Actualités locales
la crise du « vivre ensemble » ou l’effondrement progressif du contrat national ?

Dans le texte qui va suivre, Charles Armel Mbatchou questionne la notion de vivre ensemble dans notre pays.
Lire ici sa sortie :
Le Cameroun aime se définir comme une « Afrique en miniature ». Une formule longtemps utilisée pour célébrer :
* la diversité ethnique ;
* la coexistence linguistique ;
* la pluralité culturelle ;
* la coexistence religieuse ;
* et une relative stabilité dans une région souvent secouée par les conflits.
Pendant des décennies, le pays a cultivé le récit d’un État capable de maintenir l’unité entre plus de 250 groupes ethniques, plusieurs aires culturelles et deux héritages coloniaux distincts.
Mais depuis plusieurs années, quelque chose se fracture profondément.
Le débat public se durcit.
Les appartenances communautaires prennent le dessus sur le sentiment national.
Les réseaux sociaux sont devenus des espaces de stigmatisation permanente.
La méfiance entre citoyens augmente.
La compétition politique se transforme progressivement en affrontement identitaire.
Le problème n’est plus marginal. Il devient structurel.
La vraie question aujourd’hui est simple :
Qu’est-ce qui arrive au Cameroun ?
Et surtout :
le pays traverse-t-il une crise du vivre ensemble ou une crise beaucoup plus profonde liée au partage du pouvoir, des ressources et des privilèges ?
Le Cameroun n’a jamais été totalement exempt de fractures
Contrairement au récit officiel, le Cameroun n’a jamais été un espace totalement homogène.
Depuis l’indépendance, plusieurs lignes de tensions ont coexisté :
* rivalités régionales ;
* frustrations économiques ;
* déséquilibres administratifs ;
* perception d’inégalités dans l’accès aux postes ;
* sentiment de marginalisation de certaines communautés ;
* conflit entre centralisation politique et diversité territoriale.
Pendant longtemps, ces tensions restaient relativement contenues :
* par l’autorité forte de l’État ;
* par le contrôle du débat public ;
* par la faiblesse des espaces d’expression ;
* et par une culture politique dominée par la retenue publique.
L’arrivée des réseaux sociaux a changé la nature du problème.
Les frustrations autrefois silencieuses sont désormais permanentes, visibles et amplifiées.
Chronologie d’une détérioration progressive du climat national
1961 : la réunification et les premières ambiguïtés
La réunification entre le Cameroun francophone et le Southern Cameroons britannique devait symboliser l’unité nationale.
Mais dès le départ, plusieurs ambiguïtés apparaissent :
* déséquilibre institutionnel ;
* domination du modèle central francophone ;
* marginalisation progressive du fédéralisme ;
* frustrations dans les régions anglophones.
Le malaise anglophone devient progressivement l’une des principales fractures nationales.
1972 : la centralisation du pouvoir
Le passage de l’État fédéral à l’État unitaire renforce fortement le pouvoir central.
L’objectif officiel :
* renforcer l’unité nationale.
Mais les conséquences sont lourdes :
* affaiblissement des autonomies régionales ;
* concentration administrative à Yaoundé ;
* perception d’une confiscation du pouvoir territorial.
Cette centralisation crée progressivement des frustrations silencieuses dans plusieurs régions.
Années 1990 : ouverture démocratique et réveil identitaire
Avec le multipartisme émergent plusieurs phénomènes :
* régionalisation du vote ;
* ethnicisation du débat politique ;
* instrumentalisation des appartenances communautaires ;
* montée des discours de méfiance.
Les partis politiques commencent à être associés à des zones géographiques ou à des groupes communautaires spécifiques.
Le débat politique cesse progressivement d’être uniquement idéologique.
Il devient identitaire.
2000–2015 : frustrations économiques et compétition communautaire
La crise économique aggrave les tensions :
* chômage massif ;
* précarité ;
* faibles perspectives sociales ;
* accès limité aux ressources publiques.
