Actualités locales
l’arrestation choquante d’un cadre du MRC à Babadjou

Sauf changement de dernière minute, il sera auditionné le 05 novembre 2025 aux environs de 15h selon l’accord obtenu de ses enquêteurs militaires.
Selon Me Hippolyte BT Meli, Ludovie Daga, Communal MRC de Babadjou, est bel et bien en vie. Il a été « capturé » après plusieurs tentatives infructueuses, le samedi 01 novembre 2025 dans sa ferme sise à BABADJOU par une vingtaine d’éléments armés de la force publique non identifiés qui lui ont immédiatement porté un cagoule et des menottes avant de le contraindre d’emprunter leur « sans payer », sans notification des faits, ni notification d’allégations d’infractions, encore moins un mandat d’arrêt.
Sauf changement de dernière minute, il sera auditionné demain 05 novembre 2025 aux environs de 15h selon l’accord obtenu de ses enquêteurs militaires, informe Me Hippolyte BT Meli qui assure sa défense.
« Ludovie Daga, est en vie!
Agé de 50 ans,
Communal MRC de BABADJOU,
Ayant été Chef de Service des Statistiques et d’enquêtes agricoles à la Délégation Départementale de l’agriculture des Bamboutos,
Salaire suspendu depuis 2020 sans notification administrative par le Préfet des Bamboutos à la demande de quelques élites bien connus, et malgré des démarches formelles pour connaître les griefs qui motivent une telle décision,
Récemment affecté (06 mars 2025) comme Délégué d’arrondissement agricole de Pette dans le Diamare,
Soutien récent du Président Issa TCHIROMA Bakary dans les Bamboutos qui y a laminé dans les urnes les mandataires du parti qui s’accroche au pouvoir malgré toute la confiance et les moyens financiers mis à leur disposition (ses élites des Bamboutos), par le candidat proclamé élu après usage des procédés peu honnêtes, décriés par la communauté nationale et internationale.
Il est arrivé hier soir aux environs de 24 h au SCRJ- SED, cagoulé.
Il occupe la même cellule que Djeukam Tchameni, un autre soutien du Président Issa TCHIROMA Bakary embastillé.
Il a été « capturé » après plusieurs tentatives infructueuses, le samedi 01 novembre 2025 dans sa ferme sise à BABADJOU par une vingtaine d’éléments armés de la force publique non identifiés qui lui ont immédiatement porté un cagoule et des menottes avant de le contraindre d’emprunter leur « sans payer », sans notification des faits, ni notification d’allégations d’infractions, encore moins un mandat d’arrêt.
La première escale a été la Brigade de Gendarmerie Ter de Mbouda.
Il y a passé la nuit en cellule cagoulé et menotté.
Le dimanche matin, toujours cagoulé et menotté, il a été conduit de force à Bafoussam, deuxième escale sans audition ni notification de transfèrement forcé loin de son domicile.
C’est hier lundi 03 novembre à 18 h que les éléments armés quittent Bafoussam avec lui en direction de Yaoundé, destination SCRJ, où il arrive aux environs de 24h.
Jusqu’à ce que nous le découvrons dans cette unité après des alertes de disparition et des recherches, aucune notification de garde à vue ne lui avait été faite.
La formalité a été accomplie pendant notre visite professionnelle aux environs de 15h30.
Il est donc gardé à vue.
Le port forcé du cagoule depuis samedi 01 novembre 2025 jusqu’à hier 03 novembre 2025 a affecté ses yeux. Nous déclare-t-il !
Il déclare également voir flou depuis ce matin.
Il n’a pas été consulté par un médecin, ni civil, ni militaire.
Il a déclaré se faire auditionné rien qu’en présence de ses conseils.
Sauf changement de dernière minute, il sera auditionné demain 05 novembre 2025 aux environs de 15h selon l’accord obtenu de ses enquêteurs militaires.
Il s’interrogeait déjà lors de sa dernière sortie publique après les traques avortées si c’était un crime d’avoir une opinion ou une pensée politique différente de celle des commanditaires connus dans les Bamboutos de la traque qu’il fait l’objet.
Aussi, se demande-t-il aujourd’hui si les forces armées nationales et la justice, même militaire, conservent-ils toujours leur neutralité déontologique face aux débats et aux luttes politiques dans la cité, lorsqu’ils acceptent des missions de répression politique pour avantager ses adversaires politiques en préparation des prochaines échéances électorales?
Il charge sa défense d’informer ses followers qu’il n’a pas changé.
L’opinion sera tenue informée des suites.
Pour sa défense
Me Hippolyte BT MELI ».
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Actualités locales
« pendant que le pays s’enlise, la classe politique s’écharpe sur les réseaux »

Le deuxième vice-président national du Social Democratic Front (SDF), Louis Marie Kakdeu, appelle la classe politique camerounaise à recentrer le débat sur les problèmes économiques et sociaux du pays, dénonçant une vie politique qu’il estime de plus en plus dominée par les querelles sur les réseaux sociaux.
Dans une tribune publiée samedi, intitulée « Le clash comme programme politique, ou comment le régime dort tranquille », l’économiste et universitaire estime qu’une partie de l’opposition consacre désormais davantage d’énergie aux affrontements entre personnalités qu’aux propositions destinées à répondre aux difficultés quotidiennes des Camerounais.
« Pendant que le pays se noie, s’éteint et s’enlise, une néo-classe politique s’écharpe sur les réseaux sociaux », écrit-il.
