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hommage à docteur Jean Toto Moukouo

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hommage à docteur Jean Toto Moukouo
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Le président fondateur de l’association Adolf Ngosso DIN est décédé le 22 juillet 2025.

Lire le texte de Michel Lobé Ewané :

Par son action à la tête de cette association qui est devenue d’utilité publique, il a ouvert un important pan de la réalité historique camerounaise sur le combat qu’ont mené des grandes figures nationalistes de notre pays contre la domination coloniale. En mettant le focus sur la personnalité d’Adolph Ngosso Din, jeune et brillant camerounais âgé de 34 ans en 1914, secrétaire du Roi Douala Manga Bell, il a révélé l’engagement patriotique dont celui-ci a fait preuve face aux autorités coloniales allemandes. Mais le grand accomplissement de Dr Toto Moukouo est d’avoir réussi à convaincre l’Etat camerounais, et ses plus hautes autorités, de donner la place qu’il mérite dans l’histoire à ce jeune homme exécuté le même jour et sur la même place que Rudolph Douala Manga Bell.

Je voudrais lui rendre hommage en publiant une interview exclusive qu’il m’a accordé pour MBOSSO magazine, le journal de l’Association. Cette interview est un texte qu’on peut considérer comme l’héritage que Dr Toto MOUKOUO laisse à l’Association Adolph Ngosso Din et à la postérité.

« L’Etat du Cameroun a reconnu la valeur nationale des actes posés par Adolf Ngosso Din »

Propos recueillis par Michel LOBE EWANE

MBOSSO : Quelle est selon vous, la signification qu’il faut accorder à l’entrée de la photo d’Adolf Ngosso Din au Musée National ?

Docteur Jean Toto Moukouo : L’entrée de la photo d’Adolf Ngosso Din au Musée National est un événement en soi. Quand nous avons reçu la lettre du 13 Juillet 2022 du Ministre des Arts et de la Culture nous annonçant son accord de principe sur l’acte de Donation de la photo d’Adolf Ngosso Din à l’Etat de Cameroun, nous avons été étreints par une grande émotion et rempli d’une joie immense et indescriptible. Ce fut comme ce que ressent un élève ou un étudiant apprenant la nouvelle de son succès au CEPE, au Concours d’entrée en 6eme, au BEPC, Probatoire, Baccalauréat ou encore après une soutenance de thèse à l’université. Cela veut dire que l’Etat du Cameroun a reconnu la valeur nationale des actes posés par Adolf Ngosso Din in tutti personae, et que ces actes sont d’un apport significatif et positif pour la Nation toute entière.

Cette entrée au Musée national s’accompagne d’un hommage national et est placée sous le très Haut patronage du Président de la République. Comment en est-on arrivé à une cette reconnaissance nationale ?

J.T.M : Aux grands hommes, la Patrie reconnaissante. Les éléments de preuves que nous avons fournis au Ministère des Arts et de la Culture ont été validés par la Présidence de la République. Ils ont été jugés convainquant vis-à-vis de la vérité historique, 108 ans après le sacrifice suprême d’Adolf Ngosso Din. Ce sacrifice a été validé par la plus haute autorité de l’Etat pour servir d’exemple non seulement aux forces vives de la nation mais aussi à la jeunesse dans son ensemble et à tout citoyen et habitant du Kamerun. C’est aussi là que se situe la signification de l’Hommage national. Pour en arriver là il a fallu près de 20 ans de travail et de perspicacité : recherche, publications, manifestations culturelles autorisées par le Ministère des Arts et de la Culture tel au le FESTI ANDA et bien plus significatif encore la Journée Nationale Adolf Ngosso Din, et The Heroe’s Days qui comprend le 8 Août, commémoration de la pendaison d’Adolf Ngosso Din et Rudolf Douala Manga Bell. Et il faut tenir compte de ce que cette date concerne tout le territoire national. Car l’empire allemand n’a voulu épargner aucune région du Kamerun par sa cruauté manifestée alors à cette date-là. Sans oublier la répression et la violence qui ont marqué ses 30 ans d’occupation du pays. L’Hommage national apparait alors comme une étape ultime.