Dans ce contexte, les nominations administratives deviennent des enjeux explosifs.
Chaque nomination est interprétée comme :
* une récompense communautaire ;
* un déséquilibre régional ;
* ou une exclusion.
Le sentiment national recule devant les logiques de survie collective.
C’est ici qu’émerge une phrase devenue récurrente dans l’opinion :
« Le problème au Cameroun n’est pas le vivre ensemble, mais le manger ensemble. »
Cette formule résume une perception de plus en plus répandue :
les tensions naissent moins de la diversité culturelle que de la répartition des ressources, du pouvoir et des opportunités.
2016–2017 : la crise anglophone et la rupture psychologique
La crise anglophone marque un tournant historique.
Ce qui commence comme une revendication corporatiste d’enseignants et d’avocats devient :
* une crise sécuritaire ;
* une guerre asymétrique ;
* une fracture nationale profonde.
Le conflit détruit une partie du récit national camerounais.
Il installe :
* la méfiance ;
* les accusations mutuelles ;
* les discours de haine ;
* les stigmatisations communautaires.
Pour la première fois depuis longtemps, l’idée même d’appartenance nationale commune commence à être publiquement contestée par certains acteurs.
2018–2025 : explosion des discours de haine numériques
Les réseaux sociaux deviennent le principal accélérateur de fragmentation nationale.
On observe :
* insultes communautaires permanentes ;
* campagnes de stigmatisation ;
* essentialisation ethnique ;
* accusations collectives ;
* appels implicites à l’exclusion ;
* diffusion massive de rumeurs identitaires.
Le plus inquiétant n’est pas seulement l’existence de ces discours.
Le plus inquiétant est leur banalisation progressive.
Une unité nationale proclamée mais fragilisée dans les faits
Le Cameroun continue officiellement de célébrer :
* la fête de l’unité ;
* la cohésion nationale ;
* le vivre ensemble.
Mais une contradiction devient visible :
comment parler d’unité nationale tout en laissant prospérer :
* les appels à la haine ;
* les discours de rejet ;
* les campagnes de stigmatisation communautaire ;
* les violences verbales ciblées ?
Le problème n’est pas seulement moral.
Il devient institutionnel.
Car lorsqu’un État ne sanctionne pas clairement certaines dérives, une partie de la population finit par croire que :
* certains groupes sont tolérés comme cibles ;
* certaines haines sont politiquement acceptables ;
* certaines communautés peuvent être publiquement humiliées sans conséquence.
C’est extrêmement dangereux pour un pays aussi divers que le Cameroun.
Le vrai problème : la compétition pour l’accès à l’État
Réduire la crise actuelle à une simple haine ethnique serait une erreur d’analyse.
La racine du problème est aussi économique et politique.
Au Cameroun, l’État reste :
* le principal employeur ;
* le principal distributeur de ressources ;
* le principal centre de pouvoir ;
* le principal canal d’ascension sociale.
Dans ce système, accéder à l’État devient vital.
Et lorsque les ressources sont rares :
* les solidarités communautaires se renforcent ;
* les frustrations explosent ;
* les groupes se replient sur eux-mêmes ;
* les accusations de favoritisme se multiplient.
Le conflit devient alors moins culturel que distributif.
Autrement dit :
la crise du vivre ensemble est aussi une crise du partage national.
Les élites portent une lourde responsabilité
Une partie de la classe politique entretient indirectement cette fragmentation :
* discours ambigus ;
* instrumentalisation des identités ;
* clientélisme régional ;
* logique de quotas informels ;
* mobilisation communautaire électorale.
Certains acteurs utilisent les frustrations identitaires comme capital politique.
Le danger est que ces stratégies finissent souvent par échapper à leurs initiateurs.
L’histoire africaine montre qu’aucun pays n’est définitivement immunisé contre l’effondrement du lien national.
