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Fecafoot : quand le processus électoral menace la stabilité nationale


Au Cameroun, le football est bien plus qu’un sport : c’est une passion, un ciment social et parfois même une soupape face aux difficultés du quotidien. Mais aujourd’hui, ce sport-roi est au cœur d’une crise qui dépasse le terrain de jeu. Le processus électoral lancé par la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), dirigée par Samuel Eto’o, fait l’objet de vives contestations et pourrait, à terme, ébranler la stabilité du pays.
Lire l’analyse de Shance Lion :
UNE MOBILISATION NATIONALE DES ACTEURS DU FOOTBALL CAMEROUNAIS INÉDITE.
Des acteurs du football dans les dix régions et des cinquante-huit départements annoncent des manifestations ce jour pour dénoncer ce qu’ils qualifient de « système de magouilles, corruption, népotisme, trucage de matchs et détournement de fonds » instauré par l’actuel exécutif de la FECAFOOT, surnommé par certains le « KARTEL DE TSINGA ».
Face à cette fronde, le ministre des Sports,
Professeur Narcisse MOUELLE KOMBI, représentant l’État, avait décidé de suspendre le processus électoral. Mais le président sortant Samuel Eto’o a choisi de passer outre, un geste perçu comme un défi direct à l’autorité de l’État.
- Des irrégularités qui inquiètent
Les griefs contre la FECAFOOT sont nombreux et sérieux :
- Exclusion arbitraire de candidats et de clubs pourtant en règle.
- Remplacement des bureaux élus dans plusieurs ligues par des comités provisoires favorables à l’exécutif.
- Modifications répétées des textes pour restreindre la participation d’adversaires potentiels.
- Création de clubs fictifs ou « sur mesure » afin de gonfler l’électorat en faveur du président sortant.
Ces pratiques, dénoncées par les acteurs du football et constatées par les services déconcentrés du ministère des Sports, créent un climat explosif de méfiance et de frustration.
Si ce bras de fer restait cantonné au seul milieu sportif, il pourrait être perçu comme une querelle interne. Mais la réalité est toute autre :
- Dans les régions du Nord, l’Adamaoua, l’Est ou encore le Sud-Ouest, plusieurs clubs et dirigeants crient à l’exclusion délibérée, alimentant des tensions régionales déjà sensibles.
Voici en résumé, les raisons qui ont poussé le Ministre des Sports à suspendre le Processus électoral:
《Par ailleurs, le lancement du processus électoral par la FECAFOOT sans en informer la Tutelle comme cela a toujours été le cas pour toutes les Fédérations Sportives Civiles Nationales, enfreint la bonne collaboration qui existe entre le Ministère des Sports et de l’Education Physique (MINSEP) et l’ensemble du Mouvement Sportif National.
Au demeurant, les acteurs du football soulèvent plusieurs contestations relatives à des irrégularités ou des tentatives de fraudes. Les plaintes et récriminations relevées au sujet du processus électoral en cours à la FECAFOOT portent entre autres sur:
- Les suspensions ciblées ou arbitraires de certains membres, potentiels candidats pour des motifs dont la pertinence ne serait pas avérée;
- La substitution sans motif valable des bureaux régulièrement élus dans environ une quinzaine de ligues décentralisées par des Comités Provisoires de Gestion, dont les membres seraient acquis à la cause de l’actuel exécutif de la FECAFOOT:
- Les nombreuses modifications des textes organiques fédéraux, intervenues respectivement les 27 août 2022, 27 mai 2023, 17 octobre 2023 et 16 novembre 2024 en leurs articles 19, 36, 46 et 90 nouveaux qui constituent des restrictions des droits et libertés au sein de la FECAFOOT et une mise à l’écart des potentiels candidats;
- La convocation des Assemblées Générales des Ligues Départementales hors de leurs territoires de compétence respectifs;
- La non organisation de championnats dans plusieurs Départements. la mise à l’écart de certains arbitres suite aux revendications portant sur leur prise en charge;
- L’intégration des clubs créés ad hoc n’ayant pas participé au championnat 2024-2025 organisé par la FECAFOOT, avec pour objectif de se constituer un électorat certain. Des analyses faites par les acteurs du football et les services déconcentrés du MINSEP, il ressort à titre illustratif entre autres que:
