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Cameroun: ces risques qui pourraient freiner la croissance de l’économie en 2026

Selon les prévisions du ministère de l’Economie, de la planification et de l’aménagement du territoire (Minepat), la bonne tenue de l’économie camerounaise devrait se poursuivre avec une croissance de 4,2% en moyenne sur la période 2026-2027. Néanmoins, relève le Minepat dans son Programme d’investissement prioritaire (PIP), lequel présente les projets majeurs que le gouvernement souhaite mettre en œuvre sur les trois prochaines années, malgré les perspectives favorables de l’économie camerounaise en 2026, ces projections demeurent dépendantes de plusieurs facteurs susceptibles de perturber le cadre macroéconomique et écarter sensiblement les principaux indicateurs des objectifs recherchés. Parmi les principaux risques identifiés par le Minepat, il y a la baisse de la demande extérieure.
Comme le relève le Minepat, les prévisions du Fonds monétaire international (FMI) pour l’année 2025 annoncent une difficile reprise de l’économie mondiale. En effet, la croissance devrait stagner dans les pays avancés (1,9% en 2025 contre 1,7% en 2024) comme dans les économies émergentes et en développement (4,2% sur les deux années). Les tensions géopolitiques mondiales, notamment au MoyenOrient, ainsi que la guerre commerciale en cours, pourraient s’aggraver et/ou perdurer, perturbant davantage les chaînes d’approvisionnement, notamment en Asie et en Europe, des zones qui représentent 80 % des exportations du Cameroun.
INFLATION ÉLEVÉE, CHANGEMENTS CLIMATIQUES…
Un niveau encore élevé d’inflation représente un autre risque sur la bonne santé de l’économie camerounaise en 2026. En 2025, l’économie camerounaise devrait continuer à faire face à des niveaux encore élevés des prix à la consommation, prévient le Minepat. En effet, les prévisions tablent sur une inflation à 4%, toujours supérieure au critère de convergence de la CEMAC. Toutefois, cette évolution est en baisse sensible par rapport aux niveaux des années antérieures, induisant des effets minorés sur le pouvoir d’achat des ménages et la compétitivité des entreprises. Il y a également, la dégradation des conditions climatiques.
Lesquelles se dégradent avec la récurrence des phénomènes météorologiques extrêmes (sécheresses, inondations) perturbant l’agriculture, l’élevage et les infrastructures, et aggravant la situation sanitaire dans certaines régions du pays. Selon le Minepat, les prévisions annoncent une pluviométrie normale à excédentaire le long de la côte et dans une partie Sud du pays, et des hausses de températures dans plusieurs localités, en particulier pendant la nuit. Ainsi, l’on devrait s’attendre cette année encore à subir les conséquences des changements climatiques.
Entre autres risque, le Minepat annonce la restriction des transactions financières internationales à court terme. Après la dernière évaluation du GAFI en février 2025, le Cameroun est resté sur « liste grise » malgré les avancées enregistrées. Afin d’éviter une dégradation de la situation, le pays doit poursuivre la mise en œuvre du plan d’actions arrêté avec le GAFI. En effet, le non-respect de ces engagements pourrait exposer le pays à être considéré à haut risque, et se voir inscrire sur la « liste noire ».
Cette situation, prévient le Minepat, serait de nature à conduire les banques étrangères à réduire, voire à suspendre les transactions avec leurs correspondants au Cameroun et freiner, ipso facto, l’entrée Investissements directs étrangers (IDE). L’accroissement de la dette publique représente également un risque. Selon le Minepat, le volume des intérêts de la dette n’a cessé de croître pour atteindre un niveau de 8% des recettes totales sur l’année 2024, l’un des ratios les plus élevés de la dernière décennie. Cette situation s’explique par des échéances de remboursement de plus en plus volumineuses, en raison de la maturité de plusieurs engagements ; une augmentation du coût de l’endettement.