Le rôle destructeur des réseaux sociaux
Les réseaux sociaux aggravent le phénomène pour plusieurs raisons :
* viralité émotionnelle ;
* anonymat ;
* radicalisation algorithmique ;
* circulation massive de fausses informations ;
* amplification des discours extrêmes.
Les contenus modérés circulent peu.
Les contenus violents dominent.
Résultat :
une minorité extrêmement agressive finit par imposer le ton général du débat public.
Ce que le Cameroun risque réellement
Le danger principal n’est pas forcément une guerre civile généralisée.
Le risque le plus immédiat est plus insidieux :
* destruction progressive de la confiance nationale ;
* fragmentation psychologique ;
* ethnicisation durable de la politique ;
* paralysie institutionnelle ;
* affaiblissement du sentiment d’appartenance commune.
Lorsqu’un citoyen commence à voir l’autre d’abord comme membre d’une communauté ennemie plutôt que comme compatriote, le contrat national commence à se fissurer.
Le Cameroun est-il condamné ?
Non.
Mais le pays ne pourra pas préserver son unité uniquement avec des slogans.
L’unité nationale ne se décrète pas.
Elle se construit :
* par la justice ;
* par l’équité ;
* par la neutralité de l’État ;
* par la sanction des discours haineux ;
* par une meilleure redistribution des opportunités ;
* par des institutions crédibles ;
* par un traitement égal des citoyens.
Le vivre ensemble ne peut survivre durablement lorsque les citoyens ont le sentiment :
* que certains comptent plus que d’autres ;
* que certaines communautés sont protégées ;
* que d’autres sont constamment suspectées ou attaquées.
La véritable urgence camerounaise
Le Cameroun ne manque pas de diversité.
Il manque de confiance collective.
Et lorsque la confiance disparaît :
* chaque nomination devient ethnique ;
* chaque débat devient communautaire ;
* chaque crise devient identitaire ;
* chaque élection devient potentiellement explosive.
Le danger n’est donc pas seulement ce qui est dit aujourd’hui. Le danger est l’habitude que le pays prend progressivement à entendre l’inacceptable sans réagir. Et c’est souvent ainsi que les fractures nationales deviennent irréversibles.
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Objectif Mali, les Lionnes Indomptables entrent dans le vif du sujet
Les Lionnes Indomptables ont franchi une étape importante dans leur préparation pour la Coupe d’Afrique des Nations Féminine Maroc 2026. Ce samedi, la sélection camerounaise a mis un terme à son stage d’acclimatation à Casablanca, ponctué par plusieurs jours d’entraînements intensifs destinés à peaufiner les derniers réglages avant le début de la compétition.
Dès ce dimanche, les joueuses camerounaises rejoindront l’hôtel officiel de la CAN Féminine, où elles poursuivront leur préparation dans un environnement entièrement dédié au tournoi. Une nouvelle phase qui permettra au groupe d’affiner sa cohésion et de se concentrer sur son premier objectif : réussir son entrée en lice.
Le coup d’envoi de la 16ᵉ édition de la Coupe d’Afrique des Nations Féminine est donné ce dimanche au Royaume du Maroc, lançant ainsi plusieurs semaines de compétition entre les meilleures sélections du continent.
Pour les Lionnes Indomptables, le rendez-vous est fixé au 29 juillet, date à laquelle elles affronteront le Mali pour leur premier match. Une rencontre déjà capitale qui pourrait donner le ton de leur campagne et renforcer leurs ambitions dans cette édition de la CAN.
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Révolution pour les footballeurs camerounais

Le Syndicat National des Footballeurs Camerounais (SYNAFOC) a annoncé, ce jeudi, un tournant majeur pour la protection des joueurs au Cameroun à la faveur de l’accord historique conclu entre la FIFA et la FIFPRO. Lors d’une conférence de presse, l’organisation a détaillé les principales avancées de ce texte, présenté comme une étape décisive dans la reconnaissance des droits des footballeurs professionnels.
