Actualités locales
penser l’assassinat de Martinez Zogo

Pour Vincent-Sosthène Fouda, Le procès de Martinez Zogo ne doit pas être un épilogue. Il doit être un commencement. Non pas seulement pour punir les coupables, mais pour interroger les conditions de possibilité de leur crime.
Lire ici sa sortie :
Il est des crimes qui, loin d’être des accidents de l’histoire, en révèlent la structure. Le meurtre de Martinez Zogo, journaliste camerounais enlevé, torturé et assassiné, ne saurait être compris comme un simple fait divers. Il est le symptôme d’un effondrement plus profond : celui de la pensée, du jugement, et de la responsabilité dans l’espace public.
Ce qui frappe dans le procès de ses assassins présumés, ce n’est pas l’horreur du crime — bien qu’elle soit réelle — mais l’insignifiance de ses auteurs. Non pas des monstres, mais des hommes quelconques. Des figures ternes, interchangeables, sans conviction ni grandeur. Ils habitent nos quartiers, fréquentent nos marchés, cultivent nos champs, portent parfois la cravate, parfois la machette. Ils mangent dans les mêmes gargotes que nous, invoquent les mêmes ancêtres, et se réclament des mêmes parentés. Ils ne sont pas en marge de la société : ils en sont le produit.
Ce sont des hommes sans pensée. Non pas des ignorants, mais des êtres pour qui la pensée — entendue comme la capacité de se mettre à la place de l’autre, de juger, de dire non — a été rendue inutile, voire dangereuse. Ils obéissent, exécutent, se taisent. Ils tuent sans haine, torturent sans passion, effacent sans mémoire. Ils incarnent ce que j’ai appelé ailleurs la banalité du mal : cette capacité à commettre l’irréparable non par cruauté, mais par conformisme, par zèle, par absence de pensée.
Le plus insupportable n’est pas tant le crime lui-même que son inscription dans une normalité sociale. On tue un journaliste comme on règle un contentieux administratif. On fait disparaître un homme comme on efface une ligne de budget. L’État d’exception n’est plus une suspension du droit : il est devenu le mode opératoire quotidien. La violence n’a plus besoin de justification idéologique ; elle s’exerce dans l’ombre, dans l’indifférence, dans la répétition.
Et lorsque l’on apprend que le garde du corps de la victime était son cousin, lui-même proche de l’un des bourreaux, c’est l’absurde qui surgit. Non pas celui de la tragédie antique, mais celui d’un monde où les liens de sang, d’amitié, de voisinage, ne sont plus des remparts contre la violence, mais ses relais. Nous ne sommes pas dans un roman de Kafka, mais dans une réalité où le surréalisme est devenu la norme.
Ce procès ne révèle pas seulement des coupables. Il révèle une société où le jugement moral a été dissous dans les eaux troubles de l’impunité. Une société où l’on peut tuer un homme pour avoir dit la vérité, et continuer à danser autour des autels, à chanter dans les églises, à discourir dans les salons. Une société où l’on conclut au suicide d’un évêque en sandales, en fermant les yeux sur les traces de torture. Une société où l’on préfère l’oubli à la justice, le silence à la vérité.
Mais penser, c’est résister. Penser, c’est refuser de se laisser absorber par les automatismes de l’obéissance, par les logiques du clan, par les injonctions de la peur. Penser, c’est maintenir vivant l’espace du jugement moral, même — et surtout — quand tout autour de nous conspire à l’éteindre.
Le procès de Martinez Zogo ne doit pas être un épilogue. Il doit être un commencement. Non pas seulement pour punir les coupables, mais pour interroger les conditions de possibilité de leur crime. Pour comprendre comment une société en vient à produire des hommes capables de tuer sans penser. Pour restaurer le monde commun que leur silence, leur indifférence, leur servilité ont contribué à détruire.
Car là où la parole est tuée, c’est le monde lui-même qui vacille.
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Le MINFOPRA aménage des points de recensement pour l’audit des allocations familiales
Le ministère de la Fonction publique et de la Réforme administrative (MINFOPRA) annonce la création de points de recensement dédiés aux agents publics bénéficiaires des allocations familiales, dans le cadre de la poursuite de l’Opération d’Audit des Allocations Familiales servies aux Agents Publics (AALFA).
Le ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative, Joseph Le, informe les agents publics concernés que des espaces spécialement aménagés sont désormais disponibles pour faciliter leur participation à l’opération d’audit des allocations familiales.
Deux points de recensement sont ouverts sur les sites du MINFOPRA. Le premier est situé au Bâtiment principal, à la Maison des usagers. Le second se trouve au Bâtiment annexe, à Dragages, précisément dans l’Auditorium du bâtiment annexe.
À travers ce dispositif, le ministère entend optimiser la participation des agents publics concernés et assurer le bon déroulement de l’opération. Celle-ci vise notamment à contribuer à l’assainissement du fichier solde de l’État.
Le ministre Joseph Le appelle ainsi les agents publics ciblés à faire preuve de civisme et de responsabilité afin de favoriser la réussite de cette opération.
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Jean Michel Nintcheu appelle Paul Biya à démissionner de la présidence

