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Pépinière pilote d’entreprises d’Edéa : 200 millions FCFA de subventions accordés aux porteurs de projets

(Investir au Cameroun) – Le gouvernement camerounais a octroyé 200 millions de FCFA de subventions directes aux porteurs de projets depuis le lancement, en 2021, de la première promotion de la Pépinière nationale pilote d’entreprises d’Edéa (PNPE), située dans le département de la Sanaga-Maritime, région du Littoral.
Cette information a été révélée par le ministère des Petites et moyennes entreprises, de l’Économie sociale et de l’Artisanat (Minpmeesa), à l’occasion du lancement de la cinquième cuvée de cette structure d’incubation. Selon le ministère, cet appui financier a permis d’accompagner la maturation de projets, de renforcer les capacités de gestion et de favoriser la mise en activité effective des entreprises.
Depuis sa création en 2019, la PNPE a accompagné plus de 80 entreprises, contribuant à la création d’emplois, à la valorisation des ressources locales et à la réduction de la dépendance aux importations. Certaines structures issues de l’incubateur participent désormais à des activités d’exportation, renforçant ainsi l’intégration du Cameroun dans les chaînes de valeur régionales.
Pour cette cinquième promotion, 40 primo-entrepreneurs, contre 25 lors des précédentes éditions, ont été sélectionnés pour leur potentiel à transformer rapidement leurs idées innovantes en entreprises viables et compétitives. Leurs projets s’inscrivent dans les secteurs prioritaires de l’agro-industrie, du bois et des produits forestiers non ligneux, du coton-cuir-textile et du numérique.
Les bénéficiaires suivront un programme en alternance axé sur l’innovation technologique et organisationnelle, articulé autour d’un parcours d’accélération visant à renforcer les compétences entrepreneuriales, identifier les forces et faiblesses de chaque projet et faciliter l’accès aux financements.
Avec l’augmentation de sa capacité d’accueil, la PNPE franchit une nouvelle étape dans sa mission d’accompagnement des porteurs de projets. Elle ambitionne de devenir, d’ici 2031, une référence nationale et régionale en matière d’entrepreneuriat, grâce notamment à son partenariat stratégique avec l’Institut universitaire de technologie (IUT) de l’Université de Douala.
Frédéric Nonos
Lire aussi:
09-10-2025 – L’IUT de Douala délocalise à la Pépinière nationale d’entreprises d’Édéa pour former 277 étudiants en entrepreneuriat
04-11-2021 – Pépinière nationale d’entreprises d’Edéa : 100 millions de FCFA pour 12 projets incubés
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Travailleurs étrangers : 61 % des 30 000 estimés au Cameroun ne figurent pas dans le fichier du Minefop

(Investir au Cameroun) – Le fichier national en cours d’élaboration au ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle (Minefop) recense actuellement 11 800 travailleurs étrangers, pour une population estimée à environ 30 000 personnes exerçant une activité professionnelle au Cameroun. Le dispositif administratif ne couvre ainsi que 39,3 % de l’effectif évalué par le gouvernement.
Ces chiffres ont été communiqués le 28 juillet 2026 par Jeanine Ngo’o Eba, directrice de la régulation de la main-d’œuvre au Minefop, sur les antennes de la radio nationale. Ils interviennent un peu plus d’un mois après le lancement, le 22 juin, d’une nouvelle campagne nationale de contrôle de la main-d’œuvre étrangère.
Le taux de 39,3 % ne signifie toutefois pas que les 60,7 % restants sont tous en situation irrégulière. Il mesure l’écart entre une estimation globale et un fichier encore en construction. Cet écart représente environ 18 200 personnes dont la situation administrative reste à déterminer.
Un écart de 18 200 personnes encore à qualifier
Plusieurs catégories peuvent se retrouver hors du fichier : les travailleurs dépourvus de contrat visé, ceux dont l’autorisation est en cours de renouvellement, les dossiers non encore intégrés dans la base numérique ou encore les étrangers comptabilisés dans l’estimation alors qu’ils ont cessé leur activité.
