Actualités locales
Finance islamique : l’EMF Savana vise jusqu’à 30 milliards de FCFA auprès de la diaspora pour l’immobilier et l’agro-industrie

(Investir au Cameroun) – Savana Finance, établissement de microfinance spécialisé dans la finance islamique, veut mobiliser entre 15 et 30 milliards de FCFA auprès de la diaspora camerounaise d’ici 24 mois via sa plateforme Savana Diaspora Connects. Le management présente l’outil comme une plateforme intégrée d’épargne, d’investissement et d’accompagnement opérationnel, structurée autour des principes de la finance islamique : adossement à des actifs réels et partage du risque.
Les capitaux ciblés doivent être orientés vers des secteurs jugés prioritaires : immobilier structurant et productif, PME à fort potentiel d’emplois, agro-industrie, transformation locale, modernisation agricole, équipement productif et services essentiels. L’objectif affiché est de convertir des transferts privés, souvent éclatés, en ressources plus structurées et mobilisables pour l’économie réelle.
Selon Oumarou Mouctar, administrateur directeur général de Savana Finance, l’ambition est de « transformer des flux financiers souvent informels et dispersés en investissements productifs, traçables et durables, capables de structurer des chaînes de valeur et de renforcer la résilience économique du Cameroun ».
Derrière la promesse, l’enjeu est double. D’un côté, capter une partie d’une épargne extérieure généralement orientée vers la consommation des ménages et des dépenses ponctuelles. De l’autre, faire accepter à des souscripteurs parfois éloignés des réalités opérationnelles locales une logique d’investissement — donc de risque — tout en encadrant ce risque par des actifs tangibles, conformément aux principes annoncés. La crédibilité du dispositif se jouera ainsi autant sur la capacité à sourcer des projets bancables que sur la qualité du suivi, de la transparence et de la traçabilité, éléments décisifs pour une diaspora qui arbitre souvent entre plusieurs pays et plusieurs supports.
Un positionnement de “catalyseur” et une cible à cinq ans
Savana Finance revendique une approche de long terme et refuse de se présenter comme « un simple collecteur de fonds, mais comme un catalyseur institutionnel de l’investissement diaspora, avec une vision de long terme ». Dans cette logique, l’établissement vise un volume cumulé compris entre 100 et 150 milliards de FCFA à l’horizon de cinq ans.
La trajectoire annoncée suppose un passage d’une logique de collecte à une logique d’origination et de gestion de portefeuille. Autrement dit : identifier des projets, structurer des véhicules d’investissement compatibles avec la finance islamique, sécuriser les flux, puis démontrer — sur plusieurs cycles — une exécution régulière (décaissements, suivi des actifs, retours sur investissement). Sur des segments comme l’immobilier et l’agro-industrie, les délais de maturation et les risques d’exécution (foncier, chaîne logistique, variabilité des rendements) pèsent mécaniquement sur la liquidité et sur la promesse de performance. En creux, la plateforme devra clarifier l’équilibre entre rendement attendu, horizon d’investissement et mécanismes de partage du risque — point sensible pour des souscripteurs habitués à des produits d’épargne plus “linéaires”.
La stratégie s’appuie sur un constat macroéconomique : la diaspora camerounaise est de plus en plus identifiée comme un levier de financement de la croissance. Estimée à environ 6 millions de personnes à travers le monde, elle a transféré vers le Cameroun plus de 362 milliards de FCFA en 2024, selon la Banque mondiale, soit 1,1 % du PIB.
Rapporté à cet ordre de grandeur, l’objectif de 15 à 30 milliards de FCFA sur 24 mois revient à capter une fraction limitée des flux annuels, mais avec un changement de nature : passer du transfert à l’investissement. C’est précisément là que se situe l’enjeu macroéconomique : si la plateforme parvient à “allonger” la ressource (épargne-investissement) et à la diriger vers des actifs productifs, elle peut contribuer à lisser une contrainte récurrente de financement des projets et des PME. À l’inverse, si la collecte progresse sans pipeline solide de projets, le risque est de créer une ressource abondante mais difficile à déployer, ou exposée à des concentrations sectorielles.
Ludovic Amara
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le CERAC remet 16 000 tables-bancs aux écoles

