Il y a des joueurs qui passent. Et d’autres qui laissent une empreinte. Yan Eteki appartient clairement à la deuxième catégorie — du moins en Arménie, où il vient d’inscrire un quatrième titre à son palmarès avec le FC Noah.
Coupe d’Arménie : Noah domine Urartu 4-2, Eteki au sommet
Le FC Noah a remporté la Coupe d’Arménie en dominant Urartu sur le score de 4-2. Un succès net, sans discussion. Pour Yan Eteki, milieu de terrain camerounais installé dans le championnat arménien, ce trophée prend une saveur particulière : c’est le quatrième depuis son arrivée dans le pays.
Quatre titres. Ça mérite qu’on s’arrête une seconde. Parce que derrière ce chiffre, il y a un footballeur dont le parcours n’a rien d’un long fleuve tranquille — plutôt une série de rebonds entre l’Espagne, le Portugal et finalement l’Arménie.
De Yaoundé à Séville : les débuts discrets d’un milieu solide
Yan Eteki est né à Yaoundé. En décembre 2012, encore jeune espoir, il rejoint les équipes de jeunes du Séville FC en provenance du CD Leganés. Un transfert vers l’une des meilleures académies d’Espagne , pas rien pour un Camerounais de sa génération.
Son premier match avec les réserves du club andalou remonte au 22 février 2015 : une entrée en jeu tardive lors d’une victoire 2-0 en Segunda División B face au FC Carthagène. Le genre de début qu’on n’oublie pas, même si personne ne vous voit encore vraiment.
En décembre 2015, le club prolonge son contrat jusqu’en 2018. Signe de confiance. Le 21 août de l’année suivante, il fait ses grands débuts professionnels, titulaire d’entrée dans un match qui se termine 3-3 en Segunda División contre Gérone , une entrée dans le monde pro sur un match nul agité, comme souvent.
L’ascension espagnole : Almería, Granada, les hauts et les bas
La suite, c’est une histoire faite de prolongations de contrat et de rebondissements. Le 20 janvier 2017, son bail est étendu jusqu’en 2019. Et le 16 avril de la même année, il inscrit son premier but professionnel lors d’une large victoire 6-2 contre le Real Valladolid. Un baptême du feu en grande pompe.
Mais le football ne suit jamais un script linéaire. En août 2018, après la relégation de Séville en deuxième division, Eteki signe pour deux ans à l’UD Almería, un autre club de Segunda. Il s’y impose comme titulaire régulier, avec 31 apparitions dans la saison. Pas spectaculaire. Efficace.
Le 17 juillet 2019, Séville le récupère en activant sa clause de rachat fixée à 500 000 euros. Le lendemain, oui, le lendemain, il s’engage pour trois ans avec le Granada CF, fraîchement promu en Liga. Ce genre de mouvement éclair ne s’improvise pas. Ça se prépare en coulisses.
Portugal, retour en Espagne, puis l’Arménie comme terre d’accomplissement
Après la relégation de Granada, le Camerounais rebondit au Portugal. Le 19 juillet 2022, il rejoint le Casa Pia AC, promu en Primeira Liga. Une nouvelle aventure, une nouvelle langue, un nouveau championnat. En janvier suivant, il repart en prêt en Espagne, du côté du FC Carthagène — là même où il avait débuté avec les réserves sévillanes des années plus tôt. Un clin d’œil du destin, ou presque.
En août 2023, il signe à l’AD Alcorcón, lui aussi fraîchement promu en deuxième division espagnole.
Et puis vient l’Arménie. Avec le FC Noah, Eteki trouve ce que beaucoup de footballeurs cherchent longtemps sans jamais le trouver vraiment : un projet collectif solide, une régularité, et des trophées. Sa première sélection en équipe nationale remonte au 9 octobre 2020, lors d’un match amical nul 0-0 contre le Japon. Depuis, le milieu camerounais a continué de construire, loin des projecteurs, à sa manière, méthodique et discrète.
Quatre titres en Arménie. Le cinquième ne semble pas hors de portée.
