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Louis Paul MOTAZÉ, ministre des Finances : « Afreximbank a accompagné les efforts de développement du Cameroun et devrait continuer »

Mesdames et messieurs,
Avant de tourner notre regard vers l’avenir, qu’il me soit permis d’adresser mes sincères félicitations au Professeur Benedict Oramah.
Pendant dix ans, vous avez incarné une vision et un esprit qui ont fait d’Afreximbank bien plus qu’une banque : un moteur de l’intégration africaine.
Sous votre direction, l’institution est devenue un partenaire stratégique des gouvernements, un refuge en temps de crise et une source d’innovation financière qui a ouvert de nouveaux horizons pour le continent.
Pour le Cameroun, vos actions ont eu un impact concret et décisif.
La banque a accompagné nos efforts de développement, renforcé notre résilience et soutenu nos ambitions.
Je citerai quelques exemples :
• le financement de 80 millions d’euros pour le développement du terminal à conteneurs du port de Douala, consolidant notre rôle de hub régional ;
• un investissement de 53 millions d’euros (34,7 milliards FCFA) pour l’électrification rurale, permettant à plus de 200 localités d’avoir accès à l’électricité ;
• un prêt de 200 millions d’euros (131 milliards FCFA) en janvier 2024 pour financer les infrastructures de notre Stratégie nationale de développement (SND30) ;
• une opération innovante de 300 millions d’euros (200 milliards FCFA) en juillet 2025, injectée dans nos obligations du Trésor fongibles, grâce à un mécanisme unique de conversion euro/FCFA avec la BEAC ;
• enfin, un crédit direct de 381 millions d’euros (250 milliards FCFA) octroyé aux banques locales avec la garantie d’Afreximbank.
À ce titre, Monsieur le Président, au nom du Président de la République, Chef de l’État, Son Excellence Monsieur Paul Biya, et de la Nation tout entière, je tiens à vous exprimer notre profonde gratitude.
Votre nom restera à jamais associé à la marche de l’Afrique vers l’autonomie économique.
Distingués invités,
Ce jour marque le début d’une nouvelle ère, avec l’installation du Dr George Elombi à la tête d’Afreximbank.
Monsieur le Président, votre élection n’est pas une simple transition institutionnelle.
C’est une promesse, une source d’espoir, une expression de la confiance que l’Afrique a placée en vous.
J’ai eu l’honneur de vous recevoir à Yaoundé le lendemain de votre élection, et j’ai été frappé par la clarté de votre vision : faire de la finance africaine un instrument de transformation structurelle, mobiliser de nouvelles ressources, dynamiser le secteur privé et donner à l’Afrique les moyens de parler d’égal à égal avec le reste du monde.
Votre investiture intervient dans un contexte mondial marqué par de profonds bouleversements : ralentissement de la croissance, inflation persistante, prix élevés des matières premières, endettement croissant, tensions géopolitiques et effets du changement climatique.
À ces défis s’ajoutent ceux propres à notre continent : dépendance excessive aux exportations de matières premières, faible base industrielle, infrastructures insuffisantes, et accès limité au financement.
Mais, au cœur de ces défis, se trouvent aussi d’immenses opportunités : une population jeune et dynamique, un potentiel agricole considérable, une transition numérique en marche et une volonté commune de bâtir une Afrique intégrée et prospère.
Dans ce cadre, Afreximbank reste un acteur clé pour transformer ces défis en véritables opportunités de développement.
Au Cameroun, cet engagement se traduit par la mise en œuvre de la Stratégie nationale de développement 2020–2030 (SND30), adoptée sous la haute impulsion du Président de la République, Son Excellence Paul Biya.
Cette stratégie vise à industrialiser notre économie, moderniser les infrastructures, améliorer le bien-être des populations, diversifier les sources de croissance et créer des emplois pour les jeunes.
Elle repose sur quatre piliers essentiels :
1. la transformation structurelle et la diversification économique ;
2. le développement du capital humain et le bien-être social ;
3. la promotion de l’emploi et de l’inclusion économique ;
4. la gouvernance et la performance du service public.
Cependant, des défis subsistent : mobiliser les ressources nécessaires pour financer un programme estimé à 37 500 milliards FCFA, renforcer la résilience face aux chocs externes, maîtriser la dette, moderniser le secteur productif, et intégrer efficacement les jeunes et les femmes dans la dynamique de croissance.
C’est pourquoi les partenariats avec des institutions comme Afreximbank sont essentiels.
Ils permettent de diversifier nos financements, de soutenir le secteur privé et d’accompagner la transformation économique que nous appelons de nos vœux.
