Actualités locales
Le maïs de la discorde gouvernementale et politique

Dans une lettre datée du 8 mai 2026 et marquée « Très urgent », le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a demandé à son homologue de l’Agriculture, Gabriel Mbairobe, de bloquer toute nouvelle autorisation d’importer du maïs. La mesure fait suite à une réunion interministérielle présidée le 7 mai 2026 par le Premier ministre à son cabinet. Le ministre demande non seulement que de nouvelles autorisations ne soient pas délivrées, mais également que les effets des licences déjà accordées soient suspendus, pour empêcher que leurs détenteurs les utilisent.
Lire l’analyse de Louis Marie Kakdeu :
Les chiffres exacts : importations vs productions locales
Officiellement, selon les chiffres de l’INS, les importations du maïs ont fortement augmenté ces dernières années : 81 233 tonnes pour plus de 11 milliards FCFA en 2024, avant un léger recul à 72 586 tonnes pour 10,2 milliards FCFA en 2025. Auparavant, le Cameroun avait importé plus de 39 000 tonnes en 2023 pour une facture de 7,9 milliards FCFA, contre seulement 12 000 tonnes en 2022 pour 3,3 milliards FCFA.
Qu’en est-il de la production nationale ? D’après l’évaluation à mi-parcours de la SND30, la production nationale reste bloquée autour de 2,3 millions de tonnes, alors que l’État visait 4 millions dès 2025. On observe que l’écart structurel entre offre et demande est important. Malgré une production annuelle moyenne de 2,2 millions de tonnes entre 2017 et 2021, l’offre reste inférieure à une demande évaluée à plus de 2,8 millions de tonnes dès 2019. La production nationale progresse de 2,2 % chaque année, alors que la population augmente de 2,8 %, ce qui accentue le déficit.
Il faut noter l’existence du paradoxe des exportations informelles : Environ 50 000 tonnes de maïs quittent chaque année le territoire camerounais vers les pays voisins en dehors des circuits officiels, révélant une désorganisation du marché intérieur. À cela s’ajoutent des pertes post-récoltes estimées à 11 % de la production nationale. Ce travail de désorganisation du marché intérieur est une responsabilité non assumée par le ministère du commerce à ce jour.
Cette correspondance n’est pas un simple acte technique. Elle révèle plusieurs tensions politiques profondes :
- a) Un aveu d’échec de coordination interministérielle. Le représentant du Minader a lui-même reconnu que des permis d’importation avaient été délivrés faute pour l’administration de disposer des informations statistiques sur la production locale. Autrement dit, le ministère de l’Agriculture délivrait des autorisations d’importer sans savoir ce que les producteurs locaux avaient récolté. C’est une défaillance institutionnelle majeure. C’est l’absence au Cameroun, comme je le remarque souvent, d’une bourse agricole qui a fait ses preuves dans le secteur du cacao (connexion en temps réel de l’offre et de la demande) et qui relève bel et bien des responsabilités du ministère du commerce.
- b) Un signal politique adressé au monde rural. Avec plus de six millions d’acteurs dans la filière maïs et des producteurs qui bradaient leur récolte à perte, le gouvernement ne pouvait plus rester silencieux. La lettre est aussi une réponse à une pression sociale montante des agriculteurs qui expriment leur désillusion. Jusqu’ici, on avait dit aux jeunes que la terre ne mentait pas mais, ceux qui se sont lancés ont été désillusionnés par l’absence du marché. Une chose est de produire et une autre est de vendre. L’approche orientée marché en marketing commande aujourd’hui que l’on vende même avant de produire. Malheureusement, le volet commercial de la politique de l’import-substitution au Cameroun ne fonctionne pas.
- c) La tension entre deux intérêts antagonistes. D’un côté, les producteurs ruraux qui veulent vendre leur maïs. De l’autre, les industriels (éleveurs, brasseurs, minoteries) qui préfèrent le maïs importé, car la tonne importée s’échangeait en mai 2026 entre 131 000 et 155 000 FCFA, contre 140 000 à 255 000 FCFA pour le produit local selon la localité et la qualité. Le maïs local est donc souvent plus cher ET moins homogène en qualité, ce qui explique la préférence industrielle pour l’importé. Encore une fois, ce problème est commercial et relève de la non-structuration des producteurs à la base. Les producteurs locaux ne sont pas organisés en réseau et formés aux exigences du monde industriel, et donc, au respect des cahiers de charge et des itinéraires techniques de production, de transport et de livraison.
