Actualités locales
“l’unanimisme freine l’innovation et condamne le Cameroun au retard”

Le cinéaste camerounais mène une réflexion sur les logiques qui freinent le développement du Cameroun.
Selon Jean-Pierre Bekolo, la logique unanimiste du 100% Paul Biya, qui impose à chacun de se conformer au groupe, transforme nos sociétés en espaces où innover, créer ou prendre des risques devient presque impossible. Résultat : nous sommes des peuples et des pays condamnés au retard.
« QUAND LE 100% POUR BIYA EST UN FREIN
Je m’interroge sur une possible incompatibilité — ou du moins un malentendu — entre nos cultures africaines et la démocratie vue comme lieu de cohabitation des différences. Sommes-nous des gens dans l’incapacité à vivre avec la différence, même minime. Pourquoi nos cultures ne supportent pas qu’au sein d’un clan ou d’une famille, quelqu’un pense autrement.
Cette logique unanimiste, qui impose à chacun de se conformer au groupe, transforme nos sociétés en espaces où innover, créer ou prendre des risques devient presque impossible. Résultat : nous sommes des peuples et des pays condamnés au retard.
Le cas du Cameroun est frappant.
Pourquoi dans un village Beti qui soutien Biya a 99%, on va traquer ostraciser taxer d’opposant, de traitre, de vendu avec toutes les conséquences et suspicions qui vont avec les 1% qui va soutenir Kamto par exemple? Pourquoi va-t-on pointer du doigt, exclure, réduire au silence, parfois même anéantir socialement, la seule personne qui va faire un autre choix?
Parce que ce chez nous, ce 1% dérange plus que la masse rassurante des fidèles, l’unité du groupe doit être parfaite, totale, homogène — au prix de l’étouffement des consciences.
Cet unanimisme n’est pas seulement un frein politique, il est aussi un poison économique et social. Il alimente notre retard. Il suffit d’observer autour de soi : le Cameroun est un pays où l’on imite au lieu d’inventer, où l’on achète on vend – bayam salam – au lieu de produire, où l’on répète au lieu de transformer. Tout le monde ouvre une boutique de téléphones chinois, tout le monde vend les mêmes chaussures importées, se lance dans la friperie, les call-box, les points de transfert d’argent. L’idée originale, le modèle inédit, la fabrication locale sont rares, jugés risqués donc suspects. L’unanimisme pousse à la reproduction plutôt qu’à l’innovation.
Cette économie de la revente donne l’illusion d’une activité, mais elle est une impasse : elle ne crée pas de valeur, elle redistribue ailleurs la richesse produite par d’autres.
Pourquoi en est-on arrivé là ? Parce que la société unanimiste condamne celui qui ose « sortir du lot ». Un jeune qui tente un projet inédit est moqué : « Tu veux montrer quoi ? » La pression sociale étouffe l’audace. Résultat : on répète des modèles déjà usés, même quand ils fonctionnent mal.
Sur le plan politique, l’unanimisme bloque le développement parce qu’il interdit l’alternance. Accepter l’alternance, c’est accepter que « les miens » soient dirigés par « les autres », une différence vécue comme insupportable. Sur le plan social, il nourrit divisions ethniques et tribalisme : un Béti qui critique Biya est traité de traître, un Bamiléké qui critique Kamto subit le même rejet. Chaque communauté se replie dans son bloc, où toute pensée divergente devient une menace. Sur le plan économique et culturel enfin, l’unanimisme tue l’innovation : sortir du rang, proposer une voie nouvelle, c’est s’exposer à l’isolement.
Or, le développement repose justement sur la capacité d’une société à encourager ceux qui osent rompre avec l’unanimité. L’innovation suppose la dissonance, le droit de tenter ce que personne n’a encore osé. Mais dans un système unanimiste, la dissonance est vécue comme un danger. Le résultat est mécanique : une société où l’on imite au lieu d’inventer, où l’on revend au lieu de créer, où l’on répète au lieu de transformer.
Le Cameroun s’enferme ainsi dans une spirale unanimiste destructrice. Le problème n’est pas seulement que les Bétis soutiennent Biya ou que les Bamilékés soutiennent Kamto : le vrai problème, c’est qu’aucun de ces camps n’accepte que quelqu’un pense autrement au sein même de son groupe.
L’enjeu n’est donc pas seulement institutionnel : il est psychologique et culturel. C’est la capacité d’un peuple à accepter le dissensus interne.
Tant que ce tabou persistera, le Cameroun restera prisonnier du sous-développement. Car un pays où 1 % de voix divergentes est traqué ne produit que 99 % de conformisme stérile — un conformisme incapable d’inventer l’iPhone, Android, WhatsApp, Facebook, Tesla… »
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« Nous devons soutenir Infantino »

Alors que Gianni Infantino traverse l’une des périodes les plus délicates de sa présidence à la FIFA, Samuel Eto’o choisit de lui apporter un soutien sans ambiguïté. Le président de la FECAFOOT estime que le dirigeant italo-suisse a profondément transformé le football mondial et particulièrement contribué au développement du football africain.
« Le président Gianni Infantino a changé le football », affirme l’ancien capitaine des Lions indomptables. Selon lui, l’élargissement de la Coupe du Monde a permis à plusieurs nations qui avaient peu de chances d’y participer auparavant de rêver désormais d’une qualification. Eto’o insiste également sur l’impact du président de la FIFA sur les fédérations africaines, dont le développement aurait été accéléré grâce à son soutien.
« Il a aidé notre continent. Il a aidé nos fédérations à se développer beaucoup plus rapidement, et nous devons le reconnaître », poursuit-il, avant d’appeler les responsables du football africain à assumer publiquement leur soutien à Infantino.
Cette prise de position intervient dans un contexte particulièrement tendu. Infantino est fragilisé par la controverse autour de son projet FIFA Forward Enterprise et fait face à une opposition croissante de plusieurs grandes confédérations. Malgré ces critiques, le Comité exécutif de la CAF a réaffirmé à l’unanimité son soutien au président de la FIFA le 6 août dernier.
Pour Samuel Eto’o, le bilan d’Infantino doit donc être pris en compte au-delà des polémiques actuelles. « Nous devons accepter et reconnaître ce qu’il a fait, et nous devrions le soutenir pour tout ce qu’il a accompli jusqu’à présent », plaide le président de la FECAFOOT.
Un soutien qui prend une résonance particulière alors que le camp d’Infantino fait face à une contestation grandissante et que plusieurs fédérations africaines seraient désormais tentées de rejoindre l’opposition.
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le Cameroun passe de 7 à 19 unités de production en six ans

