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pourquoi Fidèle Castro estime que Pagou a déjà gagné son pari

Sur le plateau du GRAND DÉBAT de CAM 10 Télévision, l’analyste sportif et juriste Fidèle Castro a livré une lecture tranchée de l’actualité des Lions Indomptables. Au cœur de son propos : la sélection opérée par David Pagou, qu’il estime pleinement assumée et déjà validée par les résultats.
Invité de l’émission LE GRAND DÉBAT sur CAM 10 Télévision, Fidèle Castro n’a pas mâché ses mots. Pour l’analyste, les choix opérés par David Pagou à la tête des Lions Indomptables ne souffrent d’aucune ambiguïté. « Avec ce que David Pagou a mis sur pied, c’est bel et bien la preuve que c’est lui qui a sélectionné ces joueurs », affirme-t-il, balayant d’un revers de main les rumeurs persistantes d’ingérences extérieures.
Ces derniers mois, la sélection nationale camerounaise a été au centre de vives polémiques, certains accusant la Fédération ou son président d’avoir influencé les convocations. Une thèse que Fidèle Castro juge infondée, citant notamment le cas de Samuel Kotto. « Ils ont dit qu’il est même allé chercher les Samuel Kotto, où ? (…) Mais ce Samuel Kotto, c’est Barcelone qui est en train de le chercher », rappelle-t-il, soulignant la valeur sportive intrinsèque du joueur, indépendante de toute considération extra-sportive.
Pour le juriste, l’argument le plus révélateur reste la cohérence tactique observée sur le terrain. « Quand vous voyez ses remplacements, vous comprenez que c’est lui-même qui a fait sa sélection », insiste-t-il, voyant dans la gestion des matchs la signature claire du sélectionneur.
Plus encore, Fidèle Castro estime que David Pagou a déjà marqué des points décisifs sur la scène continentale. « Il a déjà réussi sa CAN », tranche-t-il, allant jusqu’à saluer un travail de fond souvent invisible : la gestion humaine du groupe. « David Pagou a nettoyé le vestiaire. Le vestiaire sent bon », conclut-il, métaphore forte pour décrire un climat assaini et propice à la performance.
Dans un environnement souvent miné par les querelles internes et les soupçons, cette sortie médiatique relance le débat : au-delà des résultats, David Pagou semble avoir imposé sa méthode et repris la main sur un vestiaire longtemps jugé ingouvernable. Reste désormais à confirmer cette dynamique sur la durée, seul juge de paix du football de haut niveau.
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le MRC accusé d’avoir financé une campagne destinée « à détruire Samuel Eto’o »

Le président de la Fecafoot a relayé, ce vendredi 18 septembre 2026, une interview de son soutien Salomon Beas, ancien militant du MRC, dans laquelle ce dernier accuse son ex-parti d’avoir financé des influenceurs pour « salir » l’image du patron du football camerounais. Une sortie qui intervient en pleine tempête financière autour d’un virement russe de plus de 500 000 euros.
Depuis son compte Facebook officiel, Samuel Eto’o a partagé une vidéo accompagnée d’un texte virulent. Le président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) y fustige sans le nommer un groupe d’individus qui, selon lui, « détruisent méthodiquement » le Cameroun « au profit de » destinataires qu’il affirme connaître, sans les citer.
Mais la véritable cible de cette sortie est ailleurs. La vidéo en question est une interview de Salomon Beas, ancien militant du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), le parti de Maurice Kamto, et soutien revendiqué d’Eto’o. Dans cet entretien accordé à un plateau de télévision, Beas affirme avoir assisté, de l’intérieur du MRC, à des réunions « au directoire » destinées « à détruire Samuel Eto’o ». Il accuse nommément son ancien parti d’avoir « payé des influenceurs sur la toile à l’effet de salir son image et sa réputation ».
« Son seul péché, c’était d’avoir dit qu’il soutient Paul Biya »
Salomon Beas, qui a publiquement quitté le MRC et pris ses distances avec la formation de Maurice Kamto au cours de l’année 2026, livre un récit précis. Selon lui, le grief du MRC envers Samuel Eto’o remonterait à 2018, lorsque l’ancien capitaine des Lions Indomptables avait choisi de soutenir la candidature de Paul Biya à l’élection présidentielle. « Son seul péché, c’était d’avoir dit qu’il soutient le président Paul Biya », déclare-t-il dans la vidéo, assumant ses propos : « Je le dis et je l’assume. »
Une déclaration qui n’a rien d’anodin dans un pays où le MRC, principal parti d’opposition, n’a jamais reconnu les résultats du scrutin de 2018. Maurice Kamto, pourtant, n’a jamais attaqué personnellement Eto’o. En février 2025, le leader du MRC avait même salué en l’ancien footballeur un « joueur de talent, de génie », une « icône absolue » du football camerounais.
