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Victoria United et le mal profond des matchs truqués dans le football camerounais

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Victoria United et le mal profond des matchs truqués dans le football camerounais
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Le football camerounais replonge une nouvelle fois dans une affaire qui dépasse largement le simple cadre sportif. Après le cas d’Éric Parfait Djomeni en 2025, voilà que six joueurs de Victoria United se retrouvent à leur tour accusés d’avoir « vendu » une rencontre face à Aigle Royal de la Menoua, avec pour objectif supposé de faire perdre leur équipe.

Les noms cités ne sont pourtant pas ceux de joueurs en difficulté ou marginalisés dans le groupe. Au contraire, il s’agit de plusieurs cadres et éléments les plus performants du club : Brayan Tchaha Nana, meilleur buteur de l’équipe, Ashu Agbor, latéral droit incontournable, Carl Eyong et Sterly Peto, jeunes défenseurs considérés parmi les révélations de la saison, Jason Mouelle Yomi dans les cages, sans oublier Laurien Nguefack, capitaine et figure du vestiaire depuis trois ans.

La question mérite d’être posée avec lucidité : comment une équipe capable d’enchaîner une double victoire à Garoua contre Gazelle FA de Garoua et Coton Sport FC de Garoua, sans encaisser le moindre but, peut-elle voir ses meilleurs éléments devenir soudainement des « vendeurs de match » une semaine plus tard ?

Une accusation devenue trop facile dans le championnat camerounais

Dans le championnat camerounais, l’accusation de match truqué est devenue presque banale. Après une contre-performance, des soupçons émergent immédiatement. Les joueurs deviennent les premiers coupables désignés, souvent sans enquête approfondie, sans preuve publique et sans procédure claire.

Ce phénomène révèle un problème structurel dans la gestion du football local. Les dirigeants, les tensions internes, les conflits financiers, les guerres d’influence et les luttes de pouvoir autour des clubs créent un environnement où les joueurs servent parfois de boucs émissaires.

Quand une équipe gagne, les joueurs sont célébrés comme des héros. Quand elle perd, les mêmes deviennent des traîtres. Cette logique émotionnelle détruit des carrières et fragilise encore davantage un championnat déjà confronté à des difficultés d’organisation et de crédibilité.

Le précédent Éric Parfait Djomeni

Le cas d’Éric Parfait Djomeni reste dans toutes les mémoires. Accusé lui aussi dans un contexte similaire, l’ancien gardien avait vu son image profondément ternie. Dans le football africain, une accusation de corruption ou de match vendu laisse des traces presque impossibles à effacer, même lorsqu’aucune décision judiciaire claire n’est venue établir les responsabilités.

Aujourd’hui, six autres joueurs risquent de subir le même sort. À leur âge, une réputation détruite peut fermer des portes : transferts bloqués, perte de confiance des recruteurs, isolement médiatique et pression psychologique énorme.

Le plus inquiétant est que ces accusations interviennent alors que plusieurs de ces joueurs étaient considérés comme les piliers du projet sportif de Victoria United.

Le vrai problème du football camerounais

Le problème dépasse Victoria United. Il touche tout le système du football camerounais.

Dans un championnat où les salaires sont parfois irréguliers, où les infrastructures restent limitées et où les tensions administratives sont fréquentes, la suspicion permanente finit par empoisonner l’environnement sportif. Chaque défaite devient suspecte. Chaque erreur individuelle devient une preuve imaginaire de corruption.

Cela crée une atmosphère toxique où les joueurs évoluent sous pression constante. Or, le football reste un sport fait d’erreurs, de méformes et de mauvais jours. Une contre-performance ne peut pas automatiquement être assimilée à une trahison.

Si des preuves existent, elles doivent être présentées clairement et traitées dans un cadre disciplinaire transparent. Mais condamner publiquement des joueurs sans procédure solide revient à sacrifier des carrières sur la place publique.

Une urgence : protéger les joueurs et restaurer la crédibilité du championnat

Le football camerounais a besoin d’un véritable cadre de régulation contre les matchs truqués. Les accusations graves doivent être accompagnées d’enquêtes crédibles, indépendantes et professionnelles.

Car aujourd’hui, le danger est double :

  • d’un côté, de possibles manipulations réelles qui nuisent au championnat ;
  • de l’autre, des accusations incontrôlées qui détruisent des joueurs parfois innocents.

Dans l’affaire Victoria United, une chose interpelle particulièrement : il est difficile d’imaginer que plusieurs des meilleurs joueurs de l’équipe, auteurs de performances solides quelques jours auparavant, aient brusquement décidé collectivement de saboter leur propre saison.

Cela pousse forcément à regarder ailleurs. Vers les tensions internes ? Les conflits de gouvernance ? Les problèmes de gestion ? Les rivalités autour du club ? Beaucoup de questions restent sans réponse.

Mais une certitude demeure : à force d’accuser sans transparence, le football camerounais risque de perdre ce qu’il lui reste de crédibilité, tout en brisant l’avenir de jeunes joueurs dont le seul tort pourrait être d’avoir traversé un mauvais match dans un système malade.

