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Les grands chantiers au Port de Douala

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Amélioration des voies d’accès des marchandises, construction de silos de stockage, extension du Terminal à conteneurs ; modernisation des équipements ; sécurité incendie, rénovation du réseau ferroviaire…la place portuaire de Douala Bonabéri est en pleine mutation depuis 2017, afin de fluidifier son trafic et de renforcer son attractivité et sa compétitivité.

Au port de Douala Bonabéri, un vaste chantier est en cours pour répondre aux exigences du schéma directeur de développement à l’horizon 2050 fixé par le Port Autonome de Douala (PAD). Ce document boussole prévoit notamment la modernisation des infrastructures, la rénovation des équipements existants (innovation dans les procédures de gestion et d’exploitation, ainsi que le développement de nouvelles capacités logistiques et opérationnelles). Les objectifs visés sont en l’occurrence de faire passer les volumes de 11,8 millions de tonnes de marchandises traités par an en 2018 à presque 21 millions de tonnes par an en 2030. Ceci, en renforçant les capacités du port évaluées à moins de 13.5 millions de tonnes maximum par an. Les chantiers sont divers et variés.

Le quai pétrolier renait 20 ans après

Attendu depuis plus de 20 ans, après des accidents sur le précédent ouvrage de déchargement du Port en 2001, l’approvisionnement en produits pétroliers du territoire national et des pays voisins était dès lors assuré via le quai conventionnel n°1 aménagé comme solution palliative, avec des risques d’explosion ou d’incendie. Finalement, l ’appontement pétrolier sur Duc d’Albe du Port de Douala Bonabéri a été mis en service le 28 avril 2021. Cette infrastructure a été dimensionnée pour accueillir des navires de la taille du Tanker MJT Cape Limbol, avec des tirants d’eau de l’ordre de 8.5 mètres. Il peut donc recevoir des bateaux de 20.000 tonnes métriques au lieu des 14.000 tonnes du quai provisoire. Cette plateforme est dotée de bras de déchargement modernes et de dernière génération, d’une nappe de cinq tuyauteries de 5 à 10 pouces de diamètre, partant de la plateforme pétrolière à la chambre à vannes de la SCOP. Avec ce dispositif, le débit de pompage est évalué à environ 600 m3/h, soit une réduction de temps d’environ 30%. Ce qui contribue à diminuer le délai de séjour des navires à quai, et par ricochet les coûts des surestaries. Le nouvel appontement est non seulement moderne mais répond également aux normes environnementales et sécuritaires. Il a été à ce titre élaboré un plan d’urgence maritime pour la gestion de l’ensemble des scénarios d’accidents en pollution ou en incendie. Ce qui comprend la mise en place des kits de matériels antipollution pour lutter contre une éventuelle pollution ainsi que des moyens de défense contre incendie pour le circonscrire dans un éventuel sinistre. En termes de prévention, des équipements de protection individuelle et collective sont prévus. Et pendant que des opérations s’effectuent, des mesures d’explosivité sont prises en continue sur le site pour éviter de réunir des conditions de survenue d’un incendie.

Le terminal à conteneurs en pleine mutations

La Régie du Terminal à Conteneurs (RTC), l’un des symboles de la nationalisation de certaines activités au port de Douala connait une transformation spectaculaire et son chiffre d’affaires est passé de 49 milliards en 2020 à environ 60 milliards en 2024. Une performance soutenue par divers investissements, notamment l’acquisition de nouveaux équipements de manutention pour remplacer ceux laissés par l’ancien concessionnaire. L’installation de technologies de pointe a aussi permis de moderniser et d’augmenter les capacités et les performances. Le Terminal est désormais opéré en RTG Huit RTG neufs sont entrés en service en 2024, portant le nombre total à 12. Deux grues mobiles de quai neuves ont été acquises, ainsi que des TERBERG et des Reachstalkers. Parallèlement, des travaux de rénovation et de développement de la plateforme des opérations et d’entreposage sont exécutés au pas de charge dans le but de l’arrimer aux normes internationales reconnues dans le secteur. Les aires de stockage sont entièrement pavées.