Le Cameroun est aujourd’hui un pays debout, résilient et tourné vers l’avenir.
Notre économie enregistre une croissance soutenue supérieure à 4 % en 2025, appelée à se renforcer dans les années à venir.
Notre dette publique, maîtrisée à environ 42 % du PIB, reste bien en dessous du seuil communautaire de 70 % fixé par la CEMAC — preuve de notre rigueur et de notre prudence.
À ces atouts macroéconomiques s’ajoute une position géostratégique unique :
le Cameroun est le carrefour de l’Afrique centrale, ouvert sur le golfe de Guinée, doté de ports modernes à Douala et Kribi, et riche en potentiels agricoles, miniers, énergétiques et industriels.
Nos réformes structurelles, notamment la modernisation du cadre fiscal et la digitalisation des services publics, rendent chaque jour notre environnement plus attractif et compétitif.
Nous appelons donc Afreximbank à rester à nos côtés.
Ensemble, transformons ce potentiel en richesse, ces espoirs en réalité, et faisons de notre partenariat un moteur de prospérité partagée pour toute l’Afrique.
Docteur George Elombi, votre parcours est une illustration de l’excellence africaine :
l’intelligence mise au service de la rigueur, la vision alliée à la loyauté, et l’ouverture au monde enracinée dans des valeurs solides.
Vous incarnez cette génération de dirigeants qui ne se contentent pas d’accompagner le changement, mais l’anticipent et le façonnent.
Votre élection dépasse le cadre personnel : elle représente la reconnaissance du mérite, la confiance de vos pairs, et la continuité d’un leadership inspiré — celui que promeut le Président Paul Biya, fondé sur l’engagement, la compétence et la diplomatie d’influence.
C’est aussi un message d’espoir à la jeunesse africaine : la preuve que par le travail, la rigueur et la persévérance, l’Afrique peut produire des dirigeants capables de transformer son destin.
Monsieur le Président, vous incarnez cette Afrique ambitieuse et compétente, qui ne se contente plus de recevoir, mais tend la main à ses enfants et à ses partenaires.
Permettez-moi d’inviter cette assemblée distinguée à saluer les réalisations du Professeur Benedict Oramah et à souhaiter plein succès au Dr George Elombi, nouveau Président d’Afreximbank.
Puisse votre mandat être marqué par davantage d’innovation, de prospérité durable et d’intégration économique renforcée, au service du développement de notre continent.
Je vous remercie pour votre aimable attention.
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SIARC 2026 : le pari de l’innovation pour faire entrer l’artisanat camerounais dans une nouvelle économie

Au Musée national de Yaoundé, les étals racontent une histoire commune. Un tissu tressé à la main côtoie un objet en cuir travaillé selon des techniques séculaires. Pendant dix jours, des milliers d’artisans venus du Cameroun et d’ailleurs occupent l’espace. Le Salon international de l’artisanat du Cameroun a ouvert ses portes le 27 juillet, porté par une ambition qui dépasse la simple exposition de savoir-faire.
Le représentant personnel du chef de l’État a donné le ton dès la cérémonie d’ouverture. Selon le Premier ministre Joseph Dion Ngute, le SIARC contribue à revaloriser les métiers de l’artisanat, à susciter des vocations et à transmettre les savoir-faire aux nouvelles générations. Il ajoute que l’événement sensibilise le public aux mutations que connaît le secteur, notamment en matière d’innovation.
Un secteur plus vaste qu’il n’y paraît
Le ministre des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie sociale et de l’Artisanat, Achille Bassilekin III, veut corriger une image trop étroite de l’artisanat camerounais. « Nous avons recensé un peu plus de 240 métiers artisanaux au Cameroun », affirme-t-il. Le secteur couvre les métiers d’art, de production et de services. Il cite les coiffeurs, les plombiers, les menuisiers, les vanniers et les potiers. Ensemble, ces activités mobilisent près de 60 % de la population active.
Pour les pouvoirs publics, l’enjeu consiste désormais à accompagner ces acteurs pour qu’ils vivent durablement de leur métier. « Il faut permettre que ceux qui en vivent au quotidien puissent libérer leur potentiel de créativité, valoriser leurs produits et surtout faciliter l’accès aussi bien au marché national qu’aux marchés étrangers », explique Achille Bassilekin III.
Innover sans perdre son identité
Le thème retenu cette année, « Entre tradition et modernité. Comment stimuler l’innovation artisanale ? », résume cette tension. Le Premier ministre Joseph Dion Ngute la reprend à son compte dans son discours d’ouverture. Il interroge directement les artisans et les experts présents. L’innovation implique-t-elle nécessairement une rupture avec les traditions et les savoir-faire ancestraux ? Ou devrait-elle plutôt puiser dans le patrimoine pour concevoir des produits nouveaux et améliorer les procédés de fabrication ?
