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un incendie ravage cinq dortoirs d’un collège en pleine nuit

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un incendie ravage cinq dortoirs d’un collège en pleine nuit
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La panique s’est emparée des étudiants tôt samedi 14 mars, après qu’un incendie a ravagé au moins cinq dortoirs du All Saints Catholic Comprehensive College de Bayelle, à Bamenda.

L’incident, survenu vers 2h20 du matin, a contraint les étudiants à fuir leurs chambres tandis que les flammes se propageaient rapidement dans une partie du bâtiment, réduisant en cendres leurs effets personnels et provoquant une vive inquiétude sur le campus.

Selon le chef de l’unité de secours de l’armée camerounaise, l’adjudant-chef Taku Paul, l’équipe de secours est intervenue immédiatement après avoir reçu un appel de détresse aux premières heures du matin.

« Nous avons reçu un appel vers 2h20 signalant un incendie au collège. Nous nous sommes immédiatement rendus sur place et avons constaté que de nombreux enfants, garçons et filles, se trouvaient à l’extérieur, provenant du dortoir. Notre priorité était de trouver un endroit sûr où les mettre à l’abri avant d’intervenir pour éteindre le feu », a-t-il expliqué.

À leur arrivée, les secouristes ont découvert d’importantes flammes qui ravageaient plusieurs chambres du bâtiment.

«Dans ce dortoir, une immense flamme jaillissait de toutes parts, touchant environ cinq chambres», a déclaré l’adjudant-chef Taku Paul.

«La première étape a consisté à mettre les élèves en sécurité, puis à circonscrire l’incendie pour empêcher sa propagation aux autres bâtiments.»

La situation a été compliquée par la panique des élèves qui se sont précipités hors des dortoirs, pris de peur. Cependant, les autorités scolaires, notamment les prêtres et les religieuses présents sur le campus, ont aidé à organiser et à calmer les élèves pendant que les pompiers luttaient contre les flammes.

«Ce n’était pas facile, car la panique était générale», a ajouté Taku Paul. «Mais grâce à l’aide des autorités scolaires, du père et des sœurs présents, nous avons pu mettre les élèves en sécurité et les rassurer.»

Incendie maîtrisé

L’unité de secours de l’armée a finalement réussi à maîtriser l’incendie, empêchant ainsi sa propagation aux autres bâtiments de l’établissement.

Bien qu’aucun décès ne soit à déplorer, deux élèves ont été légèrement blessés en fuyant les dortoirs. L’incendie a cependant détruit les effets personnels des élèves, laissant nombre d’entre eux sans ressources essentielles.

Suite à l’incident, l’adjudant-chef Taku Paul a appelé les écoles, les marchés et les églises à renforcer leurs mesures de sécurité incendie, notamment en installant des extincteurs et en apprenant à les utiliser correctement.

« J’exhorte tous les établissements – écoles, marchés et églises – à non seulement se munir d’extincteurs, mais aussi à veiller à ce que le personnel sache s’en servir », a-t-il déclaré. « Le personnel de nuit et les employés doivent être formés afin de pouvoir maîtriser un départ de feu avant l’arrivée des secours. »

La cause de l’incendie n’a pas encore été officiellement établie. Entre-temps, les autorités scolaires évaluent l’étendue des dégâts et mettent en place des solutions temporaires pour les élèves touchés.

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« pendant que le pays s’enlise, la classe politique s’écharpe sur les réseaux »

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« pendant que le pays s’enlise, la classe politique s’écharpe sur les réseaux »
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Le deuxième vice-président national du Social Democratic Front (SDF), Louis Marie Kakdeu, appelle la classe politique camerounaise à recentrer le débat sur les problèmes économiques et sociaux du pays, dénonçant une vie politique qu’il estime de plus en plus dominée par les querelles sur les réseaux sociaux.

Dans une tribune publiée samedi, intitulée « Le clash comme programme politique, ou comment le régime dort tranquille », l’économiste et universitaire estime qu’une partie de l’opposition consacre désormais davantage d’énergie aux affrontements entre personnalités qu’aux propositions destinées à répondre aux difficultés quotidiennes des Camerounais.

« Pendant que le pays se noie, s’éteint et s’enlise, une néo-classe politique s’écharpe sur les réseaux sociaux », écrit-il.

Louis Marie Kakdeu cite notamment les difficultés liées aux infrastructures routières, aux approvisionnements en gaz, au coût de la vie et au chômage. Il déplore que ces sujets suscitent, selon lui, moins d’attention sur les réseaux sociaux que les polémiques entre responsables politiques.