Jean Michel Nintcheu appelle le président Paul Biya à quitter le pouvoir, estimant qu’il devrait suivre l’exemple de son prédécesseur Ahmadou Ahidjo. Cette demande intervient au lendemain du retour du Chef de l’Etat au Cameroun après 74 jours passés à l’étranger.
Dans une publication sur Facebook, Jean Michel Nintcheu, député de la circonscription du Wouri, a exhorté Paul Biya à s’inspirer d’Ahmadou Ahidjo et à démissionner de la présidence de la République.
Premier président du Cameroun indépendant, Ahmadou Ahidjo avait quitté volontairement le pouvoir en 1982, après avoir dirigé le pays pendant 22 ans. Son Premier ministre de l’époque, Paul Biya, lui avait alors succédé.
Au pouvoir depuis près de 44 ans, Paul Biya, qui a récemment remporté un huitième mandat, pourrait rester à la tête du pays jusqu’en 2032. S’il va au terme de ce mandat, il aura alors dirigé le Cameroun pendant plus d’un demi-siècle.
La sortie de Jean Michel Nintcheu intervient également après une précédente demande adressée au Parlement, dans laquelle le député souhaitait que celui-ci saisisse le Conseil constitutionnel au sujet d’une éventuelle vacance à la présidence de la République.
Le débat sur sa capacité à exercer pleinement ses fonctions présidentielles demeure ainsi au cœur de l’actualité politique camerounaise.
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Renforcement de la production pharmaceutique

Le Cameroun a porté, ce 24 août 2026 à Addis-Abeba, sa vision du renforcement de la production locale de médicaments et de la régulation pharmaceutique. À l’occasion du Dialogue ministériel de haut niveau organisé en marge de la 76e session du Comité régional de l’OMS pour l’Afrique, le ministre de la Santé publique, Dr Manaouda Malachie, a présenté les avancées et les défis du secteur camerounais.
Depuis 2020, le nombre d’unités de production pharmaceutique au Cameroun est passé de 7 à 19, avec 239 références homologuées. Malgré cette progression, la production locale ne couvre encore qu’environ 15 % de la Liste nationale des médicaments essentiels et moins de 5 % des besoins de consommation.
Pour accélérer cette dynamique, le ministre a relevé plusieurs obstacles, notamment l’accès au financement, les difficultés d’approvisionnement énergétique et en matières premières, la concurrence des produits importés ainsi que les retards de paiement des commandes publiques.
Le gouvernement a engagé plusieurs mesures pour soutenir les producteurs locaux, parmi lesquelles l’exonération de certains droits et taxes sur les intrants et équipements, ainsi que des mécanismes de préférence accordés à la production nationale, sous réserve du respect des normes de qualité, de sécurité et d’efficacité.
Le Cameroun entend également renforcer la commande publique, finaliser sa stratégie nationale de développement de l’industrie pharmaceutique et développer des partenariats public-privé. Sur le plan réglementaire, le pays prévoit de renforcer les capacités de son autorité de régulation et étudie la faisabilité d’une Agence camerounaise du médicament.
À Addis-Abeba, le ministre a enfin appelé à une coopération régionale accrue pour favoriser l’émergence d’une industrie pharmaceutique africaine plus intégrée, capable de renforcer la souveraineté sanitaire du continent et de contribuer à la Couverture Santé Universelle.
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