Par ailleurs , le projet d’extension de ce terminal est en cours depuis juillet 2025. Le projet évalué à 55 milliards de FCFA TTC, vise la construction de 250 mètres linéaires de quai supplémentaires. Cet aménagement de 7.9 hectares de terre-plein arrière et la création de 1.200 mètres linéaires de voies de RTG (portique automatisé sur Pneu. Les travaux sont en train d’être exécutés en trois phases et la mise en exploitation du quai dénommé quai 17 est prévue en 2027. Ces aménagements porteront la longueur totale du terminal à un peu plus de 1.000 mètres linéaires et permettront à la RTC d’améliorer ses capacités en passant d’un traitement de 380.000 tonnes EVP en 2024, à un million de conteneurs d’ici 2030.

Aménagement d’une zone logistique et de parking pour camions

Sur deux sites d’une superficie totale de 15 ha au port de Douala, il est prévu l’aménagement d’une zone logistique sur 5 ha et d’un parking de camions sur 10 ha. Actuellement, 3 ha ont déjà été construits, et bientôt 5 ha, soit 50.000 m2 sur les 100.000 envisagés. Cet aménagement en zone aval du domaine portuaire fait partie des projets prioritaires retenus par le Schéma Directeur de Développement du Port de Douala-Bonabéri à l’horizon 2050. Il est question de mettre en place des espaces commodes et sécurisés pour le stationnement des camions destinés aux opérations logistiques portuaires et pour la gestion logistique de certaines marchandises à l’importation et à l’exportation. Ce projet va générer 250 emplois directs et plus de 800 emplois indirects.

Dans la même perspective de fluidification du trafic à l’intérieur de la place portuaire, plusieurs kilomètres de routes et de dessertes en pavés sont réalisés. Un chantier structurant de construction et de réhabilitation de dessertes internes est engagé. Le point d’orgue, un chantier d’une une voie de contournement visant à séparer les flux portuaires des circulations urbaines sensibles en zone aval, au lieu-dit Essengue. Le projet porte sur environ 10 km d’infrastructures routières comprenant 5 km de voie de contournement et 5 km de voies de desserte. Plusieurs kilomètres de routes et de voirie ont été réhabilités, rendant la circulation fluide tout en contribuant à la sécurisation des marchandises lors des opérations de transfert. Les travaux routiers concernent aussi l’agrandissement d’une voie de circulation sur la Nationale N°3, au niveau du monument du Soldat du cinquantenaire, à l’entrée de Youpwe o une nouvelle guérite d’accès est en cours de construction.

Un quai pour saisir les opportunités de la ZLECAF

Les autorités du port de Douala viennent de lancer le projet de réhabilitation et de modernisation du Terminal Régional du Port de Douala-Bonabéri couramment appelé Quai Boscam. L’opération prévoit la réhabilitation du site actuel, la création d’une nouvelle plateforme de 20 hectares et, dans une phase d’investissement optionnelle, la construction d’un nouveau quai de 700 mètres. Dédiée historiquement au traitement du trafic marchandise en provenance ou à destination des pays de la sous-région CEMAC, cette infrastructure construite dans une configuration technique ancienne a montré ses limites. Une importante opération d’enlèvement des épaves de navires y est en cours pour libérer la darse. Le Port autonome de Douala (PAD) et Douala Terre-Port ont signé, le 10 avril 2026, un partenariat public-privé à cet effet d’un montant global de 126,3 milliards de FCFA, entièrement financé par le partenaire privé dans le cadre d’une concession de 30 ans. L’objectif de cette réhabilitation est d’améliorer les performances du Terminal régional par l’augmentation de la capacité d’accueil des navires, l’amélioration de la productivité des opérations, la modernisation de la chaîne logistique et le renforcement de l’impact régional du Port de Douala Bonabéri. Le projet va ainsi relancer le trafic régional par le cabotage de marchandises et de passagers entre Douala et les ports de la Cemac dans la perspective de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf).

