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Assurances : le Camerounais Éric Kouaghu Tchuisseu prend la tête de la CIMA, régulateur de 14 marchés africains

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Assurances : le Camerounais Éric Kouaghu Tchuisseu prend la tête de la CIMA, régulateur de 14 marchés africains
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(Investir au Cameroun) – Le Camerounais Éric Rochereau Kouaghu Tchuisseu a été porté au poste de secrétaire général de la Conférence interafricaine des marchés d’assurances (CIMA), l’organe de régulation du secteur dans 14 pays d’Afrique centrale et de l’Ouest. L’information a été révélée à Douala, à l’occasion d’une rencontre entre le nouveau promu et les opérateurs du secteur réunis au sein de l’Association des sociétés d’assurances du Cameroun (ASAC).

La CIMA encadre les marchés de l’assurance de six pays d’Afrique centrale — Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Tchad, Guinée équatoriale — et de huit pays d’Afrique de l’Ouest — Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo.

Éric Rochereau Kouaghu Tchuisseu prendra officiellement ses fonctions le 1er avril 2026 à Libreville, siège de la CIMA, où il succédera à son compatriote Blaise Abel Ezo’o Engolo, en fin de mandat. Ce dernier occupait le poste depuis 2021.

Un profil issu de l’administration des assurances

Avant sa nomination à la tête de l’institution communautaire, Éric Rochereau Kouaghu Tchuisseu évoluait à la direction nationale des assurances du ministère camerounais des Finances. Il y a successivement occupé les fonctions de chargé d’études assistant, puis de chef de l’inspection des assurances et des affaires connexes.

Sa nomination intervient dans un contexte où la CIMA reste confrontée à plusieurs chantiers structurels : respect de la réglementation sur le capital minimum des compagnies, assainissement du secteur, diffusion de la culture de l’assurance dans des économies où la pénétration reste faible, mais aussi consolidation de la confiance des assurés.

Un taux de pénétration parmi les plus faibles

Le principal défi tient à la faiblesse persistante du marché. Selon les dernières données officielles disponibles, le taux de pénétration de l’assurance dans les 14 pays de la CIMA avoisinait 1 % en 2022. À titre de comparaison, il ressortait la même année à 11,3 % en Afrique du Sud, 3,9 % au Maroc, 2,2 % en Tunisie, 8,7 % en France et 6,8 % dans le monde.

Ce faible niveau traduit à la fois un déficit de couverture et un potentiel de croissance important pour les opérateurs. Le désintérêt relatif des populations pour l’assurance s’explique notamment par la méfiance envers les assureurs, le poids du secteur informel et la faible connaissance des produits proposés.

Pour élargir la base du marché, plusieurs leviers sont régulièrement avancés : digitalisation des activités, développement de la micro-assurance et de l’assurance agricole, renforcement de l’éducation financière, extension des assurances obligatoires et amélioration de la relation de confiance entre compagnies et assurés.

Un marché dominé par l’Afrique de l’Ouest

Créée le 10 juillet 1992 à Yaoundé, la CIMA supervise un marché dont le chiffre d’affaires atteignait 1 699,54 milliards FCFA en 2022, en progression de 12,6 % sur un an.

Selon les données officielles, ce marché reste largement dominé par les compagnies opérant en Afrique de l’Ouest. En 2022, elles représentaient 66,9 % des parts de marché dans la branche non-vie et 78,4 % dans la branche vie.

Brice R. Mbodiam

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« pendant que le pays s’enlise, la classe politique s’écharpe sur les réseaux »

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« pendant que le pays s’enlise, la classe politique s’écharpe sur les réseaux »
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Le deuxième vice-président national du Social Democratic Front (SDF), Louis Marie Kakdeu, appelle la classe politique camerounaise à recentrer le débat sur les problèmes économiques et sociaux du pays, dénonçant une vie politique qu’il estime de plus en plus dominée par les querelles sur les réseaux sociaux.

Dans une tribune publiée samedi, intitulée « Le clash comme programme politique, ou comment le régime dort tranquille », l’économiste et universitaire estime qu’une partie de l’opposition consacre désormais davantage d’énergie aux affrontements entre personnalités qu’aux propositions destinées à répondre aux difficultés quotidiennes des Camerounais.

« Pendant que le pays se noie, s’éteint et s’enlise, une néo-classe politique s’écharpe sur les réseaux sociaux », écrit-il.

Louis Marie Kakdeu cite notamment les difficultés liées aux infrastructures routières, aux approvisionnements en gaz, au coût de la vie et au chômage. Il déplore que ces sujets suscitent, selon lui, moins d’attention sur les réseaux sociaux que les polémiques entre responsables politiques.

