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Hydrocarbures : la SNH prépare une raffinerie de 30 000 barils/jour sur 250 hectares à Kribi, opérationnelle en 2028

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Hydrocarbures : la SNH prépare une raffinerie de 30 000 barils/jour sur 250 hectares à Kribi, opérationnelle en 2028
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(Investir au Cameroun) – La Société nationale des hydrocarbures (SNH), en partenariat avec sa filiale Tradex et le consortium Ariana/RCG, porte un projet baptisé CSTAR Refinery Project, une raffinerie modulaire d’une capacité de 30 000 barils par jour. Elle sera implantée dans la zone industrialo-portuaire de Kribi, au sein d’un site de 250 hectares. La sécurisation foncière est en cours via un accord-cadre avec l’Autorité portuaire de Kribi, indiquent des sources proches du dossier.

La construction, dont le démarrage est prévu dans les prochaines semaines, devrait s’étaler sur 18 mois, pour une mise en service attendue en juin 2028, selon le chronogramme. Ce projet intervient dans un contexte marqué par l’arrêt prolongé de la raffinerie de la Société nationale de raffinage (Sonara), suite à un incendie survenu en juin 2019. Ce drame a plongé le pays dans une dépendance totale aux importations de produits finis, malgré une production pétrolière nationale estimée à 72 000 barils de brut par jour.

Pour combler cette vulnérabilité énergétique, le projet de Kribi se positionne comme une alternative nationale crédible. Il devrait permettre de réduire de 30 % les importations de carburants, générant au passage des économies estimées à 400 milliards de FCFA par an, avancent les projections des promoteurs.

Technologie de pointe pour raffiner le brut local

La raffinerie reposera sur une technologie modulaire de pointe, avec des équipements préfabriqués à Abu Dhabi, avant assemblage sur le site de Kribi. L’unité traitera principalement le brut camerounais extrait du champ d’Ebome, selon la note conceptuelle du projet.

Le consortium chargé de la réalisation est piloté par RCG Turnkey Solutions, en collaboration avec Global Process Systems (GPS) et Norinco International. Ce groupement réputé pour son expérience, compte à son actif des projets tels que le complexe Huajin Aramco en Chine (300 000 BPD), le projet gazier Assa North-Ohaji South au Nigéria ou encore la raffinerie Takreer d’Adnoc aux Émirats Arabes Unis.

Montage financier

Le financement de l’infrastructure repose sur un montage équilibré : 40 % de fonds propres et 60 % de dette internationale. Des discussions sont en cours avec des bailleurs locaux et internationaux.

Pour piloter ce projet, le Conseil d’administration de CSTAR a opté pour la création d’une société de projet (SPV) de droit émirati, détenue à 65 % par la SNH et 35 % par Ariana Energies. Selon les informations d’Investir au Cameroun, la SPV sera régie par le droit anglais, avec un arbitrage international basé à Dubaï ou Singapour. Une Joint Operating Company assurera ensuite l’exploitation de la raffinerie.

Un comité de gestion conjoint veillera au suivi de l’ensemble des étapes, jusqu’à l’opérationnalisation complète du dispositif industriel.

141 milliards de recette en perspective

Au-delà de la réduction des importations, le projet pourrait injecter 600 milliards de FCFA par an dans la balance des paiements du Cameroun. L’État pourrait également engranger 141 milliards de FCFA issus des exportations de carburants marins, selon les prévisions.

En termes d’emploi, les promoteurs annoncent la création de 2 000 emplois directs et 5 000 emplois indirects, assortis d’un transfert de compétences vers les ingénieurs et techniciens locaux.

Si le projet de raffinerie modulaire de Kribi suscite beaucoup d’espoirs, plusieurs paramètres restent à préciser. Le coût total de l’infrastructure n’a pas encore été communiqué, et les détails sur le calendrier exact ou les modalités d’exécution demeurent partiels.

À l’heure où le Cameroun cherche à reconquérir sa souveraineté énergétique, confier un projet aussi stratégique à une structure de droit étranger, arbitrée à Dubaï ou Singapour, soulève de légitimes inquiétudes. Pour éviter que Kribi ne devienne un nouveau chantier à promesses inachevées, le véritable défi sera de garantir que cette raffinerie serve d’abord les intérêts stratégiques du pays, et non ceux d’investisseurs plus agiles que transparents.

Ludovic Amara

Lire aussi :

Hydrocarbures : le projet d’un dépôt de réserves stratégiques de Kribi évalué à 114 milliards FCFA

La SNH s’allie au consortium Ariana pour construire un méga-dépôt pétrolier de 250 000 TM à Kribi

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Eurobond : Le Gabon lève 920 millions $, soit 22,7 % de plus que prévu

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Eurobond : Le Gabon lève 920 millions $, soit 22,7 % de plus que prévu
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(Investir au Cameroun) – Assortie d’un coupon de 9,375 %, d’une maturité de sept ans et de trois années de différé, l’opération améliore les conditions obtenues en 2025, tout en confirmant un coût de financement encore élevé.