En effet, les taux d’intérêts sur les bons du Trésor du Cameroun ont plus que doublé entre 2020 et 2024, passant de 2,67% en 2020 à 6,33% en 2024, soit une augmentation de plus de 100%, constate le Minepat. En outre le Taux de la facilité marginale de prêt (TFMP) et le Taux d’intérêt des appels d’offres (TIAO) sont restés relativement élevés. Parallèlement, les besoins de financement identifiés pour le triennat 25-27 se situent à 5 167 milliards FCFA, un montant sensiblement élevé qui devrait soutenir la mise en œuvre de la SND30.
LES DÉFIS DU TRIENNAT 2026-2028
Au regard de ces risques, le Minepat indique comme principaux défis pour le triennat 2026-2028, la poursuivre la mise en œuvre des principaux projets de deuxième génération, qui couvrent plusieurs secteurs infrastructurels, à l’instar des projets d’aménagement hydroélectrique de Kikot, de Chollet dans le secteur énergétique. Toutefois, précise le Minepat, le durcissement des conditions financières mondiales consécutivement à l’inflation générée par la crise du Covid19 et la guerre en Ukraine contraignent fortement la mise en œuvre de ces projets. Il y a également, la promotion de l’Import-substitution, à travers l’accélération de la mise en œuvre du Plan intégré d’import-substitution agropastoral et halieutique (PIISAH).
Selon le Minepat, un effort substantiel est fait pour fournir des dotations budgétaires conséquentes en faveur de la mise en œuvre efficace de chacune de cette initiative. Aussi, il faut accélérer l’opérationnalisation de la SNI. Dans ce cadre, poursuivre la mise en œuvre des plans de reconstruction du Nord-Ouest et du Sud-Ouest et de l’Extrême Nord, qui mobilise déjà des ressources évaluées à 1200 milliards de FCFA. Des moyens qui restent cependant insuffisants pour couvrir l’ensemble des besoins. Tout comme il faut renforcer l’autonomie économique des Collectivités territoriales décentralisées (CTD) et consolider le processus de décentralisation, par une augmentation des ressources d’investissement transférées aux CTD.
A côté des ressources transférées qui ont augmenté de 10,1% en 2025 et qui représentent 17% du montant total des ressources internes ordinaires affectées à l’investissement public, les CTD bénéficient, avec la mise en œuvre de la nouvelle loi portant fiscalité locale, d’une augmentation importante des ressources fiscales, pour leur permettre de mieux exercer les compétences qui leur sont transférées au niveau local, pense le Minepat.
ACCÉLÉRER LES TRAVAUX EN COURS, OPTIMISER LA GESTION FONCIÈRE…
Entre autres défis qui interpellent le Cameroun pour le triennat 2026-2028, il y a la nécessité d’accélérer les travaux en cours pour lever tous les préalables nécessaires à la mobilisation des fonds verts, à l’effet d’améliorer la performance du Cameroun en la matière. Selon le Minepat, la Facilité pour la durabilité et la résilience a permis des avancées significatives avec la prise en compte des problématiques climat dans les instruments budgétaires. Egalement, il faut accélérer les investissements dans le secteur de l’énergie afin d’atteindre le plein potentiel. La capacité installée de production d’électricité au Cameroun est passée de 1 529 MW en 2020 à 2 219 MW en 2025.
Pour le Minepat, l’on est encore loin de la cible de la SND30 (5 000 MW). Enfin, il faut optimiser la gestion foncière. Les travaux engagés pour la formulation d’une politique foncière doivent prendre en compte l’urgente nécessité de la sécurisation foncière pour les opérateurs privés à l’effet d’améliorer le climat des affaires. L’accélération des acquisitions foncières pour les investissements d’envergure est également une priorité, précise le Minepat.