- d) Un enjeu de souveraineté alimentaire et de la SND30. Le Conseil de cabinet a dû demander aux ministres de prendre des décisions qui s’inscrivent en cohérence avec la politique d’import-substitution portée par le gouvernement et les ambitions de la SND30, et qui visent à protéger la production nationale et construire une souveraineté alimentaire. Mais, cela ne peut pas se faire lorsqu’il y a un gros problème de coordination de l’action gouvernementale. En 2026, 13 départements ministériels traitent de la production agricole de manière cloisonnée. Cela ne peut pas marcher. Je relève souvent que même le MINPOSTEL à travers CAMAGRO a son programme agricole : c’est le signe de la cacophonie gouvernementale.
À qui profitent l’importation ?
La question est politiquement sensible. On peut identifier plusieurs bénéficiaires :
- Les importateurs privés : quelques grandes sociétés qui ont accès aux licences d’importation et tirent profit du différentiel de prix. La réunion de concertation du 13 mai 2026 a réuni autour de la table les présidents et directeurs généraux des sociétés importatrices de maïs. On les appelle les Bayam sellams internationaux qui sont tous membres du GECAM. Et voilà mon problème avec le patronat camerounais dans sa forme actuelle où l’on a plus d’importateurs que de créateurs locaux de richesse.
- Les industriels agroalimentaires (provendiers, brasseurs, minoteries) qui réduisent leurs coûts de production grâce au maïs importé moins cher.
- Les réseaux de rente administrative autour de la délivrance des licences d’importation (un soupçon que la lettre elle-même alimente en exigeant la suspension des licences déjà accordées qui est un délit commercial). Dans tous les ministères où l’on délivre les avis techniques (licences d’importation), l’on privilégie la logique des commissions et des rétro-commissions à la logique de la production nationale.
- L’Argentine, qui demeure le principal fournisseur de maïs importé au Cameroun. Contrairement à ce que peut penser l’imaginaire populaire, cela ne profite pas en premier à l’Occident ou à la Chine.
Qu’est-ce que je propose ?
Avec un rendement moyen de 1,8 tonne par hectare en 2023, le Cameroun reste très loin des standards mondiaux de 5,9 tonnes par hectare et des performances africaines comme l’Afrique du Sud qui atteint 6,4 tonnes par hectare. La première chose à faire est de vulgariser les résultats de recherche scientifique pourtant disponible au Cameroun. L’IRAD est prêt. Il faut juste la volonté politique.
A court terme, il faut généraliser la pratique des bourses agricoles au niveau des bassins de production pour connecter l’offre et la demande, et n’autoriser que l’importation des quantités déficitaires. Une décision de suspension pure et simple est arbitraire et contre-productive. Tout doit être mesuré ou calculé pour éviter de déstabiliser le tissu industriel local et d’augmenter le risque d’accélération de l’insécurité alimentaire des populations déjà affamées.
A moyen terme, il faut investir massivement dans la réduction des pertes post-récoltes (11% de la production perdue chaque année et jusqu’à 43% sur d’autres spéculations), dans les infrastructures de stockage et la logistique vers les marchés urbains.
A long terme : Construire un système d’information agricole fiable en temps réel pour que l’État sache, avant de délivrer des permis d’importation, ce que les paysans ont récolté et stocké, ce qui aurait évité la crise actuelle.
En résumé, la crise ministérielle actuelle révèle la situation d’un État qui ne dispose pas des données suffisantes pour piloter ses politiques publiques. La vraie question n’est pas « importer ou ne pas importer », mais « comment rendre la production locale compétitive, abondante et bien commercialisée ».
Louis-Marie KAKDEU, MPA, PhD & HDR
Deuxième Vice-Président National SDF
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Révolution pour les footballeurs camerounais

Le Syndicat National des Footballeurs Camerounais (SYNAFOC) a annoncé, ce jeudi, un tournant majeur pour la protection des joueurs au Cameroun à la faveur de l’accord historique conclu entre la FIFA et la FIFPRO. Lors d’une conférence de presse, l’organisation a détaillé les principales avancées de ce texte, présenté comme une étape décisive dans la reconnaissance des droits des footballeurs professionnels.
Au cœur de cet accord figure une réaffirmation du statut des joueurs en tant que partenaires sociaux, mettant définitivement fin à une vision qui les réduirait à de simples « marchandises ». Le nouveau cadre prévoit notamment un repos obligatoire de 72 heures entre deux rencontres, une mesure destinée à préserver la santé des athlètes et à limiter les risques de blessures.
Le texte impose également aux clubs une prise en charge médicale légalement encadrée des blessures contractées par les joueurs dans l’exercice de leur activité. À cela s’ajoutent des garanties renforcées concernant la mobilité des joueurs sur le marché des transferts, dans le but de mieux protéger leurs droits tout au long de leur carrière.
