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MOH SYLVESTER TANGONGHO : « Nous nous endettons dans une trajectoire maîtrisée et transparente »

Défis Actuels : Certains observateurs estiment que l’État multiplie les emprunts sans visibilité sur le remboursement. La dette est-elle réellement soutenable ?
MOH SYLVESTER TANGONGHO: Il est essentiel de dissiper cette perception. L’endettement du Cameroun ne se fait ni dans l’improvisation ni dans l’opacité. Chaque opération s’inscrit dans une stratégie d’endettement à moyen terme, annexée systématiquement à la loi de finances et transmise au Parlement. Cela signifie que la trajectoire de la dette est planifiée, modélisée et suivie selon des indicateurs précis de soutenabilité. Notre approche repose sur un principe clair : ne pas transférer aux générations futures une dette dont le remboursement serait insoutenable. Lorsque nous mobilisons des ressources, nous avons une visibilité sur l’échéancier, le coût et l’impact budgétaire. Prenons le cas du prêt de 400 milliards récemment contracté sur le marché international. Il s’agit d’un emprunt sur sept ans, avec un remboursement étalé sur cinq ans, à hauteur d’environ 80 milliards par an. Ce n’est donc pas un choc budgétaire brutal concentré sur une seule année. Ce type de structuration permet d’intégrer la charge dans la programmation budgétaire sans déséquilibrer les finances publiques. La soutenabilité n’est pas un slogan : c’est un cadre technique, validé par des analyses macroéconomiques, qui guide toutes nos décisions.
Défis Actuels : La diaspora représente un gisement financier considérable. Pourquoi cet axe devient-il prioritaire ?
MOH SYLVESTER TANGONGHO: Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2025, les transferts de la diaspora ont atteint environ 650 milliards de FCFA. Sur les cinq dernières années, la moyenne annuelle se situe autour de 450 milliards. C’est un volume supérieur à certaines lignes de financement classiques. Cependant, ces fonds sont majoritairement orientés vers la consommation ou l’assistance sociale : frais médicaux, soutien familial, scolarité, dépenses courantes. Ce sont des flux utiles, mais qui n’alimentent pas suffisamment l’investissement structurant. Notre réflexion consiste à canaliser une partie de ces ressources vers des instruments dédiés, comme les Diaspora Bonds. Des pays africains comme le Sénégal ou l’Éthiopie ont démontré qu’il existe une forte disposition des ressortissants à investir dans leur pays d’origine, à condition que les mécanismes soient clairs, transparents et attractifs. L’intérêt est double : pour la diaspora, il s’agit d’un placement sécurisé et patriotique ; pour l’État, c’est une diversification des sources de financement, moins dépendante des marchés traditionnels.
Défis Actuels : La question de la double nationalité a été présentée comme un frein. Comment comptez-vous lever cet obstacle ?
MOH SYLVESTER TANGONGHO : La préoccupation a été soulevée à plusieurs reprises durant les échanges. Certains membres de la diaspora estiment que l’absence de reconnaissance formelle de la double nationalité crée une forme d’incertitude symbolique ou juridique. En tant qu’administration financière, notre rôle est de remonter ces préoccupations à la hiérarchie. La question dépasse le seul cadre du Trésor : elle touche à des considérations institutionnelles et politiques plus larges. Cela dit, il est important d’apporter une précision technique : l’investissement financier ne dépend pas nécessairement de la nationalité. Si un Camerounais de la diaspora souscrit à un emprunt via une structure juridique ou un intermédiaire financier, la question de sa double nationalité n’est pas déterminante. Par ailleurs, les conditions d’entrée et de séjour au Cameroun sont facilitées, notamment via les visas et les cartes de séjour. Ce sont des solutions transitoires, certes, mais qui permettent déjà de sécuriser le suivi des projets d’investissement.
Défis Actuels : Vous évoquez une saturation du marché des titres publics. Quelle en est la cause structurelle ?
MOH SYLVESTER TANGONGHO : Aujourd’hui, les émissions de titres sont essentiellement absorbées par un nombre limité d’acteurs : les Spécialistes en valeurs du Trésor (SVT), quelques banques et certains investisseurs institutionnels. Or, au 30 septembre 2025, environ 65 % des titres publics étaient conservés par les banques. Ces établissements sont soumis à des plafonds réglementaires fixés par la COBAC.
Lorsqu’ils atteignent ces limites, leur capacité d’achat diminue mécaniquement, d’où l’impression de saturation. Le problème n’est donc pas l’absence d’appétit, mais la concentration des détenteurs. C’est pourquoi le développement du marché secondaire est crucial. Les banques ne doivent pas conserver les titres jusqu’à maturité ; elles doivent les céder à d’autres investisseurs — entreprises, particuliers, fonds — afin de libérer de la capacité pour de nouvelles souscriptions. Un marché secondaire dynamique fluidifie la liquidité et améliore la profondeur financière.