La reconnaissance nationale d’Adolf Ngosso Din semble avoir précédé sa reconnaissance par sa communauté, en particulier au sein du canton Bell. Est-ce qu’on peut aujourd’hui avoir l’assurance que les deux figures de Rudolf Douala Manga Bell et Adolf Ngosso Din sont désormais compatibles avec leur place dans le Panthéon national ?

J.T.M : La reconnaissance nationale avant celle de communauté. C’est exact. Cela démontre tout simplement la primauté de l’Etat et de l’administration sur tous les secteurs de la vie et donc ceux relevant de la tradition des communautés sur le plan sociologique. C’est la loi issue du traité du 12 Juillet 1884 qui a tracé ces lignes ainsi.

La République met tous les citoyens au même niveau. La République juge les rois, les chefs, les élites, tous les citoyens et habitants, hommes comme femmes à partir des mêmes critères. Elle considère que tout le monde est égal devant la loi. Les communautés traditionnelles ne se conduisent pas de la même façon. Un roi, un chef ne sont jamais les égaux des forces vives, même après leur mort. Il y a donc des lourdeurs, des pesanteurs, des freins, des résistances, voire même beaucoup d’inerties qui accompagnement l’appréciation d’une force vive en comparaisons à un roi ou un chef, voire même à un notable.

De ce point de vue, l’Association Adolf Ngosso Din s’est beaucoup plus appuyée sur la loi fondamentale de la République en plaidant pour Ngosso Din d’autant plus que celui-ci n’a laissé ni veuve, ni enfant au sens de progéniture, ni richesse matérielle particulière, en dehors de sa photo et de ses actes. La primauté de l’Etat entraine les communautés villageoises ancestrales à faire du suivisme pour un certain nombre d’activité même si à prime abord les causes défendues sont justes et limpides. Et puis les rois et chefs, gardiens de la tradition sont des auxiliaires de l’administration. Ainsi Rudolf Douala Manga, Wilhem Madola, Martin Paul Samba, Adolf Ngosso Din sont régis par la même loi, égaux devant cette loi, et sont jugés selon leurs actes.

Pour les communautés traditionnelles, le Roi reste un roi même après sa mort. Une force vive reste une force vive et le secrétaire du roi reste son secrétaire c’est-à-dire son fieffé, même après sa mort. Cela s’apparentait à un crime de lèse-majesté que d’évoquer le nom de Ngosso Din quand on parlait de Douala Manga Bell. Ceci explique en partie pourquoi la reconnaissance de la communauté n’est venue qu’après celle de l’Etat.

Un autre facteur a pu jouer. Nous avons observé une donnée essentielle au cours des années de notre lutte pour faire valoir le mérite d’Adolf Ngosso Din. Dans la confrérie des chefs, des rois et des notables Sawa, il y a deux tendances. Les ultras conservateurs d’une part et les progressistes d’autre part. Les conservateurs et ultraconservateurs sont ces caciques qui s’opposent à tout mouvement d’émancipation des forces vives. Les progressistes se rapprochent un peu plus des lois de la République et défendent les intérets des forces vives. Ils considèrent que leur rôle et leurs apports sont utiles et importants à la société traditionnelle. C’est donc un rapport de forces qui entre en jeu. Jusqu’à présent ce rapport de forces était en faveur des conservateurs. Il est en train de basculer. Nous comprenons pourquoi la reconnaissance de l’Etat a devancé celle de la communauté traditionnelle en ce qui concerne Adolf Ngosso Din.

Le 17 juin dernier, à l’occasion de la cérémonie de sacralisation de la photo de Ngosso Din, à Douala, le Gouverneur de la Région du Littoral, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, a prononcé un discours qui a marqué les esprits. Dans cette allocution il a interpellé les historiens et les chercheurs, en les invitant à créer une plateforme nationale pour identifier les faits historiques et les vulgariser. La réalité est que notre histoire est encore mal connue par les camerounais. Quelle est selon vous la démarche à suivre pour la faire connaitre ?

