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Paix, corruption, gouvernance : le message de Léon XIV reconfiguré par l’opinion au Cameroun

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Paix, corruption, gouvernance : le message de Léon XIV reconfiguré par l’opinion au Cameroun
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La première lecture qui s’impose est celle des responsables gouvernementaux, prompts à inscrire la visite dans le registre de l’unité nationale. Achille Bassilekin III, ministre des PME, y voit avant tout un moment de cohésion. Pour lui, la visite constitue « un véritable stimulant dans l’union des cœurs » et le signe que « le Cameroun s’est uni pour aller à la rencontre du pape ». Une formulation qui lisse les tensions structurelles que le souverain pontife avait pourtant nommées explicitement.

Plus révélateur encore, le positionnement de Grégoire Owona, qui opère une jonction directe entre le discours papal et la ligne gouvernementale. « Nous sommes sur le très bon chemin que le Président Biya nous a montré », affirme-t-il. La parole du pape devient ici une caution implicite de l’action publique — une captation politique qui dit beaucoup sur les usages du religieux dans le champ institutionnel camerounais.

Louis Georges Njipendi, lui, retient surtout la portée psychologique du message. Il insiste sur « l’appel à ne plus avoir peur » et la « sérénité » transmise. Le registre est celui de la stabilisation sociale dans un contexte de fragilité institutionnelle persistante. Chez les fidèles, la réception est plus émotionnelle et spirituelle. Adoum Garoua résume un sentiment largement partagé. « Le Cameroun est donc béni, nous sommes comblés. »

La visite prend ici la dimension d’un marqueur de légitimité, presque divine, du territoire national. Mais cette ferveur s’accompagne d’une attente. Dans la sphère citoyenne, l’émotion ne masque pas le scepticisme de fond. « Nous pensons que le message ne sera pas tombé dans les oreilles de sourds », formule un observateur, posant la vraie question : celle de la traduction du discours pontifical en politiques publiques effectives.

Augustin Bala, maire de Yaoundé 5e va plus loin en convertissant directement le message en agenda de gouvernance. Pour lui, la visite impose « de mettre en avant la lutte contre les inégalités et l’accès au bien-être ». Une lecture normative qui révèle le potentiel mobilisateur d’une parole extérieure au champ politique national.

LES INTELLECTUELS INTRODUISENT LA NUANCE

Les observateurs analytiques apportent un autre niveau de lecture. Onana Raphaël souligne la radicalité inhabituelle du discours papal dans un contexte diplomatique. « Brisons les chaînes de la corruption, transformons l’histoire aujourd’hui. » Une parole directe, ciblant explicitement les dérives de gouvernance, qui tranche avec les précautions habituelles du langage diplomatique.

Jean-Marc Soboth rappelle toutefois le cadre institutionnel dans lequel cette parole s’inscrit. « Le discours du pape est préparé par la Nonciature apostolique. » Un rappel utile qui repositionne la spontanéité apparente du message dans une architecture diplomatique structurée.

Vincent Sosthène Fouda déplace quant à lui le débat sur le terrain théologique. « La paix n’est pas l’absence de conflit, mais la capacité de marcher au cœur du chaos. » Une définition qui engage une lecture bien plus exigeante que celle des discours officiels.

LES FRACTURES QUE LA VISITE EXPOSE

Certaines réactions révèlent des tensions que la ferveur collective tend à masquer. Tiriane Balbine Nadège Noah choisit d’instrumentaliser la symbolique papale pour interroger la légitimité institutionnelle interne. Elle évoque « le pape de l’illégalité constitutionnelle » et interpelle directement le pouvoir politique.

Le registre est celui de la contestation, pas de la réconciliation. Dans le champ religieux, l’abbé Etienne Bakaba recentre le débat sur l’orthodoxie catholique et neutralise les comparaisons locales. « Le pape garantit la fidélité à la foi apostolique. » Une manière de clore certains débats internes à l’Église camerounaise que la visite avait rouverts.