- Dans le Département de la Bouba et Ngoko, Région de l’Est, les clubs figurant sur la liste provisoire publiée par la Commission Electorale en date du II août 2025 n’ont pas d’agrément et n’ont pris part à aucun championnat départemental;
- Dans la Région du Nord, onze (11) clubs ont été écartés des championnats dans le Département de la Bénoué, cing (05) clubs dans le Département du Mayo Louti, et six (06) dans le Département du Mayo Rey. A cela s’ajoute, le refus délibéré d’engager certains clubs de la Région du Nord au championnat départemental malgré le paiement par ces derniers des frais de licences, d’affiliation et de participation audit championnat, avec pour corollaire leur mise à l’écart du processus électoral;
- Dans la Région de l’Adamaoua, des clubs auraient également été exclus des compétitions sportives malgré le paiement par ces derniers des frais d’affiliation et de licences auprès de la FECAFOOT;
- Dans la Région de l’Ouest, il est décrié la suspension injustifiée de plusieurs dirigeants des clubs dans le département du Noun assortie des amendes allant de 2 à 7 millions de francs CFA ainsi que la non réhabilitation du président de la Ligue Régionale de football Monsieur, KOUEDEM François malgré la sentence du TAS. De même, le rejet en bloc par les acteurs du football de la Région de l’Ouest du Secrétaire général par intérim nommé par la FECAFOOT en lieu et place du Secrétaire général élu et suspendu par la Fédération fait problème;
- Dans la Région de l’Extrême nord, il est à déplorer l’exclusion du processus électoral des clubs régulièrement affiliés avec paiement de tous les frais de licences du championnat départemental du Diamaré;
- Dans le Sud-Ouest, au niveau de la ligue départementale de football de la Mémé, il est signalé la mise en place d’une stratégie de non délivrance des licences à certains clubs ayant pourtant souscrit aux frais y afférents en vue de leur exclusion du processus électoral parce que les dirigeants desdits clubs ne seraient pas favorables à l’actuel exécutif de la FECAFOOT;
- Dans la Région du Littoral, les acteurs se plaignent de l’exclusion de certains clubs du processus électoral alors même que figurent dans la liste publiée des clubs départementaux saison 2024/2025 autorisés à prendre part au processus dans ladite Région, des clubs dont l’existence n’est pas avérée. Par ailleurs, on observe une précipitation à vouloir lancer les championnats départementaux pour légitimer l’existence de certains clubs nouvellement créés pour la cause électorale.
Le fait pour une fédération sportive de braver une décision gouvernementale envoie un signal inquiétant : celui d’une institution qui s’estime au-dessus des lois.
À quelques semaines de l’élection présidentielle d’octobre 2025, la crise de la FECAFOOT pourrait se transformer en étincelle politique, exploitée par des acteurs désireux d’affaiblir l’État.
Enfin, les manifestations annoncées sur tout le territoire national font planer la menace de débordements et d’affrontements violents.
Le Cameroun a toujours trouvé dans le football une source d’unité et de fierté. Mais aujourd’hui, ce même football est devenu un facteur de division. Les tensions autour du scrutin de la FECAFOOT ne sont plus de simples rivalités sportives : elles se transforment en une crise de légitimité institutionnelle, avec des répercussions possibles sur l’ordre public et la paix sociale.
La suspension décidée par le ministre des Sports visait à préserver la sérénité du pays. Mais en maintenant le processus, l’exécutif actuel de la FECAFOOT prend le risque de faire basculer le Cameroun dans une zone d’instabilité imprévisible.
Le football, qui devrait unir les Camerounais, risque alors de devenir le champ de bataille d’intérêts particuliers. Une dérive qui, si elle n’est pas contenue, pourrait marquer un tournant dangereux pour la stabilité nationale.
Shance Lion
NB :Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement la position éditoriale d’Actu Cameroun.
