président Paul Biya, pour solder la modernisation de la recherche et la dette académique.
À ce jour, au titre de l’allocation pour la modernisation de la recherche, un montant de 5,47 milliards de FCFA comptant pour le 4ᵉ trimestre de l’année 2025 a été intégralement viré depuis le 26 juillet 2026. Le reliquat du premier trimestre de l’année 2026, un montant de 1,76 milliard de FCFA, est payé ce vendredi 18 septembre pour un total trimestre de 4,86 milliards de FCFA.
Pour ce qui est du deuxième trimestre de l’année 2026, le virement de 4,91 milliards de FCFA commence aussi ce vendredi 18 septembre. Les personnels qui sont payés par billetage ont rendez-vous mercredi 23 septembre à 12 h au Minesup.
En dehors de ces mouvements annoncés dans le cadre de la modernisation de la recherche, la grosse dette académique accumulée entre 2000 et 2021 ne connait pas un nouveau changement. Sur une enveloppe totale de 16,95 milliards FCFA, 7,29 milliards ont déjà été payés depuis le 3 octobre 2025, soit 43 %. Il reste 9,69 milliards qui seront payés progressivement, d’après le ministre.
Il compte sur la maturité des enseignants pour la poursuite sereine des activités dans un climat social apaisé. Comme pour dire que l’argent est là, que cesse la grève. Mais il revient au Syndicat national des enseignants du supérieur (Synes) de décider de lever le mot d’ordre de grève si les concertations de ce vendredi ont abouti à un apaisement. Notons que les enseignants revendiquent le paiement intégral de la dette académique. Nous y reviendrons.
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