UN CATALYSEUR, PAS UN CONSENSUS

Pierre Nka offre peut-être la synthèse la plus lucide de l’état du pays au sortir de la visite. « Un Cameroun avec un verre à moitié plein, avec l’urgence de la fabrique des alternatives. » Ni euphorie ni désillusion. Un point de bascule potentiel, sans garantie de transformation.

C’est précisément là que réside la portée réelle du voyage de Léon XIV. Sa parole n’a pas produit un consensus — elle a exposé les lignes de fracture. Entre foi et politique, entre espoir et scepticisme, entre récupération institutionnelle et introspection collective, le message pontifical agit comme un révélateur. Il dit moins ce que le Cameroun est que ce qu’il cherche encore à devenir.

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Comment le Cameroun tente de convertir son potentiel agricole en levier d’industrialisation

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Comment le Cameroun tente de convertir son potentiel agricole en levier d’industrialisation
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L’intérêt de cet ouvrage tient d’abord à son approche historique. Les auteurs remontent aux politiques agricoles de la période postcoloniale pour montrer comment l’État a progressivement fait de l’agriculture un instrument de développement, de stabilisation sociale et de création de revenus. L’introduction rappelle que le secteur mobilise environ 70 % de la maind’œuvre active et qu’il a longtemps constitué un socle essentiel de l’économie nationale. Les cultures d’exportation — cacao, café, banane, huile de palme, coton — ont notamment participé à l’insertion du Cameroun dans les échanges internationaux.

Cette trajectoire n’est toutefois pas linéaire. À travers quatre chapitres répartis en deux grandes parties, l’ouvrage met en évidence les politiques publiques successives, leurs résultats et leurs limites. Les auteurs évoquent notamment les plans quinquennaux, les investissements publics, les Zones d’Actions Prioritaires Intégrées (ZAPI), le Programme de Développement Rural Participatif Décentralisé (PDRP) ou encore le Programme National de Développement Participatif (PNDP).

Cette rétrospective permet de mesurer la permanence d’un même enjeu : transformer les politiques agricoles en gains durables de productivité et de revenus ruraux. L’un des apports majeurs du livre réside dans l’identification des contraintes qui continuent de peser sur la compétitivité agricole. Les auteurs pointent l’insuffisance du financement, la faiblesse des infrastructures rurales, les difficultés d’accès aux marchés et aux facteurs de production, les problèmes de stockage et de transport, ainsi que les limites de la transformation locale. Ils soulignent également le déficit d’accès aux technologies de l’information et aux services permettant aux producteurs de mieux valoriser leur offre.

Le propos prend une dimension particulièrement économique lorsqu’il relie agriculture, industrialisation et souveraineté alimentaire. La production agricole ne constitue pas seulement une source d’emplois et de revenus : elle peut également réduire les importations, alimenter l’industrie agroalimentaire et élargir la base productive nationale. L’ouvrage rappelle ainsi que le développement agricole doit être pensé en articulation avec la transformation, le financement, les infrastructures et l’accès aux marchés.

La dernière partie ouvre précisément cette réflexion sur l’avenir. Les auteurs préconisent notamment davantage d’investissements, le développement des infrastructures de transformation, l’amélioration des transports et du désenclavement rural, ainsi qu’une implication accrue des collectivités territoriales. Ils insistent également sur la nécessité de sécuriser le foncier et de favoriser une agriculture respectueuse de l’environnement.

À travers cette lecture du Cameroun agricole, le livre pose finalement une question de politique économique : comment convertir le potentiel agricole du pays en croissance productive, en emplois et en réduction durable de la dépendance extérieure ? Son intérêt réside moins dans la célébration du potentiel agricole que dans l’examen des conditions économiques et institutionnelles nécessaires à sa transformation en véritable moteur de développement.