Depuis 2020, le nombre d’unités de production locales est passé de 7 à 19, pour 239 références homologuées. Une dynamique encourageante, même si ces produits ne couvrent encore qu’environ 15 % de la Liste nationale des médicaments essentiels et moins de 5 % des besoins de consommation.
Sur très haute instruction du président de la République, le ministre de la Santé publique, Dr Manaouda Malachie, a pris part ce 24 août 2026, à Addis-Abeba, en Éthiopie, à la première session du Dialogue Ministériel de Haut Niveau, organisée en marge de la 76ᵉ session du Comité régional de l’OMS pour l’Afrique.
Consacrée au renforcement des systèmes de réglementation et de la fabrication au niveau régional, cette session a permis aux ministres et parties prenantes de bâtir une compréhension commune des enjeux liés à la production locale des produits médicaux et au renforcement de la régulation pharmaceutique. Deux leviers jugés essentiels pour consolider la sécurité sanitaire, renforcer la résilience des systèmes de santé et accélérer la marche vers la Couverture Santé Universelle.
Portant la voix du Cameroun, le Dr Manaouda Malachie a exposé les progrès réalisés par le pays dans le développement de son industrie pharmaceutique. Depuis 2020, le nombre d’unités de production locales est passé de 7 à 19, pour 239 références homologuées. Une dynamique encourageante, même si ces produits ne couvrent encore qu’environ 15 % de la Liste nationale des médicaments essentiels et moins de 5 % des besoins de consommation.
Le ministre a aussi pointé les obstacles qui freinent l’essor du secteur : accès au financement, difficultés énergétiques, approvisionnement en matières premières, concurrence des produits importés et retards de paiement des commandes publiques.
Face à ces défis, le gouvernement camerounais a déjà engagé plusieurs mesures : exonération des droits et taxes sur certains intrants et équipements, ainsi que mécanismes de préférence pour la production nationale, sous réserve du respect des exigences de qualité, de sécurité, d’efficacité et de compétitivité.
Le renforcement de la commande publique s’impose également comme un levier majeur pour soutenir durablement les producteurs locaux. Dans cette optique, le Cameroun finalise sa stratégie nationale de développement de l’industrie pharmaceutique et explore de nouvelles formes de partenariats public-privé.
Sur le plan réglementaire, le pays veut franchir un nouveau cap, avec le renforcement des capacités de son Autorité nationale de régulation et l’étude de faisabilité pour la création d’une Agence camerounaise du médicament.
Au-delà des frontières nationales, le ministre a insisté sur la coordination et la collaboration régionales, indispensables pour bâtir une industrie pharmaceutique africaine capable de répondre aux besoins des populations et de contribuer à la souveraineté sanitaire du continent.
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les transporteurs lèvent leur mot d’ordre de grève

La grève annoncée à partir du 24 août 2026 dans le secteur des transports routiers de marchandises n’aura finalement pas lieu. À l’issue d’une réunion de concertation tenue le 23 août au ministère des Transports, les pouvoirs publics et les organisations socioprofessionnelles sont parvenus à plusieurs résolutions sur les principales revendications des transporteurs.
La menace de grève dans le transport routier de marchandises au Cameroun est levée. Réunis dimanche 23 août 2026 à Yaoundé, sous la présidence du ministre des Transports, Jean-Ernest Masséna Ngalle Bibehe, les représentants du gouvernement et les organisations syndicales du secteur ont examiné les préoccupations contenues dans le préavis de grève.
Parmi les principales mesures arrêtées figure la suspension, jusqu’à nouvel ordre, de la délivrance de la licence S6, ainsi que la proposition de créer un comité interministériel chargé de relire le dispositif réglementaire concerné. Les préoccupations liées à la transformation du Conseil national des chargeurs du Cameroun (CNCC) feront également l’objet d’un examen interministériel.
Par ailleurs, les autorités ont décidé de limiter les contrôles routiers des marchandises en transit aux check-points conventionnels des corridors Douala-N’Djamena et Douala-Bangui. La perception d’amendes forfaitaires par les équipes de prévention routière du ministère des Transports est interdite. D’autres mesures portent sur la pesée des camions-citernes, les contrôles de gabarit, les pèses-essieux mobiles et les tracasseries routières dénoncées par les transporteurs, notamment dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.
Le gouvernement s’est également engagé à accélérer le traitement de plusieurs dossiers, dont l’extension de la convention collective nationale du secteur des transports routiers et la réhabilitation des axes routiers dégradés, dont les points critiques devront être signalés aux pouvoirs publics sous 24 heures.
Prenant acte de ces engagements, les professionnels du secteur ont salué le dialogue social engagé avec les autorités et décidé de lever le mot d’ordre de grève prévu le 24 août 2026. Ils invitent ainsi l’ensemble des membres de leur plateforme à reprendre normalement leurs activités.
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