Actualités locales
les présumés assassins de Socapalm et Hevecam enfin arrêtés
Les présumés assassins de Socapalm et Hevecam méditent désormais leur sort au parquet de Kribi. Ils ont été présentés à la presse locale le 17 mars 2026.
La visite de travail effectuée à Hevecam le 11 mars 2026 par le gouverneur de la région du Sud Félix Nguele Nguele a donné un coup d’accélérateur aux enquêtes qui ont permis de mettre la main sur les hors-la-loi qui semaient la terreur dans la zone de Niete depuis le début de l’année 2026.
Les fins limiers de la compagnie de gendarmerie de Kribi, sous l’impulsion du chef d’escadron, le commandant Modeste Dassi, ont déployé son dispositif opérationnel. Tout y est passé : exploitation systématique des scènes de crimes, bouclage, contrôles ciblés dans plusieurs localités.
Les investigations ont abouti à l’interpellation dans la localité de Fifinda du principal suspect identifié comme le cerveau du gang. Son exploitation a permis de mettre la main sur les autres suspects.
Pour Albert Didier Ndongo, le président du Rassemblement des jeunes de l’arrondissement de Niete, le RAJORNY, « il faut un poste de contrôle de police sérieux au carrefour de Bidou. C’est quand même terrible !!!
Il y a toute une barrière de contrôle à Bidou, ladite barrière est gérée par les gendarmes d’Afan Oveng, mais les criminels parviennent à traverser sans être identifiés, ceux-ci se retrouvent dans la zone rurale et même en plantation et se mettent à tuer les gens !
Une vigilance de tous les instants
Face à la recrudescence des cas d’assassinats, d’agressions, de braquages et à la montée en puissance de la grande criminalité, la psychose s’est emparée des populations. Les activités champêtres ont été délaissées, la circulation des personnes et des biens a été considérablement réduite , la situation s’est dégradée avec la décapitation d’un homme au village Elon.
Ce retour à la sérénité est à plus d’un titre rassurant pour les populations de cet arrondissement zone industrielle par excellence qui draine un monde incalculable d’activités économiques qui impactent le quotidien des populations.
Des solutions endogènes efficaces
Sur le terrain pourtant des initiatives sont envisagées pour inverser la situation devenue intenable dans la localité. Le Rassemblement des jeunes de l’arrondissement de Niete le Rajorny préconise le recensement et l’identification de tous les allogènes résidents dans la zone, la réactivation des comités de vigilance et l’organisation d’une campagne de sensibilisation sur la notion de sécurité et de défense populaire.
Les responsables de cette plateforme ont pris l’assentiment préalable des autorités administratives, municipales et traditionnelles locales pour mener cette activité. Des propositions concrètes seront faites aux autorités dans l’optique de trouver des solutions à cette situation qui devient préoccupante.
Selon Gaël Mfe’e Jeune du village Adjap-yessok, «en fait il est important que les populations s’organisent. Dans cette affaire, j’ai reçu un appel d’un ami d’Elon me demandant de mobiliser les jeunes pour établir un dispositif de contrôle afin d’intercepter deux individus soupçonnés d’avoir commis un homicide par décapitation chez eux.
Nous avons immédiatement mis en place le dispositif et alerté les autorités compétentes. Celles-ci sont intervenues peu après et nous avions procédé à l’appréhension des suspects. Lors de l’interrogatoire, ces derniers ont affirmé n’être que des témoins de la scène et non les auteurs, et que le responsable était en fuite dans la brousse.
Quelque temps après, le sous-préfet m’a appelé pour me rassurer que les forces de gendarmerie étaient en route, ce qui s’est avéré exact. Les gendarmes sont arrivés et ont pris les suspects en charge. Cependant, comme il manquait une personne selon les déclarations, nous avons maintenu notre dispositif de contrôle.
Vers 1 h 30, en raison de l’absence d’énergie, nous avions établi le barrage au niveau d’un lampadaire solaire d’Akoozam. »
Rien ne sera plus comme avant dans l’arrondissement de Niete en ce qui concerne la circulation des personnes et des biens. Un cordon de sécurité est en train d’être mis en place pour pacifier la localité dont les populations ont besoin de retrouver le sommeil paisible.
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Actualités locales
« pendant que le pays s’enlise, la classe politique s’écharpe sur les réseaux »

Le deuxième vice-président national du Social Democratic Front (SDF), Louis Marie Kakdeu, appelle la classe politique camerounaise à recentrer le débat sur les problèmes économiques et sociaux du pays, dénonçant une vie politique qu’il estime de plus en plus dominée par les querelles sur les réseaux sociaux.
Dans une tribune publiée samedi, intitulée « Le clash comme programme politique, ou comment le régime dort tranquille », l’économiste et universitaire estime qu’une partie de l’opposition consacre désormais davantage d’énergie aux affrontements entre personnalités qu’aux propositions destinées à répondre aux difficultés quotidiennes des Camerounais.
« Pendant que le pays se noie, s’éteint et s’enlise, une néo-classe politique s’écharpe sur les réseaux sociaux », écrit-il.
Louis Marie Kakdeu cite notamment les difficultés liées aux infrastructures routières, aux approvisionnements en gaz, au coût de la vie et au chômage. Il déplore que ces sujets suscitent, selon lui, moins d’attention sur les réseaux sociaux que les polémiques entre responsables politiques.