Sa réponse ne laisse pas de doute. « Loin d’être inconciliables, tradition et modernité peuvent constituer le socle d’un artisanat renouvelé, compétitif et durable », affirme-t-il. La tradition apporte l’identité, la mémoire et l’inspiration. La modernité apporte de nouveaux outils, de nouveaux modes de production et de nouveaux circuits de commercialisation.
Le ministre Bassilekin traduit cette philosophie en feuille de route concrète. Le SIARC prévoit des conférences et des ateliers consacrés à l’innovation, au marketing, au design, à la propriété intellectuelle, à la normalisation et à la certification. « Des produits artisanaux normés constituent de vraies opportunités d’accès au marché », insiste-t-il. Cette stratégie répond aux exigences de la Zone de libre-échange continentale africaine, qui ouvre un marché de plus de 1,3 milliard de consommateurs aux entreprises camerounaises.
Une politique d’État assumée
Dans son discours, Joseph Dion Ngute inscrit cette ambition dans un cadre plus large. Le gouvernement camerounais, sous l’impulsion du président Paul Biya, entend faire de l’artisanat un levier majeur de la transformation structurelle de l’économie, de la création de richesses et d’emplois, et de la promotion d’une croissance inclusive. La Stratégie nationale de développement identifie plusieurs filières à fort potentiel, dont le bois, le textile-coton, la confection, le cuir et la transformation agroalimentaire.
Le Premier ministre détaille les priorités qui en découlent. Mieux structurer le secteur. Renforcer les capacités des artisans. Améliorer la qualité et la compétitivité des produits. Consolider le cadre juridique et institutionnel. Favoriser la transition des unités artisanales vers le secteur formel, condition de leur accès au financement et aux chaînes de valeur.
Cette politique s’appuie sur des relais concrets. Des villages artisanaux internationaux, régionaux et spéciaux ont été créés. Des salons et des foires se tiennent régulièrement aux niveaux communal, départemental, régional et national. Le SIARC en constitue, selon le Premier ministre, l’expression la plus emblématique.
La jeunesse et les femmes en première ligne
L’édition 2026 intervient quelques semaines après la publication de l’Annuaire statistique 2025 du ministère. Le document montre que 42 % des petites et moyennes entreprises sont créées par des jeunes. L’entrepreneuriat féminin poursuit également sa progression. Pour les organisateurs, ces chiffres confirment un basculement. Les artisans ne sont plus seulement les gardiens d’un héritage culturel. Ils deviennent des créateurs d’emplois et des producteurs de richesse.
Joseph Dion Ngute reprend cette lecture dans sa conclusion. Il dit compter sur la sagacité des experts et des professionnels présents pour dégager des propositions concrètes. L’objectif affiché est que l’artisanat contribue à l’autonomisation des jeunes et des femmes, à la création d’emplois décents et à une croissance inclusive.
La Côte d’Ivoire, invitée d’honneur, plaide pour l’intégration régionale
Le Cameroun n’est pas seul à porter cette ambition. En accueillant l’Algérie et la Côte d’Ivoire comme pays invités d’honneur, il ouvre le débat à l’échelle continentale. Le ministre ivoirien en charge de l’industrie et de l’artisanat, Ibrahim Kalil Konaté, situe l’enjeu dans une perspective économique précise. Il rappelle que l’artisanat constitue le deuxième secteur pourvoyeur d’emplois en Afrique après l’agriculture, avec une croissance estimée à plus de 5 %.
Le ministre détaille la trajectoire ivoirienne. La valeur ajoutée du secteur est passée de 3 855 milliards FCFA en 2015 à 8 633 milliards FCFA en 2022. Elle représente aujourd’hui 19,5 % du produit intérieur brut ivoirien et 30 % de l’emploi total du pays. Sous l’impulsion du président Alassane Ouattara, l’artisanat a été inscrit au premier axe du Plan national de développement 2026-2030, celui de la promotion du secteur privé et de la réduction de l’informalité. Des réformes du cadre légal et réglementaire sont prévues, ainsi qu’un renforcement de la Chambre des métiers de Côte d’Ivoire.
Pour Ibrahim Kalil Konaté, le SIARC dépasse largement le cadre commercial. « Ce salon, qui réunit sur cette terre camerounaise des artisans venus de tout le continent, est bien plus qu’une vitrine commerciale. Il est un acte de coopération Sud-Sud », déclare-t-il. Il y voit une pierre posée à l’édifice d’une Afrique commerçante, qui valorise ses propres talents et investit dans sa propre jeunesse. Le ministre annonce que son pays vient à Yaoundé pour nouer des partenariats durables et échanger ses expériences en matière de formation et de promotion des produits artisanaux.
