Connect with us

Dernières actualités

Obsèques d’Anicet Ekane : La désacralisation de l’image du martyr en marche

Published

on

Obsèques d’Anicet Ekane : La désacralisation de l’image du martyr en marche
Spread the love

Anicet George Ekane sera inhumé ce 09 mai 2026 dans son village Bomono, dans le département du Moungo. Lundi 4 mai dernier, Muna Ekane, le fils du défunt à qui la justice a confié l’organisation des obsèques, a entretenu la presse sur le sujet. Réitérant le lieu des obsèques. Dès mercredi soir, les condoléances sont reçues à la Salle des fêtes d’Akwa à Douala. Le lendemain, était prévu un hommage politique. Ce vendredi, une soirée culturelle est prévue à Bomono Gare. Demain samedi, est prévue la mise en bière à l’hôpital Laquintinie, suive d’une procession dans les rues de Douala. La boucle sera bouclée par l’inhumation à Bomono Gare.

Appel à la cohésion

A l’occasion de son échange avec la presse, le Dr Muna Ekane a exhorté les uns et les autres à dépasser les divergences pour honorer dignement la mémoire du disparu. Un message qui résonne comme une invitation à la cohésion, dans un contexte politique souvent marqué par les divisions. Un appel qui n’a pas trouvé d’écho favorable auprès de nombre de personnes physiques et morales initialement concernées par ce dernier hommage au président du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem). Le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), parti de Maurice Kamto, qui avait sollicité les services du Manidem pour s’engager dans la présidentielle 2025 (pour être recalé par Elecam et le Conseil constitutionnel, au motif que Dieudonné Yebga, ancien président du parti, s’était lui aussi déposé sa candidature pour le compte du même parti, Ndlr) avait d’ores et déjà annoncé qu’il ne participera pas à ces obsèques organisées par Muna Ekane. De son côté, Simone Marianne Ekane, la sœur cadette d’Anicet Ekane, a indiqué qu’une partie de la fratrie, ainsi que la dernière veuve de l’homme, ne seront pas de la partie. Le Manidem a lui aussi pris ses distances.

Dernières volontés

Autant qu’un bon nombre de personnes qui voient d’un mauvais œil le refus par Muna Ekane de respecter la dernière volonté de son père : celle d’être inhumé près d’Ernest Ouandié au cimetière protestant de Bafoussam dans la région de l’Ouest. Et que ses obsèques soient dirigées par le Manidem, notamment le trio « Dongmo, Jean Baptiste Ketchateng et la trésorière ».

Depuis, le débat enfle sur cette attitude des contestataires au choix de l’organisateur en chef des obsèques. Mais le chien aboie, la caravane passe. Arrêté le 24 octobre 2025 à Douala dans le cadre de la crise post-électorale, Anicet Georges Ekane et Djeukam Tchameni, ont été placés en détention dans des cellules du secrétariat d’Etat à la défense (la gendarmerie nationale) à Yaoundé. Privé de son assistant respiratoire, le président du Manidem décèdera le 1er décembre 2025 dans des circonstances troubles. Le corps d’abord confisqué par la justice, a finalement été remis à la famille qui l’a conservé à la morgue de l’hôpital Laquintinie de Douala. Puis s‘est déclenché la polémique sur le respect des dernières volontés de l’homme. L’Etat dont l’on avait déjà vu l’ombre d’un des acteurs clé à l’aéroport international de Douala à l’arrivée de la dépouille, notamment le ministre Grégoire Owona, secrétaire général adjoint du Rdpc, parti au pouvoir, a forcé une place dans l’affaire.

15 janvier 1971

Finalement la justice saisie au sujet de l’organisation des obsèques de celui qui aura été moulé dans l’esprit upéciste, depuis le 15 janvier 1971 lorsqu’élève, il a vécu en direct l’assassinat d’Ernest Ouandié à Bafoussam. L’homme en qui cet esprit combattant et libérateur a muri au gré des évolutions de l’histoire politique du Cameroun, en est devenu un des fervents chantres. Au risque de sa propre liberté. Lui qui, après avoir entretenu la flamme de l’Union des populations du Cameroun (Upc) dans la clandestinité avec beaucoup d’autres militants et partisans, est passé par la case prison. Et a finalement opté pour le Manidem dont les partisans considèrent comme la version authentique d’une Upc morcelée par des guerres intestines.

L’un des actes forts posés par Anicet Ekane au soir de sa vie, aura été d’investir Maurice Kamto dans une élection présidentielle où le président du Mrc était malmené par le pouvoir de Yaoundé. Une investiture « gratuite » selon des sources concordantes, au moment où nombre de partis détenteurs d’élus, monnayaient à coûts de dizains, voire des centaines de millions, ce « yango », pour accorder le privilège aux intéressés, d’être candidats. Et l’homme qui considérait cette élection comme l’ultime chance de renverser le régime quarantenaire de Yaoundé, au nom de l’Union pour le changement (Upc) qui avait porté avec succès la candidature de Ni John Fru Ndi en 1992, jettera son dévolu sur Issa Tchiroma une fois le dossier de Maurice Kamto rejeté. Avec la suite que l’on sait.