Fabrice BELOKO

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Patrimoine culturel : Le peuple Mvog Manga en quête d’une reconnaissance nationale de leur festival

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Patrimoine culturel : Le peuple Mvog Manga en quête d’une reconnaissance nationale de leur festival
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Les conditions de cette inscription dans le répertoire national ont récemment été présentées par le ministère en charge des Arts et de la culture.

Pierre Ismaël Bidoung Kpwatt, ministre en charge des Arts et de la culture (Minac) a récemment reçu une délégation composée de quelques autorités traditionnelles venant de la communauté Mvog Manga, basée dans les régions du Centre et du Littoral. Ces membres de l’association Anyang Mvog Manga sont allés solliciter auprès du Minac, la reconnaissance nationale de leur festival qui se prépare.

Lors de l’audience, SM Serge Amougou qui était à la tête de la délégation a indiqué que «prendre en compte notre festival, c’est considérer la culture, c’est avoir une vision très poussée de ce que nous voulons faire pour pérenniser la culture ancestrale en pratiquant les rites, us et coutumes des Ekang en général, des Beti et des Mvog Manga en particulier. Nous voulons tenir à ce qu’il n’y ait pas la disparition des pratiques ancestrales. Notre identité culturelle doit être remarquée et remarquable ».

Cette reconnaissance nationale requiert plusieurs préalables. Marie Thierry Edjoa Akoa, directeur du patrimoine culturel au Minac a expliqué qu’il est nécessaire de disposer d’un ancrage historique culturel. La deuxième condition c’est la gouvernance communautaire. Il faut donc avoir une périodicité fixe connue, un comité d’organisation traditionnel légitime reconnu, une chefferie et la participation effective de toute la communauté.

Comme troisième critère, le festival doit être un concentré de patrimoine vivant avec des rites, danses, chants et savoir-faire originel d’art oratoire, la pharmacopée, la lutte traditionnelle, les contes en langue maternelle.

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Gaz domestique : 5 mesures gouvernementales pour rétablir l’approvisionnement

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Gaz domestique : 5 mesures gouvernementales pour rétablir l’approvisionnement
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Dans une lettre circulaire signée le 23 septembre 2026, le ministre de l’Eau et de l’énergie, Gaston Eloundou Essomba fixe désormais des obligations précises aux différents acteurs, avec pour objectif de corriger les dysfonctionnements constatés et améliorer durablement la disponibilité du gaz domestique pour les consommateurs.

Gaston Eloundou Essomba, ministre en charge de l’Eau et de l’énergie (Minee) a publié le 23 septembre 2026, une lettre-circulaire fixant les prescriptions relatives à l’approvisionnement du marché national en gaz et pétrole liquéfié (GPL). Cette note ministérielle fait suite à de nombreux dysfonctionnements qui perturbe les approvisionnements depuis plusieurs semaines.

Pour mettre un terme à ces dysfonctionnements et garantir un approvisionnement régulier du marché national en GPL et assurer la disponibilité du produit dans les points de vente, le membre du gouvernement prescrits 5 mesures.

D’abord, le strict respect par les importateurs du calendrier prévisionnel des livraisons, tel qu’arrêté par le Comité mensuel de suivi du marché du GPL. Ensuite, le membre du gouvernement prescrit le paiement effectif des factures relatives aux importations du GPL dans le strict respect des délais contractuels.

La répartition des cargaisons de GPL par la Société camerounaise des dépôts pétroliers (SCDP), conformément aux parts de marché de chaque marketer et dans le respect des contrats commerciaux qui ont une prééminence sur les partes de marché. Le Minee recommande la priorisation de la réception des importations destinées aux pays voisins et enfin, Gaston Eloundou Essomba recommande l’obligation pour les sociétés agrées à l’exercice de distribution du GPL de disposer au préalable d’un parc d’au moins 10 000 bouteilles avant tout enlèvement dudit produit à destination des points consommateurs.

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