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SND30 : Le PIISAH, fer de lance de la souveraineté agricole du Septentrion

C’est dans son message à la nation du 31 décembre 2023 que le Président Paul Biya a prescrit la mise en place du Plan Intégré d’Import-Substitution Agropastoral et Halieutique — le PIISAH. Derrière cet acronyme, un pari économique structurant : substituer progressivement aux produits importés une offre locale compétitive dans les filières stratégiques que sont le riz, le maïs, le poisson, le lait, le palmier à huile, les farines et le mil-sorgho-soja.
Deux ans après son lancement, c’est dans les régions du Nord et de l’Extrême-Nord que ce pari se joue en priorité — et c’est précisément là que se rendra, du 3 au 9 mai 2026, la délégation interministérielle conduite par le MINEPAT Alamine Ousmane Mey.
DES VALLÉES TRANSFORMÉES EN GRENIERS
Pour opérationnaliser le PIISAH, le MINEPAT a accordé en 2025 une subvention d’investissement aux projets VIVA-Bénoué et VIVA-Logone, deux dispositifs cofinancés par la Banque Mondiale dont l’objectif est d’intensifier la production rizicole — riz irrigué dans la vallée de la Bénoué, riz pluvial et irrigué dans celle du Logone.
Les résultats sont déjà tangibles : côté Bénoué, 15 kilomètres de digue construits, environ 1 300 hectares planés en rive gauche, 500 hectares réhabilités en rive droite, une usine de fabrication de conduites mise en service. Côté Logone, ce sont 2 200 hectares réhabilités à Yagoua et Maga. Des chiffres qui prennent tout leur sens rapportés à l’ambition initiale : faire de ces vallées de véritables greniers capables d’alimenter le marché national en riz produit localement.
ZINA : 37,5 MILLIARDS INVESTIS POUR UN POTENTIEL DE 9 521 HECTARES
La mission permettra également d’évaluer les aménagements hydroagricoles de Zina, dans le Logone-et-Chari, réalisés dans le cadre du PLANUT — le Plan d’Urgence Triennal pour l’Accélération de la Croissance lancé en 2014 avec l’objectif d’aménager 120 000 hectares de périmètres irrigués dans les trois régions septentrionales. Sur ce seul site de Zina, l’État a injecté plus de 37,5 milliards de francs CFA pour aménager 2 585 hectares, sur un potentiel total envisagé de 9 521 hectares. Un investissement massif dont la délégation entend mesurer le rendement effectif et les perspectives d’extension.
UNE MÉCANIQUE AGRICOLE LIVRÉE AUX RIZICULTEURS
Concrètement, c’est par la remise d’équipements que la mission prendra tout son sens aux yeux des populations. Dans le seul périmètre du PIISAH, les projets VIVA-Bénoué et VIVA-Logone ont constitué un stock significatif de matériels de petite mécanisation : 10 tracteurs, 25 batteuses à riz, 8 mini-moissonneuses batteuses, 25 motoculteurs, 22 tricycles, 20 charrettes à roues, 80 portetout, auxquels s’ajoutent semences, engrais et produits phytosanitaires. Ces équipements seront officiellement remis aux coopératives et riziculteurs bénéficiaires sélectionnés dans les deux vallées — une étape décisive pour que les aménagements réalisés se traduisent effectivement en hausse de production.
KOUSSERI : POISSONNERIE, MÉTÉO ET RÉSILIENCE CLIMATIQUE
À l’extrémité nord du pays, à Kousseri, le Projet de Relance et de Développement de la Région du Lac Tchad (PROLAC) offrira un autre visage de cette politique. Outre la remise de tracteurs et d’équipements piscicoles aux bénéficiaires du PDRI-CL, la délégation inaugurera un Complexe de Poissonnerie moderne et rétrocédera à l’Université de Maroua un Laboratoire de Climatologie et de Météorologie.
Ce dernier équipement, discret mais stratégique, vise à doter les acteurs agricoles de la région d’outils de prévision climatique indispensables dans une zone sahélienne où les aléas météorologiques constituent l’une des principales menaces pour les récoltes et les moyens de subsistance des populations.
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Comment le Cameroun tente de convertir son potentiel agricole en levier d’industrialisation