Défis Actuels : La digitalisation et les financements durables peuvent-ils transformer la structure du financement public ?
MOH SYLVESTER TANGONGHO: Absolument. La digitalisation permet d’élargir considérablement la base des investisseurs. Aujourd’hui, la souscription aux titres publics demeure perçue comme réservée à de grandes institutions. Nous voulons ouvrir l’accès aux petits épargnants, y compris via des plateformes Fintech. Imaginez que l’on permette à chaque citoyen de souscrire à partir de 1 000 FCFA.
Si un million de personnes participent, cela représente déjà un milliard mobilisé. Ce changement d’échelle est stratégique : au lieu de dépendre de dix institutions majeures, nous pouvons compter sur des centaines de milliers de contributeurs. Nous réfléchissons également à des emprunts ciblés par projet. Par exemple, lancer une émission dédiée à la construction d’un pont ou d’une infrastructure locale.
Les populations concernées pourraient souscrire en sachant précisément à quoi leur contribution est affectée. Cela renforce l’adhésion et la transparence. Concernant les financements durables — Green Bonds, Blue Bonds — l’enjeu principal est leur articulation avec la loi de finances, qui est annuelle. Or ces instruments exigent une préparation technique, environnementale et documentaire approfondie.
Cela suppose d’anticiper les projets bien avant leur inscription budgétaire. En définitive, le débat a confirmé une chose : la mobilisation des ressources doit être diversifiée, innovante et structurée. Mais elle doit rester arrimée à une exigence centrale — la soutenabilité de la dette et la stabilité macroéconomique. C’est cette ligne que nous entendons maintenir en 2026.
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S.E. Jean Blaise Gwet remet la question des visas Africains au cœur du débat ,ce qui attire déjà l’intérêt national et international

Visas, souveraineté, économie : Jean Blaise Gwet veut changer le regard sur l’Afrique
Jean Blaise Gwet défend une vision fondée sur la souveraineté économique, l’intégration africaine et une nouvelle approche des relations entre l’Afrique et les puissances occidentales.
Pour Jean Blaise Gwet, la question des visas ne se résume pas à une procédure administrative. Elle renvoie également aux rapports entre l’Afrique et le reste du monde, mais aussi à la capacité du continent à renforcer son autonomie économique.
Le président du Mouvement Patriotique pour le Changement du Cameroun (MPCC) défend ainsi une approche articulée autour de plusieurs axes : souveraineté économique, transformation locale des ressources, développement de l’entrepreneuriat, intégration africaine et renforcement des opportunités pour la jeunesse.
Cette vision rejoint sur plusieurs aspects des objectifs déjà inscrits dans les politiques de l’Union africaine, notamment autour de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), de l’industrialisation et de la libre circulation des personnes.
Pour de nombreux Africains, obtenir un visa pour se rendre en Europe ou en Amérique du Nord peut représenter un parcours long et coûteux.
Dossier financier, justificatifs professionnels, réservation d’hébergement, assurance, lettre d’invitation ou encore rendez-vous consulaire : les exigences peuvent être nombreuses selon la destination et le profil du demandeur.
Dans ses prises de position, Jean Blaise Gwet utilise cette réalité pour poser une question plus large : quelle place l’Afrique occupe-t-elle dans les relations internationales et comment peut-elle réduire certaines formes de dépendance extérieure ?
Son approche consiste notamment à ne pas considérer l’ouverture des frontières occidentales comme l’unique perspective offerte aux populations africaines.
Pour le responsable politique, le développement du continent doit aussi permettre aux Africains de trouver davantage d’opportunités économiques sur leur propre territoire et de renforcer les échanges entre pays africains.
Cette réflexion s’inscrit dans une vision plus globale portée par le MPCC. Le mouvement affirme notamment défendre la libre entreprise, l’égalité des chances, la justice sociale, la sécurité, l’instruction, la protection de l’environnement et le rayonnement du Cameroun.
Derrière les visas, la question de la mobilité des Africains
Le débat sur les visas dépasse la seule question touristique.
La mobilité concerne également les étudiants, les entrepreneurs, les travailleurs, les chercheurs, les investisseurs et les familles.
Pour Jean Blaise Gwet, cette situation doit conduire à s’interroger sur la capacité des Africains à circuler davantage sur leur propre continent.
Cette question n’est d’ailleurs pas étrangère aux institutions africaines.