Lire la tribune de Louis Marie Kakdeu :
« Cameroun : le clash comme programme politique, ou comment le régime dort tranquille
Coup de gueule : Pendant que le pays se noie, s’éteint et s’enlise, une néo-classe politique s’écharpe sur les réseaux sociaux. Le pouvoir n’a même plus besoin de se défendre. Les informations sur la mauvaise gouvernance du pays font beaucoup moins de bruit que la querelle de personnes. Ce n’est pas un accident. C’est un système. Et la néo-opposition dite « radicale » a pour mission d’aider le régime en place à distraire le peuple.
Une distraction regrettable
L’on met désormais 4 heures de temps en voiture entre Douala (Yassa) et Edéa (moins de 50 km), mais le citoyen qui est assis au fond d’un bus crasseux dans lequel il pleut ne se plaindra ni de la pluie qui tombe sur sa tête, ni de l’état de la route en dégradation avancée. Il cherche plutôt à sauver son téléphone et à se plaindre des problèmes de connexion internet qui l’empêchent de suivre en direct les clashes sur les réseaux sociaux : on y parle de tout sauf des milliers de Camerounais qui meurent sur les routes, de la pénurie de gaz, de la cherté du coût de la vie, du chômage massif, etc. On ne parle pas de ce qui accable le régime et qui concerne la vie quotidienne des citoyens. L’image de ce paradoxe camerounais est que les chômeurs ont voté le 12 octobre 2025 pour le ministre qui les a maintenus au chômage et qui leur a servi le bluff.
Le clash comme programme
Nous avons désormais une vie politique rythmée par des querelles, pas par des idées. Depuis la présidentielle d’octobre 2025, qu’a-t-on surtout débattu ? Des rumeurs de mœurs, des histoires d’argent, des « révélations » sans preuve et des audios « fuités ». Elles font cliquer, mais elles n’ont jamais produit un kilomètre de route ni un litre d’eau. Des procès en trahison sont le sport favori de certains. Il s’agit des débats sur la moralité des personnalités politiques comme s’il y avait un seul « saint » sur terre : « Que celui ou celle qui est saint(e) jette en premier la pierre sur l’autre ! ».
Vous voyez des gens dont les vies sont entièrement sales qui estiment que la vie des autres est sale. Un vrai paradoxe camerounais. On estime que la vie des personnalités politiques doit être « propre » comme si l’on était au ciel ou comme si l’on interdisait à certains d’être aussi « personnalités politiques » ou de le devenir pour monter le bon exemple. Une posture caractéristique d’un déficit criard d’engagement citoyen au Cameroun. Chaque jour, une part de l’énergie militante est dépensée à partager, commenter ou démentir des rumeurs.
Qui profite du bruit ?
La réponse est simple : le pouvoir en place. Un régime qui dure depuis plus de quarante ans n’a qu’un ennemi sérieux : le bilan. Tout débat sur les résultats l’oblige à répondre du délestage, du prix de l’eau, des chantiers inachevés, des budgets engloutis. Il n’a donc qu’un intérêt : que le débat porte sur autre chose. Chaque polémique entre néo-opposants lui offre ce cadeau. Avant les scrutins à venir, le régime affiche une retenue décrite comme de la discipline, pendant qu’une agitation désordonnée règne dans plusieurs camps de la néo-opposition. Le pouvoir peut se taire : la néo-opposition parle à sa place, et parle d’elle-même.
C’est le point le plus douloureux. Une partie de la néo-opposition qui se dit « radicale » a fait de la posture un projet : la dénonciation permanente, l’anathème contre ceux qui participent, le boycott érigé en principe, le « tout ou rien ». Elle vit du clash parce que le clash produit de l’audience, et l’audience passe pour une légitimité. Or, ni l’une ni l’autre ne remplacent une offre politique.
Le résultat est mécanique : Tant que « radical » signifie « celui qui hurle le plus fort », il n’y a ni programme chiffré, ni équipe prête à gouverner, ni ancrage local durable. Et le régime peut se présenter comme le seul acteur capable de gérer un État. On ne renverse pas un système avec des punchlines : on l’use par des propositions. Et c’est mon message principal aux citoyens camerounais. Je ne m’attends pas à être entendu ; je ne suis pas dupe. Mais je joue mon rôle.
À l’inverse, l’opposition authentique, celle qui fait le travail patient (élus locaux, programmes sur l’eau, l’énergie, la décentralisation, contre-budgets, contrôle de l’action gouvernementale), n’a ni les plateaux ni les partages. On dit de cette opposition qu’elle est invisible dans l’espace public qui récompense le scandale. Elle est pourtant la seule à préparer l’alternance et l’alternative pour de bon, celle qui permettra de gouverner ensuite et de gouverner utilement.
Le Cameroun n’a pas besoin d’un feuilleton de plus. Il a besoin d’eau, de courant, de routes, de caniveaux qui ne débordent pas. Tant que les acteurs politiques préféreront le buzz et le bluff, les Camerounais continueront de payer la note, et le régime dormira tranquille.
Louis Marie Kakdeu, MPA, PhD & HDR
Deuxième Vice-Président National du SDF
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