Lire la tribune de Louis Marie Kakdeu :

« Cameroun : le clash comme programme politique, ou comment le régime dort tranquille

Coup de gueule : Pendant que le pays se noie, s’éteint et s’enlise, une néo-classe politique s’écharpe sur les réseaux sociaux. Le pouvoir n’a même plus besoin de se défendre. Les informations sur la mauvaise gouvernance du pays font beaucoup moins de bruit que la querelle de personnes. Ce n’est pas un accident. C’est un système. Et la néo-opposition dite « radicale » a pour mission d’aider le régime en place à distraire le peuple.

Une distraction regrettable

L’on met désormais 4 heures de temps en voiture entre Douala (Yassa) et Edéa (moins de 50 km), mais le citoyen qui est assis au fond d’un bus crasseux dans lequel il pleut ne se plaindra ni de la pluie qui tombe sur sa tête, ni de l’état de la route en dégradation avancée. Il cherche plutôt à sauver son téléphone et à se plaindre des problèmes de connexion internet qui l’empêchent de suivre en direct les clashes sur les réseaux sociaux : on y parle de tout sauf des milliers de Camerounais qui meurent sur les routes, de la pénurie de gaz, de la cherté du coût de la vie, du chômage massif, etc. On ne parle pas de ce qui accable le régime et qui concerne la vie quotidienne des citoyens. L’image de ce paradoxe camerounais est que les chômeurs ont voté le 12 octobre 2025 pour le ministre qui les a maintenus au chômage et qui leur a servi le bluff.

Le clash comme programme

Nous avons désormais une vie politique rythmée par des querelles, pas par des idées. Depuis la présidentielle d’octobre 2025, qu’a-t-on surtout débattu ? Des rumeurs de mœurs, des histoires d’argent, des « révélations » sans preuve et des audios « fuités ». Elles font cliquer, mais elles n’ont jamais produit un kilomètre de route ni un litre d’eau. Des procès en trahison sont le sport favori de certains. Il s’agit des débats sur la moralité des personnalités politiques comme s’il y avait un seul « saint » sur terre : « Que celui ou celle qui est saint(e) jette en premier la pierre sur l’autre ! ».

Vous voyez des gens dont les vies sont entièrement sales qui estiment que la vie des autres est sale. Un vrai paradoxe camerounais. On estime que la vie des personnalités politiques doit être « propre » comme si l’on était au ciel ou comme si l’on interdisait à certains d’être aussi « personnalités politiques » ou de le devenir pour monter le bon exemple. Une posture caractéristique d’un déficit criard d’engagement citoyen au Cameroun. Chaque jour, une part de l’énergie militante est dépensée à partager, commenter ou démentir des rumeurs.

Qui profite du bruit ?

La réponse est simple : le pouvoir en place. Un régime qui dure depuis plus de quarante ans n’a qu’un ennemi sérieux : le bilan. Tout débat sur les résultats l’oblige à répondre du délestage, du prix de l’eau, des chantiers inachevés, des budgets engloutis. Il n’a donc qu’un intérêt : que le débat porte sur autre chose. Chaque polémique entre néo-opposants lui offre ce cadeau. Avant les scrutins à venir, le régime affiche une retenue décrite comme de la discipline, pendant qu’une agitation désordonnée règne dans plusieurs camps de la néo-opposition. Le pouvoir peut se taire : la néo-opposition parle à sa place, et parle d’elle-même.

C’est le point le plus douloureux. Une partie de la néo-opposition qui se dit « radicale » a fait de la posture un projet : la dénonciation permanente, l’anathème contre ceux qui participent, le boycott érigé en principe, le « tout ou rien ». Elle vit du clash parce que le clash produit de l’audience, et l’audience passe pour une légitimité. Or, ni l’une ni l’autre ne remplacent une offre politique.

Le résultat est mécanique : Tant que « radical » signifie « celui qui hurle le plus fort », il n’y a ni programme chiffré, ni équipe prête à gouverner, ni ancrage local durable. Et le régime peut se présenter comme le seul acteur capable de gérer un État. On ne renverse pas un système avec des punchlines : on l’use par des propositions. Et c’est mon message principal aux citoyens camerounais. Je ne m’attends pas à être entendu ; je ne suis pas dupe. Mais je joue mon rôle.

À l’inverse, l’opposition authentique, celle qui fait le travail patient (élus locaux, programmes sur l’eau, l’énergie, la décentralisation, contre-budgets, contrôle de l’action gouvernementale), n’a ni les plateaux ni les partages. On dit de cette opposition qu’elle est invisible dans l’espace public qui récompense le scandale. Elle est pourtant la seule à préparer l’alternance et l’alternative pour de bon, celle qui permettra de gouverner ensuite et de gouverner utilement.

Le Cameroun n’a pas besoin d’un feuilleton de plus. Il a besoin d’eau, de courant, de routes, de caniveaux qui ne débordent pas. Tant que les acteurs politiques préféreront le buzz et le bluff, les Camerounais continueront de payer la note, et le régime dormira tranquille.

Louis Marie Kakdeu, MPA, PhD & HDR
Deuxième Vice-Président National du SDF

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