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BILAN 2018-2025 – « Transformer l’Ouest en une destination de premier plan » (J.-H. Focka Focka)

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BILAN 2018-2025 – « Transformer l’Ouest en une destination de premier plan » (J.-H. Focka Focka)
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(Investir au Cameroun) – Médecin de formation, ancien maire de Bafoussam I et aujourd’hui président du Conseil régional de l’Ouest, Jules Hilaire Focka Focka conduit depuis 2020 un plan régional de développement évalué à 6 000 milliards FCFA. Son parcours illustre le passage de la gestion locale à une responsabilité élargie sur l’ensemble d’une région stratégique. Dans cet entretien, il revient sur la mise en œuvre concrète de la décentralisation, la transformation de Bafoussam, l’impact des infrastructures régionales sur l’économie locale et les initiatives visant à associer la diaspora et les partenaires internationaux au développement de l’Ouest.

Investir Au Cameroun : Depuis votre présidence en 2020, comment évaluez-vous la mise en œuvre concrète de la décentralisation dans la région de l’Ouest dont vous êtes président ? Quels progrès avez-vous observés et quels défis persistent encore ?

Dr Jules Hilaire Focka Focka : Merci de me donner l’occasion de parler de ma région, l’Ouest. Pour ce qui est de la décentralisation, plus précisément de sa deuxième phase, celle qui concerne les régions, je peux dire que la mise en place se fait progressivement. Nous avons été installés en 2020 et le chef de l’État avait donné le ton en indiquant que le processus devait être graduel. Nous lui faisons confiance. Mais sur le terrain, la population attend énormément. Elle est impatiente de voir concrètement ce que les régions vont faire pour améliorer son cadre de vie.

« La population attend énormément. Elle est impatiente de voir concrètement ce que les régions vont faire pour améliorer son cadre de vie. »

C’est pour cela que nous avons quelques difficultés : malgré nos explications sur le caractère progressif du processus, les gens veulent déjà voir beaucoup de réalisations. Pourtant, il faut du temps. Toutes les régions sont installées, même si ce n’est pas encore dans leurs locaux définitifs. Le recrutement du personnel reste suspendu à la loi sur la fonction publique locale et à celle sur la fiscalité locale. Il y a tout de même des progrès. Le budget, par exemple, a évolué : en 2020-2021 il était de 3 milliards, aujourd’hui il se situe autour de 6 à 7 milliards dans certaines régions. Cela reste modeste mais témoigne d’une évolution graduelle. Nous souhaitons simplement que ce rythme s’accélère un peu.

Investir Au Cameroun : Bafoussam, capitale régionale et troisième ville du Cameroun, connaît une transformation visible, avec de nouveaux projets et infrastructures. Pourtant, certains estiment que les connexions, notamment aéroportuaires, ne sont pas toujours régulières. En tant que président de la région, comment voyez-vous l’impact de ces nouvelles infrastructures sur l’économie locale ?

Dr Jules Hilaire Focka Focka : Merci déjà pour ce constat positif. Bafoussam est effectivement la troisième ville du Cameroun et le cœur de la région de l’Ouest. Nous devons beaucoup au chef de l’État qui a pris la décision de transformer radicalement son visage urbain. Grâce au programme C2D et aux projets liés à la CAN, de nombreux chantiers ont été réalisés. La région a connu une véritable métamorphose en peu de temps. Je rends hommage au ministre du Développement urbain, au maire de la ville et aux trois maires d’arrondissement dont le dynamisme a fortement contribué à cette évolution. C’est grâce à la conjugaison de tous ces efforts que Bafoussam et, plus largement, l’Ouest, connaissent aujourd’hui un grand changement.

Investir Au Cameroun : Votre plan de développement régional parle d’un montant de près de 6000 milliards de francs CFA. Beaucoup trouvent ce chiffre ambitieux. Comment comptez-vous mobiliser ces financements alors que la dotation de la décentralisation reste progressive et encore limitée ?

Dr Jules Hilaire Focka Focka : Je crois qu’il faut être ambitieux pour transformer notre région. Nous avons donc élaboré un plan régional de développement évalué à plus de 6000 milliards. Ce n’est pas irréaliste. Quand on observe la SND30 et qu’on divise les prévisions par région, on constate que les chiffres se situent autour de 5000 milliards par région. Nous restons donc dans la fourchette prévue par l’État.

« Ensemble, nous avons produit un plan ambitieux mais réaliste, qui doit transformer l’Ouest en une destination de premier plan. »

Ce plan, adopté en 2022, sert de boussole, à l’instar de la SND30 au niveau national ou des plans communaux pour les mairies. Nous avons consulté tous les acteurs : élus locaux, chefs traditionnels, société civile, diaspora. J’ai moi-même effectué des tournées en Europe et en Amérique du Nord pour associer la diaspora à l’élaboration du document. Ensemble, nous avons produit un plan ambitieux mais réaliste, qui doit transformer l’Ouest en une destination de premier plan.

