Une panne mécanique en pleine nuit à Mbatom a laissé 35 voyageurs en rade, relançant le débat sur les défaillances des agences de transport interurbain au Cameroun.
Mbatom (Ouest Cameroun)– C’est le genre d’aventure dont les usagers des transports en commun se seraient bien passés. Dimanche 20 juillet, un bus de la compagnieNso Boyz, reliant Bamenda à Yaoundé, a abandonné ses passagers au milieu de la nuit à Mbatom, après une panne sèche. Un scénario malheureusement récurrent pour cette agence, dont la réputation en prend un nouveau coup.
Un voyage cauchemardesque
Parti de Bamenda vers 18h30, le bus a commencé à montrer des signes de faiblesse dès les premières pentes de laStation Hill. « Dès le départ, le véhicule peinait. On sentait bien que quelque chose n’allait pas », raconte une passagère, encore sous le choc. Après une première tentative de réparation à Bafoussam, le chauffeur a tenté de « gérer tant bien que mal », comme lui aurait conseillé le mécanicien de l’agence. Peine perdue : le bus a définitivement rendu l’âme quelques heures plus tard, laissant tout le monde sur le carreau.
« C’est la quatrième fois cette année que Nso Boyz m’abandonne en route », déplore un autre voyageur. « Leurs véhicules ne sont jamais entretenus. On paye de plus en plus cher pour un service de moins en moins fiable. »
Des routes rénovées, mais des bus toujours en panne
Pendant des années, les compagnies de transport invoquaient l’état déplorable des routes pour justifier les retards et les pannes. Mais aujourd’hui, avec la réhabilitation de l’axe Bamenda–Babadjou, cette excuse ne tient plus. « Les responsables envoient des bus sur des trajets de 10 heures sans même les vérifier », s’indigne un autre passager.
Pire : malgré la hausse des prix (passée de 5 000 à 6 500 FCFA), la qualité du service, elle, ne s’améliore pas. Dimanche soir, plusieurs voyageurs ont raté des rendez-vous importants à Yaoundé, sans aucune compensation ni même des excuses de la part de l’agence.
Un « sauvetage » peu convaincant
Sept heures après la panne, un deuxième bus a finalement été dépêché depuis Yaoundé pour récupérer les passagers. Mais là encore, la déception était au rendez-vous. « Le véhicule était sale, complètement usé. On n’avait pas le choix, alors on a dû monter dedans », témoigne une voyageuse.
Cet incident relance le débat sur le manque de régulation dans le secteur des transports interurbains. Les usagers exigent une intervention duministère des Transportspour imposer des contrôles plus stricts, notamment dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, où les négligences sont fréquentes.
Pour l’heure,Nso Boyzn’a fourni aucune explication officielle. Une attitude qui ne fait qu’attiser la colère des clients, excédés par un système qu’ils jugent « dangereux et laxiste ».