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Kousseri : Manifestations violentes de jeunes

La ville de Kousseri dans la région de l’Extrême-Nord a connu une journée du 27 juillet 2026 agitée. Selon des images circulant sur les réseaux sociaux et authentifiées par des sources locales, des hordes de jeunes gens en furie se sont déchaînés dans les rues du quartier Wali, brûlant des pneus et criant leur rage d’en decoudre avec les forces de l’ordre et notamment des policiers. Leur marche s’est heurtée à un mur sécuritaire érigé par la police, la gendarmerie et des militaires prêts au combat, autour de la préfecture du Logone et Chari et des bâtiments administratifs voisins.
D’après Mahamat, un résident de Kousseri, »ils voulaient en découdre avec les policiers impliqués dans la mort de leurs amis la semaine dernière ». Parlant d’une opération de lutte contre la consommation de stupéfiants effectuée le 22 juillet dernier par une mission des Équipes spéciales d’intervention rapide (Esir) dans ce quartier réputé abriter des personnes à la moralité douteuse. La descente faite à la suite d’un renseignement, avait abouti à la mort de deux jeunes, dans un contexte de refus d’obtempérer des personnes interpellées dans un domicile.
C’est donc la mort par balles de ces deux jeunes voulaient venger. »Certains d’entre eux disaient connaître les policiers impliqués dans ce drame», rapporte Idrissa, habitant de Kousseri, en soulignant que »ils ne croient pas à l’enquête annoncée par le préfet ». Notre source précise que, »ils ont incendié la maison d’une dame présentée comme celle ayant déposé une plainte pour dénoncer les jeunes qui fument et causent des dégâts dans le quartier. Ils disent que c’est après sa plainte que les policiers sont descendus les arrêter’‘. Au passage, une moto garée dans un carrefour, s’est ajoutée aux dégâts collatéraux en finissant dans le feu.
Face à la difficulté, le préfet Mathias Fombele est resté terré dans son bureau, pour apprécier la situation. C’est le sultan de Kousseri qui est personnellement descendu sur le terrain ramener la paix. »Le sultan est passé de carrefour en carrefour parler aux manifestants, puis il les a emmenés au sultanat. Il leur a dit qu’il y a une enquête qui est ouverte, que même si cela prend du temps, une chose est certaine, les policiers impliqués dans vette affaire vont répondre de leurs actes. Que Yaoundé est au courant de ce qui se passe et qu’ils auront une réponse d’ici peu’‘, rapporte Idrissa qui a assisté à la rencontre.
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SIARC 2026 : le pari de l’innovation pour faire entrer l’artisanat camerounais dans une nouvelle économie

Au Musée national de Yaoundé, les étals racontent une histoire commune. Un tissu tressé à la main côtoie un objet en cuir travaillé selon des techniques séculaires. Pendant dix jours, des milliers d’artisans venus du Cameroun et d’ailleurs occupent l’espace. Le Salon international de l’artisanat du Cameroun a ouvert ses portes le 27 juillet, porté par une ambition qui dépasse la simple exposition de savoir-faire.
Le représentant personnel du chef de l’État a donné le ton dès la cérémonie d’ouverture. Selon le Premier ministre Joseph Dion Ngute, le SIARC contribue à revaloriser les métiers de l’artisanat, à susciter des vocations et à transmettre les savoir-faire aux nouvelles générations. Il ajoute que l’événement sensibilise le public aux mutations que connaît le secteur, notamment en matière d’innovation.
Un secteur plus vaste qu’il n’y paraît
Le ministre des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie sociale et de l’Artisanat, Achille Bassilekin III, veut corriger une image trop étroite de l’artisanat camerounais. « Nous avons recensé un peu plus de 240 métiers artisanaux au Cameroun », affirme-t-il. Le secteur couvre les métiers d’art, de production et de services. Il cite les coiffeurs, les plombiers, les menuisiers, les vanniers et les potiers. Ensemble, ces activités mobilisent près de 60 % de la population active.
