Actualités locales
A quoi sert vraiment le recensement au Cameroun ?

Alors que le 4e recensement général de la population de l’habita est en cours au Cameroun, des voix s’élèvent pour interroger le véritable intérêt de cette opération.
Selon le journaliste Charles Chacot Chime, « les avantages politiques d’un recensement maîtrisé sont énormes. Les chiffres permettent de justifier la répartition des ressources, de redessiner des priorités, de soutenir des discours de performance. Ils peuvent même servir à légitimer certaines politiques publiques ou à masquer leur échec. Un chiffre bien présenté vaut parfois mieux qu’un bilan réel ».
Cependant, nuance-t-il, « dans un pays où la vérité statistique peut déranger, les données peuvent être arrangées pour conforter la stabilité du récit officiel. Moins de déplacés, moins de misère visible, plus de progrès apparent : voilà des chiffres qui rassurent les partenaires, consolident les discours et entretiennent l’illusion de la maîtrise ».
« RECENSEMENT AU CAMEROUN : SILENCE ON COMPTE. MAIS POUR FAIRE QUOI?
Par Charles Chacot CHIME, journaliste de veille
Avec la rondelette somme de 13 milliards, le Cameroun vient donc de lancer son quatrième recensement général de la population et de l’habitat. Enfin ! Après plus de vingt ans d’attente, l’État semble soudainement pris d’une passion nouvelle pour les chiffres. On va donc compter les Camerounais, les maisons, les champs, les chèvres et peut-être même les rêves brisés. Une initiative noble en apparence, mais qui soulève une question simple : à quoi bon compter si l’on refuse de regarder la réalité en face ?
Car dans ce pays, les chiffres ont souvent moins vocation à refléter la réalité qu’à embellir le décor. On compte quand cela arrange, on oublie quand cela dérange, et l’on publie surtout ce qui sert la narration officielle.
Déjà, il faut saluer la performance : plus de vingt ans pour organiser un recensement dans un pays où la population évolue chaque jour, c’est une prouesse bureaucratique. Pendant que d’autres nations mettent régulièrement à jour leurs données démographiques pour planifier leurs politiques publiques, le Cameroun, lui, semble avoir choisi la méthode de la surprise : attendre deux décennies, puis demander soudainement combien nous sommes.
Le dernier recensement date de 2005. Entre-temps, des millions de Camerounais sont nés, d’autres sont morts, beaucoup ont fui les crises, des villages se sont vidés, des villes ont explosé sous la pression démographique. Mais l’administration, fidèle à elle-même, avance tranquillement, comme si le temps n’avait aucune importance.
Le problème n’est pas seulement le retard ; le problème est surtout la crédibilité des chiffres à venir.
Dans un contexte où l’État contrôle toute la chaîne du recensement, la collecte, la centralisation, l’analyse et la publication, la tentation est grande d’utiliser les statistiques comme un outil politique. Les chiffres deviennent alors un instrument de communication plus qu’un reflet fidèle de la nation.
On pourra par exemple minimiser certaines réalités embarrassantes : réduire l’ampleur de l’exode rural, lisser la progression de la pauvreté, maquiller les conséquences des conflits, ou encore gonfler artificiellement les indicateurs susceptibles de flatter le pouvoir. Le recensement cesse alors d’être un miroir ; il devient un maquillage.
Et dans un pays où la vérité statistique peut déranger, les données peuvent être arrangées pour conforter la stabilité du récit officiel. Moins de déplacés, moins de misère visible, plus de progrès apparent : voilà des chiffres qui rassurent les partenaires, consolident les discours et entretiennent l’illusion de la maîtrise.
Les avantages politiques d’un recensement maîtrisé sont énormes. Les chiffres permettent de justifier la répartition des ressources, de redessiner des priorités, de soutenir des discours de performance. Ils peuvent même servir à légitimer certaines politiques publiques ou à masquer leur échec. Un chiffre bien présenté vaut parfois mieux qu’un bilan réel.
Ainsi, un recensement tardif peut devenir un recensement stratégique. On ne compte pas seulement les habitants : on ajuste les proportions du récit national.
Et pourtant, le plus ironique dans tout cela, c’est que même les chiffres les plus flatteurs auront du mal à cacher l’évidence visible à l’œil nu : l’explosion urbaine incontrôlée, le chômage massif, la précarité des logements, l’exode des jeunes, les zones délaissées. Le pays réel déborde déjà largement les tableaux statistiques.
Les Camerounais, eux, connaissent leur réalité sans attendre les résultats du recensement. Ils vivent les coupures d’eau, l’absence d’écoles, l’insuffisance des centres de santé, la misère des quartiers périphériques. Aucun tableau Excel ne pourra embellir durablement cela.
En vérité, le drame n’est pas que les chiffres soient faux ; le drame est qu’ils puissent servir à éviter les vraies réponses.
Car un recensement sérieux devrait être le point de départ d’une politique lucide : savoir combien nous sommes, où nous vivons, dans quelles conditions, pour mieux agir. Mais si l’objectif est seulement de produire des données politiquement utiles, alors on ne recense pas la population : on recense des arguments.
Et le Cameroun excelle dans cet art : transformer les instruments de gouvernance en outils de
mise en scène.
Alors oui, on va compter les Camerounais. Mais la vraie question reste entière : comptera-t-on enfin leurs réalités ? »
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le CERAC remet 16 000 tables-bancs aux écoles

