Actualités locales
Secteur de l’électricité : Eneo n’a recouvré que 59 milliards FCFA de l’État et de ses démembrements en 2024

(Investir au Cameroun) – Le rapport annuel d’Eneo met en lumière une nouvelle dégradation des paiements de l’État et de ses démembrements au titre de leurs consommations d’électricité en 2024. L’entreprise indique que l’exercice a été « singularisé par un effort moins marqué en termes de paiements » de la part des administrations publiques.
Selon le rapport, l’État central et ses démembrements n’ont versé que 59 milliards FCFA sur l’ensemble de l’année, un niveau jugé insuffisant « pour couvrir partiellement les montants dus à Eneo pour la période ». À ce déficit s’ajoute la faiblesse des paiements de certaines grandes entreprises publiques, pourtant parmi les principaux consommateurs du réseau : Alucam et Camwater n’ont réglé qu’un total de 6 milliards FCFA.
Le document souligne par ailleurs qu’Eneo « n’a pratiquement rien perçu » au titre de l’éclairage public de l’année, ni au titre de la compensation tarifaire. Deux postes qui constituent pourtant des poches essentielles des revenus de l’énergéticien.
La situation s’inscrit dans une tendance de fond. Le paiement régulier des consommations publiques constitue depuis plusieurs années un casse-tête pour les finances du secteur. Dans une interview accordée en avril 2024 à Investir au Cameroun, le directeur général de l’entreprise, Amine Homman Ludiye, rappelait qu’Eneo émet environ 7 milliards FCFA de factures mensuelles à l’égard des entités publiques. « mais depuis le début de cette année – 2024 – nos recouvrements se sont limités à 1,5 milliard de FCFA en janvier et à 1,8 milliard en février. »
À partir de 2026, l’État veut automatiser le recouvrement des factures d’électricité
À partir de 2026, le gouvernement entend durcir le traitement des impayés d’électricité des entités publiques, qui fragilisent, par ricochet, la trésorerie d’Eneo et du secteur. Depuis plusieurs années, le Trésor public se voit contraint de se substituer à ces administrations pour éponger des factures qui ne cessent de croître. Selon le Compact énergie national, le gouvernement entend « mettre en place un mécanisme pour garantir le paiement régulier et intégral des factures des entités publiques ».
Selon le document, plusieurs mesures sont envisagées afin de contraindre les entités publiques à payer mensuellement leurs consommations d’électricité. « Pour les établissements publics : introduire dans le fichier de payement des salaires du mois N, les factures d’électricité du mois N-1 ; prendre en compte dans leurs budgets les arriérés de consommation d’électricité ; prélever à la source les subventions des entités bénéficiaires, en compensation de leurs consommations d’énergie en cas d’arriérés persistants. Pour les entreprises publiques : prélever à la source, pour les entreprises bénéficiaires des acomptes, les montants dus aux consommations d’électricité », énumère le Compact énergie de l’État du Cameroun.
Si ces mesures entrent effectivement en vigueur en 2026, elles pourraient transformer le flux financier du secteur électrique. En assurant un paiement régulier et automatique des consommations publiques, l’État réduirait considérablement le poids des arriérés sur la trésorerie d’Eneo.
Amina Malloum
Lire aussi :
22-10-2025 – Eneo cumule 800 milliards FCFA de dettes, dont 500 milliards envers ses fournisseurs
24-10-2025 – electricité : la stratégie du cameroun pour mettre fin au casse-tête du non paiement des factures des entités publiques
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Actualités locales
le BIR ouvre un nouveau camp à Nkambe malgré les appels au « Ghost Town »

Dans le cadre du renforcement du dispositif sécuritaire et du rapprochement entre le BIR et les populations, un nouveau camp a été inauguré le 18 septembre 2026 dans l’arrondissement de Nkambe, département de la Donga-Mantung.
La cérémonie, présidée par le Général de Brigade François Pelene, Coordonnateur Général des BIR, s’est déroulée en présence des autorités administratives, municipales et traditionnelles, ainsi que d’une importante mobilisation des populations.
Prenant la parole à cette occasion, le Général de Brigade François Pelene a indiqué que l’implantation de ce nouveau camp vise à consolider le dispositif sécuritaire déjà en place afin de mieux protéger les personnes et leurs biens, tout en favorisant un climat de paix, de stabilité et de sérénité dans l’arrondissement de Nkambe et ses environs.
Le 3ᵉ Bataillon d’Intervention Rapide (3e BIR), dont la zone d’action couvre la région du Nord-Ouest, joue un rôle stratégique dans la sécurisation de cette partie du pays confrontée à des attaques récurrentes de groupes armés séparatistes.
La participation remarquable des populations à cette cérémonie, malgré les appels au « Ghost Town » lancés par les groupes séparatistes, témoigne de leur attachement au retour durable de la paix et de leur confiance dans les actions menées pour la sécurisation de la localité.
Bon à savoir : le Bataillon d’intervention rapide ou BIR, nommé bataillon léger d’intervention (BLI) de sa création en 2000 jusqu’en 2001, est une unité d’élite, comptant actuellement environ 5 000 hommes, considérée comme la force la mieux équipée et entraînée du Cameroun.
Le BIR est entraîné et contrôlé depuis sa création par d’anciens officiers. Après la tentative de coup d’État de 1984, le président camerounais, Paul Biya, recrute Abraham Avi Sirvan, un colonel retraité de l’armée et ancien à l’ambassade d’Israël à Yaoundé, pour former les soldats de la garde présidentielle (GP), créée après la dissolution de la garde républicaine.
Puis, après la mise en place réussie de la GP, le colonel Sivan, qui a le statut de conseiller contractuel à la présidence camerounaise, forme le bataillon léger d’infanterie (BLI) en 1999, chargé de combattre le grand banditisme et de surveiller les frontières.
Après la mort d’Abraham Avi Sirvan dans un accident d’hélicoptère le 22 novembre 2010, Mayer Herez, un général à la retraite de l’armée israélienne, lui succède.
Le recrutement du BIR est centralisé à la présidence de la République, contrairement à celui du reste de l’armée, y compris les forces spéciales. Le niveau d’équipement du BIR est très élevé par rapport à celui de l’armée régulière.
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