Au cœur de cet accord figure une réaffirmation du statut des joueurs en tant que partenaires sociaux, mettant définitivement fin à une vision qui les réduirait à de simples « marchandises ». Le nouveau cadre prévoit notamment un repos obligatoire de 72 heures entre deux rencontres, une mesure destinée à préserver la santé des athlètes et à limiter les risques de blessures.
Le texte impose également aux clubs une prise en charge médicale légalement encadrée des blessures contractées par les joueurs dans l’exercice de leur activité. À cela s’ajoutent des garanties renforcées concernant la mobilité des joueurs sur le marché des transferts, dans le but de mieux protéger leurs droits tout au long de leur carrière.
Déterminé à voir ces nouvelles dispositions appliquées sans délai, le SYNAFOC est déjà passé à l’action. Le syndicat révèle avoir adressé, le 18 juillet, une correspondance à la Fédération Camerounaise de Football (FECAFOOT) afin de demander une révision du calendrier du Tournoi Inter-poules 2026. En cause, un délai de récupération limité à 48 heures entre certaines rencontres, jugé incompatible avec les nouvelles exigences internationales.
À travers cette démarche, le SYNAFOC entend faire du respect des normes FIFA-FIFPRO une priorité dans l’organisation des compétitions nationales. Le syndicat affirme qu’il poursuivra son plaidoyer afin que ces standards soient pleinement intégrés dans le droit du football camerounais, ouvrant ainsi la voie à une meilleure protection des joueurs et à une gouvernance plus conforme aux pratiques internationales.
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Offre de 100 M€ pour Yan Diomande

Le feuilleton de l’été bat son plein. À seulement 19 ans, l’attaquant ivoirien Yan Diomande serait sur le point de quitter le RB Leipzig, et le Real Madrid a déjà sorti l’artillerie lourde. Selon l’insider Fabrizio Romano, la Maison Blanche a soumis une offre de 100 millions d’euros — jugée insuffisante par le club allemand.
L’avenir de Yan Diomande s’écrit peut-être en blanc. L’attaquant ivoirien, auteur d’une saison fracassante sous le maillot du RB Leipzig, voit son nom circuler avec insistance dans les coulisses du mercato estival. À en croire les indiscrétions du spécialiste des transferts Fabrizio Romano, le Real Madrid a transmis une première offre officielle pour s’attacher les services du joueur de 19 ans. Un chèque à 100 millions d’euros, réparti en 90 millions d’euros de part fixe et 10 millions d’euros de bonus.
Une somme rondelette, certes, mais pas suffisante pour faire céder les dirigeants saxons. Selon nos informations, Leipzig a immédiatement opposé une fin de non-recevoir à cette proposition, estimant la valeur de son joyau bien supérieure à ce montant.
Un prodige courtisé par l’Europe entière
Né en 2007 à Abidjan, Yan Diomande a débarqué en Bundesliga il y a deux ans, et n’a cessé de grimper les échelons à une vitesse fulgurante. Puissant, technique, doté d’une finition clinique, le jeune Ivoirien incarne le nouvel archétype de l’attaquant moderne. Ses performances en championnat comme en Ligue des champions ont attiré les regards des plus grands clubs du continent.
Le Real Madrid n’est d’ailleurs pas le seul sur les rangs. Plusieurs grosses écuries européennes surveillent de près l’évolution du dossier, prêtes à entrer dans la danse si les négociations entre le club madrilène et Leipzig venaient à s’enliser.
Leipzig joue la montre
En refusant cette première offre, le RB Leipzig envoie un signal clair : il n’entend pas brader son attaquant. Avec un contrat qui court encore sur plusieurs années, le club allemand est en position de force et pourrait bien faire monter les enchères.
Les discussions avec le Real Madrid se poursuivent, mais les Madrilènes savent désormais qu’il faudra remettre la main au portefeuille pour espérer rafler la mise. Une chose est sûre : à 19 ans, Yan Diomande s’apprête à vivre l’un des étés les plus décisifs de sa jeune carrière. Et le mercato, lui, ne fait que commencer.
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