Pour les pouvoirs publics, l’enjeu consiste désormais à accompagner ces acteurs pour qu’ils vivent durablement de leur métier. « Il faut permettre que ceux qui en vivent au quotidien puissent libérer leur potentiel de créativité, valoriser leurs produits et surtout faciliter l’accès aussi bien au marché national qu’aux marchés étrangers », explique Achille Bassilekin III.
Innover sans perdre son identité
Le thème retenu cette année, « Entre tradition et modernité. Comment stimuler l’innovation artisanale ? », résume cette tension. Le Premier ministre Joseph Dion Ngute la reprend à son compte dans son discours d’ouverture. Il interroge directement les artisans et les experts présents. L’innovation implique-t-elle nécessairement une rupture avec les traditions et les savoir-faire ancestraux ? Ou devrait-elle plutôt puiser dans le patrimoine pour concevoir des produits nouveaux et améliorer les procédés de fabrication ?
Sa réponse ne laisse pas de doute. « Loin d’être inconciliables, tradition et modernité peuvent constituer le socle d’un artisanat renouvelé, compétitif et durable », affirme-t-il. La tradition apporte l’identité, la mémoire et l’inspiration. La modernité apporte de nouveaux outils, de nouveaux modes de production et de nouveaux circuits de commercialisation.
Le ministre Bassilekin traduit cette philosophie en feuille de route concrète. Le SIARC prévoit des conférences et des ateliers consacrés à l’innovation, au marketing, au design, à la propriété intellectuelle, à la normalisation et à la certification. « Des produits artisanaux normés constituent de vraies opportunités d’accès au marché », insiste-t-il. Cette stratégie répond aux exigences de la Zone de libre-échange continentale africaine, qui ouvre un marché de plus de 1,3 milliard de consommateurs aux entreprises camerounaises.
Une politique d’État assumée
Dans son discours, Joseph Dion Ngute inscrit cette ambition dans un cadre plus large. Le gouvernement camerounais, sous l’impulsion du président Paul Biya, entend faire de l’artisanat un levier majeur de la transformation structurelle de l’économie, de la création de richesses et d’emplois, et de la promotion d’une croissance inclusive. La Stratégie nationale de développement identifie plusieurs filières à fort potentiel, dont le bois, le textile-coton, la confection, le cuir et la transformation agroalimentaire.
Le Premier ministre détaille les priorités qui en découlent. Mieux structurer le secteur. Renforcer les capacités des artisans. Améliorer la qualité et la compétitivité des produits. Consolider le cadre juridique et institutionnel. Favoriser la transition des unités artisanales vers le secteur formel, condition de leur accès au financement et aux chaînes de valeur.
Cette politique s’appuie sur des relais concrets. Des villages artisanaux internationaux, régionaux et spéciaux ont été créés. Des salons et des foires se tiennent régulièrement aux niveaux communal, départemental, régional et national. Le SIARC en constitue, selon le Premier ministre, l’expression la plus emblématique.
La jeunesse et les femmes en première ligne
L’édition 2026 intervient quelques semaines après la publication de l’Annuaire statistique 2025 du ministère. Le document montre que 42 % des petites et moyennes entreprises sont créées par des jeunes. L’entrepreneuriat féminin poursuit également sa progression. Pour les organisateurs, ces chiffres confirment un basculement. Les artisans ne sont plus seulement les gardiens d’un héritage culturel. Ils deviennent des créateurs d’emplois et des producteurs de richesse.
Joseph Dion Ngute reprend cette lecture dans sa conclusion. Il dit compter sur la sagacité des experts et des professionnels présents pour dégager des propositions concrètes. L’objectif affiché est que l’artisanat contribue à l’autonomisation des jeunes et des femmes, à la création d’emplois décents et à une croissance inclusive.