Un carrefour continental
Le Premier ministre camerounais salue à son tour la présence du Maroc, de la Côte d’Ivoire et de l’Algérie, qu’il présente comme un témoignage de l’amitié et de la coopération entre les pays africains. Il se félicite également de la présence du secrétaire général de l’Organisation pour le développement et la promotion de l’artisanat africain, de retour de la 12e Conférence des ministres de cette organisation, tenue à Bamako. Les réformes issues de ces assises devraient renforcer, selon lui, la structuration et le rayonnement de l’artisanat africain.
Dix jours durant, le SIARC se présente ainsi comme un carrefour où le savoir-faire artisanal rencontre les exigences de la compétitivité et les perspectives du marché africain. Entre les étals du Musée national, artisans camerounais, ivoiriens, algériens et maliens comparent leurs gestes et leurs matières. Chacun d’eux, à sa mesure, teste déjà la promesse portée par les discours officiels.
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Entrepreneuriat : Yaya Ousman Tchounkeu Batchamen, le bâtisseur de la première école des ascenseurs

Le parcours de Yaya Ousman Tchounkeu Batchamen ne suit pas une trajectoire classique. Né à Makénéné, il commence par le football. En France, il évolue comme joueur semi-professionnel sous les couleurs du FC Grimaud puis du Sporting Club Toulon. En parallèle, il prépare son avenir loin des terrains.
Il choisit l’électrotechnique. Cette formation lui ouvre les portes des métiers de l’énergie et des installations électriques. Il poursuit ensuite une spécialisation dans les technologies des ascenseurs à Tours. Il y apprend la mise en service, la programmation, le réglage et la maintenance des équipements de mobilité verticale. Son expérience professionnelle débute comme électricien aux Prairies de la Mer. Il rejoint ensuite TK Elevator en qualité de technicien metteur en service. Il participe aux essais, aux réglages et à la programmation d’ascenseurs destinés aux immeubles résidentiels, commerciaux et industriels. Cette expérience lui permet de maîtriser les normes de sécurité et les exigences techniques du secteur.
Fort de cette expérience, il décide de rentrer au Cameroun. Il fonde BTE Engineering Group Cameroun, une entreprise spécialisée dans l’ingénierie électrique, les solutions énergétiques et les ascenseurs. Aujourd’hui, l’entreprise dispose d’un capital social de 83 millions de FCFA, emploie plus de vingt collaborateurs et intervient dans l’installation, la maintenance, le dépannage et la modernisation des ascenseurs ainsi que dans les installations électriques et les solutions solaires. Selon les données communiquées par l’entreprise, son chiffre d’affaires s’est établi à 39 millions de FCFA entre 2024 et 2025.
Mais l’entrepreneur estime que le véritable défi dépasse les résultats financiers. « Le projet de création de l’académie BTE Engineering répond à une vision de long terme. Développer une expertise locale dans un secteur technique encore peu structuré en Afrique centrale », explique-t-il.
Une école pour répondre à une pénurie de techniciens
À Nyom, dans la périphérie de Yaoundé, Yaya Ousman Tchounkeu Batchamen prépare la création de ce qu’il présente comme la première école spécialisée dans les métiers des ascenseurs au Cameroun et en Afrique centrale. L’investissement est évalué à 428 millions de FCFA. Il financera les bâtiments, les équipements pédagogiques, les ateliers pratiques et les programmes de formation.
Pour le promoteur, le besoin est devenu évident. Le développement des immeubles de grande hauteur, des hôtels, des centres commerciaux et des infrastructures publiques augmente la demande en ascenseurs. En revanche, les techniciens qualifiés restent rares. « Le secteur fait face à un manque important de techniciens spécialisés capables d’assurer l’installation, la maintenance et le dépannage des équipements de mobilité verticale. Notre projet vient répondre à cette problématique en créant une formation adaptée aux réalités du marché et aux exigences internationales », affirme-t-il.