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Me Félicité Esther Zeifman ressuscite l’affaire du téléphone distrait de l’une des épouses du patron du Groupe L’Anecdote (Première partie)

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Me Félicité Esther Zeifman ressuscite l’affaire du téléphone distrait de l’une des épouses du patron du Groupe L’Anecdote (Première partie)
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Au cours de l’audience criminelle spéciale consacrée à l’examination in chief et à la cross-examination du 35ᵉ témoin, le lieutenant-colonel Dieudonné Bialo, chef du service central des recherches judiciaires (Scrj) de la gendarmerie nationale, les avocats des parties civiles ont fait ressurgir, ce mardi 15 septembre 2026, l’affaire des terminaux numériques manquants, dans lesquels seraient contenus des éléments liés à l’assassinat de l’ancien chef de chaîne d’Amplitude FM.

C’est Me Félicité Esther Zeifman qui, après avoir obtenu du 35ᵉ témoin du ministère public la définition de l’enquête environnementale contenue dans sa grille méthodologique, a posé au lieutenant-colonel Dieudonné Bialo la question de savoir s’il est au courant que Melissa Amougou Belinga avait distrait un iPhone lors du déroulement de l’enquête préliminaire.

L’officier supérieur de la gendarmerie nationale a répondu à cette question par l’affirmative, tout en indiquant que c’est grâce au tracking des terminaux numériques que les enquêteurs se sont rendu compte de l’incorporation du numéro de téléphone de la puce et du numéro IMEI de l’appareil de la concernée.

À la question de l’avocate des ayants droit de Martinez Zogo de savoir quelles sont les dispositions prises par la commission mixte d’enquête police/gendarmerie nationale pour retrouver ce téléphone distrait par l’épouse de Jean-Pierre Amougou Belinga, D. Bialo fait savoir au tribunal que la commission avait interpellé deux personnes, dont une dame qui s’est présentée comme une femme de ménage du couple de l’homme d’affaires et, avant elle, un monsieur qui avait été interpellé.

Ce dernier s’est présenté comme proche de cette femme de ménage, dont la puce téléphonique avait rayonné dans le téléphone recherché. Selon l’officier supérieur de la gendarmerie nationale, c’est l’audition de cet homme proche de l’agent domestique du couple Amougou Belinga qui a conduit à la découverte de la disparition de cet iPhone.

S’agissant des dispositions prises pour auditionner Melissa Amougou Belinga, indexée par sa femme de ménage, la commission mixte, en son temps, explique D. Bialo, avait sollicité sa présence via les conseils du patron du groupe L’Anecdote.

Lorsque Me Félicité Esther Zeifman demande au témoin du ministère public si ce téléphone distrait sciemment n’aurait pas pu participer à la manifestation de la vérité, le lieutenant-colonel Bialo répond : « Le téléphone est recherché parce que le lieutenant-colonel Justin Danwe communique, dans une de ces auditions, un numéro de téléphone appartenant et utilisé par M. Amougou Belinga. Les divers trackings ont révélé des rayonnements correspondant aux divers lieux fréquentés par son utilisateur ».

Aussi le lieutenant-colonel Danwe avait-il affirmé avoir transmis une vidéo de la victime à Amougou Belinga via cet iPhone. Mais durant la cross-examination du 35ᵉ témoin faite par l’avocat du lieutenant-colonel Justin Danwe, Me Jacques Mbuny, ce dernier a rappelé au lieutenant-colonel Bialo que relativement au transfert de cette vidéo à l’homme d’affaires, l’expert Georges Bell Bitjocka avait déclaré que cette vidéo avait été extraite d’un téléphone d’un membre du commando, Vincent Godje, qui avait été nommément cité. Cependant, D. Bialo a réagi : « En tant que membre de la commission d’enquête mixte, nous avons écouté ces extraits de vidéo courts ».

Sur le champ, Me Mbuny pose la question à Bialo : « Vous avez extrait les vidéos du téléphone de Danwe ou vous avez ouï dire qu’il y avait des vidéos dans son téléphone ? Et l’officier supérieur de la gendarmerie nationale de répondre, de façon laconique : « C’était un ouï-dire! »

En suivant le prolongement du questionnement de Me Zeifman, l’avocate juge qu’il était nécessaire que ce téléphone soit mis à la disposition de l’enquête pour contribuer à la manifestation de la vérité. Les (ces éléments) avez-vous consignés et adressés au commissaire du gouvernement ?, s’interroge l’avocate des ayants droit de Martinez Zogo.

Et Bialo de répondre : « Je pense ». « Que faisons-nous en ce moment ? Comment rattraper cet impair ? », s’interroge, in fine, Me Zeifman. C’est sur ces entrefaites qu’une objection a été formulée par Me Tchudjo, un des avocats de Jean-Pierre Amougou Belinga, qui a demandé au tribunal de rejeter cette question qui, explique-t-il, est une question d’opinion. Au bout du compte, le président du tribunal a retenu cette objection et a invité le témoin à apporter des réponses techniques aux questions de fait et de connaissance s’inscrivant en droite ligne du contenu de l’enquête.