Le Cercle des amis du Cameroun (CERAC) a remis samedi 16 000 tables-bancs aux écoles primaires publiques du département du Mayo-Louti, dans la région du Nord, ainsi que des intrants agricoles, du matériel de production et divers appuis au Centre de promotion de la femme et de la famille de Guider.
La cérémonie s’est tenue dans la cour de l’école publique de Sanguéré, en présence notamment du gouverneur de la région du Nord, Jean Abate Edi’i, du ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Gabriel Mbaïrobé, et du préfet du Mayo-Louti, Tam Likeng Richard Marcel.
La délégation du CERAC était conduite par le Dr Grace Dion Ngute, représentante personnelle de la Première Dame Chantal Biya, présidente fondatrice de l’organisation.
Au-delà des tables-bancs destinés aux établissements scolaires, l’appui comprenait notamment des intrants agricoles et du matériel de production. Des aides multiformes ont également été accordées au Centre de promotion de la femme et de la famille de Guider.
La cérémonie a été ponctuée de danses, de prestations culturelles et de sketchs présentés par les bénéficiaires. Plusieurs intervenants ont salué une initiative qui, selon eux, répond à des besoins particulièrement importants dans le département.
Les bénéficiaires ont exprimé leur gratitude à la Première Dame pour ces différents appuis, présentés comme un soutien aux communautés locales, notamment dans les domaines de l’éducation, de l’agriculture et de l’autonomisation des femmes.
La rencontre s’est déroulée en présence des autorités administratives, traditionnelles et religieuses ainsi que de plusieurs élites du Mayo-Louti.
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Affaire lynchage supposé de Samuel Eto’o au MRC : Mamadou Mota annonce une plainte contre Salomon Beas
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335 millions FCFA du Cameroun bloqués au Qatar

Yaoundé veut récupérer 660 000 dollars US versés dans le cadre d’une opération liée à la maintenance d’un hélicoptère présidentiel. Mais au Qatar, la procédure engagée pour récupérer ces fonds est momentanément stoppée par une exigence judiciaire sur le mandat de l’avocat du Cameroun.
L’affaire oppose désormais l’État camerounais à la procédure de liquidation de Horizon Crescent Wealth LLC (HCW), société établie au Qatar Financial Centre. Au cœur du dossier : 660 000 dollars, soit environ 335 millions de FCFA, dont Yaoundé revendique la restitution.
L’affaire remonte à une transaction conclue en janvier 2018 pour la maintenance et la réparation d’un hélicoptère destiné à la présidence de la République. Les fonds, initialement engagés auprès d’une filiale appelée à achever les prestations, auraient finalement été transférés à la société mère HCW. Quelques semaines plus tard, les comptes de cette dernière ont fait l’objet d’un gel conservatoire dans le cadre d’une enquête réglementaire.
L’argent s’est alors retrouvé immobilisé parmi les avoirs de la société, désormais placée dans une procédure de liquidation. Le Cameroun a saisi la Cour civile et commerciale du Qatar Financial Centre le 21 janvier 2025 pour tenter d’en obtenir la restitution. Mais le 24 février 2025, la juridiction qatarie a exigé une clarification formelle du pouvoir de représentation de l’avocat genevois Jean Orso, mandaté pour agir au nom de l’État camerounais.
Ce n’est donc pas encore le fond du dossier qui est en jeu, mais une pièce essentielle de la bataille judiciaire : le mandat permettant à l’avocat de représenter valablement le Cameroun. La justice qatarie n’a, à ce stade, ni ordonné la restitution des 660 000 dollars ni définitivement rejeté la prétention camerounaise. Yaoundé défend une position particulièrement stratégique : il ne demande pas simplement à figurer parmi les créanciers de HCW, mais soutient que ces 660 000 dollars constituent des fonds lui appartenant directement, qui devraient être retirés de la masse des actifs de la liquidation.
Reste désormais au Cameroun à régulariser la représentation de son conseil et à démontrer, pièces à l’appui, la traçabilité des fonds. En attendant, 335 millions de FCFA revendiqués par l’État camerounais demeurent immobilisés au Qatar, au cœur d’un contentieux international dont l’issue reste incertaine. Tant que ces éléments ne sont pas établis devant la juridiction qatarie, les 335 millions de FCFA restent hors de portée immédiate des caisses publiques.
Au-delà du contentieux commercial, l’affaire pose donc une question de gestion des deniers publics : quelles garanties ont entouré le versement de cette somme en 2018, quel suivi a été effectué après le transfert des fonds et quelles mesures ont été prises pour préserver les intérêts financiers de l’État ? La justice qatarie n’a pas encore tranché la propriété de l’argent. Mais elle impose désormais à Yaoundé de produire les preuves et les habilitations nécessaires pour espérer récupérer ces fonds.
Source : Esbi Media
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