J.T.M : Le discours du Gouverneur a été très dense. Il peut y avoir plusieurs démarches. Nous avons privilégié celle de la recherche de la vérité historique. Le Kamerun comme la plupart des pays africains a subi beaucoup de traumatismes psychologiques et intellectuels. Il y a eu beaucoup de lavages de cerveau consécutifs à des épistémicides systématiques : la traite des esclaves, la colonisation, le néocolonialisme. Tout ceci appuyés par les pensées de grands leaders intellectuels de l’Europe du XVème au XVIIème siècles pour qui globalement le noir ne valait pas plus qu’un animal. Il a fallu qu’à un moment donné de l’évolution des peuples du monde la loi fondamentale de la physique qui repose sur l’équation action-réaction puisse se manifester un jour, à un moment donné. Des intellectuels comme Cheik Anta Diop au niveau des sciences et de Aimé Césaire et ses compagnons de la négritude ont servi de catalyseurs de cette réaction attendue de l’Afrique. Et la suite de l’évolution des peuples africains est entrain de progresser lentement mais sûrement vers cette réaction. L’Afrique doit se prendre en main et assumer ses responsabilités. C’est le sens que je donne au discours du Gouverneur de la Région du Littoral, région mère d’Adolf Ngosso Din, lors de la cérémonie du 17 Juin 2023. Stimuler, encourager les historiens et les chercheurs à travailler pour que la vérité historique prime. C’est son rôle en tant qu’administrateur d’une région touchée dans ses tripes par la violence allemande et ce d’autant plus qu’il est lui-même descendant d’une victime de cette cruauté en l’occurrence, le roi Wilhem Madola à Kribi.

Quelles sont les démarches qu’envisagent d’entreprendre l’Association Adolf Ngosso Din pour faire entrer le héros qu’il est dans les programmes scolaires ?

J.T.M : Travailler pour faire mieux connaitre Adolf Ngosso Din par des recherches menant à des publications. Organiser des conférences sur ces actes et sa pensée profonde. Ceci non seulement auprès des élèves, des étudiants d’universités, des jeunes, mais aussi auprès des adultes et personnes de tout âge. Il ne faut pas négliger le rôle des Associations. Cette œuvre interpelle les enseignants, les différentes administrations compétentes dans l’enseignement et l’éducation à tous les niveaux. Elle interpelle bien entendu les pouvoirs publics, les acteurs privés et surtout les médias : la presse, la radio, la télévision, les réseaux sociaux.

A ce propos Adolf Ngosso Din avait perçu l’importance que représentent les organes de communication. Alors qu’il était en plein milieu de sa mission à Berlin en mars 1914, il s’en était parfaitement rendu compte en déclarant dans un de ses messages vers le Kamerun : « Le monde entier est maintenant au courant de notre cause. » C’est entre autre le rôle que s’est assignée l’Association Adolf Ngoso Din pour la Culture, l’éthique et la paix : informer, sensibiliser sur les bases de la vérité historique.

Quel est votre sentiment sur les réhabilitations auxquelles les autorités allemandes ont procédé récemment en donnant le nom de Rudolf Douala Manga Bell, à une rue, une avenue et une place dans plusieurs villes de leur pays ?

J.T.M : C’est une bonne chose. Mais cela est insuffisant vis-à-vis du peuple kamerunais. Ce n’est pas parce qu’on a attribué une rue, ou une avenue, une place à un Roi, fut-il Rudolf Douala Manga Bell – que je respecte beaucoup et dont j’admire le haut sens patriotique – que cela règle le problème de la souffrance qu’ont subie les populations du Kamerun. Le peuple kamerounais dans son ensemble a souffert. C’est une souffrance qui est consécutive à un crime contre l’humanité, un crime prémédité, consciemment commis pratiquement le même jour et dans tout le pays. Et ceci indépendamment de tous les autres crimes perpétrés pendant les 30 ans qu’a duré l’occupation allemande. Nous apprécions à sa juste mesure les démarches de la famille royale Douala Manga Bell et la sensibilité manifestée par les autorités de la République fédérale d’Allemagne, héritière de l’Empire qui a toujours été protectrice du trône des Bell dans l’histoire. Mais cela ne doit pas être un arbre qui cache la forêt.

Propos recueillis par Michel Lobé Ewané

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04 journalistes incarcérés pour soupçon de vol des lunettes d’Alamine Ousmane Mey

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Quatre journalistes ont été interpellés et placés en garde à vue le 16 septembre 2026 à Yaoundé avant d’être libérés le 21 septembre 2026, à la suite d’une suspicion de vol des lunettes du ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (MINEPAT), Alamine Ousmane Mey.

