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L’État annule le titre foncier du DJEUGA Palace Douala après 17 ans de bataille
Dix-sept ans après le début d’un contentieux foncier au cœur de Douala, le Ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires Foncières a prononcé la rétractation de la concession définitive accordée à la Société Hôtelière DJEUGA Palace.
Un patrimoine ferroviaire au cœur du litige. Par décret n°99/057 du 19 mars 1999, l’ex-REGIFERCAM a été dissoute, son patrimoine étant réparti entre la liquidation et le concessionnaire de l’activité ferroviaire, CAMRAIL, conformément à l’arrêté conjoint du 7 décembre 2005.
La parcelle concernée, objet du titre foncier n°318/WA, est située au centre-ville de Douala, sur une emprise historiquement intégrée au domaine ferroviaire, tel que défini par un arrêté du 6 avril 1926 du Haut-Commissaire de la République française au Cameroun. Le site abritait autrefois des entrepôts érigés par l’ex-REGIFERCAM.
Un procès-verbal de bornage réalisé le 27 décembre 2006 par les services du cadastre du Wouri établissait une superficie globale de 1 hectare 07 ares 04 centiares.
Selon la note d’information publiée le 24 février 2026, une première administration des Domaines aurait attribué le site en concession provisoire à DJEUGA Palace, après l’avoir classé comme dépendance du domaine national de 2ᵉ catégorie. Une classification réservée aux terres libres de toute occupation.
Les créanciers de l’ex-REGIFERCAM dénoncent une qualification « mensongère », estimant que le terrain ne pouvait être considéré comme libre de toute emprise humaine, compte tenu des infrastructures ferroviaires existantes.
Cette classification aurait permis l’attribution provisoire d’une superficie de 5 314 m² pour un montant de 26 570 000 FCFA par arrêté du 25 avril 2008. Les anciens entrepôts auraient été détruits en juin 2008.
De la CAN à la concession définitive
Dans le contexte des préparatifs des compétitions continentales, notamment la Africa Cup of Nations 2016 et la Africa Cup of Nations 2019, une seconde administration a accordé une concession définitive à la société hôtelière par arrêté du 18 juin 2016.
La superficie aurait alors été portée à 5 972,3 m², pour un coût de 29 861 000 FCFA.
Toutefois, une mission du groupe de travail mis en place auprès des services du Premier ministre, chargée de proposer des solutions pour la clôture de la liquidation de l’ex-REGIFERCAM, a constaté un écart significatif.
Selon ses conclusions, la Société Hôtelière DJEUGA Palace aurait occupé non pas 5 972,3 m², mais 1 hectare 07 ares 04 centiares, soit l’intégralité de la superficie initialement identifiée, pour une valeur marchande estimée à 10 milliards de FCFA.
Par arrêté n°00539/Y.7/MINDCAF/SG/D6/5200/S210 du 13 février 2026, le ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières a prononcé la rétractation de l’arrêté de concession définitive.
Le texte rappelle que si l’État soutient et protège l’initiative privée, celle-ci doit impérativement se conformer aux lois et règlements en vigueur. Il précise également que la fraude, lorsqu’elle est établie, ne donne lieu à aucune indemnisation.
Le cabinet conseil ATOU S.A., agissant aux côtés des créanciers de l’ex-REGIFERCAM, s’est félicité de cette décision, qualifiée d’« application rigoureuse de la loi », mettant ainsi un terme à un contentieux ouvert depuis dix-sept ans.
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Coopération : Washington privilégie les projets offrant des débouchés aux entreprises américaines au Cameroun

(Investir au Cameroun) – Washington privilégie au Cameroun les projets prêts à démarrer, associant une entreprise américaine et offrant à celle-ci des débouchés directs. Sophia Lalani, conseillère principale auprès de la commission des affaires étrangères du Sénat américain, l’a expliqué le 22 octobre 2026 à Douala devant la Chambre de commerce américaine au Cameroun (AmCham), selon le compte rendu de la chambre.
Selon l’AmCham, Lalani a expliqué que les réformes de gouvernance soutenues de longue date par Washington avaient davantage profité aux entreprises d’autres pays qu’aux entreprises américaines.