La Côte d’Ivoire, invitée d’honneur, plaide pour l’intégration régionale
Le Cameroun n’est pas seul à porter cette ambition. En accueillant l’Algérie et la Côte d’Ivoire comme pays invités d’honneur, il ouvre le débat à l’échelle continentale. Le ministre ivoirien en charge de l’industrie et de l’artisanat, Ibrahim Kalil Konaté, situe l’enjeu dans une perspective économique précise. Il rappelle que l’artisanat constitue le deuxième secteur pourvoyeur d’emplois en Afrique après l’agriculture, avec une croissance estimée à plus de 5 %.
Le ministre détaille la trajectoire ivoirienne. La valeur ajoutée du secteur est passée de 3 855 milliards FCFA en 2015 à 8 633 milliards FCFA en 2022. Elle représente aujourd’hui 19,5 % du produit intérieur brut ivoirien et 30 % de l’emploi total du pays. Sous l’impulsion du président Alassane Ouattara, l’artisanat a été inscrit au premier axe du Plan national de développement 2026-2030, celui de la promotion du secteur privé et de la réduction de l’informalité. Des réformes du cadre légal et réglementaire sont prévues, ainsi qu’un renforcement de la Chambre des métiers de Côte d’Ivoire.
Pour Ibrahim Kalil Konaté, le SIARC dépasse largement le cadre commercial. « Ce salon, qui réunit sur cette terre camerounaise des artisans venus de tout le continent, est bien plus qu’une vitrine commerciale. Il est un acte de coopération Sud-Sud », déclare-t-il. Il y voit une pierre posée à l’édifice d’une Afrique commerçante, qui valorise ses propres talents et investit dans sa propre jeunesse. Le ministre annonce que son pays vient à Yaoundé pour nouer des partenariats durables et échanger ses expériences en matière de formation et de promotion des produits artisanaux.
Un carrefour continental
Le Premier ministre camerounais salue à son tour la présence du Maroc, de la Côte d’Ivoire et de l’Algérie, qu’il présente comme un témoignage de l’amitié et de la coopération entre les pays africains. Il se félicite également de la présence du secrétaire général de l’Organisation pour le développement et la promotion de l’artisanat africain, de retour de la 12e Conférence des ministres de cette organisation, tenue à Bamako. Les réformes issues de ces assises devraient renforcer, selon lui, la structuration et le rayonnement de l’artisanat africain.
Dix jours durant, le SIARC se présente ainsi comme un carrefour où le savoir-faire artisanal rencontre les exigences de la compétitivité et les perspectives du marché africain. Entre les étals du Musée national, artisans camerounais, ivoiriens, algériens et maliens comparent leurs gestes et leurs matières. Chacun d’eux, à sa mesure, teste déjà la promesse portée par les discours officiels.
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Entrepreneuriat : Yaya Ousman Tchounkeu Batchamen, le bâtisseur de la première école des ascenseurs

Le parcours de Yaya Ousman Tchounkeu Batchamen ne suit pas une trajectoire classique. Né à Makénéné, il commence par le football. En France, il évolue comme joueur semi-professionnel sous les couleurs du FC Grimaud puis du Sporting Club Toulon. En parallèle, il prépare son avenir loin des terrains.
Il choisit l’électrotechnique. Cette formation lui ouvre les portes des métiers de l’énergie et des installations électriques. Il poursuit ensuite une spécialisation dans les technologies des ascenseurs à Tours. Il y apprend la mise en service, la programmation, le réglage et la maintenance des équipements de mobilité verticale. Son expérience professionnelle débute comme électricien aux Prairies de la Mer. Il rejoint ensuite TK Elevator en qualité de technicien metteur en service. Il participe aux essais, aux réglages et à la programmation d’ascenseurs destinés aux immeubles résidentiels, commerciaux et industriels. Cette expérience lui permet de maîtriser les normes de sécurité et les exigences techniques du secteur.