L’affaire de l’interpellation des quatre journalistes à Yaoundé s’est close le 21 septembre 2026 par leur libération sans poursuites, après qu’il a été établi que les lunettes égarées du ministre se trouvaient en réalité dans son propre véhicule.

Il s’agit notamment de François Essomba (Chine Afrique), Igor Gwet Bibey (Inform Plus), Solange Djuikam (Univers Info) et Pierre Mouchili (Le Procès International).

Ils ont été interpellés le 16 septembre 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé lors de la clôture des journées de la BID présidée par le ministre Alamine Ousmane Mey, avant d’être soupçonnés du vol de ses lunettes.

Malgré la découverte rapide de l’accessoire dans le véhicule personnel du ministre, la détention a été prolongée pour « intrusion non autorisée » avant leur libération après cinq jours.

Le SPIC et la Redhac ont qualifié cette détention d’abusive et d’arbitraire. La communication du ministre a toutefois précisé qu’aucune plainte n’avait été déposée, tandis que l’affaire a relancé les débats sur la liberté de la presse au Cameroun.

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l’élection de Geremi Njitap contestée devant la justice

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L’élection de Geremi Njitap à la présidence du Syndicat national des footballeurs camerounais (SYNAFOC) est désormais contestée devant la justice. Joslain Leonel Mayebi, membre du syndicat depuis 15 ans, a saisi les juridictions compétentes pour demander l’annulation de l’Assemblée générale élective tenue le 2 septembre 2026 à Douala.

À l’issue de cette assemblée, l’ancien international camerounais Geremi Njitap a été élu à la tête du SYNAFOC. Mais le scrutin est aujourd’hui au cœur d’un contentieux. Mayebi, soutenu par plusieurs délégués régionaux, dénonce notamment des irrégularités dans le processus électoral ainsi que leur exclusion du vote.

Dans un communiqué, Joslain Leonel Mayebi fait état de « violations répétées de nos statuts », d’« atteintes graves à notre liberté syndicale » et d’une « manipulation programmée du corps électoral ». Il affirme également vouloir engager une « bataille judiciaire ferme et résolue » pour obtenir le respect des règles régissant le fonctionnement du syndicat.

Les plaignants invoquent notamment le principe juridique Fraus omnia corrumpit, selon lequel la fraude corrompt tout. Avec l’appui du cabinet AKKUM AKKUM & Associates LLP, ils demandent à la justice d’examiner les conditions dans lesquelles l’Assemblée générale élective s’est déroulée et de se prononcer sur sa conformité aux statuts du SYNAFOC.

L’élection de Geremi Njitap se retrouve ainsi au centre d’un bras de fer judiciaire. La suite de la procédure devra déterminer si les griefs soulevés par Joslain Leonel Mayebi et les autres contestataires sont fondés et quelles conséquences pourraient en découler pour le scrutin du 2 septembre.

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Samuel Eto’o visé par une plainte au Tribunal criminel spécial

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Le président de la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT), Samuel Eto’o Fils, est visé par une plainte déposée au Tribunal criminel spécial (TCS). L’Association des clubs de football amateur du Cameroun (ACAC), dirigée par Abdouraman Ahmadou Baba, affirme avoir saisi cette juridiction au sujet d’allégations de détournement de fonds.

Selon l’ACAC, cette plainte met en cause la gestion financière de la FECAFOOT et vise directement son président. L’association demande ainsi à la justice de se pencher sur les faits qu’elle dénonce et d’en déterminer la réalité ainsi que les éventuelles responsabilités.

Cette démarche judiciaire intervient dans un contexte de tensions persistantes autour de la gouvernance du football camerounais. Elle vient ajouter un nouveau volet judiciaire aux nombreux différends qui opposent depuis plusieurs années certains acteurs du football à la direction de la FECAFOOT.

À ce stade, les faits dénoncés par l’ACAC constituent des allégations. Leur réalité, leur qualification juridique et les éventuelles responsabilités devront être établies par les autorités judiciaires compétentes.

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