L’Union africaine a adopté en 2018 un protocole consacré à la libre circulation des personnes, au droit de résidence et au droit d’établissement. L’objectif affiché est de favoriser progressivement la mobilité des citoyens africains et de soutenir l’intégration du continent.
Plus récemment, l’Union africaine a encore présenté la libre circulation des personnes comme une composante importante du développement du marché continental, notamment pour les entrepreneurs, les commerçants, les professionnels, les étudiants et les travailleurs.
Le sujet des visas prend donc une dimension plus large : celle de la capacité de l’Afrique à faciliter la circulation de ses propres citoyens.
Souveraineté économique : transformer plutôt que simplement exporter
Le deuxième axe de la réflexion concerne les ressources naturelles.
L’Afrique dispose d’importantes ressources minières, énergétiques et agricoles. Pourtant, une partie importante de son potentiel économique reste liée à l’exportation de matières premières.
Jean Blaise Gwet défend une approche différente : développer davantage la transformation locale afin que la valeur créée par les ressources profite davantage aux économies africaines.
L’idée est relativement simple : ne pas se limiter à extraire et exporter, mais produire, transformer et commercialiser davantage sur place.
Cette logique peut créer plusieurs niveaux d’activité économique.
Une matière première transformée localement nécessite des infrastructures, de la main-d’œuvre, des compétences techniques, des services financiers, des entreprises de transport et des réseaux de distribution.
La transformation industrielle peut ainsi créer davantage de valeur autour d’une même ressource.
Cette orientation rejoint également les objectifs de l’Union africaine, qui cherche à faire évoluer le continent d’un modèle davantage centré sur les matières premières vers des économies capables de développer davantage de valeur ajoutée et de s’intégrer aux chaînes de valeur régionales et mondiales.
Pour Jean Blaise Gwet, l’Afrique doit produire davantage
La souveraineté économique ne signifie pas nécessairement couper les relations avec les partenaires étrangers.
Elle peut également être comprise comme la volonté de disposer de davantage de capacités de production, de financement et de négociation.
Dans une interview publiée par le MPCC, Jean Blaise Gwet mettait déjà en avant la nécessité d’encourager l’investissement privé et de renforcer l’économie camerounaise. Il évoquait également la possibilité d’une monnaie africaine.
Son discours économique repose ainsi sur plusieurs leviers : investissement, industrialisation, infrastructures, agriculture, emploi et entrepreneuriat.
Dans une autre présentation de son projet, le MPCC met notamment en avant le développement agricole, les infrastructures, la santé, l’éducation, l’industrie et la transformation économique.
L’enjeu consiste donc à faire évoluer progressivement l’économie d’un modèle davantage dépendant des importations et des exportations de produits bruts vers une économie produisant davantage de biens et de services à forte valeur ajoutée.
La ZLECAf au cœur de l’intégration économique africaine
Cette vision rejoint un autre chantier majeur du continent : la Zone de libre-échange continentale africaine.
La ZLECAf vise notamment à faciliter les échanges de biens et de services entre les pays africains, à stimuler les investissements et à développer les chaînes de valeur régionales.
Pour l’Union africaine, cette intégration doit permettre aux entreprises africaines d’accéder à un marché plus vaste et de produire à une échelle supérieure.
L’organisation continentale souligne toutefois que plusieurs obstacles restent à surmonter.
Les infrastructures, les réseaux de transport, l’énergie, les procédures commerciales et l’harmonisation des réglementations constituent notamment des conditions importantes pour faire fonctionner efficacement le marché continental.
L’intégration africaine ne peut donc pas se limiter à la suppression de certaines barrières douanières.
Elle nécessite également des routes, des ports, des chemins de fer, des réseaux énergétiques, des infrastructures numériques et des systèmes financiers capables d’accompagner les échanges.
La jeunesse au centre du projet économique
La question de la jeunesse occupe également une place importante dans le discours de Jean Blaise Gwet.
Dans ses prises de position, il présente les jeunes et les femmes comme des acteurs centraux du développement économique et politique du Cameroun. Il a notamment défendu la mise en place de programmes destinés à favoriser l’emploi des jeunes et des femmes.
Cette question rejoint directement le débat sur la mobilité internationale.
Chaque année, des jeunes Africains cherchent à étudier, travailler ou entreprendre à l’étranger. Mais une autre réponse peut également consister à créer davantage d’opportunités économiques sur le continent.
Formation professionnelle, financement des petites entreprises, accès au marché, industrialisation et développement agricole deviennent alors des éléments essentiels.
L’objectif ne serait pas de supprimer la mobilité internationale, mais de permettre à davantage de jeunes de considérer le départ comme une possibilité parmi d’autres plutôt que comme l’unique perspective économique.