Cette politique prolonge la doctrine « Trade, not aid » (« Le commerce plutôt que l’aide »), présentée le 14 mai 2025 à Abidjan par Troy Fitrell, alors responsable des affaires africaines au département d’État de Donald Trump. Objectif : accroître les exportations et investissements américains en Afrique. Selon Fitrell, les ambassadeurs sont évalués sur la défense des entreprises américaines et les contrats conclus, la diplomatie commerciale devenant prioritaire. Washington veut lever, avec les États africains, les obstacles réglementaires aux marchés publics et investissements signalés par le secteur privé.
Près de 4 000 milliards de FCFA d’opportunités
Le premier Dialogue économique et commercial bilatéral, tenu le 27 août 2026 à Yaoundé, a recensé environ 7 milliards de dollars (près de 4 000 milliards de FCFA) d’opportunités. Alamine Ousmane Mey, ministre de l’Économie, et Sarah Troutman, sous-secrétaire d’État adjointe américaine aux affaires africaines, ont coprésidé la rencontre. Selon le ministère, neuf entreprises américaines y ont exprimé des intentions de financement : barrage de Grand Eweng (3,5 milliards de dollars), aéroport moderne à Douala (2 milliards), minerais critiques et infrastructures numériques.
Ces montants ne sont pas des investissements réalisés. Études, financements et accords restent, selon les projets, à finaliser. Les deux pays ont convenu d’échanger sur la fiscalité, les infrastructures logistiques et la réglementation minière avant un nouveau dialogue prévu aux États-Unis en 2027.
Santé : l’aide doit aussi ouvrir des marchés aux fournisseurs américains
Dans « America First Global Health Strategy » (septembre 2025), le département d’État veut utiliser l’aide sanitaire pour ouvrir des marchés aux produits et technologies américains. Pendant l’exercice budgétaire 2024, Washington a acheté plus de 120 millions de dollars de tests diagnostiques à des entreprises américaines, dont Abbott, Cepheid et Hologic. Ce chiffre est mondial, non camerounais. La stratégie favorise les partenariats entre fabricants et laboratoires publics ou privés des pays aidés.
À Douala, selon l’AmCham, un groupe pharmaceutique a présenté un modèle associant équipements de diagnostic, contrats de service avec les ministères de la Santé, formation du personnel et transport des échantillons. Ces plateformes servent notamment au dépistage du VIH, de la tuberculose, des hépatites et du cancer du col de l’utérus. Ce modèle fonctionnerait déjà dans plusieurs pays africains avec l’appui du PEPFAR et du Fonds mondial.
Ce partenariat reste à négocier au Cameroun. L’AmCham envisage des échanges avec les équipes locales du PEPFAR et des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC). Aucun financement, contrat ou calendrier de déploiement n’a été précisé.
La priorité commerciale n’exclut pas les dons. Le 1er octobre 2026, les deux pays ont signé un accord de don relatif aux objectifs stratégiques de leur coopération sanitaire jusqu’en 2030. Selon le ministère de l’Économie, près de 510 milliards de FCFA pourraient être mobilisés de 2026 à 2030 : environ 240 milliards de contribution américaine et jusqu’à 270 milliards de ressources camerounaises. Il vise les laboratoires, la surveillance épidémiologique et l’approvisionnement pharmaceutique, sans financement établi pour le projet présenté à l’AmCham.
Fiscalité, formalités et visas : les obstacles
Le 22 octobre, des participants ont évalué à 15 000-20 000 dollars l’installation d’un investisseur étranger, sans détailler les coûts. Ils ont aussi signalé les déclarations trimestrielles obligatoires, même sans activité, et des lois difficiles à appliquer faute de textes réglementaires. Le guide du département américain du Commerce (10 avril 2026) cite, au Cameroun, fiscalité complexe, lenteurs administratives, marchés publics difficiles d’accès et retards de paiement de l’État.
Les difficultés d’obtention de visas américains ont été soulevées ; l’ambassade a rappelé les règles migratoires américaines. L’AmCham recommande une expertise locale dès la préparation des projets. Restent à définir pour le projet pharmaceutique : partenaires publics, contrats, financement des équipements et organisation des diagnostics.
Ludovic Amara
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