Investir Au Cameroun: Vous avez signé un partenariat avec le Haut Conseil des Camerounais de l’extérieur, mais aussi avec des cabinets internationaux comme Reliance Business. Qu’attendez-vous concrètement de la diaspora, déjà active à travers les transferts et donations ?

Dr Jules Hilaire Focka Focka : La diaspora est au centre de nos priorités. Dès notre arrivée, nous avons cherché à la mobiliser, car nous savons combien elle est dynamique. Lors de mes déplacements en Occident, j’ai constaté que beaucoup avaient une vision biaisée du Cameroun, nourrie par de fausses informations. Il fallait leur expliquer les avantages de la décentralisation et leur montrer que la région de l’Ouest leur offre désormais une porte d’entrée directe, sans passer par Yaoundé.

« Il fallait leur expliquer les avantages de la décentralisation et leur montrer que la région de l’Ouest leur offre désormais une porte d’entrée directe, sans passer par Yaoundé. »

Nous avons signé une convention avec le Haut Conseil des Camerounais de l’extérieur et d’autres structures de la diaspora. Nous avons aussi échangé avec de grands acteurs lors de conventions à Los Angeles. L’idée est de les associer comme partenaires actifs, pas seulement comme des bailleurs passifs. Certes, nos moyens financiers actuels restent faibles, ce qui limite la mise en place de partenariats structurés. Mais nous avançons. La diaspora participe déjà à nos grands événements, comme les expositions et foires régionales. À l’avenir, avec l’amélioration de la fiscalité locale et de la fonction publique locale, nous pourrons renforcer encore cette collaboration.

Investir Au Cameroun : Vous avez insisté sur l’importance de soutenir les PME et l’entrepreneuriat, un secteur très actif à Bafoussam. Qu’avez-vous déjà entrepris à ce sujet ?

Dr Jules Hilaire Focka Focka : Jusqu’ici, nos moyens financiers nous ont freinés, mais nous avons amorcé certaines démarches. La formation professionnelle est au cœur de notre stratégie. Nous négocions avec l’AFPA (France) et d’autres partenaires européens dans le cadre de la coopération décentralisée, notamment avec l’Organisation des Régions Unies. L’objectif est de mettre en place des centres de formation aux métiers. Ces structures permettront d’accompagner les jeunes entrepreneurs, de les former et de renforcer leurs capacités. Beaucoup se lancent aujourd’hui dans l’entrepreneuriat sans préparation suffisante et échouent rapidement. Nous voulons donc offrir un accompagnement structuré à ceux qui ont des idées et des initiatives.

Investir Au Cameroun : La région de l’Ouest est également un haut lieu de culture et de traditions. Comment le Conseil régional travaille-t-il pour valoriser ce patrimoine culturel et touristique ?

Dr Jules Hilaire Focka Focka : L’Ouest n’a pas bénéficié de grands projets structurants. Nous avons donc choisi de faire de la culture et du tourisme nos véritables piliers de développement. Nous avons des atouts importants : notre relief, nos chefferies traditionnelles, nos festivals, nos sites naturels. C’est pourquoi nous avons créé l’Office régional du tourisme, doté déjà d’un siège – le seul de ce type au Cameroun.

« Nous avons donc choisi de faire de la culture et du tourisme nos véritables piliers de développement. Nous avons des atouts importants : notre relief, nos chefferies traditionnelles, nos festivals, nos sites naturels. »

Nous avons conclu plusieurs partenariats avec la région Auvergne-Rhône-Alpes, la région Pays de la Loire, ainsi que des ONG comme « Grands Sites de France » et Tétratis. Ces collaborations permettent de valoriser nos sites et de redonner vie à certains éléments patrimoniaux, comme les toitures traditionnelles en chaume. Dans les prochains jours, nous lancerons des sites pilotes de démonstration. Notre vision est claire : culture et tourisme doivent devenir les projets structurants de la région.

Investir Au Cameroun : Pour terminer, quelles sont vos principales requêtes pour que la décentralisation permette à la région de concrétiser ses ambitions ?

Dr Jules Hilaire Focka Focka : Ma requête principale est d’accélérer le processus, surtout en rendant effective la fiscalité locale. La loi a déjà été votée et promulguée, il faut maintenant l’appliquer pour que les régions bénéficient de revenus propres. Aujourd’hui, nous dépendons uniquement de la dotation générale de la décentralisation, ce qui est insuffisant. Nous attendons également la création de la fonction publique locale, car il faut des cadres qualifiés pour gérer les affaires régionales et négocier des partenariats à l’international. Enfin, nous souhaitons que davantage de ministères transfèrent leurs compétences. À ce jour, seuls quelques-uns l’ont fait, alors que beaucoup d’autres gardent encore une rétention injustifiée.