L’académie ambitionne de former 150 techniciens durant ses premières années d’activité. Les enseignements seront centrés sur la pratique afin de rendre les diplômés rapidement opérationnels. Les débouchés visés concernent les entreprises spécialisées dans les ascenseurs, la maintenance industrielle, le BTP, les promoteurs immobiliers, les hôtels, les administrations publiques et toutes les structures ayant besoin de compétences techniques.« Notre objectif est de former des professionnels qui répondent directement aux besoins du marché », résume le fondateur. Il annonce également la mise en place de partenariats avec des industriels afin de faciliter l’insertion professionnelle des futurs diplômés. « À terme, nous voulons créer un véritable écosystème reliant la formation, l’entreprise et l’emploi. »
Une ambition qui dépasse le Cameroun
Le projet ne se limite pas au marché national. Son initiateur affiche déjà une vision régionale. « Notre première ambition est de construire un centre de référence au Cameroun capable de répondre aux besoins nationaux en matière de formation aux métiers de l’ascenseur et de l’ingénierie technique. À moyen terme, nous avons effectivement une vision sous-régionale, car les besoins en compétences spécialisées existent également dans plusieurs pays d’Afrique centrale. » Pour concrétiser cette ambition, BTE Engineering Group souhaite associer les pouvoirs publics, les organismes de formation, les bailleurs de fonds et les partenaires industriels. « La réussite d’un tel projet nécessite une collaboration entre le secteur privé, les institutions et les acteurs industriels », insiste-t-il.
Au-delà de la création d’une école, Yaya Ousman Tchounkeu Batchamen défend une vision de développement industriel fondée sur la formation. Il veut faire de BTE Engineering Academy un centre reconnu dans les métiers des ascenseurs, de l’électrotechnique et de la maintenance industrielle. « Les perspectives sont importantes, car la mobilité verticale accompagne directement la modernisation des villes. Nous voulons contribuer à créer des emplois qualifiés, renforcer les compétences locales et participer à l’émergence d’une expertise technique africaine capable de répondre aux défis des infrastructures de demain. » Sa vision tient en une phrase: « Former aujourd’hui les techniciens qui construiront et maintiendront les infrastructures de demain. »
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Marché des titres publics : 98 milliards FCFA levés sur 160 milliards attendus au 1er trimestre

Le Trésor camerounais a enregistré un début d’année en deçà de ses prévisions sur le marché des titres publics. Entre janvier et mars 2026, il a levé 98 milliards de FCFA contre un objectif trimestriel de 160 milliards de FCFA, soit un manque de 62 milliards de FCFA. D’après le Document de programmation économique et budgétaire (DPEB) 2027-2029, le taux de réalisation s’est établi à 61,3 %.
Les ressources mobilisées proviennent de 50,3 milliards de FCFA d’Obligations du Trésor assimilables (OTA), utilisées pour le financement à moyen et long terme, et de 47,7 milliards de FCFA de Bons du Trésor assimilables (BTA) à 52 semaines, destinés aux besoins de trésorerie de l’État. Malgré cet écart par rapport à la programmation, le montant levé reste supérieur aux 84,4 milliards de FCFA collectés au premier trimestre 2025, soit une progression de 13,6 milliards de FCFA ou 16,2 %.
DES INVESTISSEURS PLUS EXIGEANTS
Cette contre-performance s’inscrit dans un environnement moins favorable sur le marché des titres publics de la Cemac. Les États continuent d’y rechercher des ressources importantes, mais les investisseurs demandent désormais des rendements plus élevés et privilégient les échéances courtes. Cette évolution avait déjà été relevée par le ministre des Finances, Louis Paul Motazé, le 13 février 2025 à Douala.
Selon les données présentées à cette occasion, le Cameroun a levé 1 153,9 milliards de FCFA sur ce marché en 2024, en hausse de 20,4 % sur un an. Dans le même temps, le taux de rémunération des Bons du Trésor assimilables est passé de 2,67 % en 2020 à 6,33 % en 2024, tandis que le taux de couverture des besoins du Trésor est tombé de 206,9 % à 69 %.
Le Directeur général du Trésor et de la Coopération financière et monétaire, Sylvester Moh Tangongho, dresse le même constat dans un entretien accordé à Défis Actuels. « Nous faisons face au renchérissement du coût du financement de notre dette publique. Cette situation s’accompagne également d’un raccourcissement de la maturité moyenne des titres émis, les investisseurs privilégiant désormais des échéances plus courtes », explique-t-il.
Pour élargir la base des souscripteurs, le Trésor envisage d’ouvrir davantage le marché aux particuliers par l’intermédiaire des plateformes numériques. « Les fintech pourraient agréger des milliers de souscriptions de faible montant et permettre ainsi à un plus grand nombre d’épargnants de participer au financement de l’État », indique le responsable. Il évoque également la possibilité de lancer des émissions liées à des projets identifiés. « Des emprunts pourraient être lancés pour financer une infrastructure bien identifiée, comme un pont ou un équipement local. Les souscripteurs sauraient alors précisément à quoi leur contribution est affectée », précise Sylvester Moh Tangongho.
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