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un défi audacieux à la FIFA

L’annonce de la candidature de Jean Crépin Nyamsi à la présidence de la FIFA constitue un événement aussi surprenant que symbolique dans le paysage du football mondial. Alors que la Confédération africaine de football (CAF) vient d’apporter son soutien unanime à Gianni Infantino, cet universitaire camerounais s’impose comme le premier candidat officiellement déclaré, incarnant une voix dissidente face à un système rodé.
Un parcours atypique pour une ambition démesurée
Le profil de Jean Crépin Nyamsi détonne dans l’univers feutré de la gouvernance footballistique internationale. Universitaire de formation, il ne possède ni le CV de dirigeant chevronné ni le réseau traditionnel des candidats à la présidence de la FIFA. Son expérience politique dans le football se limite à une candidature à la Fédération camerounaise de football en 2021, campagne qu’il avait finalement abandonnée pour soutenir Samuel Eto’o.
Cette trajectoire soulève immédiatement la question de la crédibilité. Comment un candidat sans mandat électif majeur dans une fédération nationale peut-il prétendre diriger l’instance suprême du football mondial ? Nyamsi répond par la préparation : trois années de réflexion, d’observation et de travail pour comprendre les dysfonctionnements du système actuel. « J’ai travaillé énormément pour comprendre pourquoi il y a des difficultés et des plaintes », affirme-t-il, suggérant une approche analytique plutôt que politicienne.
Le défi titanesque face à la machine Infantino
Le timing de cette candidature en dit long sur son caractère quichottesque. L’annonce intervient précisément au moment où les 54 fédérations africaines apportent leur soutien unanime à Infantino. Cette unanimité n’est pas anodine : elle illustre la solidité du dispositif mis en place par le président sortant, qui a su tisser des alliances continentales grâce à une politique de redistribution financière agressive et de promesses de développement.
Face à cette machine bien huilée, Nyamsi se présente en outsider radical. Il ne dispose d’aucun soutien institutionnel visible, d’aucune fédération nationale derrière lui, et encore moins d’une confédération continentale. Le fait que son propre continent ait choisi de soutenir massivement son adversaire constitue un handicap presque insurmontable dans un scrutin où les votes se comptent par fédérations.
Une candidature symbolique ou un véritable projet ?
Plusieurs lectures sont possibles concernant cette candidature. La première, cynique, y verrait une démarche de communication personnelle, une manière pour un universitaire de gagner en visibilité sur la scène internationale. La seconde, plus charitable, y décèlerait une volonté sincère de porter un message alternatif, de proposer une vision différente de la gouvernance du football mondial.
Nyamsi évoque un « dossier finalisé » et des « soutiens », sans toutefois les détailler publiquement. Cette discrétion contraste avec les campagnes traditionnelles où les candidats multiplient les annonces d’endorsements et les déplacements pour rallier les fédérations. Elle peut traduire soit une stratégie de communication maîtrisée, soit – plus probablement – la faiblesse réelle de ces soutiens.
Son discours centré sur les « difficultés et les plaintes » suggère néanmoins un positionnement politique : celui du réformateur face au système établi, du candidat de la rupture face à la continuité incarnée par Infantino. Mais sans programme détaillé rendu public, difficile d’évaluer la substance de cette proposition alternative.
Les leçons d’une improbable bataille
Au-delà de ses chances de succès quasi nulles, cette candidature révèle plusieurs réalités du football mondial. D’abord, elle confirme que la démocratie footballistique reste formellement ouverte : n’importe quel acteur remplissant les conditions minimales peut se présenter. Ensuite, elle souligne par contraste l’efficacité du système Infantino, capable de verrouiller les continents avant même l’ouverture officielle de la campagne.
Elle pose également la question du renouvellement des élites dans le football. Les instances dirigeantes sont traditionnellement trustées par d’anciens joueurs reconvertis ou par des apparatchiks ayant gravi les échelons fédéraux. L’irruption d’un universitaire, même vouée à l’échec, interroge sur la place des profils alternatifs dans la gouvernance du sport.