567 000 euros russes sur un compte personnel au Qatar
Ce n’est pas la première fois que Salomon Beas évoque ces accusations. Il les avait déjà formulées publiquement quelques mois plus tôt, sans que la vidéo ne bénéficie d’une aussi large diffusion. Sa rediffusion par Samuel Eto’o, ce vendredi, donne à ses déclarations une portée considérable et intervient dans un contexte particulièrement sensible pour le président de la Fecafoot.
Ce dernier fait en effet face, depuis le 10 septembre, à des révélations de The Times et de L’Équipe selon lesquelles il aurait reçu sur un compte personnel ouvert à la Qatar National Bank de Doha, non pas les quelque 500 000 euros évoqués initialement, mais bien 567 570 euros versés par la Fédération russe de football après le match amical Cameroun-Russie du 12 octobre 2023. Deux virements distincts (455 056 euros puis 112 514 euros) dont d’anciens dirigeants de la Fecafoot affirment n’avoir jamais retrouvé la trace dans les comptes officiels de l’instance.
L’entourage d’Eto’o justifie ces transferts par des contraintes techniques : l’absence de numéro fiscal américain (TIN) de la Fecafoot, puis les sanctions internationales contre la Russie, qui auraient empêché la fédération camerounaise de disposer d’un compte en devises convertibles. Samuel Eto’o aurait été « mandaté » par le comité d’urgence pour servir d’intermédiaire. Des explications que ses détracteurs jugent insuffisantes, d’autant qu’aucun document comptable ou bancaire ne prouve, à ce jour, le reversement des fonds vers la Fecafoot.
Le silence de la Fifa, « interprété comme un soutien politique »
Guibai Gatama, ancien membre du comité exécutif de la Fecafoot écarté sous la présidence d’Eto’o, affirme que la commission d’éthique de la FIFA a été saisie « il y a plus d’un an » : sans réponse à ce jour. Un silence que les accusateurs d’Eto’o interprètent comme une protection institutionnelle, alors que le président de la Fecafoot est l’un des rares dirigeants au monde à soutenir ouvertement Gianni Infantino, en quête d’un nouveau mandat à la tête de la FIFA en 2027, et son projet controversé de commercialisation des droits de la Coupe du monde.
Le timing interpelle : c’est précisément après avoir pris publiquement la défense d’Infantino, fin août, que Samuel Eto’o a vu ressurgir ces accusations. « Il a suffi que je prenne la parole pour défendre nos intérêts, les intérêts de l’Afrique, pour qu’ils soient tous de sortie », a-t-il écrit sur Facebook le 11 septembre, dénonçant « les mêmes attaques, les mêmes éléments de langage, relayés presque simultanément ».
L’ACFAC réclame une enquête urgente
L’affaire a pris une nouvelle dimension lundi 15 septembre. L’Association des clubs de football amateur du Cameroun (ACFAC) a publiquement appelé le gouvernement camerounais à ouvrir « urgemment » une enquête sur la gestion de la Fecafoot. Se fondant sur la « gravité des accusations » et la « notoriété internationale » d’Eto’o, l’association a annoncé son intention de déposer plainte contre le président de la Fecafoot devant les tribunaux camerounais, et contre la Fédération russe devant la justice russe.
Contactés par plusieurs médias internationaux, ni Samuel Eto’o ni la Fecafoot n’ont répondu aux sollicitations. À ce jour, aucune procédure judiciaire n’a été formellement engagée au Cameroun.
La séquence est révélatrice d’une double offensive : celle d’Eto’o, qui tente de retourner l’accusation en désignant le MRC comme l’instigateur d’une cabale, et celle de ses adversaires, qui l’accusent d’avoir détourné des fonds destinés au football camerounais. Entre les deux, une constante : Maurice Kamto, cité malgré lui dans une guerre qui ne dit pas son nom.
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