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Bvmac : Renaprov proroge d’un mois la souscription à ses actions, après une mobilisation limitée à 1,1 milliard de FCFA

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Bvmac : Renaprov proroge d’un mois la souscription à ses actions, après une mobilisation limitée à 1,1 milliard de FCFA
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(Investir au Cameroun) – La Réserve nationale de l’épargne et de la provision (Renaprov Finance S.A.), établissement de microfinance de 2e catégorie actif au Cameroun depuis 1996, a prorogé au 15 mai 2026 la période de souscription à ses actions à la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (Bvmac), basée à Douala, au Cameroun. Cette décision fait suite à la faible mobilisation des ressources recherchées dans le cadre de l’opération d’introduction en bourse de cette structure de microfinance.

En effet, selon Afriland Bourse & Investissement, arrangeur et chef de file de l’opération visant à ouvrir 44,4 % du capital de Renaprov aux investisseurs, à la date du 15 mars 2026, initialement retenue pour la clôture des souscriptions, seulement 1,1 milliard de FCFA avaient été mobilisés sur les 8,4 milliards de FCFA sollicités. La prorogation des souscriptions jusqu’au 15 mai 2026 vise donc à attirer davantage d’investisseurs dans cette opération lancée en décembre 2025.

« L’opération a suscité, au cours des dernières semaines, un enthousiasme grandissant. Face à cette dynamique positive et afin de répondre aux nombreuses sollicitations de souscription non encore satisfaites, Renaprov Finance SA a décidé, en concertation avec les autorités de régulation, d’ouvrir une fenêtre finale d’opportunité. (…) Elle constitue l’ultime opportunité de devenir actionnaire au prix préférentiel de 21 000 FCFA l’action », explique Afriland Bourse & Investissement dans un communiqué officiel publié le 15 avril 2026.

Les ressources recherchées par Renaprov dans le cadre de cette opération d’introduction en bourse visent d’abord à renforcer significativement ses fonds propres, afin d’accroître la capacité d’intervention de cette structure de microfinance sur le marché du crédit. La stratégie affichée consiste également à diversifier l’offre au-delà des crédits de trésorerie à court terme, en développant davantage les financements à moyen et long terme, notamment dans l’immobilier, les infrastructures et les investissements productifs.

Une vingtaine de nouvelles agences en vue

Pour y parvenir, Renaprov entend porter ses fonds propres de 2,78 milliards de FCFA en 2024 à plus de 10,5 milliards de FCFA en 2026. Combinée à l’ouverture de six nouvelles agences prévues à Douala, Dschang et Bafoussam en 2026, l’ouverture du capital en cours devrait permettre une hausse de 20 % du portefeuille de crédits, selon les prévisions des dirigeants de cette institution financière.

En 2027, cette croissance est projetée à 25 %, avec la pleine activité des agences existantes et l’ouverture de neuf nouvelles implantations. En 2028, quatre agences supplémentaires dans le Littoral et le Grand Nord porteraient la croissance à 28 %, grâce à une meilleure répartition géographique des crédits. En 2029, la progression attendue s’élèverait à 30 %, tirée par la maturité du réseau, le renforcement de la solidité financière et l’essor du crédit digital.

Pour l’heure, l’actionnariat de Renaprov Finance SA reste concentré autour du fondateur et dirigeant, Emmanuel Noël Bissai, qui détient 86 % du capital. Il est suivi d’Esther Bebga épouse Bissai (8,11 %) et de Jacques Tanga Ntone (3,83 %). Dans cette perspective, l’introduction en bourse vise à élargir la base actionnariale, à accroître la transparence financière et à inscrire l’institution sur une trajectoire de croissance plus vigoureuse.

BRM

Lire aussi:

30-12-2025 - Bvmac : Renaprov Finance veut ouvrir plus de 44 % de son capital pour lever 8,4 milliards FCFA

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« pendant que le pays s’enlise, la classe politique s’écharpe sur les réseaux »

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« pendant que le pays s’enlise, la classe politique s’écharpe sur les réseaux »
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Le deuxième vice-président national du Social Democratic Front (SDF), Louis Marie Kakdeu, appelle la classe politique camerounaise à recentrer le débat sur les problèmes économiques et sociaux du pays, dénonçant une vie politique qu’il estime de plus en plus dominée par les querelles sur les réseaux sociaux.

Dans une tribune publiée samedi, intitulée « Le clash comme programme politique, ou comment le régime dort tranquille », l’économiste et universitaire estime qu’une partie de l’opposition consacre désormais davantage d’énergie aux affrontements entre personnalités qu’aux propositions destinées à répondre aux difficultés quotidiennes des Camerounais.

« Pendant que le pays se noie, s’éteint et s’enlise, une néo-classe politique s’écharpe sur les réseaux sociaux », écrit-il.

Louis Marie Kakdeu cite notamment les difficultés liées aux infrastructures routières, aux approvisionnements en gaz, au coût de la vie et au chômage. Il déplore que ces sujets suscitent, selon lui, moins d’attention sur les réseaux sociaux que les polémiques entre responsables politiques.