Modernisation du réseau ferroviaire

Dans le but de faciliter le transport des marchandises, améliorer la fluidité du trafic portuaire et préserver des infrastructures historiques, un contrat de concession a été signé le 19 mars dernier par le Directeur Général du Port Autonome de Douala et la Douala Port Railway Investment Company (DPRIC). Ce partenariat vise à moderniser et étendre le réseau ferroviaire de la zone portuaire de Douala-Bonabéri. Concrètement, il est question de la réalisation des études, la conception, la construction, la modernisation ainsi que l’exploitation d’un réseau ferroviaire performant et intégrant des technologies innovantes. Il vise à renforcer la performance, l’attractivité et la compétitivité du Port de Douala. Car, le partenaire privé devra mettre en place un réseau ferroviaire performant qui intègre des technologies innovantes pour répondre efficacement aux besoins d’un trafic portuaire croissant. Cette modernisation permettra d’optimiser le transport des marchandises et de mieux connecter le port à son hinterland, renforçant ainsi son rôle stratégique dans la chaîne logistique régionale. L’accord sous la forme d’un partenariat public-privé de type Design-Build-Finance-Maintain, porte sur une période de 25 ans. Le coût global de cet investissement est de 40 milliards de FCFA, entièrement financé par le partenaire privé qui doit réaliser toutes les phases, depuis les études et la conception jusqu’à la maintenance, avant la rétrocession des infrastructures au PAD. 120 emplois directs et 360 emplois indirects sont attendus. Ceci à côté d’un programme conjoint annuel de formation et d’insertion professionnelle des jeunes diplômés camerounais qui sera mis en œuvre par les deux parties.

Une zone industrialo portuaire à Dibamba

quelques kilomètres de Douala, le port a lancé depuis l’année dernière, un projet d’aménagement d’une zone industrielle et logistique portuaire sur les berges de la Dibamba. Le site de 500 hectares va abriter une zone industrialo portuaire de 350 hectares ; une zone logistique attenante sur 100 hectares et les 50 hectares restants vont constituer un espace de vie, notamment d’hébergement des travailleurs de la zone. Le projet vise en partie à décongestionner la pénétrante est de Douala. Car le hub logistique du site sera interconnecté au port de Douala et à l’hinterland par voie d’eau. Du coup, la pénétrante sera délestée du trafic de plusieurs centaines de camions par jour grâce à cette liaison directe entre le port et la Dibamba. Cette voie va plus tard rejoindre l’autoroute Douala Yaoundé et même, le réseau ferroviaire national. Pour la mise en œuvre de ce projet, c’est le partenariat public privé qui a été choisi. Le port a déjà signé un mémorandum avec le groupe Arise Integrated Industrial Platforms (IIP) connu pour avoir construit des plateformes industrielles dans plusieurs pays d’Afrique. Environ 500 000 emplois directs et indirects pourraient être générés par la zone industrialo portuaire où seront installées des industries de transformation.

Réaction

Ronny MINKOS, ingénieur d’études à la DAPC, PAD

« La zone industrialo portuaire de Dibamba va booster notre commerce extérieur et la transformation locale de nos matières premières »