L’intérêt de cet ouvrage tient d’abord à son approche historique. Les auteurs remontent aux politiques agricoles de la période postcoloniale pour montrer comment l’État a progressivement fait de l’agriculture un instrument de développement, de stabilisation sociale et de création de revenus. L’introduction rappelle que le secteur mobilise environ 70 % de la maind’œuvre active et qu’il a longtemps constitué un socle essentiel de l’économie nationale. Les cultures d’exportation — cacao, café, banane, huile de palme, coton — ont notamment participé à l’insertion du Cameroun dans les échanges internationaux.
Cette trajectoire n’est toutefois pas linéaire. À travers quatre chapitres répartis en deux grandes parties, l’ouvrage met en évidence les politiques publiques successives, leurs résultats et leurs limites. Les auteurs évoquent notamment les plans quinquennaux, les investissements publics, les Zones d’Actions Prioritaires Intégrées (ZAPI), le Programme de Développement Rural Participatif Décentralisé (PDRP) ou encore le Programme National de Développement Participatif (PNDP).
Cette rétrospective permet de mesurer la permanence d’un même enjeu : transformer les politiques agricoles en gains durables de productivité et de revenus ruraux. L’un des apports majeurs du livre réside dans l’identification des contraintes qui continuent de peser sur la compétitivité agricole. Les auteurs pointent l’insuffisance du financement, la faiblesse des infrastructures rurales, les difficultés d’accès aux marchés et aux facteurs de production, les problèmes de stockage et de transport, ainsi que les limites de la transformation locale. Ils soulignent également le déficit d’accès aux technologies de l’information et aux services permettant aux producteurs de mieux valoriser leur offre.
Le propos prend une dimension particulièrement économique lorsqu’il relie agriculture, industrialisation et souveraineté alimentaire. La production agricole ne constitue pas seulement une source d’emplois et de revenus : elle peut également réduire les importations, alimenter l’industrie agroalimentaire et élargir la base productive nationale. L’ouvrage rappelle ainsi que le développement agricole doit être pensé en articulation avec la transformation, le financement, les infrastructures et l’accès aux marchés.
La dernière partie ouvre précisément cette réflexion sur l’avenir. Les auteurs préconisent notamment davantage d’investissements, le développement des infrastructures de transformation, l’amélioration des transports et du désenclavement rural, ainsi qu’une implication accrue des collectivités territoriales. Ils insistent également sur la nécessité de sécuriser le foncier et de favoriser une agriculture respectueuse de l’environnement.
À travers cette lecture du Cameroun agricole, le livre pose finalement une question de politique économique : comment convertir le potentiel agricole du pays en croissance productive, en emplois et en réduction durable de la dépendance extérieure ? Son intérêt réside moins dans la célébration du potentiel agricole que dans l’examen des conditions économiques et institutionnelles nécessaires à sa transformation en véritable moteur de développement.
Fabrice BELOKO
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Patrimoine culturel : Le peuple Mvog Manga en quête d’une reconnaissance nationale de leur festival

Les conditions de cette inscription dans le répertoire national ont récemment été présentées par le ministère en charge des Arts et de la culture.
Pierre Ismaël Bidoung Kpwatt, ministre en charge des Arts et de la culture (Minac) a récemment reçu une délégation composée de quelques autorités traditionnelles venant de la communauté Mvog Manga, basée dans les régions du Centre et du Littoral. Ces membres de l’association Anyang Mvog Manga sont allés solliciter auprès du Minac, la reconnaissance nationale de leur festival qui se prépare.
Lors de l’audience, SM Serge Amougou qui était à la tête de la délégation a indiqué que «prendre en compte notre festival, c’est considérer la culture, c’est avoir une vision très poussée de ce que nous voulons faire pour pérenniser la culture ancestrale en pratiquant les rites, us et coutumes des Ekang en général, des Beti et des Mvog Manga en particulier. Nous voulons tenir à ce qu’il n’y ait pas la disparition des pratiques ancestrales. Notre identité culturelle doit être remarquée et remarquable ».
Cette reconnaissance nationale requiert plusieurs préalables. Marie Thierry Edjoa Akoa, directeur du patrimoine culturel au Minac a expliqué qu’il est nécessaire de disposer d’un ancrage historique culturel. La deuxième condition c’est la gouvernance communautaire. Il faut donc avoir une périodicité fixe connue, un comité d’organisation traditionnel légitime reconnu, une chefferie et la participation effective de toute la communauté.
Comme troisième critère, le festival doit être un concentré de patrimoine vivant avec des rites, danses, chants et savoir-faire originel d’art oratoire, la pharmacopée, la lutte traditionnelle, les contes en langue maternelle.
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Gaz domestique : 5 mesures gouvernementales pour rétablir l’approvisionnement

Dans une lettre circulaire signée le 23 septembre 2026, le ministre de l’Eau et de l’énergie, Gaston Eloundou Essomba fixe désormais des obligations précises aux différents acteurs, avec pour objectif de corriger les dysfonctionnements constatés et améliorer durablement la disponibilité du gaz domestique pour les consommateurs.
Gaston Eloundou Essomba, ministre en charge de l’Eau et de l’énergie (Minee) a publié le 23 septembre 2026, une lettre-circulaire fixant les prescriptions relatives à l’approvisionnement du marché national en gaz et pétrole liquéfié (GPL). Cette note ministérielle fait suite à de nombreux dysfonctionnements qui perturbe les approvisionnements depuis plusieurs semaines.
Pour mettre un terme à ces dysfonctionnements et garantir un approvisionnement régulier du marché national en GPL et assurer la disponibilité du produit dans les points de vente, le membre du gouvernement prescrits 5 mesures.
D’abord, le strict respect par les importateurs du calendrier prévisionnel des livraisons, tel qu’arrêté par le Comité mensuel de suivi du marché du GPL. Ensuite, le membre du gouvernement prescrit le paiement effectif des factures relatives aux importations du GPL dans le strict respect des délais contractuels.
La répartition des cargaisons de GPL par la Société camerounaise des dépôts pétroliers (SCDP), conformément aux parts de marché de chaque marketer et dans le respect des contrats commerciaux qui ont une prééminence sur les partes de marché. Le Minee recommande la priorisation de la réception des importations destinées aux pays voisins et enfin, Gaston Eloundou Essomba recommande l’obligation pour les sociétés agrées à l’exercice de distribution du GPL de disposer au préalable d’un parc d’au moins 10 000 bouteilles avant tout enlèvement dudit produit à destination des points consommateurs.
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