Fort de cette expérience, il décide de rentrer au Cameroun. Il fonde BTE Engineering Group Cameroun, une entreprise spécialisée dans l’ingénierie électrique, les solutions énergétiques et les ascenseurs. Aujourd’hui, l’entreprise dispose d’un capital social de 83 millions de FCFA, emploie plus de vingt collaborateurs et intervient dans l’installation, la maintenance, le dépannage et la modernisation des ascenseurs ainsi que dans les installations électriques et les solutions solaires. Selon les données communiquées par l’entreprise, son chiffre d’affaires s’est établi à 39 millions de FCFA entre 2024 et 2025.
Mais l’entrepreneur estime que le véritable défi dépasse les résultats financiers. « Le projet de création de l’académie BTE Engineering répond à une vision de long terme. Développer une expertise locale dans un secteur technique encore peu structuré en Afrique centrale », explique-t-il.
Une école pour répondre à une pénurie de techniciens
À Nyom, dans la périphérie de Yaoundé, Yaya Ousman Tchounkeu Batchamen prépare la création de ce qu’il présente comme la première école spécialisée dans les métiers des ascenseurs au Cameroun et en Afrique centrale. L’investissement est évalué à 428 millions de FCFA. Il financera les bâtiments, les équipements pédagogiques, les ateliers pratiques et les programmes de formation.
Pour le promoteur, le besoin est devenu évident. Le développement des immeubles de grande hauteur, des hôtels, des centres commerciaux et des infrastructures publiques augmente la demande en ascenseurs. En revanche, les techniciens qualifiés restent rares. « Le secteur fait face à un manque important de techniciens spécialisés capables d’assurer l’installation, la maintenance et le dépannage des équipements de mobilité verticale. Notre projet vient répondre à cette problématique en créant une formation adaptée aux réalités du marché et aux exigences internationales », affirme-t-il.
L’académie ambitionne de former 150 techniciens durant ses premières années d’activité. Les enseignements seront centrés sur la pratique afin de rendre les diplômés rapidement opérationnels. Les débouchés visés concernent les entreprises spécialisées dans les ascenseurs, la maintenance industrielle, le BTP, les promoteurs immobiliers, les hôtels, les administrations publiques et toutes les structures ayant besoin de compétences techniques.« Notre objectif est de former des professionnels qui répondent directement aux besoins du marché », résume le fondateur. Il annonce également la mise en place de partenariats avec des industriels afin de faciliter l’insertion professionnelle des futurs diplômés. « À terme, nous voulons créer un véritable écosystème reliant la formation, l’entreprise et l’emploi. »
Une ambition qui dépasse le Cameroun
Le projet ne se limite pas au marché national. Son initiateur affiche déjà une vision régionale. « Notre première ambition est de construire un centre de référence au Cameroun capable de répondre aux besoins nationaux en matière de formation aux métiers de l’ascenseur et de l’ingénierie technique. À moyen terme, nous avons effectivement une vision sous-régionale, car les besoins en compétences spécialisées existent également dans plusieurs pays d’Afrique centrale. » Pour concrétiser cette ambition, BTE Engineering Group souhaite associer les pouvoirs publics, les organismes de formation, les bailleurs de fonds et les partenaires industriels. « La réussite d’un tel projet nécessite une collaboration entre le secteur privé, les institutions et les acteurs industriels », insiste-t-il.
Au-delà de la création d’une école, Yaya Ousman Tchounkeu Batchamen défend une vision de développement industriel fondée sur la formation. Il veut faire de BTE Engineering Academy un centre reconnu dans les métiers des ascenseurs, de l’électrotechnique et de la maintenance industrielle. « Les perspectives sont importantes, car la mobilité verticale accompagne directement la modernisation des villes. Nous voulons contribuer à créer des emplois qualifiés, renforcer les compétences locales et participer à l’émergence d’une expertise technique africaine capable de répondre aux défis des infrastructures de demain. » Sa vision tient en une phrase: « Former aujourd’hui les techniciens qui construiront et maintiendront les infrastructures de demain. »
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