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la RCA et la France s’engagent dans “un partenariat renouvelé, fondé sur le respect mutuel”

« Lors de sa visite en terre centrafricaine, le Ministre s’est entretenu, avec Madame Sylvie Notefe, Ministre des Affaires étrangères, de la francophonie et des Centrafricains de l’Etranger, sur l’état de la relation bilatérale entre la République Centrafricaine et la République Française, ainsi que sur les principales questions régionales et internationales d’intérêt commun. Les deux parties ont également réaffirmé leur attachement à poursuivre, dans le cadre de la feuille de route endossée par le Président Macron et le Président Touadera en 2024, une coopération bilatérale dense et de qualité entre la France et la République centrafricaine. Ils ont souligné l’importance de promouvoir un partenariat renouvelé, fondé sur le respect mutuel, la confiance, la transparence, et les intérêts partagés des deux peuples, ainsi forgé dans l’Histoire et tourné vers l’avenir », indique le communiqué conjoint.
Communiqué conjoint de Jean-Noël Barrot et de Sylvie Notéfé, ministre des Affaires étrangères, de la Francophonie et des Centrafricains de l’étranger (16 mars 2026)
Le Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères de la République française, Monsieur Jean-Noël Barrot a effectué une visite de travail à Bangui en République Centrafricaine les 12 et 13 Mars 2026.
Lors de sa visite en terre centrafricaine, le Ministre s’est entretenu, avec Madame Sylvie Notefe, Ministre des Affaires étrangères, de la francophonie et des Centrafricains de l’Etranger, sur l’état de la relation bilatérale entre la République Centrafricaine et la République Française, ainsi que sur les principales questions régionales et internationales d’intérêt commun.
Les deux parties ont également réaffirmé leur attachement à poursuivre, dans le cadre de la feuille de route endossée par le Président Macron et le Président Touadera en 2024, une coopération bilatérale dense et de qualité entre la France et la République centrafricaine.
Ils ont souligné l’importance de promouvoir un partenariat renouvelé, fondé sur le respect mutuel, la confiance, la transparence, et les intérêts partagés des deux peuples, ainsi forgé dans l’Histoire et tourné vers l’avenir.
Tout en saluant la nouvelle dynamique de dialogue politique entre leurs pays, ils se sont félicités de l’accélération de la relance de la coopération, avec de nombreux projets menés dans des domaines aussi variés que la gouvernance, la justice, la culture, l’égalité femmes-hommes, la recherche, la jeunesse, la formation professionnelle, le sport, la transition écologique, la santé, l’entreprenariat ou encore la réforme administrative et l’aide judiciaire.
La partie française a réitéré son engagement à accompagner les efforts des Autorités centrafricaines en faveur de la consolidation de la paix, de la réconciliation nationale et du développement durable. Pour sa part, la partie centrafricaine a exprimé son attachement au renforcement d’une coopération constructive et mutuellement bénéfique, notamment dans les domaines de l’investissement, de l’appui institutionnel, de la formation et de l’accompagnement des projets structurants.
Les deux Ministres ont également échangé leurs points de vue sur les défis sécuritaires mondiaux, ainsi que dans la région de l’Afrique centrale, ils ont appelé aux respects des valeurs et principes du multilatéralisme, du respect de la souveraineté des États et de la coopération internationale pour la paix et la sécurité.
Dans le cadre bilatéral, la Ministre centrafricaine a saisi l’occasion pour remercier le Gouvernement français pour le prêt d’un montant de 25 millions EUR, soit 16,4 milliards FCFA, octroyé par la France, qui traduit la volonté de renforcer la coopération bilatérale et de répondre aux besoins prioritaires des Centrafricains, en assurant notamment la soutenabilité des finances publiques et en apportant un appui aux secteurs sociaux et plus particulièrement celui de la santé.
Dans le cadre multilatéral, la Ministre a salué la contribution de la partie française aux efforts de stabilisation de la République Centrafricaine de la mission onusienne, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation de la République centrafricaine (MINUSCA), ainsi que les missions européennes, la Mission de formation de l’Union européenne en République centrafricaine (EUTM RCA) et la Mission de conseil de l’Union européenne en République centrafricaine (EUAM RCA).
Ils ont conclu leur entretien en se félicitant de la qualité des échanges et ont exprimé leur volonté de poursuivre le dialogue dans un esprit d’amitié et de coopération, conformément à la Feuille de Route.
Lors de sa visite de travail, le Ministre Jean-Noël Barrot a inauguré en présence des personnalités centrafricaines l’ouverture du bureau d’Expertise France et le lancement du nouveau bâtiment de l’institut Pasteur de Bangui.
Il a achevé son séjour centrafricain par une audience de courtoisie auprès de Son Excellence Professeur Faustin Archange TOUADERA, Président de la République, audience au cours de laquelle le Ministre français a réitéré l’invitation du Président français à son homologue centrafricain, à prendre part au Sommet Africa Forward co-organisé par la France et le Kenya, qui se tiendra à Nairobi les 11 et 12 mai prochains.
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« pendant que le pays s’enlise, la classe politique s’écharpe sur les réseaux »

Le deuxième vice-président national du Social Democratic Front (SDF), Louis Marie Kakdeu, appelle la classe politique camerounaise à recentrer le débat sur les problèmes économiques et sociaux du pays, dénonçant une vie politique qu’il estime de plus en plus dominée par les querelles sur les réseaux sociaux.
Dans une tribune publiée samedi, intitulée « Le clash comme programme politique, ou comment le régime dort tranquille », l’économiste et universitaire estime qu’une partie de l’opposition consacre désormais davantage d’énergie aux affrontements entre personnalités qu’aux propositions destinées à répondre aux difficultés quotidiennes des Camerounais.
