Didier Deschamps a rendu sa copie ce jeudi 14 mai. Et dans la liste des Bleus pour la Coupe du monde 2026, trois noms résonnent différemment pour tout un pays : le Cameroun. Pas de hasard, du sang, des racines, une histoire familiale qui traverse l’Atlantique jusqu’aux terrains américains.
William Saliba, le roc aux origines camerounaises qui protège Arsenal
À 25 ans, William Saliba n’a plus rien à prouver à personne ou presque. Le défenseur central est devenu, saison après saison, l’un des meilleurs de sa génération en Premier League. Pas le plus spectaculaire. Le plus fiable.
Sous les ordres de Mikel Arteta, il est la colonne vertébrale d’une défense qu’Arsenal a érigée en forteresse pour aller chercher la finale de Ligue des champions. 31 sélections au compteur, une première Coupe du monde en 2022 dans les valises, et une charnière centrale qui s’annonce redoutable avec Upamecano pour cet été en Amérique du Nord.
Ce que peu de gens savent, ou oublient, c’est que Saliba est né à Bondy, en Seine-Saint-Denis, d’une mère camerounaise et d’un père franco-libanais. Un carrefour du monde dans un quartier de banlieue. L’ancien Marseillais porte donc, malgré lui, deux maillots en une seule carrière.
Aurélien Tchouaméni, patron au milieu malgré une fin de saison agitée
Rouen, famille camerounaise, père pharmacien devenu dirigeant dans l’industrie, mère conseillère principale d’éducation dans la région lyonnaise. Aurélien Djani Tchouaméni n’est pas né dans une ville de foot, il s’est construit dans le foot.
À 26 ans et 44 sélections, il est aujourd’hui ce que les Bleus cherchaient depuis des années : un milieu défensif qui ne se perd pas, qui ne court pas dans tous les sens, qui tient. Quand ses concurrents au poste peinent à enchaîner les matchs de niveau, lui impose une régularité de métronome.
Pourtant, la fin de saison au Real Madrid n’a rien eu de paisible. Une altercation avec son coéquipier Federico Valverde a fait du bruit dans les médias espagnols. Tchouaméni sait encaisser. En équipe de France, il retrouve un environnement où il n’est plus un simple rouage — il est le patron de l’entrejeu.
Kylian Mbappé, 12 buts en Coupe du monde et des racines à Douala
Soyons directs : Kylian Mbappé est l’héritier camerounais le moins discret de la planète football. Son père, Wilfrid Mbappé Lottin, est né à Douala au Cameroun, de parents douala. Il a été footballeur de niveau régional avant de devenir entraîneur des moins de 15 ans à l’Association sportive de Bondy. Sa mère, Fayza Lamari, est née à Bondy de parents algériens kabyles originaires d’Amizour, dans la wilaya de Béjaïa, elle a été handballeuse en division 1 dans ce même club jusqu’en 2001.
Kylian, lui, c’est Bondy. Banlieue nord-est de Paris. 27 ans. 96 sélections. Trois Coupes du monde.
Quarante et un buts toutes compétitions confondues cette saison malgré des pépins physiques, une saison collective blanche du côté du Real Madrid, et des critiques qui ne désarment pas dans la presse. Ça fait beaucoup pour un seul homme. Pourtant, à chaque Mondial, Mbappé passe dans une autre dimension. Titré en 2018 dès sa première participation. Finaliste en 2022, à deux pas d’un doublé historique. Déjà 12 buts dans la compétition reine à 27 ans.
Ce qui frappe surtout, c’est cette capacité à transformer la pression en carburant. Quoiqu’il arrive en club, la Coupe du monde le remet systématiquement dans la lumière. À Bondy, le père entraîne encore les jeunes. À Madrid, et bientôt en Amérique du Nord, le fils porte l’espoir de plusieurs continents à la fois.