« Le projet d’aménagement d’une zone d’activité industrialo portuaire sur les Berges de la Dibamba, au lieu-dit Missole s’inscrit déjà dans notre shéma directeur de développement qui envisage l’extension du domaine portuaire de Douala Bonabéri. Vous savez que nous sommes le principal port du Cameroun, mais en même temps, nous faisons face à la contrainte foncière, vu que nous sommes un port attenant à la ville de Douala. Alors, ce projet est principalement destiné aux marchandises de l’Hinterland, nos pays voisins qui n’ont donc pas de littoral et qui utilisent le Cameroun en général et le port de Douala au Bonabéri en particulier comme façade maritime. Il s’agit donc de délester le port de Douala au Bonabéri de ce trafic-là, de le conduire sur la Dibamba. Il s’agit aussi donc de répondre aux exigences de performance. Au-delà des partenaires de l’Hinterland, notamment la Centrafrique, le Tchad, le Niger, le Nord du Congo et en perspective le Soudan du Sud et puis la République démocratique du Congo, ce projet vient répondre de manière directe à l’implémentation ou à la mise en œuvre de la stratégie nationale de développement. Il est une réponse directe à la politique d’import-substitution du gouvernement parce que sur ce site-là, sur le site du projet qui a une emprise foncière de 522 hectares avec 350 hectares dédiés à la zone industrielle et 120 dédiés à la zone logistique, ce projet va permettre l’installation des industries, ces industries-là qui auront pour vocation de transformer les matières premières. Les neufs sous-secteurs impliqués ou ciblés dans la stratégie nationale de développement sont concernés, notamment la filière bois, la filière coton, la filière pharmaceutique, l’énergie et bien d’autres encore. Il est important de souligner que ce projet est un partenariat stratégique avec le partenaire Arise IIP qui a déjà un large écosystème en Afrique. Il est installé dans 12 pays et il est reconnu comme aménageur et développeur de ce type d’infrastructure. En réalité, il s’agit d’un projet qui est suivi au niveau stratégique de la coordination du Gouvernement. En réalité, ce projet va venir répondre et booster de manière significative notre commerce extérieur et la transformation locale de nos matières premières. C’est ainsi la vision du top management du Port Autonome de Douala et la vision du cher président de la République, chef de l’État. Après la pose de la première pierre et les études, actuellement je vous invite à visiter le site où les terrassements sont déjà effectifs, la voie d’accès en phase de construction, la construction du quai même, les travaux sur le quai au niveau de la base de la zone logistique seront engagés à brève échéance. »

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Socadel enclenche son redressement pour stabiliser le secteur électrique

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Socadel enclenche son redressement pour stabiliser le secteur électrique
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Moins d’un mois après sa création, la Société camerounaise d’électricité (Socadel) a adopté ses premières mesures structurantes. Budget de 630 milliards de FCFA, réforme de la gouvernance, recherche de nouveaux financements et actions d’urgence pour sécuriser l’approvisionnement : le conseil d’administration entend remettre l’entreprise sur des bases plus solides tout en assurant la continuité du service public.

La nouvelle direction de la Société camerounaise d’électricité (Socadel) affiche ses priorités. Réuni le 28 mai 2026 à Yaoundé sous la présidence d’Antoine Ntsimi, son premier conseil d’administration a adopté une série de mesures destinées à engager le redressement de l’entreprise avec l’appui des pouvoirs publics.Dans un communiqué publié le 5 juin 2026, le conseil d’administration présente une feuille de route articulée autour de la réforme de l’entreprise, de son assainissement financier et de la sécurisation de l’approvisionnement en électricité.

Pour accompagner cette transformation, les administrateurs ont adopté un budget de 630 milliards de FCFA pour l’exercice 2026. Selon le communiqué, 375 milliards de FCFA seront consacrés aux achats et au transport d’énergie ainsi qu’à l’approvisionnement en combustible, tandis que 74,6 milliards de FCFA seront affectés aux investissements. Le conseil précise également que ce budget permettra « d’apurer progressivement les engagements envers les fournisseurs et partenaires de l’entreprise, afin de restaurer la confiance, sécuriser la continuité du service et repartir sur des bases financières plus solides ».

Dans la même dynamique, le conseil a donné mandat au directeur général d’engager, sous la supervision du président du conseil d’administration, des négociations avec les bailleurs de fonds du secteur. L’objectif est de mobiliser de nouvelles ressources destinées à la restructuration de la dette financière, au refinancement de la trésorerie et au financement des investissements prioritaires.

Un redressement rendu nécessaire par des déséquilibres persistants

Cette offensive intervient alors que Socadel hérite d’un secteur confronté, depuis plusieurs années, à d’importantes tensions financières. Selon le Fonds monétaire international (FMI), l’ancien concessionnaire faisait face à un déficit structurel de trésorerie. Dans son analyse du secteur, l’institution indique qu’Eneo encaissait environ 31 milliards de FCFA par mois pour des obligations de service public dont le coût atteignait près de 44 milliards de FCFA. Le FMI estime ainsi que le retour à l’équilibre du secteur nécessiterait la mobilisation d’au moins 13 milliards de FCFA supplémentaires chaque mois.