Lire la tribune de Louis Marie Kakdeu :

« Cameroun : le clash comme programme politique, ou comment le régime dort tranquille

Coup de gueule : Pendant que le pays se noie, s’éteint et s’enlise, une néo-classe politique s’écharpe sur les réseaux sociaux. Le pouvoir n’a même plus besoin de se défendre. Les informations sur la mauvaise gouvernance du pays font beaucoup moins de bruit que la querelle de personnes. Ce n’est pas un accident. C’est un système. Et la néo-opposition dite « radicale » a pour mission d’aider le régime en place à distraire le peuple.

Une distraction regrettable

L’on met désormais 4 heures de temps en voiture entre Douala (Yassa) et Edéa (moins de 50 km), mais le citoyen qui est assis au fond d’un bus crasseux dans lequel il pleut ne se plaindra ni de la pluie qui tombe sur sa tête, ni de l’état de la route en dégradation avancée. Il cherche plutôt à sauver son téléphone et à se plaindre des problèmes de connexion internet qui l’empêchent de suivre en direct les clashes sur les réseaux sociaux : on y parle de tout sauf des milliers de Camerounais qui meurent sur les routes, de la pénurie de gaz, de la cherté du coût de la vie, du chômage massif, etc. On ne parle pas de ce qui accable le régime et qui concerne la vie quotidienne des citoyens. L’image de ce paradoxe camerounais est que les chômeurs ont voté le 12 octobre 2025 pour le ministre qui les a maintenus au chômage et qui leur a servi le bluff.

Le clash comme programme

Nous avons désormais une vie politique rythmée par des querelles, pas par des idées. Depuis la présidentielle d’octobre 2025, qu’a-t-on surtout débattu ? Des rumeurs de mœurs, des histoires d’argent, des « révélations » sans preuve et des audios « fuités ». Elles font cliquer, mais elles n’ont jamais produit un kilomètre de route ni un litre d’eau. Des procès en trahison sont le sport favori de certains. Il s’agit des débats sur la moralité des personnalités politiques comme s’il y avait un seul « saint » sur terre : « Que celui ou celle qui est saint(e) jette en premier la pierre sur l’autre ! ».

Vous voyez des gens dont les vies sont entièrement sales qui estiment que la vie des autres est sale. Un vrai paradoxe camerounais. On estime que la vie des personnalités politiques doit être « propre » comme si l’on était au ciel ou comme si l’on interdisait à certains d’être aussi « personnalités politiques » ou de le devenir pour monter le bon exemple. Une posture caractéristique d’un déficit criard d’engagement citoyen au Cameroun. Chaque jour, une part de l’énergie militante est dépensée à partager, commenter ou démentir des rumeurs.

Qui profite du bruit ?

La réponse est simple : le pouvoir en place. Un régime qui dure depuis plus de quarante ans n’a qu’un ennemi sérieux : le bilan. Tout débat sur les résultats l’oblige à répondre du délestage, du prix de l’eau, des chantiers inachevés, des budgets engloutis. Il n’a donc qu’un intérêt : que le débat porte sur autre chose. Chaque polémique entre néo-opposants lui offre ce cadeau. Avant les scrutins à venir, le régime affiche une retenue décrite comme de la discipline, pendant qu’une agitation désordonnée règne dans plusieurs camps de la néo-opposition. Le pouvoir peut se taire : la néo-opposition parle à sa place, et parle d’elle-même.

C’est le point le plus douloureux. Une partie de la néo-opposition qui se dit « radicale » a fait de la posture un projet : la dénonciation permanente, l’anathème contre ceux qui participent, le boycott érigé en principe, le « tout ou rien ». Elle vit du clash parce que le clash produit de l’audience, et l’audience passe pour une légitimité. Or, ni l’une ni l’autre ne remplacent une offre politique.

Le résultat est mécanique : Tant que « radical » signifie « celui qui hurle le plus fort », il n’y a ni programme chiffré, ni équipe prête à gouverner, ni ancrage local durable. Et le régime peut se présenter comme le seul acteur capable de gérer un État. On ne renverse pas un système avec des punchlines : on l’use par des propositions. Et c’est mon message principal aux citoyens camerounais. Je ne m’attends pas à être entendu ; je ne suis pas dupe. Mais je joue mon rôle.

À l’inverse, l’opposition authentique, celle qui fait le travail patient (élus locaux, programmes sur l’eau, l’énergie, la décentralisation, contre-budgets, contrôle de l’action gouvernementale), n’a ni les plateaux ni les partages. On dit de cette opposition qu’elle est invisible dans l’espace public qui récompense le scandale. Elle est pourtant la seule à préparer l’alternance et l’alternative pour de bon, celle qui permettra de gouverner ensuite et de gouverner utilement.

Le Cameroun n’a pas besoin d’un feuilleton de plus. Il a besoin d’eau, de courant, de routes, de caniveaux qui ne débordent pas. Tant que les acteurs politiques préféreront le buzz et le bluff, les Camerounais continueront de payer la note, et le régime dormira tranquille.

Louis Marie Kakdeu, MPA, PhD & HDR
Deuxième Vice-Président National du SDF

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