« Enfin, nous souhaitons que davantage de ministères transfèrent leurs compétences. À ce jour, seuls quelques-uns l’ont fait, alors que beaucoup d’autres gardent encore une rétention injustifiée. »

Depuis 1996, la Constitution stipule que le Cameroun est un État unitaire décentralisé. Le chef de l’État a choisi une approche progressive, en commençant par les communes et aujourd’hui les régions. Mais il est temps que tous jouent le jeu. La décentralisation est la véritable porte de sortie pour notre pays, et nous devons travailler collectivement pour qu’elle aboutisse.

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04 journalistes incarcérés pour soupçon de vol des lunettes d’Alamine Ousmane Mey

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Quatre journalistes ont été interpellés et placés en garde à vue le 16 septembre 2026 à Yaoundé avant d’être libérés le 21 septembre 2026, à la suite d’une suspicion de vol des lunettes du ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (MINEPAT), Alamine Ousmane Mey.

L’affaire de l’interpellation des quatre journalistes à Yaoundé s’est close le 21 septembre 2026 par leur libération sans poursuites, après qu’il a été établi que les lunettes égarées du ministre se trouvaient en réalité dans son propre véhicule.

Il s’agit notamment de François Essomba (Chine Afrique), Igor Gwet Bibey (Inform Plus), Solange Djuikam (Univers Info) et Pierre Mouchili (Le Procès International).

Ils ont été interpellés le 16 septembre 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé lors de la clôture des journées de la BID présidée par le ministre Alamine Ousmane Mey, avant d’être soupçonnés du vol de ses lunettes.

Malgré la découverte rapide de l’accessoire dans le véhicule personnel du ministre, la détention a été prolongée pour « intrusion non autorisée » avant leur libération après cinq jours.

Le SPIC et la Redhac ont qualifié cette détention d’abusive et d’arbitraire. La communication du ministre a toutefois précisé qu’aucune plainte n’avait été déposée, tandis que l’affaire a relancé les débats sur la liberté de la presse au Cameroun.

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l’élection de Geremi Njitap contestée devant la justice

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L’élection de Geremi Njitap à la présidence du Syndicat national des footballeurs camerounais (SYNAFOC) est désormais contestée devant la justice. Joslain Leonel Mayebi, membre du syndicat depuis 15 ans, a saisi les juridictions compétentes pour demander l’annulation de l’Assemblée générale élective tenue le 2 septembre 2026 à Douala.

À l’issue de cette assemblée, l’ancien international camerounais Geremi Njitap a été élu à la tête du SYNAFOC. Mais le scrutin est aujourd’hui au cœur d’un contentieux. Mayebi, soutenu par plusieurs délégués régionaux, dénonce notamment des irrégularités dans le processus électoral ainsi que leur exclusion du vote.

Dans un communiqué, Joslain Leonel Mayebi fait état de « violations répétées de nos statuts », d’« atteintes graves à notre liberté syndicale » et d’une « manipulation programmée du corps électoral ». Il affirme également vouloir engager une « bataille judiciaire ferme et résolue » pour obtenir le respect des règles régissant le fonctionnement du syndicat.

Les plaignants invoquent notamment le principe juridique Fraus omnia corrumpit, selon lequel la fraude corrompt tout. Avec l’appui du cabinet AKKUM AKKUM & Associates LLP, ils demandent à la justice d’examiner les conditions dans lesquelles l’Assemblée générale élective s’est déroulée et de se prononcer sur sa conformité aux statuts du SYNAFOC.

L’élection de Geremi Njitap se retrouve ainsi au centre d’un bras de fer judiciaire. La suite de la procédure devra déterminer si les griefs soulevés par Joslain Leonel Mayebi et les autres contestataires sont fondés et quelles conséquences pourraient en découler pour le scrutin du 2 septembre.

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Samuel Eto’o visé par une plainte au Tribunal criminel spécial

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Le président de la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT), Samuel Eto’o Fils, est visé par une plainte déposée au Tribunal criminel spécial (TCS). L’Association des clubs de football amateur du Cameroun (ACAC), dirigée par Abdouraman Ahmadou Baba, affirme avoir saisi cette juridiction au sujet d’allégations de détournement de fonds.

Selon l’ACAC, cette plainte met en cause la gestion financière de la FECAFOOT et vise directement son président. L’association demande ainsi à la justice de se pencher sur les faits qu’elle dénonce et d’en déterminer la réalité ainsi que les éventuelles responsabilités.

Cette démarche judiciaire intervient dans un contexte de tensions persistantes autour de la gouvernance du football camerounais. Elle vient ajouter un nouveau volet judiciaire aux nombreux différends qui opposent depuis plusieurs années certains acteurs du football à la direction de la FECAFOOT.

À ce stade, les faits dénoncés par l’ACAC constituent des allégations. Leur réalité, leur qualification juridique et les éventuelles responsabilités devront être établies par les autorités judiciaires compétentes.

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