« Pendant que le pays se noie, s’éteint et s’enlise, une néo-classe politique s’écharpe sur les réseaux sociaux », écrit-il.
Louis Marie Kakdeu cite notamment les difficultés liées aux infrastructures routières, aux approvisionnements en gaz, au coût de la vie et au chômage. Il déplore que ces sujets suscitent, selon lui, moins d’attention sur les réseaux sociaux que les polémiques entre responsables politiques.
Lire la tribune de Louis Marie Kakdeu :
« Cameroun : le clash comme programme politique, ou comment le régime dort tranquille
Coup de gueule : Pendant que le pays se noie, s’éteint et s’enlise, une néo-classe politique s’écharpe sur les réseaux sociaux. Le pouvoir n’a même plus besoin de se défendre. Les informations sur la mauvaise gouvernance du pays font beaucoup moins de bruit que la querelle de personnes. Ce n’est pas un accident. C’est un système. Et la néo-opposition dite « radicale » a pour mission d’aider le régime en place à distraire le peuple.
Une distraction regrettable
L’on met désormais 4 heures de temps en voiture entre Douala (Yassa) et Edéa (moins de 50 km), mais le citoyen qui est assis au fond d’un bus crasseux dans lequel il pleut ne se plaindra ni de la pluie qui tombe sur sa tête, ni de l’état de la route en dégradation avancée. Il cherche plutôt à sauver son téléphone et à se plaindre des problèmes de connexion internet qui l’empêchent de suivre en direct les clashes sur les réseaux sociaux : on y parle de tout sauf des milliers de Camerounais qui meurent sur les routes, de la pénurie de gaz, de la cherté du coût de la vie, du chômage massif, etc. On ne parle pas de ce qui accable le régime et qui concerne la vie quotidienne des citoyens. L’image de ce paradoxe camerounais est que les chômeurs ont voté le 12 octobre 2025 pour le ministre qui les a maintenus au chômage et qui leur a servi le bluff.
Le clash comme programme
Nous avons désormais une vie politique rythmée par des querelles, pas par des idées. Depuis la présidentielle d’octobre 2025, qu’a-t-on surtout débattu ? Des rumeurs de mœurs, des histoires d’argent, des « révélations » sans preuve et des audios « fuités ». Elles font cliquer, mais elles n’ont jamais produit un kilomètre de route ni un litre d’eau. Des procès en trahison sont le sport favori de certains. Il s’agit des débats sur la moralité des personnalités politiques comme s’il y avait un seul « saint » sur terre : « Que celui ou celle qui est saint(e) jette en premier la pierre sur l’autre ! ».
Vous voyez des gens dont les vies sont entièrement sales qui estiment que la vie des autres est sale. Un vrai paradoxe camerounais. On estime que la vie des personnalités politiques doit être « propre » comme si l’on était au ciel ou comme si l’on interdisait à certains d’être aussi « personnalités politiques » ou de le devenir pour monter le bon exemple. Une posture caractéristique d’un déficit criard d’engagement citoyen au Cameroun. Chaque jour, une part de l’énergie militante est dépensée à partager, commenter ou démentir des rumeurs.
Qui profite du bruit ?
La réponse est simple : le pouvoir en place. Un régime qui dure depuis plus de quarante ans n’a qu’un ennemi sérieux : le bilan. Tout débat sur les résultats l’oblige à répondre du délestage, du prix de l’eau, des chantiers inachevés, des budgets engloutis. Il n’a donc qu’un intérêt : que le débat porte sur autre chose. Chaque polémique entre néo-opposants lui offre ce cadeau. Avant les scrutins à venir, le régime affiche une retenue décrite comme de la discipline, pendant qu’une agitation désordonnée règne dans plusieurs camps de la néo-opposition. Le pouvoir peut se taire : la néo-opposition parle à sa place, et parle d’elle-même.
C’est le point le plus douloureux. Une partie de la néo-opposition qui se dit « radicale » a fait de la posture un projet : la dénonciation permanente, l’anathème contre ceux qui participent, le boycott érigé en principe, le « tout ou rien ». Elle vit du clash parce que le clash produit de l’audience, et l’audience passe pour une légitimité. Or, ni l’une ni l’autre ne remplacent une offre politique.
Le résultat est mécanique : Tant que « radical » signifie « celui qui hurle le plus fort », il n’y a ni programme chiffré, ni équipe prête à gouverner, ni ancrage local durable. Et le régime peut se présenter comme le seul acteur capable de gérer un État. On ne renverse pas un système avec des punchlines : on l’use par des propositions. Et c’est mon message principal aux citoyens camerounais. Je ne m’attends pas à être entendu ; je ne suis pas dupe. Mais je joue mon rôle.
À l’inverse, l’opposition authentique, celle qui fait le travail patient (élus locaux, programmes sur l’eau, l’énergie, la décentralisation, contre-budgets, contrôle de l’action gouvernementale), n’a ni les plateaux ni les partages. On dit de cette opposition qu’elle est invisible dans l’espace public qui récompense le scandale. Elle est pourtant la seule à préparer l’alternance et l’alternative pour de bon, celle qui permettra de gouverner ensuite et de gouverner utilement.
Le Cameroun n’a pas besoin d’un feuilleton de plus. Il a besoin d’eau, de courant, de routes, de caniveaux qui ne débordent pas. Tant que les acteurs politiques préféreront le buzz et le bluff, les Camerounais continueront de payer la note, et le régime dormira tranquille.
Louis Marie Kakdeu, MPA, PhD & HDR
Deuxième Vice-Président National du SDF
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