C’est dans cet esprit upéciste qu’Anicet Ekane n’a pas voulu restreindre ses obsèques à sa seule famille nucléaire ou biologique, mais que ses restes soient un héritage national. Mais cette dernière volonté s’est butée à une opposition interne dans sa propre famille à qui il avait concédé «un rôle secondaire» lors de ces obsèques. Nombre de ses camarades politiques et admirateurs refusent que les rôles changent, et surtout que l’homme ne soit pas inhumé près de son inspirateur politique. Muna Ekane tient le bon bout dans cette posture de défiance à la mémoire de son père.

Mémoire bafouée

Jean Baptiste Ketchateng, lui, n’a pas attendu ce moment avant de jeter l’éponge, mieux, de quitter le parti. L’homme a pris la tangente une fois que la justice a accordé à Muna Ekane la direction de cet événement, en écartant la veuve ; et que « l’heureux élu » avait opté pour un enterrement à Bomono plutôt qu’à Bafoussam. Muna Ekane n’aura à ses côtés que les partisans d’Issa Tchiroma. L’opposant en exil a appelé à une mobilisation à l’occasion de ces obsèques. Le même fils qui le 2 décembre dernier, faisait allégeance à la mémoire de son père : «après consultation de l’épouse de notre père, de ses ex compagnes, de ses compagnons de lutte et membres de sa famille politiques, nous sommes arrivés aux conclusions suivantes, sur les volontés de notre père concernant ses obsèques : notre père a souhaité qu’elles se fassent sous la direction du Manidem ; il a régulièrement émis le souhait d’être enterré à Bafoussam, près de Ernest Ouandié (Sic)», écrivait-il dans un courrier adressé au vice-président du Manidem, pour le compte de la fratrie dont il est l’aîné. Pour autant, «nous souhaitons que ces obsèques s’organisent en bonne intelligence avec la famille biologique». L’homme proposait alors la date du 15 janvier pour ce dernier hommage ; date qui coïncide avec l’assassinat de l’ancien président de l’UPC tombé sous les balles du régime de Yaoundé dans la ville de Bafoussam, sous les yeux d’Anicet Ekane. Ce qui provoquera un choc intérieur au jeune élève, et fera germer la graine de la lutte politique pour la libération totale de son pays.

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Click to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Dernières actualités

Comment le Cameroun tente de convertir son potentiel agricole en levier d’industrialisation

Published

on

Comment le Cameroun tente de convertir son potentiel agricole en levier d’industrialisation
Spread the love

L’intérêt de cet ouvrage tient d’abord à son approche historique. Les auteurs remontent aux politiques agricoles de la période postcoloniale pour montrer comment l’État a progressivement fait de l’agriculture un instrument de développement, de stabilisation sociale et de création de revenus. L’introduction rappelle que le secteur mobilise environ 70 % de la maind’œuvre active et qu’il a longtemps constitué un socle essentiel de l’économie nationale. Les cultures d’exportation — cacao, café, banane, huile de palme, coton — ont notamment participé à l’insertion du Cameroun dans les échanges internationaux.

Cette trajectoire n’est toutefois pas linéaire. À travers quatre chapitres répartis en deux grandes parties, l’ouvrage met en évidence les politiques publiques successives, leurs résultats et leurs limites. Les auteurs évoquent notamment les plans quinquennaux, les investissements publics, les Zones d’Actions Prioritaires Intégrées (ZAPI), le Programme de Développement Rural Participatif Décentralisé (PDRP) ou encore le Programme National de Développement Participatif (PNDP).

Cette rétrospective permet de mesurer la permanence d’un même enjeu : transformer les politiques agricoles en gains durables de productivité et de revenus ruraux. L’un des apports majeurs du livre réside dans l’identification des contraintes qui continuent de peser sur la compétitivité agricole. Les auteurs pointent l’insuffisance du financement, la faiblesse des infrastructures rurales, les difficultés d’accès aux marchés et aux facteurs de production, les problèmes de stockage et de transport, ainsi que les limites de la transformation locale. Ils soulignent également le déficit d’accès aux technologies de l’information et aux services permettant aux producteurs de mieux valoriser leur offre.

Le propos prend une dimension particulièrement économique lorsqu’il relie agriculture, industrialisation et souveraineté alimentaire. La production agricole ne constitue pas seulement une source d’emplois et de revenus : elle peut également réduire les importations, alimenter l’industrie agroalimentaire et élargir la base productive nationale. L’ouvrage rappelle ainsi que le développement agricole doit être pensé en articulation avec la transformation, le financement, les infrastructures et l’accès aux marchés.