Un projet politique qui dépasse la seule question économique
Le programme du MPCC ne se limite pas aux questions de souveraineté et d’intégration économique.
Le mouvement affirme également défendre la dignité de la personne, la diffusion de la culture et de l’instruction, la libre entreprise, l’État de droit, la justice sociale, le dialogue social et l’égalité des chances.
Il met également en avant la sécurité des personnes et des biens, la protection de l’environnement, l’épanouissement de la famille et la libre administration des collectivités locales.
Jean Blaise Gwet présente ainsi son projet comme une transformation plus large du fonctionnement de l’État et de l’économie camerounaise.
La question centrale devient alors celle de la traduction de ces orientations en politiques publiques concrètes : financement, budgets, infrastructures, formation, administration et mécanismes de suivi.
Le Cameroun comme point d’ancrage d’une ambition africaine
Dans cette vision, le Cameroun occupe une place particulière.
Le pays dispose d’un important potentiel agricole, énergétique et minier, ainsi que d’un marché qui pourrait jouer un rôle dans le développement des échanges en Afrique centrale.
Mais disposer de ressources ne suffit pas à garantir leur transformation en richesse durable.
Il faut également des infrastructures adaptées, de l’électricité, des financements, des compétences, un environnement favorable aux entreprises et des débouchés commerciaux.
C’est précisément sur ces différents leviers que le projet économique présenté par Jean Blaise Gwet insiste.
Le MPCC met notamment en avant la production, la transformation, l’industrialisation et le développement des infrastructures comme moyens de renforcer l’économie et de favoriser la création d’emplois.
De la souveraineté aux résultats : le véritable défi
Le discours sur la souveraineté économique pose des objectifs qui nécessitent des transformations importantes.
Construire des industries suppose de disposer d’une énergie suffisante. Développer les entreprises nécessite des financements. Accroître la production agricole demande des infrastructures, des équipements et des marchés. Exporter davantage de produits transformés exige des réseaux logistiques performants.
Le même défi se retrouve à l’échelle continentale.
L’Union africaine reconnaît elle-même que le processus d’intégration reste confronté à des contraintes structurelles, notamment en matière d’infrastructures, de financement et de libre circulation.
La question n’est donc plus seulement de définir une ambition.
Elle consiste à déterminer comment cette ambition peut être transformée en résultats mesurables pour les citoyens.
Une Afrique plus intégrée comme nouvelle perspective
Au-delà du débat sur les relations avec l’Europe ou l’Amérique du Nord, le message porté par Jean Blaise Gwet place donc l’Afrique elle-même au centre de la réflexion.
L’objectif consiste à renforcer les échanges intra-africains, développer la production locale, transformer davantage les ressources, soutenir les entreprises et faciliter progressivement la circulation des personnes.
Cette orientation correspond également à plusieurs objectifs institutionnels de l’Union africaine.
L’organisation continentale considère la libre circulation, l’intégration économique et la ZLECAf comme des instruments importants pour renforcer les échanges, les investissements et le développement régional.
Le débat sur les visas prend alors une autre dimension.
Derrière la difficulté pour un Africain de se rendre dans certaines destinations internationales se pose aussi une question fondamentale : dans quelle mesure les Africains peuvent-ils circuler, travailler, investir et entreprendre plus facilement sur leur propre continent ?
C’est sur cette articulation entre mobilité, souveraineté économique, industrialisation et intégration africaine que Jean Blaise Gwet cherche à inscrire son discours.
Pour le président du MPCC, l’enjeu est finalement de construire un Cameroun capable de mieux valoriser ses ressources et de s’inscrire dans une Afrique davantage intégrée, productive et connectée à ses propres marchés.
Le débat reste ouvert. Mais une chose est certaine : la question des visas ne peut plus être dissociée des problématiques plus larges de mobilité, d’emploi, de développement économique et de place de l’Afrique dans les échanges internationaux.
*Bonne Nouvelle*
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CEMAC : On peaufine la mise en place du Système d’information énergétique

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Attaque terroriste à Madegoua : 9 éléments de Boko Haram neutralisés

Le bilan de la nuit du 16 au 17 septembre 2026 fait état de 14 civils assassinés et de nombreux blessés.
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«Sur le plan opérationnel, une vaste manœuvre de traque et de ratissage a aussi été lancée, en parfaite coordination avec l’ensemble des forces engagées dans la zone. Un dispositif de sécurisation renforcé demeure maintenu sur place afin de garantir la quiétude des populations et de parer à toute éventualité» renseigne le communiqué.
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