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DHL Cameroun : le bénéfice recule de 38 % en 2025, à 278 millions de FCFA

(Investir au Cameroun) – DHL International Cameroun a dégagé un bénéfice net de 424 000 euros (278,1 millions de FCFA) en 2025, contre 681 000 euros (446,7 millions de FCFA) un an plus tôt. Le résultat de la filiale camerounaise du groupe allemand de logistique DHL recule ainsi de 37,7 % sur un an, selon les données publiées par sa maison mère.
Cette baisse représente environ 168,6 millions de FCFA de bénéfice en moins par rapport à 2024. Les documents consultés ne fournissent toutefois pas le chiffre d’affaires de DHL International Cameroun ni les charges ayant conduit à cette évolution. Ils ne permettent donc pas d’établir la cause du recul du résultat.
Dans le même temps, les capitaux propres de la société ont progressé. Ils atteignent 1,049 million d’euros (688,1 millions de FCFA) à fin 2025, contre 631 000 euros (413,9 millions de FCFA) un an auparavant, soit une hausse de 66,2 %. DHL Group détient 100 % de la filiale, dont le siège est situé à Douala.
Les données publiées par DHL permettent également de situer la filiale camerounaise parmi certaines entités africaines du groupe. En 2025, DHL International Côte d’Ivoire affiche par exemple un bénéfice net de 241 000 euros, contre 153 000 euros au Gabon, 214 000 euros en Ouganda et 62 000 euros au Burkina Faso. Ces chiffres renseignent sur les résultats nets des différentes sociétés, mais ne permettent pas de comparer leur rentabilité en l’absence de données homogènes sur leur chiffre d’affaires ou leurs actifs.
Amina Malloum
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comment gérer les fonds après le décès d’un abonné ?
Commis par Nognong Vincent Honoré, son ouvrage sur le sujet a été présenté officiellement au public à l’occasion d’une cérémonie de dédicace organisée à Douala le 19 septembre 2026.
Où vont les fonds que les abonnés des compagnies de téléphonie mobile installées au Cameroun laissent dans leur compte Mobile Money à leur décès ? Cette question est au cœur de l’ouvrage que vient de commettre le Camerounais Nognong Vincent Honoré, jeune écrivain et essayiste.
Dans cet ouvrage qui remet au goût du jour la question de l’arnaque dans la gestion de la monnaie numérique au Cameroun, ce sont des milliards de francs CFA qui s’en vont ainsi gratuitement et personne ne fait rien. L’auteur souligne pareillement que ces fonds profitent plutôt aux opérateurs de la monnaie numérique qui ont déjà d’énormes bénéfices.
Mtn Mobile Money
« Vous simplifiez les 100 francs ou les 10 000 FCFA que les Camerounais abandonnent dans leur compte Orange Money et Mtn Mobile Money après leur décès. Cumulés, cela constitue un montant colossal et nous ne savons pas où cela va. Cela revient aux opérateurs des téléphonies mobiles pendant que les familles souffrent. C’est un montant important qu’il faudra chercher à récupérer », explique l’auteur du livre.
Intitulé « Monnaie numérique, problématique de la gestion des fonds après le décès », cet ouvrage pose pareillement le problème du vide juridique qui entoure cette question au Cameroun. La loi est muette à ce sujet. C’est certainement pour cela que les épargnants sont arnaqués. « Il faut que des mesures légales soient prises pour entourer cette question », fait-il savoir.
Europe
Avant d’ajouter qu’ailleurs, des mesures ont été prises par les États : « Je pense qu’il faut universaliser les pratiques en la matière. Si la réglementation de la monnaie électronique au Cameroun était la même qu’en Europe et dans d’autres pays qui ont anticipé sur la question, on n’en serait pas là », note ce dernier, tout en soulignant l’urgence de la réglementation en la matière pour protéger les comptes des épargnants.
Pendant l’échange qui a suivi cette dédicace, les panélistes ont invité l’assistance à prendre des mesures drastiques pour limiter la casse, notamment en donnant le code de leur portefeuille électronique à un membre de la famille. Cela peut se faire de deux manières : en lui remettant directement le code ou simplement en le désignant pendant la création d’un compte Mobile Money. Mais il faudra que les opérateurs de téléphonie mobile valident cette procédure.