Le Gabon a fixé, ce 30 juillet 2026, les conditions d’un Eurobond de 920 millions de dollars, soit environ 524 milliards de FCFA. Le montant dépasse de 22,7 % l’objectif initial de 750 millions et améliore plusieurs paramètres du placement privé de février 2025. Mais avec un coupon annuel de 9,375 % — l’intérêt versé chaque année aux détenteurs des titres — Libreville continue de payer cher son accès aux capitaux internationaux.

Selon le communiqué publié par le gouvernement gabonais, le règlement est attendu autour du 5 août. Les obligations arriveront à échéance en 2033, après sept ans, avec trois années de différé : durant cette période, l’État paiera les intérêts sans encore rembourser le capital.

Le gouvernement affirme que l’émission a été« largement sursouscrite ». Selon les informations de marché disponibles, elles ont dépassé 1 milliard de dollars. Le Gabon a finalement retenu 920 millions, soit 170 millions de plus que prévu.

Des conditions meilleures qu’en 2025

En février 2025, le Gabon avait mobilisé 570 millions de dollars, avec un coupon de 9,5 % et une échéance en 2029. Le montant emprunté progresse donc de 61,4 %, tandis que la durée passe d’environ quatre à sept ans. Le taux recule de 0,125 point, soit 12,5 points de base.

Cette comparaison doit être nuancée. Le coupon ne représente pas tout le coût d’un emprunt : celui-ci dépend aussi du prix de vente des titres, du rendement réclamé par les investisseurs et des frais. En 2025, l’obligation à 9,5 % avait été placée sous sa valeur nominale, portant son rendement initial à 12,7 %. Il faut donc connaître le prix d’émission et le rendement effectif du nouveau titre pour mesurer précisément l’amélioration.

La destination des fonds diffère aussi. En 2025, une part importante avait servi à rembourser l’Eurobond arrivant à échéance en juin. En 2026, aucun rachat d’obligations existantes n’a été annoncé. Le Trésor devrait donc recevoir davantage d’argent frais, même si les commissions et autres frais seront déduits des 920 millions.

Plus que le Cameroun, mais à un coût plus élevé

Le Gabon mobilise 22,7 % de plus que les 750 millions de dollars obtenus par le Cameroun le 30 janvier 2026. Les deux emprunts courent sur sept ans. Yaoundé bénéficie de deux années de grâce et a mis en place un swap dollar-euro : ce mécanisme transforme les paiements en dollars en paiements en euros afin de réduire le risque de change, le FCFA étant arrimé à l’euro. Selon le ministère camerounais des Finances, il a ramené le coût effectif annoncé à 7,79 % en euros.

Ce niveau reste inférieur au coupon gabonais de 9,375 %, mais la comparaison demeurera incomplète tant que le rendement effectif de l’émission gabonaise ne sera pas publié. Pour Libreville, le progrès tient surtout au montant obtenu, à la durée plus longue et à l’absence de rachat simultané d’un ancien Eurobond.

Cette amélioration intervient un mois après que Moody’s a maintenu la note souveraine du Gabon à « Caa2 », tout en abaissant sa perspective de « stable » à « négative ». L’agence invoque des besoins de financement élevés, un accès limité aux ressources et le risque de nouvelles opérations de dette contraintes.

Investissements, arriérés et marge d’emprunt

Le gouvernement précise que« le produit net de cette émission sera affecté au financement des projets d’investissement de l’État ainsi qu’au remboursement d’arriérés ». Selon la documentation de placement, il s’agit d’engagements commerciaux extérieurs et multilatéraux, et non des impayés dus aux entreprises gabonaises.

L’émission reste sous le plafond de 857,9 milliards de FCFA, soit environ 1,5 milliard de dollars, autorisé par la loi de finances rectificative promulguée le 17 juillet. Les 920 millions représentent près de 61 % de cette enveloppe, laissant une capacité théorique d’environ 580 millions, sans qu’une seconde émission soit annoncée. La loi évoquait aussi une durée de dix ans, contre sept ans finalement obtenus ; le gouvernement n’a pas expliqué cet écart.

Précédée par la publication d’un prospectus préliminaire le 27 juillet, l’opération a été conduite par le ministre Thierry Minko. Le gouvernement estime que la demande traduit une« confiance renouvelée des investisseurs dans la qualité de la signature et la trajectoire de réformes engagée par le Gabon ».

L’accord avec le Fonds monétaire international renforcerait cette perception. Sur ce sujet, les discussions techniques continuent, avec une mission attendue à Libreville en septembre et l’objectif de conclure un programme économique et financier avant fin 2026.

Baudouin Enama

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