Dans un climat politique explosif, les Lionnes Indomptables affronteront l’Algérie ce soir dans un stade de la Réunification à Douala étrangement silencieux. La rencontre, cruciale pour les éliminatoires de la CAN 2026, se jouera à huis clos. Une décision radicale prise par la Confédération Africaine de Football (CAF), soucieuse de prévenir tout risque sécuritaire.
La raison de cette mesure exceptionnelle plonge ses racines dans une crise post-électorale qui secoue le Cameroun. Depuis la proclamation des résultats confirmant la réélection de Paul Biya pour un huitième mandat, la colère gronde. De nombreux Camerounais, criant à la fraude électorale au profit du président au pouvoir depuis 1982, sont descendus dans les rues pour manifester leur soutien à Issa Tchiroma Bakary et exiger un “changement”.
Les tensions, toujours vives ce 27 octobre, ont convaincu la CAF de ne prendre aucun risque. En privant le match de son public, l’instance cherche à créer un sas de décompression et à protéger l’intégrité sportive de la rencontre, ainsi que celle des joueuses et du staff. Dans un pays en ébullition, le stade devient une arène neutre, isolée des tumultes de la rue.
Ainsi, privées du souffle galvanisant de leurs supporters, les Lionnes Indomptables devront puiser en elles-mêmes la force de franchir ce cap décisif. Elles se trouvent à 90 minutes de la qualification, un objectif qu’elles devront atteindre dans le silence lourd d’un stade, tandis qu’au-dehors, la passion politique continue de gronder.