Cette situation résulterait notamment d’un important déséquilibre entre les recettes de l’entreprise et ses charges, mais également des difficultés de recouvrement de certaines créances. Le FMI rappelle qu’à fin 2024, les arriérés de l’État envers Eneo représentaient plus de 2,1 % du PIB, soit environ 700 milliards de FCFA. Selon l’institution, cette situation contribuait à détériorer davantage la trésorerie de l’entreprise.Cette lecture est toutefois contestée par le rapport « Compact Energy Pays » du ministère de l’Eau et de l’Énergie. Selon ce document, l’ex-Eneo affichait plutôt un endettement global de 800 milliards de FCFA à la même période, dont 500 milliards de FCFA de dettes envers ses fournisseurs, pour environ 80 milliards de FCFA de créances.

Ces divergences d’appréciation illustrent la complexité des difficultés financières accumulées par l’opérateur au fil des années.Au-delà de ces débats, le recouvrement des consommations publiques demeure l’un des principaux points de fragilité du secteur. Dans une interview accordée à Investir au Cameroun en avril 2024, le directeur général d’Eneo de l’époque, Amine Homman Ludiye, indiquait que l’entreprise émettait chaque mois près de 7 milliards de FCFA de factures à destination des administrations et autres entités publiques. Les encaissements enregistrés au cours des deux premiers mois de cette année-là ne s’élevaient cependant qu’à 1,5 milliard de FCFA en janvier et 1,8 milliard de FCFA en février.

À ces difficultés s’ajoutent les pertes liées aux branchements clandestins et aux manipulations de compteurs. Selon des données recueillies auprès de l’ex-Eneo et de sources au ministère de l’Eau et de l’Énergie, ces pratiques occasionneraient plus de 60 milliards de FCFA de pertes chaque année, réduisant davantage les marges de manœuvre financières du secteur.

Assurer la continuité du service malgré les contraintes

Face à cet héritage complexe, le conseil d’administration de Socadel affirme vouloir faire de la continuité du service sa priorité immédiate. « Forte du soutien des pouvoirs publics, Socadel entend poursuivre son action auprès des usagers, des employés, des fournisseurs, des bailleurs de fonds et de l’ensemble de ses partenaires afin d’assurer la continuité du service public de l’électricité, tout en contribuant à la stabilité du secteur, conformément aux directives gouvernementales et en droite ligne des très hautes instructions du Chef de l’État », indique le communiqué.

Au-delà des mesures de gestion courante, ce premier conseil d’administration marque le lancement opérationnel de la nouvelle organisation du secteur électrique camerounais. La disparition d’Eneo, le retour de l’État au cœur du dispositif et la mise en place d’une nouvelle gouvernance traduisent la volonté des autorités de reprendre la main sur un secteur dont les difficultés financières pèsent depuis plusieurs années sur la qualité du service et la capacité d’investissement.

Le défi de Socadel sera désormais de transformer cette feuille de route en résultats concrets. Entre restructuration financière, restauration de la confiance des partenaires, mobilisation de nouveaux financements et amélioration de l’approvisionnement des ménages comme des industriels, la nouvelle entreprise publique devra démontrer sa capacité à rétablir durablement les équilibres d’un secteur stratégique pour l’économie camerounaise.

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Exploitation minière dans la région de l’Est : Le Syndicat des orpailleurs dénonce un « comportement anticoncurrentiel » de la Sonamines.

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Exploitation minière dans la région de l’Est : Le Syndicat des orpailleurs dénonce un « comportement anticoncurrentiel » de la Sonamines.
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En outre, le même syndicat cite également des refus opposés par la Société nationale des mines à des demandes d’agrément, justifiés par la volonté de la société d’exercer son exclusivité d’achat et de commercialisation de l’or sur toute l’étendue du territoire une position que les syndicalistes jugent contraire au code minier, lequel reconnaît explicitement le droit des personnes morales privées à commercialiser les substances précieuses.