Nombreux sacrifices
Sans toutefois trouver de solution pour sécuriser les fonds des abonnés de Mobile Money, le livre de Nognong Vincent Honoré pose une réelle problématique financière à scruter de très près. À côté des nombreuses plaintes des abonnés des compagnies de téléphonie mobile au Cameroun, ce livre vient une fois encore démontrer une arnaque à ciel ouvert. Il invite tous les Camerounais à être vigilants désormais et à prendre des mesures pour éviter que le fruit des nombreux sacrifices faits pendant qu’on est en vie ne profite plus aux opérateurs. Minime que soit la somme, elle doit profiter à la famille.
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Yaoundé Cœur de ville : le carrefour Elig-Edzoa retiré du projet, 7 milliards de plus pour Mvan et Elig-Effa

(Investir au Cameroun) – Le carrefour Elig-Edzoa ne fera finalement pas partie des aménagements structurants du projet Yaoundé Cœur de ville. Selon des responsables de la Communauté urbaine de Yaoundé (CUY) approchés par Investir au Cameroun, son retrait résulte de contraintes budgétaires apparues après l’appel d’offres, notamment sous l’effet de la hausse du coût des travaux prévus à Mvan et Elig-Effa.
Dans la convention de financement du 4 février 2022, expliquent ces responsables, 9,5 milliards de FCFA étaient prévus pour Elig-Edzoa, contre 15,2 milliards pour Mvan et 13,6 milliards pour Elig-Effa. L’enveloppe affectée aux trois carrefours atteignait ainsi 38,3 milliards de FCFA.
Mais à l’ouverture des offres, le 24 septembre 2024, l’offre de l’entreprise qualifiée et évaluée la moins-disante dépassait d’environ 25 % les montants inscrits dans la convention, selon les mêmes sources. La CUY a alors décidé de réduire le périmètre des travaux pour rester dans les ressources disponibles.
Les aménagements maintenus à Mvan et Elig-Effa, avec les gares routières de Mvan et Messa, mobilisent désormais environ 35,8 milliards de FCFA, contre 28,8 milliards initialement prévus pour les deux carrefours. L’écart atteint ainsi 7 milliards de FCFA, soit une hausse de 24,3 %.
Rapporté aux 9,5 milliards initialement réservés à Elig-Edzoa, ce surcoût représente près des trois quarts de cette enveloppe. Il explique en grande partie le retrait du troisième carrefour du programme, même si les éléments disponibles ne permettent pas d’établir l’affectation précise des 2,5 milliards de FCFA restants.
Selon les responsables de la CUY contactés, les coûts supplémentaires proviennent notamment de contraintes techniques apparues ou précisées après les études réalisées entre 2020 et 2022. À Mvan, des remblais rocheux ont notamment été nécessaires pour traiter le sous-sol marécageux de la future gare routière. Le projet doit également prendre en charge le déplacement de réseaux de Camwater, Eneo, Camtel et Orange, ainsi que d’installations relevant de la DGSN et du ministère de l’Administration territoriale, dont la configuration a évolué depuis les études initiales.
Le retrait d’Elig-Edzoa modifie ainsi le périmètre du projet présenté au lancement de la procédure de passation des marchés. L’appel d’offres international publié en mai 2024 portait encore sur l’aménagement des trois carrefours de Mvan, Elig-Effa et Elig-Edzoa, ainsi que sur les gares routières de Mvan et Messa.
Yaoundé Cœur de ville est financé principalement par la France, à travers l’Agence française de développement (AFD), dans le cadre du Contrat de désendettement et de développement (C2D). L’État camerounais a obtenu ces ressources avant de les rétrocéder à la Communauté urbaine de Yaoundé, maître d’ouvrage du projet. Les marchés bénéficient également d’une contribution financière de l’État.
Le programme vise notamment à restructurer plusieurs nœuds de circulation de la capitale, moderniser les gares routières, améliorer les cheminements piétons et renforcer la sécurité routière. Les travaux de Mvan et Elig-Effa ont été officiellement lancés en juin 2025.
Ludovic Amara
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09-10-2023 - Mobilité urbaine à Yaoundé : lancement des travaux d’un projet de 54,7 milliards FCFA annoncé en 2024 |
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