Louis Marie Kakdeu cite notamment les difficultés liées aux infrastructures routières, aux approvisionnements en gaz, au coût de la vie et au chômage. Il déplore que ces sujets suscitent, selon lui, moins d’attention sur les réseaux sociaux que les polémiques entre responsables politiques.
Lire la tribune de Louis Marie Kakdeu :
« Cameroun : le clash comme programme politique, ou comment le régime dort tranquille
Coup de gueule : Pendant que le pays se noie, s’éteint et s’enlise, une néo-classe politique s’écharpe sur les réseaux sociaux. Le pouvoir n’a même plus besoin de se défendre. Les informations sur la mauvaise gouvernance du pays font beaucoup moins de bruit que la querelle de personnes. Ce n’est pas un accident. C’est un système. Et la néo-opposition dite « radicale » a pour mission d’aider le régime en place à distraire le peuple.
Une distraction regrettable
L’on met désormais 4 heures de temps en voiture entre Douala (Yassa) et Edéa (moins de 50 km), mais le citoyen qui est assis au fond d’un bus crasseux dans lequel il pleut ne se plaindra ni de la pluie qui tombe sur sa tête, ni de l’état de la route en dégradation avancée. Il cherche plutôt à sauver son téléphone et à se plaindre des problèmes de connexion internet qui l’empêchent de suivre en direct les clashes sur les réseaux sociaux : on y parle de tout sauf des milliers de Camerounais qui meurent sur les routes, de la pénurie de gaz, de la cherté du coût de la vie, du chômage massif, etc. On ne parle pas de ce qui accable le régime et qui concerne la vie quotidienne des citoyens. L’image de ce paradoxe camerounais est que les chômeurs ont voté le 12 octobre 2025 pour le ministre qui les a maintenus au chômage et qui leur a servi le bluff.
Le clash comme programme
Nous avons désormais une vie politique rythmée par des querelles, pas par des idées. Depuis la présidentielle d’octobre 2025, qu’a-t-on surtout débattu ? Des rumeurs de mœurs, des histoires d’argent, des « révélations » sans preuve et des audios « fuités ». Elles font cliquer, mais elles n’ont jamais produit un kilomètre de route ni un litre d’eau. Des procès en trahison sont le sport favori de certains. Il s’agit des débats sur la moralité des personnalités politiques comme s’il y avait un seul « saint » sur terre : « Que celui ou celle qui est saint(e) jette en premier la pierre sur l’autre ! ».
Vous voyez des gens dont les vies sont entièrement sales qui estiment que la vie des autres est sale. Un vrai paradoxe camerounais. On estime que la vie des personnalités politiques doit être « propre » comme si l’on était au ciel ou comme si l’on interdisait à certains d’être aussi « personnalités politiques » ou de le devenir pour monter le bon exemple. Une posture caractéristique d’un déficit criard d’engagement citoyen au Cameroun. Chaque jour, une part de l’énergie militante est dépensée à partager, commenter ou démentir des rumeurs.
Qui profite du bruit ?
La réponse est simple : le pouvoir en place. Un régime qui dure depuis plus de quarante ans n’a qu’un ennemi sérieux : le bilan. Tout débat sur les résultats l’oblige à répondre du délestage, du prix de l’eau, des chantiers inachevés, des budgets engloutis. Il n’a donc qu’un intérêt : que le débat porte sur autre chose. Chaque polémique entre néo-opposants lui offre ce cadeau. Avant les scrutins à venir, le régime affiche une retenue décrite comme de la discipline, pendant qu’une agitation désordonnée règne dans plusieurs camps de la néo-opposition. Le pouvoir peut se taire : la néo-opposition parle à sa place, et parle d’elle-même.
C’est le point le plus douloureux. Une partie de la néo-opposition qui se dit « radicale » a fait de la posture un projet : la dénonciation permanente, l’anathème contre ceux qui participent, le boycott érigé en principe, le « tout ou rien ». Elle vit du clash parce que le clash produit de l’audience, et l’audience passe pour une légitimité. Or, ni l’une ni l’autre ne remplacent une offre politique.
Le résultat est mécanique : Tant que « radical » signifie « celui qui hurle le plus fort », il n’y a ni programme chiffré, ni équipe prête à gouverner, ni ancrage local durable. Et le régime peut se présenter comme le seul acteur capable de gérer un État. On ne renverse pas un système avec des punchlines : on l’use par des propositions. Et c’est mon message principal aux citoyens camerounais. Je ne m’attends pas à être entendu ; je ne suis pas dupe. Mais je joue mon rôle.
À l’inverse, l’opposition authentique, celle qui fait le travail patient (élus locaux, programmes sur l’eau, l’énergie, la décentralisation, contre-budgets, contrôle de l’action gouvernementale), n’a ni les plateaux ni les partages. On dit de cette opposition qu’elle est invisible dans l’espace public qui récompense le scandale. Elle est pourtant la seule à préparer l’alternance et l’alternative pour de bon, celle qui permettra de gouverner ensuite et de gouverner utilement.
Le Cameroun n’a pas besoin d’un feuilleton de plus. Il a besoin d’eau, de courant, de routes, de caniveaux qui ne débordent pas. Tant que les acteurs politiques préféreront le buzz et le bluff, les Camerounais continueront de payer la note, et le régime dormira tranquille.
Louis Marie Kakdeu, MPA, PhD & HDR
Deuxième Vice-Président National du SDF
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