Enfin, cette candidature camerounaise intervient dans un contexte africain particulier. Après des années de marginalisation, le continent a progressivement gagné en influence à la FIFA, notamment grâce aux réformes d’Infantino qui ont augmenté sa représentation. Le soutien unanime à ce dernier traduit une forme de pragmatisme : les fédérations africaines préfèrent consolider leurs acquis plutôt que de prendre le risque d’un candidat du continent aux chances incertaines.
Conclusion : l’utile fonction du candidat improbable
Jean Crépin Nyamsi n’a probablement aucune chance de devenir président de la FIFA. Son absence de soutiens institutionnels, le verrouillage opéré par Infantino et son inexpérience des arcanes de la politique footballistique internationale le condamnent à un score anecdotique, s’il parvient même à réunir les parrainages nécessaires pour valider sa candidature.
Pourtant, son geste n’est pas dénué de sens. Dans un système où les élections ressemblent souvent à des plébiscites, où les candidatures alternatives peinent à émerger, il incarne – même maladroitement – la possibilité d’une contestation. Il rappelle que le pouvoir à la FIFA, aussi consolidé soit-il, demeure théoriquement soumis au verdict des urnes.
Reste à savoir si cette candidature donnera lieu à un véritable débat d’idées sur l’avenir du football mondial, ou si elle se perdra dans le bruit médiatique d’une élection jouée d’avance. La réponse à cette question dira beaucoup sur l’état réel de la démocratie dans le football international.
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« je n’ai jamais eu l’intention de faire du mal à qui que ce soit »

Le gardien du FC Andorre, Jesús Owono, exprime ses plus sincères condoléances à la famille de l’attaquant décédé, Jesús de Miguel.
Un jour après le décès de l’attaquant du CD Tenerife Jesús de Miguel, Jesús Owono prend la parole pour briser le silence.
« Je n’ai jamais eu l’intention de faire du mal à qui que ce soit. C’était un terrible accident que j’aurais souhaité pouvoir empêcher. Aucun mot ne peut exprimer la douleur, la culpabilité et la tristesse que je ressens actuellement. J’adresse mes plus sincères condoléances à sa famille, à ses amis, à ses coéquipiers et à tous ceux qui l’aimaient. Le football représente énormément pour moi, mais aucun match, aucune victoire et aucune rivalité ne vaudront jamais une vie humaine. Je suis sincèrement désolé. Je porterai cette douleur avec moi pour toujours. Repose en paix », déclare-t-il.
Il faut dire qu’en Espagne, une enquête a été ouverte. Le journaliste Anthony Pla appelle toujours à la prudence pour ceux qui jettent en pâture le gardien Jesús Owono.
« Le processus suit son cours et l’ouverture d’une enquête est normale. Enquête ne signifie pas forcément condamnation. Il ne faut pas mélanger », écrit notre confrère.
Le journaliste en service à Radio Balafon Charles Douglas Ndemba, prenant la défense de Jesús Owono, refuse de faire partie de la presse qui veut faire de lui le coupable dans ce drame.
« Au football, tout est fait pour que ce genre d’accident arrive. Dans la formation des gardiens de buts, on leur dit si tu es hors de la surface de réparation, soit tu as le ballon, soit tu as le joueur. C’est connu de tous, il y a des chocs violents, ça n’a jamais gêné personne. Moi qui ai joué attaquant à un petit niveau, j’ai failli y laisser la vie plusieurs fois.
Quelle est la sanction qui est prévue quand le gardien finit par avoir plutôt le joueur ? C’est un carton rouge et on passe à autre chose. Sauf qu’ avec les réseaux sociaux, on veut faire passer Owono pour un assassin alors que lui-même est victime d’une pratique courante et que Jésus Miguel (le joueur décédé) est juste un malchanceux.
Des coups comme ceux-là, on en voit depuis des années aussi longtemps que le football existe. On va paraître cruel en disant que c’est un mal pour un bien car désormais la FIFA va prendre des mesures. Les dirigeants du football mondial doivent se pencher sur la question, les modules de formation des gardiens de but doivent intégrer une autre façon de faire », écrit le journaliste.
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