Lire la tribune de Louis Marie Kakdeu :

« Cameroun : le clash comme programme politique, ou comment le régime dort tranquille

Coup de gueule : Pendant que le pays se noie, s’éteint et s’enlise, une néo-classe politique s’écharpe sur les réseaux sociaux. Le pouvoir n’a même plus besoin de se défendre. Les informations sur la mauvaise gouvernance du pays font beaucoup moins de bruit que la querelle de personnes. Ce n’est pas un accident. C’est un système. Et la néo-opposition dite « radicale » a pour mission d’aider le régime en place à distraire le peuple.

Une distraction regrettable

L’on met désormais 4 heures de temps en voiture entre Douala (Yassa) et Edéa (moins de 50 km), mais le citoyen qui est assis au fond d’un bus crasseux dans lequel il pleut ne se plaindra ni de la pluie qui tombe sur sa tête, ni de l’état de la route en dégradation avancée. Il cherche plutôt à sauver son téléphone et à se plaindre des problèmes de connexion internet qui l’empêchent de suivre en direct les clashes sur les réseaux sociaux : on y parle de tout sauf des milliers de Camerounais qui meurent sur les routes, de la pénurie de gaz, de la cherté du coût de la vie, du chômage massif, etc. On ne parle pas de ce qui accable le régime et qui concerne la vie quotidienne des citoyens. L’image de ce paradoxe camerounais est que les chômeurs ont voté le 12 octobre 2025 pour le ministre qui les a maintenus au chômage et qui leur a servi le bluff.

Le clash comme programme

Nous avons désormais une vie politique rythmée par des querelles, pas par des idées. Depuis la présidentielle d’octobre 2025, qu’a-t-on surtout débattu ? Des rumeurs de mœurs, des histoires d’argent, des « révélations » sans preuve et des audios « fuités ». Elles font cliquer, mais elles n’ont jamais produit un kilomètre de route ni un litre d’eau. Des procès en trahison sont le sport favori de certains. Il s’agit des débats sur la moralité des personnalités politiques comme s’il y avait un seul « saint » sur terre : « Que celui ou celle qui est saint(e) jette en premier la pierre sur l’autre ! ».

Vous voyez des gens dont les vies sont entièrement sales qui estiment que la vie des autres est sale. Un vrai paradoxe camerounais. On estime que la vie des personnalités politiques doit être « propre » comme si l’on était au ciel ou comme si l’on interdisait à certains d’être aussi « personnalités politiques » ou de le devenir pour monter le bon exemple. Une posture caractéristique d’un déficit criard d’engagement citoyen au Cameroun. Chaque jour, une part de l’énergie militante est dépensée à partager, commenter ou démentir des rumeurs.

Qui profite du bruit ?

La réponse est simple : le pouvoir en place. Un régime qui dure depuis plus de quarante ans n’a qu’un ennemi sérieux : le bilan. Tout débat sur les résultats l’oblige à répondre du délestage, du prix de l’eau, des chantiers inachevés, des budgets engloutis. Il n’a donc qu’un intérêt : que le débat porte sur autre chose. Chaque polémique entre néo-opposants lui offre ce cadeau. Avant les scrutins à venir, le régime affiche une retenue décrite comme de la discipline, pendant qu’une agitation désordonnée règne dans plusieurs camps de la néo-opposition. Le pouvoir peut se taire : la néo-opposition parle à sa place, et parle d’elle-même.

C’est le point le plus douloureux. Une partie de la néo-opposition qui se dit « radicale » a fait de la posture un projet : la dénonciation permanente, l’anathème contre ceux qui participent, le boycott érigé en principe, le « tout ou rien ». Elle vit du clash parce que le clash produit de l’audience, et l’audience passe pour une légitimité. Or, ni l’une ni l’autre ne remplacent une offre politique.

Le résultat est mécanique : Tant que « radical » signifie « celui qui hurle le plus fort », il n’y a ni programme chiffré, ni équipe prête à gouverner, ni ancrage local durable. Et le régime peut se présenter comme le seul acteur capable de gérer un État. On ne renverse pas un système avec des punchlines : on l’use par des propositions. Et c’est mon message principal aux citoyens camerounais. Je ne m’attends pas à être entendu ; je ne suis pas dupe. Mais je joue mon rôle.

À l’inverse, l’opposition authentique, celle qui fait le travail patient (élus locaux, programmes sur l’eau, l’énergie, la décentralisation, contre-budgets, contrôle de l’action gouvernementale), n’a ni les plateaux ni les partages. On dit de cette opposition qu’elle est invisible dans l’espace public qui récompense le scandale. Elle est pourtant la seule à préparer l’alternance et l’alternative pour de bon, celle qui permettra de gouverner ensuite et de gouverner utilement.

Le Cameroun n’a pas besoin d’un feuilleton de plus. Il a besoin d’eau, de courant, de routes, de caniveaux qui ne débordent pas. Tant que les acteurs politiques préféreront le buzz et le bluff, les Camerounais continueront de payer la note, et le régime dormira tranquille.

Louis Marie Kakdeu, MPA, PhD & HDR
Deuxième Vice-Président National du SDF

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