Le 1er juin 2026, Paul Atanga Nji, ministre de l’Administration territoriale (Minat) était en visite de travail dans la région de l’Est Cameroun. Le membre du gouvernement a tenu une concertation avec les opérateurs du secteur minier.

Prenant la parole au nom des opérateurs miniers lors de cette concertation, Ousmanou Aladji Hamadou, président national du Syndicat des promoteurs des bureaux d’achats de diamants, or et orpailleurs du Cameroun (Synaprobadiocam) a dressé un état des lieux sans concessions, dénonçant ce qu’il qualifie de deux poids deux mesures dans la gestion du secteur aurifère national.

Entre autres dénonciations, le président national du Synaprobadiocam, un « comportement anticoncurrentiel » de la Société nationale des mines (Sonamines). « C’est la Sonamines elle-même qui délivre ou refuse de délivrer les agréments de commercialisation aux bureaux d’achat privés, tout en étant leur concurrente directe sur le marché » s’est indigné le président national du Synaprobadiocam.

En outre, le même syndicat cite également des refus opposés par la Sonamines à des demandes d’agrément, justifiés par la volonté de la société d’exercer son exclusivité d’achat et de commercialisation de l’or sur toute l’étendue du territoire une position que les syndicalistes jugent contraire au code minier, lequel reconnaît explicitement le droit des personnes morales privées à commercialiser les substances précieuses.

Le Synaprobadiocam dénonce aussi le coût prohibitif des droits de sortie qui s’élève entre 300 000 FCFA et 500 000 FCFA par kg d’or, auxquels s’ajoutent les obligations fiscales, les prélèvements au titre du Programme de sécurisation des recettes des mines, et une Taxe sur la valeur ajoutée à 0 % appliquée à l’énergie autant de charges qui pèsent sur les opérateurs légaux et rendent leur compétitivité quasi nulle face aux pays voisins.

Afin de sortir définitivement de cette situation, les syndicalistes ont fait quelques propositions en direction non seulement du gouvernement mais aussi de la Sonamines. D’abord, le Synaprobadiocam propose de cantonner la Sonamines à ses missions d’exploitation et lui retirer toute prérogative de régulation.

Il demande de saisir le ministre de la Justice pour instruire les procureurs sur la répression de l’exploitation illégale et de saisir le ministre de la Défense pour que les militaires présents sur les sites conditionnent leur protection à la régularité des titres miniers des exploitants. Enfin, le Synaprobadiocam propose la création des guichets uniques dans les aéroports pour simplifier les procédures d’exportation et l’allègement de l’ensemble de la fiscalité douanière pesant sur les opérateurs en règle.

«Le Minat a effectivement eu une concertation avec ces opérateurs pendant son séjour, pendant que nous étions dans les localités» indique une source de la Sonamines.

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Cameroun-Tchad : Les douanes se concertent pour aplanir les difficultés liées aux flux de marchandises

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Cameroun-Tchad : Les douanes se concertent pour aplanir les difficultés liées aux flux de marchandises
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Les douanes camerounaise et tchadienne se sont une nouvelle fois concertées, le 2 juin dernier à Yaoundé. Une concertation qui rentre dans le cadre de l’accord d’assistance administratif mutuelle de deux administrations sœurs et qui s’inscrit dans la continuité des engagements et de la volonté commune des administrations douanières de consolider leur partenariat stratégique afin d’améliorer durablement la gestion des flux commerciaux entre nos deux pays.

Comme l’a précisé Edwin Fongod Nuvaga, le directeur général des Douanes du Cameroun, il est question de « faire du corridor Cameroun-Tchad, un espace de transit plus sûr, plus fluide, plus transparent et plus compétitif, au bénéfice de nos États, de nos opérateurs économiques et de l’intégration sous régionale ». Mais pour aboutir à cet objectif, il faut d’abord aplanir un certain nombre de difficultés qui plombent la fluidité du flux des marchandises sur ce corridor Tchad-Cameroun.