La dernière partie ouvre précisément cette réflexion sur l’avenir. Les auteurs préconisent notamment davantage d’investissements, le développement des infrastructures de transformation, l’amélioration des transports et du désenclavement rural, ainsi qu’une implication accrue des collectivités territoriales. Ils insistent également sur la nécessité de sécuriser le foncier et de favoriser une agriculture respectueuse de l’environnement.

À travers cette lecture du Cameroun agricole, le livre pose finalement une question de politique économique : comment convertir le potentiel agricole du pays en croissance productive, en emplois et en réduction durable de la dépendance extérieure ? Son intérêt réside moins dans la célébration du potentiel agricole que dans l’examen des conditions économiques et institutionnelles nécessaires à sa transformation en véritable moteur de développement.

Fabrice BELOKO

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Dernières actualités

Patrimoine culturel : Le peuple Mvog Manga en quête d’une reconnaissance nationale de leur festival

Published

on

Obsèques d’Anicet Ekane : La désacralisation de l’image du martyr en marche
Spread the love

Les conditions de cette inscription dans le répertoire national ont récemment été présentées par le ministère en charge des Arts et de la culture.

Pierre Ismaël Bidoung Kpwatt, ministre en charge des Arts et de la culture (Minac) a récemment reçu une délégation composée de quelques autorités traditionnelles venant de la communauté Mvog Manga, basée dans les régions du Centre et du Littoral. Ces membres de l’association Anyang Mvog Manga sont allés solliciter auprès du Minac, la reconnaissance nationale de leur festival qui se prépare.

Lors de l’audience, SM Serge Amougou qui était à la tête de la délégation a indiqué que «prendre en compte notre festival, c’est considérer la culture, c’est avoir une vision très poussée de ce que nous voulons faire pour pérenniser la culture ancestrale en pratiquant les rites, us et coutumes des Ekang en général, des Beti et des Mvog Manga en particulier. Nous voulons tenir à ce qu’il n’y ait pas la disparition des pratiques ancestrales. Notre identité culturelle doit être remarquée et remarquable ».

Cette reconnaissance nationale requiert plusieurs préalables. Marie Thierry Edjoa Akoa, directeur du patrimoine culturel au Minac a expliqué qu’il est nécessaire de disposer d’un ancrage historique culturel. La deuxième condition c’est la gouvernance communautaire. Il faut donc avoir une périodicité fixe connue, un comité d’organisation traditionnel légitime reconnu, une chefferie et la participation effective de toute la communauté.

Comme troisième critère, le festival doit être un concentré de patrimoine vivant avec des rites, danses, chants et savoir-faire originel d’art oratoire, la pharmacopée, la lutte traditionnelle, les contes en langue maternelle.

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Dernières actualités

Gaz domestique : 5 mesures gouvernementales pour rétablir l’approvisionnement

Published

on

Gaz domestique : 5 mesures gouvernementales pour rétablir l’approvisionnement
Spread the love

Dans une lettre circulaire signée le 23 septembre 2026, le ministre de l’Eau et de l’énergie, Gaston Eloundou Essomba fixe désormais des obligations précises aux différents acteurs, avec pour objectif de corriger les dysfonctionnements constatés et améliorer durablement la disponibilité du gaz domestique pour les consommateurs.

Gaston Eloundou Essomba, ministre en charge de l’Eau et de l’énergie (Minee) a publié le 23 septembre 2026, une lettre-circulaire fixant les prescriptions relatives à l’approvisionnement du marché national en gaz et pétrole liquéfié (GPL). Cette note ministérielle fait suite à de nombreux dysfonctionnements qui perturbe les approvisionnements depuis plusieurs semaines.

Pour mettre un terme à ces dysfonctionnements et garantir un approvisionnement régulier du marché national en GPL et assurer la disponibilité du produit dans les points de vente, le membre du gouvernement prescrits 5 mesures.

D’abord, le strict respect par les importateurs du calendrier prévisionnel des livraisons, tel qu’arrêté par le Comité mensuel de suivi du marché du GPL. Ensuite, le membre du gouvernement prescrit le paiement effectif des factures relatives aux importations du GPL dans le strict respect des délais contractuels.

La répartition des cargaisons de GPL par la Société camerounaise des dépôts pétroliers (SCDP), conformément aux parts de marché de chaque marketer et dans le respect des contrats commerciaux qui ont une prééminence sur les partes de marché. Le Minee recommande la priorisation de la réception des importations destinées aux pays voisins et enfin, Gaston Eloundou Essomba recommande l’obligation pour les sociétés agrées à l’exercice de distribution du GPL de disposer au préalable d’un parc d’au moins 10 000 bouteilles avant tout enlèvement dudit produit à destination des points consommateurs.

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Trending

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infosCliquez ici