Déterminé à voir ces nouvelles dispositions appliquées sans délai, le SYNAFOC est déjà passé à l’action. Le syndicat révèle avoir adressé, le 18 juillet, une correspondance à la Fédération Camerounaise de Football (FECAFOOT) afin de demander une révision du calendrier du Tournoi Inter-poules 2026. En cause, un délai de récupération limité à 48 heures entre certaines rencontres, jugé incompatible avec les nouvelles exigences internationales.
À travers cette démarche, le SYNAFOC entend faire du respect des normes FIFA-FIFPRO une priorité dans l’organisation des compétitions nationales. Le syndicat affirme qu’il poursuivra son plaidoyer afin que ces standards soient pleinement intégrés dans le droit du football camerounais, ouvrant ainsi la voie à une meilleure protection des joueurs et à une gouvernance plus conforme aux pratiques internationales.
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Offre de 100 M€ pour Yan Diomande

Le feuilleton de l’été bat son plein. À seulement 19 ans, l’attaquant ivoirien Yan Diomande serait sur le point de quitter le RB Leipzig, et le Real Madrid a déjà sorti l’artillerie lourde. Selon l’insider Fabrizio Romano, la Maison Blanche a soumis une offre de 100 millions d’euros — jugée insuffisante par le club allemand.
L’avenir de Yan Diomande s’écrit peut-être en blanc. L’attaquant ivoirien, auteur d’une saison fracassante sous le maillot du RB Leipzig, voit son nom circuler avec insistance dans les coulisses du mercato estival. À en croire les indiscrétions du spécialiste des transferts Fabrizio Romano, le Real Madrid a transmis une première offre officielle pour s’attacher les services du joueur de 19 ans. Un chèque à 100 millions d’euros, réparti en 90 millions d’euros de part fixe et 10 millions d’euros de bonus.
Une somme rondelette, certes, mais pas suffisante pour faire céder les dirigeants saxons. Selon nos informations, Leipzig a immédiatement opposé une fin de non-recevoir à cette proposition, estimant la valeur de son joyau bien supérieure à ce montant.
Un prodige courtisé par l’Europe entière
Né en 2007 à Abidjan, Yan Diomande a débarqué en Bundesliga il y a deux ans, et n’a cessé de grimper les échelons à une vitesse fulgurante. Puissant, technique, doté d’une finition clinique, le jeune Ivoirien incarne le nouvel archétype de l’attaquant moderne. Ses performances en championnat comme en Ligue des champions ont attiré les regards des plus grands clubs du continent.
Le Real Madrid n’est d’ailleurs pas le seul sur les rangs. Plusieurs grosses écuries européennes surveillent de près l’évolution du dossier, prêtes à entrer dans la danse si les négociations entre le club madrilène et Leipzig venaient à s’enliser.
Leipzig joue la montre
En refusant cette première offre, le RB Leipzig envoie un signal clair : il n’entend pas brader son attaquant. Avec un contrat qui court encore sur plusieurs années, le club allemand est en position de force et pourrait bien faire monter les enchères.
Les discussions avec le Real Madrid se poursuivent, mais les Madrilènes savent désormais qu’il faudra remettre la main au portefeuille pour espérer rafler la mise. Une chose est sûre : à 19 ans, Yan Diomande s’apprête à vivre l’un des étés les plus décisifs de sa jeune carrière. Et le mercato, lui, ne fait que commencer.
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Star de la CAN féminine 2026

À l’approche de la Coupe d’Afrique des Nations féminine 2026, tous les regards se tournent vers les grandes favorites du tournoi, mais aussi vers les talents capables de faire basculer une rencontre. Parmi elles, un nom revient avec insistance : Naomi Eto.
Considérée comme l’un des plus grands espoirs du football féminin camerounais, la jeune attaquante s’apprête à vivre une compétition où les attentes seront immenses. Grâce à sa vitesse, sa qualité technique et son sens du but, Naomi Eto est appelée à devenir l’une des principales armes offensives des Lionnes Indomptables.
À seulement quelques jours du coup d’envoi, les observateurs s’accordent à dire que la Camerounaise pourrait être l’une des révélations de cette édition. Son profil dynamique et sa capacité à créer le danger dans les derniers mètres en font une joueuse particulièrement redoutée par les défenses adverses.
Pour le Cameroun, qui nourrit de grandes ambitions dans cette CAN féminine 2026, les performances de Naomi Eto pourraient être déterminantes. Si elle parvient à confirmer tout son potentiel sur la scène continentale, la jeune pépite pourrait non seulement guider les Lionnes Indomptables vers un parcours ambitieux, mais aussi franchir un nouveau cap dans sa carrière.
Une chose est certaine : Naomi Eto sera l’une des joueuses les plus attendues et les plus scrutées de cette CAN féminine 2026, avec l’espoir de marquer la compétition de son empreinte.
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