À titre informatif, le Service central de recherches judiciaires (Scrj) de la gendarmerie nationale, dont le lieutenant-colonel Dieudonné Bialo est le responsable, s’est auto saisi à la suite de l’information liée à la disparition d’Arsène Mbani Zogo et après la découverte de sa dépouille. L’officier supérieur de la gendarmerie nationale reconnaît, dans le cadre de ses recherches, n’avoir pas fait de constatations.

En revanche, s’agissant des observations, le Service central des recherches judiciaires (Scrj) s’est déployé dans une enquête environnementale (recherche de tout indice non enregistré devant contribuer à la manifestation de la vérité) auprès des citoyens. La vidéo surveillance a été aussi mise à contribution tant elle était gérée, indique D. Bialo, par la Délégation générale à la sûreté nationale (DGSN), en appui avec la légion de gendarmerie du Centre.

De plus, ajoute Bialo, le Service central des recherches judiciaires n’a pas posé d’acte d’enquête ; il assistait le commandant de la légion de gendarmerie du Centre et utilisait le matériel pour faire le tracking de tout ce que l’on pouvait avoir comme numéro de téléphone des intervenants.

Serge Aimé BIKOI

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ACEP Cameroun : le bénéfice progresse de 6,3 % à 803,6 millions de FCFA en 2025

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ACEP Cameroun : le bénéfice progresse de 6,3 % à 803,6 millions de FCFA en 2025
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(Investir au Cameroun) – ACEP Cameroun a réalisé un bénéfice net de 803,6 millions de FCFA en 2025, contre 755,6 millions un an plus tôt, selon les données publiées par la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC) dans son Bulletin officiel de la cote du 17 septembre 2026. Le résultat progresse ainsi de 6,3 %, soit près de 48 millions de FCFA supplémentaires.

Cette croissance est supérieure à celle du produit net financier de l’établissement, passé de 7,745 milliards à 7,970 milliards de FCFA sur la même période, soit une hausse de 2,9 %. Rapporté au produit net financier, le bénéfice représente 10,1 % en 2025, contre 9,8 % en 2024.

Il s’agit de la deuxième année consécutive de progression du résultat net. Après 905 millions de FCFA en 2022, le bénéfice avait reculé à 536,6 millions en 2023, avant de remonter à 755,6 millions en 2024. Malgré cette reprise, le résultat de 2025 reste inférieur de 11,2 % à celui de 2022.

3,21 milliards de FCFA à verser aux obligataires d’ici fin 2027

Cette amélioration intervient alors qu’ACEP Cameroun poursuit l’amortissement de son emprunt obligataire « ACEP 7 % brut 2024-2027 ». L’établissement avait levé 5 milliards de FCFA sur le marché financier régional. L’emprunt, coté à la BVMAC depuis le 8 avril 2025, affiche encore un encours résiduel de 3 milliards de FCFA.

Selon l’échéancier publié par la BVMAC, ACEP doit rembourser 1 milliard de FCFA de capital le 30 décembre 2026, assorti de 105 millions de FCFA d’intérêts. Deux autres remboursements de 1 milliard de FCFA sont prévus les 30 juin et 30 décembre 2027, avec respectivement 70 millions et 35 millions de FCFA d’intérêts.

L’établissement doit ainsi encore verser 3,21 milliards de FCFA aux détenteurs de ses obligations d’ici à fin 2027, dont 3 milliards au titre du capital et 210 millions d’intérêts.

La fiche publiée par la BVMAC comporte en revanche une anomalie dans le montant du total de bilan d’ACEP Cameroun pour 2025. Cette donnée n’est pas exploitable en l’état et n’est donc pas retenue faute de confirmation par les états financiers originaux.

ACEP Cameroun, dont le capital social s’élève à 1,444 milliard de FCFA, est détenu notamment par la BICEC à 27 %, Investisseurs & Partenaires à 20 %, la Société nationale d’investissement à 15 % et ACEP International à 13 %.

Baudouin Enama

Lire aussi :

30-06-2026 – Bvmac : Acep Cameroun engage un nouveau remboursement de plus d’un milliard de FCFA sur son emprunt 2024-2027

23-09-2025 – Finance : Acep Cameroun, la microfinance des très petites entreprises, augmente son bénéfice de près de 41% en 2024

17-01-2025 – ACEP Cameroun : la microfinance des très petites entreprises annoncée en bourse en 2025 pour lever 15 milliards de FCFA

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Cameroun-Comores : pourquoi la Fecafoot n’était-elle pas à la table du Minsep ?

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À l’approche des deux premières journées des éliminatoires de la CAN 2027, le malaise institutionnel autour des Lions Indomptables refait surface. Réunie ce vendredi 18 […]

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