Le Minefop n’a pas précisé la méthode utilisée pour estimer à 30 000 le nombre total de travailleurs étrangers. Il n’a pas davantage ventilé les 11 800 personnes enregistrées par nationalité, secteur d’activité, région ou niveau de qualification.
Cette absence de détail empêche, pour l’instant, de mesurer précisément l’ampleur du travail irrégulier. Le chiffre permet surtout d’évaluer le déficit de couverture du fichier administratif que le gouvernement cherche à consolider.
La campagne lancée en juin cible les entreprises publiques et privées, les grands projets ainsi que les autres structures employant des travailleurs étrangers. Dans sa note du 8 juin, le ministre de l’Emploi par intérim, Mounouna Foutsou, rappelait vouloir « assurer une meilleure régulation des flux de main-d’œuvre étrangère [et] préserver les opportunités d’emploi des nationaux ».
Une centaine de régularisations annoncées chaque jour
Selon Jeanine Ngo’o Eba, l’opération commence à inciter les travailleurs concernés et leurs employeurs à se rapprocher de l’administration. « Depuis que la campagne a été lancée, nous enregistrons en moyenne une centaine de travailleurs étrangers en situation irrégulière qui viennent régulariser leur situation », a-t-elle déclaré.
Rapportée arithmétiquement à trente jours, cette cadence correspondrait à environ 3 000 démarches de régularisation. Ce chiffre reste toutefois théorique : le ministère ne précise pas si la moyenne est calculée sur les jours ouvrables ou sur l’ensemble de la période, ni si elle porte sur les dossiers reçus ou sur les visas effectivement délivrés.
La distinction est importante. Le dépôt d’une demande ne garantit pas son approbation. Le Minefop doit notamment vérifier le contrat, les qualifications du travailleur, sa situation administrative et le respect des obligations financières par l’employeur.
L’article 27 du Code du travail camerounais dispose que tout contrat concernant un travailleur de nationalité étrangère doit être visé par le ministre chargé de l’Emploi avant son exécution. La demande incombe à l’employeur et le contrat est nul de plein droit lorsque le visa est refusé.
Les autorités affirment qu’une partie des étrangers concernés entre au Cameroun avec un visa de tourisme, de visite ou d’affaires avant d’occuper un emploi salarié sans contrat dûment visé. La campagne doit donc permettre de rapprocher les données du Minefop de celles des services chargés de l’immigration et du séjour des étrangers.
Des recettes presque triplées en 2024
Le contrôle de la main-d’œuvre étrangère comporte également un enjeu financier. Les recettes non fiscales liées au visa des contrats des travailleurs étrangers sont passées de 5 milliards de FCFA en 2023 à 14,46 milliards en 2024.
La progression atteint 9,46 milliards de FCFA, soit 189,2 % en un an. Malgré cette hausse, le montant collecté en 2024 est resté inférieur à l’objectif de 20 milliards de FCFA annoncé par les autorités. Le même niveau de recettes était de nouveau visé en 2025.
Le barème applicable en 2025 fixe la contribution au visa du contrat à l’équivalent de deux mois de salaire et de traitement brut pour un travailleur non africain. Pour les travailleurs africains, elle correspond à un mois de salaire brut, avec un abattement de 50 %. La réglementation prévoit également des sanctions financières contre les employeurs qui maintiennent en activité des salariés étrangers sans contrat régulièrement visé. Ministère des Finances, loi de finances 2025.
Au-delà des recettes, le principal enjeu reste la fiabilité du fichier national. Pour mesurer les résultats de la campagne, le Minefop devra désormais distinguer le nombre de travailleurs enregistrés, les dossiers en cours, les visas accordés, les situations effectivement irrégulières et les sanctions prononcées.
Patricia Ngo Ngouem
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