Le Cercle des amis du Cameroun (CERAC) a remis samedi 16 000 tables-bancs aux écoles primaires publiques du département du Mayo-Louti, dans la région du Nord, ainsi que des intrants agricoles, du matériel de production et divers appuis au Centre de promotion de la femme et de la famille de Guider.
La cérémonie s’est tenue dans la cour de l’école publique de Sanguéré, en présence notamment du gouverneur de la région du Nord, Jean Abate Edi’i, du ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Gabriel Mbaïrobé, et du préfet du Mayo-Louti, Tam Likeng Richard Marcel.
La délégation du CERAC était conduite par le Dr Grace Dion Ngute, représentante personnelle de la Première Dame Chantal Biya, présidente fondatrice de l’organisation.
Au-delà des tables-bancs destinés aux établissements scolaires, l’appui comprenait notamment des intrants agricoles et du matériel de production. Des aides multiformes ont également été accordées au Centre de promotion de la femme et de la famille de Guider.
La cérémonie a été ponctuée de danses, de prestations culturelles et de sketchs présentés par les bénéficiaires. Plusieurs intervenants ont salué une initiative qui, selon eux, répond à des besoins particulièrement importants dans le département.
Les bénéficiaires ont exprimé leur gratitude à la Première Dame pour ces différents appuis, présentés comme un soutien aux communautés locales, notamment dans les domaines de l’éducation, de l’agriculture et de l’autonomisation des femmes.
La rencontre s’est déroulée en présence des autorités administratives, traditionnelles et religieuses ainsi que de plusieurs élites du Mayo-Louti.
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335 millions FCFA du Cameroun bloqués au Qatar

Yaoundé veut récupérer 660 000 dollars US versés dans le cadre d’une opération liée à la maintenance d’un hélicoptère présidentiel. Mais au Qatar, la procédure engagée pour récupérer ces fonds est momentanément stoppée par une exigence judiciaire sur le mandat de l’avocat du Cameroun.
L’affaire oppose désormais l’État camerounais à la procédure de liquidation de Horizon Crescent Wealth LLC (HCW), société établie au Qatar Financial Centre. Au cœur du dossier : 660 000 dollars, soit environ 335 millions de FCFA, dont Yaoundé revendique la restitution.
L’affaire remonte à une transaction conclue en janvier 2018 pour la maintenance et la réparation d’un hélicoptère destiné à la présidence de la République. Les fonds, initialement engagés auprès d’une filiale appelée à achever les prestations, auraient finalement été transférés à la société mère HCW. Quelques semaines plus tard, les comptes de cette dernière ont fait l’objet d’un gel conservatoire dans le cadre d’une enquête réglementaire.
L’argent s’est alors retrouvé immobilisé parmi les avoirs de la société, désormais placée dans une procédure de liquidation. Le Cameroun a saisi la Cour civile et commerciale du Qatar Financial Centre le 21 janvier 2025 pour tenter d’en obtenir la restitution. Mais le 24 février 2025, la juridiction qatarie a exigé une clarification formelle du pouvoir de représentation de l’avocat genevois Jean Orso, mandaté pour agir au nom de l’État camerounais.
Ce n’est donc pas encore le fond du dossier qui est en jeu, mais une pièce essentielle de la bataille judiciaire : le mandat permettant à l’avocat de représenter valablement le Cameroun. La justice qatarie n’a, à ce stade, ni ordonné la restitution des 660 000 dollars ni définitivement rejeté la prétention camerounaise. Yaoundé défend une position particulièrement stratégique : il ne demande pas simplement à figurer parmi les créanciers de HCW, mais soutient que ces 660 000 dollars constituent des fonds lui appartenant directement, qui devraient être retirés de la masse des actifs de la liquidation.
Reste désormais au Cameroun à régulariser la représentation de son conseil et à démontrer, pièces à l’appui, la traçabilité des fonds. En attendant, 335 millions de FCFA revendiqués par l’État camerounais demeurent immobilisés au Qatar, au cœur d’un contentieux international dont l’issue reste incertaine. Tant que ces éléments ne sont pas établis devant la juridiction qatarie, les 335 millions de FCFA restent hors de portée immédiate des caisses publiques.
Au-delà du contentieux commercial, l’affaire pose donc une question de gestion des deniers publics : quelles garanties ont entouré le versement de cette somme en 2018, quel suivi a été effectué après le transfert des fonds et quelles mesures ont été prises pour préserver les intérêts financiers de l’État ? La justice qatarie n’a pas encore tranché la propriété de l’argent. Mais elle impose désormais à Yaoundé de produire les preuves et les habilitations nécessaires pour espérer récupérer ces fonds.
Source : Esbi Media
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