Le Cameroun a raté ses débuts à la CAN U17 au Maroc. Opposés à une séduisante équipe ivoirienne, les Lionceaux se sont inclinés 2-0 après une seconde période compliquée. Un revers qui met déjà la pression sur les hommes d’Alioum Saidou.
Méta-description : Battu 2-0 par la Côte d’Ivoire lors de son entrée en lice à la CAN U17, le Cameroun devra vite réagir pour espérer la qualification.
Une première période encourageante… puis le trou d’air
Le scénario avait pourtant commencé avec de bonnes intentions côté camerounais. Dès les premières minutes, les Lions U17 ont affiché un visage entreprenant, presque décomplexé. On sentait cette envie d’étouffer rapidement les Éléphanteaux. Une attitude intéressante, surtout pour une équipe qui disputait un match déjà chargé émotionnellement.
Arnold Massekon a d’ailleurs donné quelques sueurs froides à la défense ivoirienne. À la 17e minute, l’attaquant camerounais s’est créé la première grosse occasion de la rencontre. Sa frappe croisée a frôlé le poteau droit d’Adama Diabaté. Pendant quelques secondes, le banc camerounais y a cru.
Mais c’est justement là que le match a commencé à basculer.
À vouloir jouer trop direct, trop vite parfois, le Cameroun s’est progressivement désorganisé. Les transmissions devenaient imprécises. Les lignes s’étiraient. Et face à une Côte d’Ivoire très propre techniquement, la moindre perte de balle coûtait cher. Ce qui frappe surtout, c’est l’écart dans la maîtrise collective. Les Ivoiriens semblaient savoir exactement quand accélérer et quand calmer le jeu.
La Côte d’Ivoire a puni chaque erreur des Lionceaux
En seconde période, les hommes de Bassiriki Diabaté sont revenus avec un tout autre visage. Plus agressifs dans les duels, plus lucides aussi. Le Cameroun, lui, reculait mètre après mètre.
À la 52e minute, le verrou a sauté.
Youssouf Diabaté résiste à la pression de Georges Mbindje sur le côté avant de délivrer une passe parfaite à Ange Nomane. L’attaquant ivoirien ne tremble pas et ouvre le score (1-0). Une action simple, rapide, presque scolaire. Mais terriblement efficace.
Le plus inquiétant pour les Lionceaux ? Leur incapacité à réagir immédiatement après ce premier coup de massue.
Six minutes plus tard seulement, Hubert Yao vient enfoncer le clou. L’attaquant ivoirien gagne son duel face à Eric Rostand Bolo avant de conclure d’un subtil lob devant Kingue. Le gardien camerounais, abandonné par sa défense sur cette action, ne peut rien faire (2-0).
À ce moment-là, on sent le Cameroun sonné. Les approximations se multiplient. Les appels sont moins tranchants. Les visages aussi changent. Soyons honnêtes, la différence physique est devenue flagrante après l’heure de jeu.
Alioum Saidou a tenté de corriger le tir
Mené de deux buts, Alioum Saidou a essayé de réorganiser son équipe. Quelques ajustements tactiques, des changements pour apporter davantage de percussion offensive… mais le mal était déjà profond.
Les Lionceaux ont certes eu quelques séquences de possession intéressantes en fin de match, sans toutefois inquiéter sérieusement le portier ivoirien. La Côte d’Ivoire contrôlait son avantage avec calme. Presque avec maturité, ce qui est assez rare à cet âge.
Contrairement à ce qu’on entend souvent dans ce type de tournoi, l’envie ne suffit pas toujours. Le Cameroun n’a pas manqué de courage. Il a surtout manqué de maîtrise et de justesse technique dans les moments importants.
Et puis il y a cette difficulté récurrente à conserver le ballon sous pression. À y regarder de plus près, c’est probablement le vrai chantier de cette sélection.
Une qualification déjà sous tension pour le Cameroun
Cette défaite complique forcément la suite du tournoi pour les Lions U17. Dans un groupe où chaque point comptera, le Cameroun devra rapidement relever la tête lors de la deuxième journée.
Le danger, dans ce genre de compétition courte, c’est l’aspect mental. Une entrée ratée peut laisser des traces. D’autant que les jeunes joueurs découvrent souvent une pression inhabituelle : stades remplis, attente du public, exposition médiatique… Tout va très vite.
Krys Karel et ses coéquipiers n’ont désormais plus vraiment le choix. Une nouvelle contre-performance réduirait sérieusement leurs chances d’atteindre le prochain tour.
Du côté ivoirien en revanche, cette victoire confirme une tendance observée depuis plusieurs années dans les catégories jeunes africaines : la formation progresse à grande vitesse. Les automatismes aperçus face au Cameroun n’étaient pas le fruit du hasard. Entre transitions rapides, rigueur défensive et qualité technique dans les petits espaces, les Éléphanteaux ont envoyé un message clair au reste du groupe.