Et, ce sont ces difficultés qui ont constitué les problématiques sur la table des discussions au cours de la concertation du 2 juin dernier à Yaoundé. Il s’agit notamment, du renforcement de l’interconnexion et de l’échange des données entre les deux systèmes informatiques douaniers ; le suivi et la traçabilité des marchandises en transit sur le corridor Cameroun–Tchad ; les difficultés liées aux transbordements, aux ruptures de charge, aux titres de transit non apurés ainsi qu’à la localisation effective des marchandises appellent une réflexion commune en vue de renforcer la sécurisation des opérations de transit, de préserver l’intégrité de la chaîne logistique et de garantir un apurement efficace des régimes douaniers.

Mais également, la question de l’harmonisation des exigences documentaires et de la dématérialisation des pièces jointes aux titres de transit ; le commerce transfrontalier entre Kousseri et N’Djamena, dont l’importance économique ne cesse de croître.

Les flux de marchandises acquises sur le marché camerounais et destinées à la consommation au Tchad soulèvent des questions liées à leur traçabilité, à leur encadrement douanier ainsi qu’à la préservation des intérêts fiscaux de nos deux États. Et enfin, la problématique des conteneurs à destination du Tchad en séjour prolongé dans les plateformes logistiques de Douala et Kribi.

LES SOLUTIONS ENVISAGÉES PAR LA DOUANE CAMEROUNAISE

Face à ce chapelet de difficultés, le DG des Douanes camerounaises a apporté des esquisses de solutions. Notamment, réduire les asymétries d’information entre les deux administrations ; améliorer la prise en charge des opérations de transit ; renforcer la prévisibilité des procédures pour les opérateurs économiques et préserver l’intégrité de la chaîne logistique entre les ports camerounais et le territoire tchadien.

« A cet égard, l’interconnexion entre CAMCIS et SYDONIA World demeure un chantier prioritaire. Elle doit permettre d’organiser un échange plus fluide, plus sécurisé et plus exploitable des données douanières, en particulier pour les opérations d’expédition levées à Kousseri à destination de N’Djaména, ainsi que pour les titres de transit émis depuis Douala ou Kribi. Cette exigence est d’autant plus importante que la qualité de l’information conditionne directement la qualité du contrôle », a expliqué Edwin Fongod Nuvaga.

Pour la DGD du Cameroun, la question des documents commerciaux attachés aux T1 devra également recevoir une attention soutenue. Car, estime-t-il, « La fiabilité des titres de transit dépend, en grande partie, de la cohérence entre les déclarations, les connaissements, les factures, les listes de colisage et les informations effectivement constatées à destination. Toute discordance non traitée fragilise la confiance entre les Administrations et ouvre des marges de risque qu’il nous revient collectivement de réduire ».

Il trouve par conséquent « qu’une descente de terrain à Douala, notamment au Port autonome de Douala, sur le site d’allotissement des cargaisons en transit et au point d’apposition des GPS, ainsi qu’au check point de Yassa, présente un intérêt particulier. Elle permettra d’apprécier, sur pièces et sur place, les réalités opérationnelles du dispositif de prise en charge et de sécurisation des cargaisons en transit ».

S’agissant du transit non conventionnel, le DGD explique qu’elle « appelle une approche concertée, réaliste et encadrée. Il importe de clarifier les opérations concernées, les bureaux compétents, les documents à dématérialiser, les habilitations à accorder, les responsabilités respectives des services, ainsi que les mécanismes d’apurement et de suivi ».

Et pour ce qui est de la lutte contre la contrebande sur les bords du fleuve Logone, elle constitue, pour la douane camerounaise, « une priorité opérationnelle. Elle suppose un échange d’alertes plus réactif, une meilleure coordination entre les services de surveillance de Kousseri et de N’Djaména, ainsi qu’un circuit clair de saisine, de traitement et de compte rendu des interventions. La coopération douanière ne doit pas rester institutionnelle ; elle doit être immédiatement mobilisable sur le terrain », dira le DGD du Cameroun.

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